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Les avis de - JAMES RED

Visualiser les 292 avis postés dans la bedetheque
    JAMES RED Le 24/01/2026 à 19:47:47
    Chaminou - Tome 1 - Chaminou et le Khrompire

    Chaminou et le Khrompire est sans doute l’œuvre la plus complexe de Macherot et aussi celle qui a le mieux vieilli. Elle conserve une extraordinaire modernité. Macherot l’a écrite (avant la série "Sibylline") à l’époque où il avait quitté le journal Tintin pour Spirou. Mais Chaminou n’a pas du tout marché. Peut-être que cette histoire de loup carnivore dans un journal pour enfant était trop en avance sur son temps. Il faut dire qu’il pointe une vraie dose de cynisme dans cette bd. Il serait, d’ailleurs, bon qu’une maison d’édition réédite ce formidable album.

    En fait, Chaminou est une vraie critique de notre société de consommation des années 60. Comme souvent, on se sert des animaux pour décrire nos petits et nos grands travers. L’histoire se passe à New York ; ville, qui avait déjà été évoquée par Macherot dans Clifton. L’auteur retranscrit avec une grande habilité l’ambiance de la ville, intégrant parfaitement sa modernité. Chaminou est un agent secret un peu dépassé par les événements, parfois bousculé par sa secrétaire Zonzon. Celle-ci apporte une vraie nouveauté dans la bande dessinée de l’époque, même si Macherot ne l’épargne pas également. Le gouverneur Crunchblott est d’une rare férocité et n’est pas sans rappeler Anthracite le méchant de la série Chlorophylle.

    De plus, on voit « toute l’estime » que Macherot portait à la police, puisque celle-ci est profondément ridiculisée.
    Il n’existe qu’un album signé Macherot, celui-ci a refusé d’en écrire un deuxième malgré les souhaits de Charles Dupuis.

    JAMES RED Le 24/01/2026 à 19:41:04

    Cet album permet aux lecteurs de retrouver toutes les histoires de Macherot qui n'avaient pas été rééditées dans la collection verte dans les années 80.
    On retrouve une des meilleures histoires en deux parties de Chloro : la revanche d'Anthracite et Chloro joue et gagne. Cette aventure montre une nouvelle fois Anthracite dans un rôle de méchant particulièrement sournois. Celui-ci parvient à prendre le pouvoir à Coquefredouille et à emprisonner le roi Mitron. Heureusement Chlorophylle, Minimum et Torpille mènent la résistance.
    Il est intéressant de noter le retournement très rapide des notables de Coquefredouille, un peu comme dans l'album l'Empereur Smith de "Lucky Luke". Les répliques sont très bien senties et souvent cyniques.
    Le dessin de Macherot, surtout pour les décors, est très beau.
    La dernière histoire le furet gastronome permet un retour de Chlorophylle dans son univers champêtre. L'histoire est assez dynamique. Macherot se moque des bandes de jeunes du style des caïmans de "La ribambelle". Les dessins sont une nouvelle fois plus qu'à la hauteur. On regrettera, cependant, une colorisation approximative.

    JAMES RED Le 21/07/2025 à 14:55:29
    Gus - Tome 2 - Beau bandit

    Voilà le deuxième tome de cet excellent western humoristique. Comme dans le premier tome, Christophe Blain s’intéresse beaucoup plus aux turpitudes sentimentales de ses personnages qu’à maintenir une série de bagarres ou de fusillades caractéristiques du genre.

    Une nouvelle fois, Blain évoque les relations de ses héros avec les femmes. Gus lâche ses potes car il a fait une nouvelle conquête. D’ailleurs, il disparaît assez vite du récit après une partie de poker mémorable.

    Les autres chapitres se centrent sur le personnage de Clem. Le titre de l’ouvrage beau bandit lui fait d’ailleurs référence ; il évoque le malfrat solitaire qu’il est devenu. On notera le côté clone d’Arsène Lupin de la couverture. Clem est en pleine interrogation : partagé entre sa vie de famille et sa relation avec la fougueuse Isabella.

    Encore une fois on s’amuse bien ; c’est toujours autant décalé, Blain donne un coup de jeune au western, comme il l’avait fait avec le récit de pirates.

    JAMES RED Le 21/07/2025 à 14:51:25
    Gus - Tome 1 - Nathalie

    Après s’être intéressé aux pirates, Christophe Blain s’attaque au western. Le résultat est comme d’habitude excellent. Comme toujours avec l’auteur, ce n’est pas tellement la parodie du western qui l’intéresse, mais plutôt une transposition des rapports amoureux contemporains dans le Far West américain.

    En plus d’être de redoutables braqueurs de banques, les trois complices, Gus en tête, sont aussi des vrais dragueurs. Leurs relations avec les filles sont toujours assez compliquées. Les scènes dans les saloons, où Gus et ses "potes" sont "en chasse", font penser aux relations de boîte de nuit.
    Les personnages sont particulièrement bien travaillés. Les séquences successives sont souvent drôles. Le dessin de Blain s’adapte magnifiquement à l’ambiance western.

    JAMES RED Le 02/07/2025 à 20:58:42
    Open Space (Dans mon open space) - Tome 1 - Business Circus

    Voilà un album sympa (même si on est loin du chef d’œuvre…) paru chez Dargaud dans la collection Poisson Pilote ; ce qui est en général un signe de qualité -encore que les dernières productions m’aient laissé un goût d’inachevé-. James s’intéresse donc à la vie d’un bureau ouvert (open space) dans une entreprise spécialisée dans le textile. L’auteur utilise le style animalier, dans le genre Trondheim, pour décrire les différents employés. On y découvre quelques caricatures : la jeune cadre dynamique mais célibataire, l’ingénieur système proche du geek, le stagiaire qui multiplie les stages, le patron qui tutoie ses employés mais qui a les mêmes théories que le Medef…

    Bon, je n’ai pas souvent ri. C’est amusant, mais sans plus… Peut-être ne suis-je pas non plus le public cible… Il est évident que quelqu’un qui bosse dans ce genre de boîte sera plus réceptif aux situations proposées… Ca ressemble à la série caméra café, le cynisme en moins… Et en fin de compte, je me demande bien ce que cette série vient faire dans la collection Poisson Pilote qui nous avait habitués à mieux. Finalement, on peut se demander si "Dans mon open space" ne conviendrait pas mieux au catalogue de la maison Bamboo…

    JAMES RED Le 02/07/2025 à 20:54:39
    Les bidochon - Tome 19 - Les Bidochon internautes

    Binet ne s’était pas encore attaqué à Internet, c’est chose faite. Voilà Robert et Raymonde Bidochon sur la toile et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas triste.
    Robert nous explique même sa façon de faire du copier coller avec un post it. C’est aussi l’heure du soupçon puisque Raymonde découvre que Robert est en lien avec une certaine chaude Line (hotline traduction de Raymonde Bidochon) !!!
    Bien évidemment on s’attend aux gags et aux situations : les virus, les envois d’email, les spams qui s’invitent à table !!! les sites pornos ou douteux… Mais, on retrouve bien les multiples galères de l’informaticien moyen. L’aventure, pour une fois, n’est pas une suite de sketchs mais bien une histoire complète, même si les situations ne s’imbriquent pas totalement…
    Un album sympa ; mais, je dois avouer que je préférais les premiers Bidochon. Il me semble que la satire du Français moyen était plus virulente dans des albums comme les Bidochon en vacances, en habitation à loyer modéré, maison sucré maison ou d’autres parmi les dix premiers volumes. Les personnages sont toujours aussi drôles, mais ils subissent une certaine usure du temps.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 14:00:27
    Long John Silver - Tome 3 - Le Labyrinthe d'Émeraude

    En un mot Admirable : une progression dramatique digne des plus grands. Après un premier tome qui fixait surtout la situation, un deuxième plus tourné l’action, le troisième volume de Long John Silver montre cette fois l’équipage en proie aux doute alors que les voilà si proches du trésor de Guyanacapac.

    Les marins sont de plus en plus perplexes et se posent des questions sur le mystérieux trésor laissé par Byron Hastings et, notamment, sur la possibilité d’être tombé dans un véritable piège. Tous les personnages gagnent encore en noirceur. Xavier Dorison ménage le suspense et nous laisse en plein doute lors de la dernière page qui annonce un final haletant. Dorison se montre une nouvelle fois comme l’un des scénaristes mainstream les plus doués de sa génération avec Fabien Nury.

    Au dessin, c’est magnifique, Mathieu Lauffrey livre des planches d’une rare beauté, rappelant par moment un autre très bon dessinateur de jungle qu’est Hermann. A ne pas rater…

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 13:57:49

    J’ai découvert récemment les albums de Clifton, version Macherot dans la collection Millésimes du Lombard. De la série, je connaissais surtout l’honnête reprise de Turk et de Groot.
    Après ses expériences animalières sur la série "Chlorophylle", Macherot a tenté de faire une série avec des personnages humains. Macherot a créé un personnage assez original en la personne d’un colonel anglais. Il s’est servi de son expérience dans la Royal Navy pour dépeindre les mœurs du Royaume-Uni. Macherot utilise ici un humour totalement débridé pour décrire le flegme britannique. Les scènes de scoutisme sont assez drôles et sentent l’ironie. De plus, on peut noter le travail très précis sur les décors.
    Cet album se compose de trois histoires. La première histoire n’est pas ce que Macherot a fait de mieux, même si on ne s’ennuie pas du tout. L’auteur joue à fond la carte de la caricature se moquant gentiment des travers britanniques. Cependant, on perd un peu la poésie propre à la série "Chlorophylle".
    La deuxième histoire se passe à New York. Les décors sont toujours d’une très grande précision. Par contre le scénario n’est pas très solide : une histoire d’enlèvement d’un chanteur vedette sur fond burlesque. On notera l’hommage à Tintin en Amérique avec la scène du building.
    Enfin, la dernière histoire Clifton et les espions est considérée par beaucoup comme la meilleure. On sent toute l’ambiance de la guerre Froide et de la menace nucléaire. Clifton est confronté à un méchant Nazi caricature d’Erich Von Stroheim (l’officier allemand de la grande illusion). La machination est très bien pensée et le ton est assez adulte.
    Ces trois albums méritent vraiment qu’on les redécouvre comme toute l’œuvre de Macherot, malheureusement un peu oublié.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:35:14
    Olivier Rameau - Tome 12 - Les Disparus du Bayou Plalah

    Dany, 18 ans après le dernier Olivier Rameau, reprend la main, seul au dessin et au scénario. Il a terminé le synopsis de Greg qui était resté dans des cartons depuis plus de 10 ans.
    Il est agréable de retrouver tout le petit monde de Rêverose que ce soit l’épouvantail Pazinbrun, Pertinent, le grand Pas Sage Ebouriffon et les autres. Le scénario est d’honnête facture.
    On reprochera une certaine lourdeur sur les dialogues, notamment dans les répliques de Kolossal et de Colombe qui ne m’ont pas vraiment convaincues et frisaient parfois la « vulgarité ». Dany a un peu de mal à retrouver le style verbeux de Greg.
    Au dessin, Dany est fidèle à lui-même ; mais je trouve que Colombe est moins jolie qu’avant et ressemble de plus en plus aux filles de ses BD « coquines »…

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:33:24
    Olivier Rameau - Tome 9 - Le canon de la bonne humeur

    Comme toujours, les épisodes d’Olivier Rameau bénéficient d’une vraie fraîcheur. Cette histoire ne déroge pas à la règle. Cet album propose un drôle de parallèle entre le monde où l’on s’ennuie où le gris prédomine et le merveilleux univers coloré de Rêverose.

    L’originalité du récit vient du retour des poyotouffus qui sèment le désordre à Rêverose en jetant du chagrinafielle une sorte de pollen qui rend les gens de fort fâcheuse humeur. Autre nouveauté, on découvre un nouveau personnage : le boxeur Kid Cahot qui finit toujours à terre lors d’un combat ; ce qui lui permet d’arriver dans le pays imaginaire. Celui-ci semble, d’ailleurs, préférer Rêverose aux combats de boxe… L’objet qui donne le titre à l’ouvrage est un canon qui ne réagit qu’aux bonnes blagues. Bon ! c’est toujours aussi loufoque, mais c’est l’univers d’Olivier Rameau et c’est ce qui fait tout le charme de cette série.

    On retrouve la verve de Greg, les très jolis dessins de Dany si indissociables de l’univers (j’ai bien aimé la référence à Hermann en début d’album au sujet de la violence). Et heureusement comme d’habitude, tout se termine bien dans le petit monde d’Olivier Rameau…

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:32:23
    Olivier Rameau - Tome 8 - La trompette du silence

    En fait, qu’est-ce que c’était bien Olivier Rameau, une série injustement oublié pourtant pleine de fraîcheur et de poésie. Dany semble être au meilleur de son dessin, laissant pointer une légère touche d’érotisme : on voit Colombe toute nue au début de l’histoire. Les couleurs sont très belles et rendent le petit monde de Rêverose presque totalement psychédélique.
    Au scénario, Greg s’amuse, distillant ici et là quelques petites pointes de sarcasme. On appréciera notamment le second degré dans les luttes syndicales. Les dirigeants d’Hallucinaville sont mis en cause par un clown pas très drôle. On frise par moment le non-sens parfait. L’histoire ne fait qu’aller de surprises en surprises : on y découvrira, notamment, un géant du nom de Cocon-le-vilain bien surprenant. Et puis c’est l’occasion d’avoir une réflexion sur le statut de héros qui se ringardise par moment dans des dialogues toujours très imagés. Dany livre d’ailleurs une très belle planche où Mandrake, Spirou, ou Iznogoud entre autre se côtoient dans un bel hommage à la bande dessinée.
    Mais en fait à quoi sert de faire une vraie analyse de la série Olivier Rameau ? il suffit simplement de la lire et le charme opère d’emblée.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:30:20
    Olivier Rameau - Tome 5 - Le grand voyage en Absurdie

    L’album le plus connu d’Olivier Rameau. Cette série a un charme tout à fait particulier. Pour une fois, Greg va choisir de sortir ses personnages d’Hallucinaville pour les envoyer dans le pays où l’on s’ennuie : l’Absurdie. Leur but est de retrouver Aimé Detousse qui doit les rejoindre à Rêverose.
    Ce qui est intéressant dans cet épisode, c’est de voir les réactions des Rêverosiens en Absurdie, notamment la dompteuse et Majestor, au meilleur de leurs formes. Pertinent et Olivier Rameau sont les seuls à arriver à comprendre ce monde auquel ils se sont extirpés. Le fait qu’Aimé Détousse fasse son service militaire au pays où l’on s’ennuie permet à Greg d’écrire une véritable charge antimilitariste. On avait pu lui reprocher à l’époque une certaine complaisance avec les militaires américains dans Bruno Brazil, il prouve, ici, le contraire.
    Les dessins de Dany sont toujours aussi agréables, les filles toujours aussi jolies, le monde « peace and love », toujours aussi sympa ; donc il serait dommage de passer à côté de cette série injustement méconnue.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:28:55
    Olivier Rameau - Tome 4 - La caravelle de n'importe où

    Un très bon album d’Olivier Rameau : l’univers maritime permet de sortir un peu du cadre tout beau, tout rose d’Hallucinaville. C’est d’ailleurs, l’album qui joue le plus sur les codes de l’aventure avec un grand A.
    Au scénario, Greg est toujours aussi bon. Les jeux de mot, la finesse du langage sont un régal. On appréciera aussi les quelques clins d’œil, comme celui fait à la coccinelle de Gotlib.
    Au dessin, Dany se lâche et nous livre un bestiaire tout à fait original. Greg n’était d’ailleurs pas très favorable à ce qu’il y ait trop de monstres dans l’univers d’Olivier Rameau. Il semble qu’il ait fait une exception pour cette histoire.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:27:48
    Olivier Rameau - Tome 3 - Le château des 4 lunes

    Toujours autant de fantaisie dans cette histoire. Les dessins de Dany sont tout à fait adaptés à cette histoire. L'arrivée de deux escrocs dans le monde tout beau, tout rose de Rêverose est un excellent élément perturbateur.

    Comme toujours avec Greg, il y a beaucoup de dialogues et de comiques de mot. Cet univers commence vraiment à bien se développer. On notera surtout l'arrivée d'un nouveau personnage Le Grand Pas Sage, sorte de grand sorcier vivant dans le château des 4 Lunes, qui arrive à délier les situations les plus embrouillées.
    A condition d'avoir gardé son âme d'enfant, un tome qui garde tout son charme.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 10:20:09
    Long John Silver - Tome 2 - Neptune

    Avec «Neptune», le duo de "Prophet" poursuit cette reprise du personnage de L’île au trésor, petit chef-d’œuvre de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson.

    Après avoir présenté le personnage principal en deuxième moitié du tome précédent, ce nouveau tome va continuer de développer le personnage de Long John Silver, ainsi que ses célèbres compagnons de route. Tous les protagonistes ont quitté Bristol et se dirigent vers la mythique cité de Guyanacapac. Ce voyage permet d’installer un huis clos prenant et de resserrer l’intrigue autour de Silver et sa bande.

    Le titre de ce tome aurait également pu être «Jack», tellement ce jeune personnage va jouer un rôle déterminant dans le développement psychologique des personnages. S’il va parvenir à démontrer l’intelligence et la détermination du capitaine Hastings, la fermeté de Silver et l’humanité du docteur Livesey, il va surtout mettre à jour la force des liens qui unissent ses pirates.

    Les dessins de Mathieu Lauffray ("Le Serment de L'ambre", "Prophet") sont somptueux, avec une couverture à nouveau somptueuse, qui installe immédiatement le lecteur dans l’ambiance adéquate. Au fil des pages Mathieu Lauffray et Xavier Dorison ("Le Troisième testament", "Prophet", "Sanctuaire", "W.E.S.T."…) vont faire monter la tension à bord du navire et mettre le feu aux poudres à cette intrigue construite autour d’un trésor mythique.

    Cette histoire prévue en quatre tomes, peuplée de pirates et de flibustiers, saura combler les amateurs de séries telles que "Barbe-rouge" ou "L'Épervier". Si l’intrigue, basée sur une chasse au trésor est classique, l’atmosphère est prenante et le récit fourmille de caractères forts, dont la plupart sont empruntés à l’œuvre mythique de Stevenson.

    JAMES RED Le 20/06/2025 à 09:35:21
    Long John Silver - Tome 1 - Lady Vivian Hastings

    Xavier Dorison fait parti de ces scénaristes qui lorgnent vers le cinéma, tout comme son comparse Fabien Nury.

    Après avoir touché à plusieurs genres : le catholic fantasy "Le Troisième testament" dans le style « le Nom de la Rose » ; au western façon « Mystères de l’Ouest » : "W.E.S.T.", au récit d’horreur : "Prophet", au fantastique sous-marin : "Sanctuaire". Dorison s’attaque cette fois au récit de pirates. Mais attention, rien à voir ici avec le languissant "Isaac le pirate" de Christophe Blain, les auteurs ne font pas parti de la "même école".

    Dorison et son complice au dessin Mathieu Lauffray (déjà auteur de Prophet) signent un album dans la grande tradition des récits de pirates des années 50, 60. C’est de l’aventure pour l’aventure ; l’influence de la série Barbe Rouge de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon se fait nettement sentir.

    Concernant le scénario, l’originalité vient du retour d'un personnage de « l’île au trésor » : Long John Silver, le pirate à la jambe de bois. Les auteurs en profitent pour extrapoler sur son destin post-roman.

    Certes, ce premier livre, comme souvent dans les séries modernes est surtout un tome de mise en place des personnages : Vivian Hastings, Long John et ses acolytes. Mais, gageons que Dorison et Lauffray sauront nous entraîner dans les trois prochains tomes dans une aventure pleine de bruit et de fureur dans l’enfer amazonien.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 19:27:08
    Docteur Poche - Tome 4 - La planète des chats

    La planète des chats est le début d’un diptyque qui se conclura dans le volume suivant : le géant qui posait des questions. Wasterlain se sentait compressé dans le traditionnel format 48CC.
    Louable est l’initiative de Dupuis qui réédite les aventures du docteur Poche. Le diptyque de la planète des chats a marqué les lecteurs des années 80 du journal Spirou. Cette histoire flirte avec la science-fiction et l’heroïc fantasy. Wasterlain quant il écrit cet ouvrage vit un drame personnel puisqu’il vient de perdre un enfant.
    Cette histoire a été très influencée par le livre et le film « La planète des Singes » qui montrait déjà des animaux anthropomorphes. C’est le cas dans cette histoire, même si les singes ont été remplacés par des chats qui se heurtent à des chiens et des loups. L’univers est médiéval et fait irrésistiblement penser à la période de la guerre de cent ans. La jeune héroïne Nora se retrouve même dans la peau d’une Jeanne d’Arc de substitution.
    L’histoire est pleine d’inventions, le dessin de Wasterlain toujours aussi torturé. Un récit à découvrir ou à redécouvrir.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 19:25:46
    Docteur Poche - Tome 2 - L'île des hommes-papillons

    Voilà un album sympathique des aventures du Docteur Poche. Cette série est un peu oubliée aujourd’hui comme "Isabelle" ou "Olivier Rameau", autres séries qui surfaient sur les mêmes thèmes : la magie, le rêve et l’onirisme. Il est d’ailleurs toujours étonnant de voir le docteur en proie à des phénomènes fantastiques ne jamais être surpris.
    Le docteur Poche est mêlé à une affaire d’hommes papillons qui le conduira près de l’île des Galapagos. L’histoire est enlevée et fourmille d’idées. Wasterlain s’amuse aussi à faire quelques petites allusions à d’autres séries Dupuis de l’époque. Au début de l’album, l’institutrice Mademoiselle Zoé qui va devenir une proche du docteur accompagne comme élèves : "Benoît Brisefer", Boule de "Boule et Bill", "Isabelle" de Will, "Sophie" de Jidehem, "Génial Olivier" de Devos ou "le p’tit bout de chique". On croise encore dans l’avion "Natacha" l’hôtesse de l’air.
    Au dessin, c’est toujours très spécial, nerveux, mais très intéressant...

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 19:23:30
    Docteur Poche - Tome 3 - Karabouilla

    Le docteur Poche est une série un peu oubliée aujourd’hui, ce qui est bien dommage. Gageons que les éditions Dupuis qui ressortent une intégrale ce mois-ci sauront remettre le personnage au goût du jour.
    C’est l’occasion de revoir un héros cher aux lecteurs de Spirou dans les années 70, 80, même si celui-ci n’a jamais eu le succès escompté. L’univers du docteur Poche est empreint d’une certaine poésie et de magie. Pourtant ce volume n’en propose pas du tout. Il s’agit d’une histoire d’adolescence ou d’enfance plutôt. Le docteur Poche se remémore un souvenir douloureux.
    Ce tome des aventures de Poche se décompose en deux histoires : deux flashbacks dans la vie de Michel. La première histoire est la plus belle Karabouilla donne d’ailleurs le titre à l’album. C’est l’histoire du jeune Michel et de son frère de lait Robert noir de peau. Poche raconte son amitié fraternel avec Robert et la rivalité qui va les opposer car ils vont tomber amoureux de la même fille une jeune vietnamienne du nom de Thi Hué. Cela les conduira à un drame épouvantable, sorte de fêlure dans la vie du docteur. Cette histoire est aussi un plaidoyer antiraciste et elle marque par sa qualité émotionnelle, chose rare dans la bande dessinée belge de l’époque plus habituée aux happy end.
    La deuxième histoire « les belles vacances » est de moins bonne qualité, mais n’est pas non plus à négliger. Elle joue la carte de la nostalgie rappelant les vacances en famille au camping en Bretagne, les bandes de copains, l’arrivée des blousons noirs. Elle manque un peu de structure et part un peu dans tous les sens. La fin interpelle sur les problèmes écologiques : n’oublions pas que cette histoire a été écrite en pleine période de l’Amoco Cadiz et de la terrible marée noire sur les côtes bretonnes.
    Au dessin Wasterlain, avec son trait si nerveux trouve un style très particulier, c’est beau et très bien rythmé.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 19:20:41
    Docteur Poche - Tome 1 - Il est minuit Docteur Poche

    C’est dans cette première aventure que le docteur Poche est apparu dans le magazine Spirou, à la fin des années 70. Après quelques « éclats » chez le concurrent Tintin, Marc Wasterlain, l’ancien assistant de Peyo sur les décors de "Benoît Brisefer" ou des "Schtroumpfs", crée un personnage bien à lui, sans doute le plus insolite de sa production ce qui fait de cette série l’une des plus innovantes des années 70-80.
    Le premier tome des aventures de Poche explique donc la genèse du personnage qui va bientôt vivre entre magie et réalité. Si l’histoire peut laisser penser à une affaire assez basique de roman policier, elle prend vite une tournure assez fantastique avec ces mannequins de vitrines qui prennent vie. Wasterlain entraîne le lecteur dans son univers onirique, où Albert le majordome vit dans une horloge. Le docteur Poche a aussi un physique bien particulier avec son nez désespérément long qui le fait ressembler au Pinocchio de Collodi.
    Cette série mérite amplement la redécouverte grâce à la belle intégrale qu'avait ressorti Dupuis. Au dessin, Wasterlain, suite à un accident de la main, avait changé quelque peu son dessin pour le rendre plus nerveux et plus anguleux.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 19:16:25
    Thorgal - Tome 5 - Au-delà des ombres

    Ce qui frappe en premier dans cet ouvrage c’est la magnifique couverture qui montre le visage d’Aaaricia les yeux fermés surplombant Thorgal errant dans des marais.
    Cet album est sans doute l’un des deux meilleurs de la série ; il vient, à mon avis juste après le prodigieux volume intitulé les archers. Un an s’est écoulé depuis l’épisode douloureux de la galère noire et Thorgal est toujours épris de chagrin suite à la mort de sa femme Aaricia. Il est accompagné par Shaniah qui fait à ses côtés oeuvre de rédemption.
    Thorgal revit lorsqu’il apprend qu’il existe un moyen de retrouver la femme qu’il aime. Cela le conduit à faire une descente dans le deuxième monde, ce qui nous permet de revoir la mystérieuse gardienne des clés. Thorgal va y côtoyer la mort dans un épisode qui rappelle le mythe d’Orphée aux enfers.
    Cet épisode est celui d’une double renaissance, celle de Thorgal qui reprend peu à peu vie et celle d’Aaricia. On est en plein cœur du cycle de Brek Zarith et cet album semble être un beau passage lyrique en attendant l’affrontement avec Shardar qui se prépare pour le prochain opus.
    Les dessins sont magnifiques et Rosinski semble avoir grand plaisir à dépeindre les marais maléfiques ou ce monde onirique.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 18:46:16
    Thorgal - Tome 6 - La chute de Brek Zarith

    Suite et fin du cycle de Brek Zarith ; Thorgal retrouve enfin Aaricia et va faire la connaissance de son propre fils Jolan dont il ignore l’existence. On découvre d’ailleurs que Jolan a d’étranges pouvoirs. Le côté SF de la série commence à se faire sentir. L’explication des pouvoirs de Jolan sera donnée progressivement dans les prochains tomes, surtout le cycle du pays Qâ.
    Concernant cette histoire, même si elle est un peu moins bonne qu’au-delà des ombres le précédent opus, j’aime bien l’ambiance qui y est distillée.
    Nous sommes cette fois à la cour de Brek Zarith et on découvre l’homme dont on entend parler depuis la galère noire le tout puissant Shardar. Cet homme est particulièrement machiavélique et sadique (j’ai rarement rencontré un aussi bon méchant de bd) : on se rappellera la première scène qui m’avait marqué quand Shardar se débarrasse du baron Zorn sans aucune forme de remords.
    Cet album a d’ailleurs d’autres scènes excellentes : notamment, la chute au propre comme au figuré du chef viking Jorund le Taureau emporté dans un gouffre interminable ou encore le premier contact de Thorgal avec son fils et enfin l’assassinat de toute la cour de Shardar par le diabolique personnage. Autre fait marquant, Aaricia gagne en autorité, ce n’est plus la jeune écervelée des premiers épisodes. Van Hamme recycle aussi quelques grands faits historiques comme la référence à Archimède…
    Rosinski fait des merveilles au dessin et dépeint parfaitement cet univers de violence et de magie.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 18:39:35
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 9 - Pas-de-Mâchoire

    Encore un album où il ne se passe pas grand-chose ; finalement, le cycle de Corée est bien moins bon que celui de Hong Kong.
    Les auteurs ont dû mal à innover, on se cantonne aux mêmes thèmes : les scènes de tuerie, l’humour sordide, la touche d'érotisme ou encore les passages liés à la sorcellerie...
    La scène où Mac est à l’intérieur du "puits d'amour" d’Alix afin de la délivrer de l'envoutement de Poupée de Bronze est plutôt une bonne trouvaille ; mais, je trouve que les auteurs la font traîner en longueur, du coup, elle perd de son intérêt.
    Cet album marque ainsi la fin du cycle coréen qui ne restera pas dans les annales. Cependant, on apprécie toujours de retrouver cette fine équipe de bras cassés.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 18:37:49
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 8 - Poupée de bronze

    Un album où, il ne se passe grand-chose, malheureusement. Les auteurs ont du recoller les morceaux pour l’intégrer dans la chronologie à la suite de cloaques.
    Cette fois, la bande de pieds nickelés est au cœur du combat en Corée. Yann en profite pour réintégrer Alix de manière un peu facile…
    On se concentre sur la vie du camp ; c’est ainsi qu’on découvre les différentes combines des innommables, reconvertis en vendeurs ambulants de toutes sortes d’objets à destination des soldats ; à noter que les transactions se font avec des billets verts, où Mickey remplace les présidents américains !!!
    Cet épisode est surtout marqué par la présence de Marilyn Monroe qui est venue en réconfort des troupes. Yann cerne assez bien sa personnalité qui vit une sorte de quasi-schizophrénie, partagée entre l’inconnue Norma Jean et « l’icône » Marilyn.
    Hormis cela, je trouve que ce cycle traîne en longueur, le personnage de Claire n’est pas très intéressant. On se demande parfois si Yann et Conrad ne sont pas lassés par leurs personnages.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:52:02
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 7 - Cloaques

    A l’origine, cet épisode a été écrit en 1980 et devait être publié dans le journal Spirou. Il se situait chronologiquement avant aventures en jaune.
    Les auteurs l’ont revu et corrigé pour permettre sa parution lors de la réédition des innommables en 1997. Mais, il a fallu changer quelques détails : tout d’abord, le replacer dans la chronologie, cloaques se situe après le cycle de Hong Kong et démarre un nouvel arc : celui de la guerre de Corée ; de plus, il a fallu changer la taille de Raoul qui, d’ailleurs, se révèle être une truie !!!
    Beaucoup de personnes attendaient ce volume avec une grande impatience tant il gardait une odeur de soufre. On dit que Charles Dupuis l’aurait refusé dans Spirou car il y avait un combat de femmes seins nus !!!
    Mais, en définitive, l’album a sans doute déçu plus d’un fan. Ce récit a certes d’indéniables qualités : l’extrême précision documentaire et historique (comme toujours avec Yann) : le scénariste se penche sur l’anticommunisme (le maccarthysme, la chasse aux sorcières) de la société américaine qui s’était accru pendant la guerre de Corée. On croise même Truman, ou Eisenhower… On note aussi avec amusement la présence du révérend Sodamosa, qui fait croire à sa mère qu’il est policier.
    Mais voilà, l’album pâtit de deux faiblesses : l’anéantissement de la base américaine rebelle où vivent les innommables paraît être une facilité scénaristique bien peu crédible ; et le nouveau personnage féminin Claire fait bien pâle figure par rapport à Alix.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:50:16
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 6 - Alix-Noni-Tengu

    Voici l’album qui termine le cycle de Hong Kong qui fut long de plus de 300 pages. Je dois bien avouer une certaine satisfaction, car le cycle commençait à traîner en longueur.
    Yann et Conrad dénouent pratiquement toutes les intrigues : les urnes du Torquemada, le sort d’Alix, l’héritage des Jardine…
    Il est à noter que lors de la première édition en 1996, cet album a été présenté en deux versions : une qui se termine bien et une qui se termine mal (on peut imaginer que les auteurs préfèrent cette version)…
    Yann et Conrad, comme d’habitude, ne font pas dans le sentimentalisme : nous assistons à un énième massacre, signé par l’ignoble colonel Lytchee. Le final est particulièrement cynique, mais je n’en dirai pas plus…
    Par contre, il y a toujours des moments très drôles ; la scène où Tim est à la recherche de la fille de Mac et Alix est très réussie.
    Donc, malgré quelques faiblesses et quelques longueurs, on est content d’arriver au terme de cette saga. Les auteurs terminent d’ailleurs l’épisode par un cliffhanger haletant qui annonce le prochain cycle : celui de la guerre de Corée…

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:48:16
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 5 - Au Lotus pourpre

    On s’amuse beaucoup dans cet album, les auteurs jouent à fond la carte des références, tandis que les intrigues semblent trouver un début de dénouement.
    La première scène du livre consiste en un interrogatoire délirant effectué par la police sur nos trois héros, chacun respectant à la lettre leur particularité.
    Une fois en prison, la référence aux Dalton, que ce soit pour les costumes de bagnard ou les répliques sujettes à l’évasion, est très nette. On est à l’époque de la collaboration de Yann et Conrad avec Morris sur Lucky Luke et Kid Lucky…
    On notera aussi une référence à l’île au trésor de Stevenson, quand Lytchee supprime tous les pirates qui ont participé à l’enfouissement des urnes.
    La scène de l’évasion est également très drôle, on sent la patte de Yann ; de même que celle de la grande loge, où Basil Jardine est condamné à mort. Le scénariste s’en donne à cœur joie dans les jeux de mots sur le nom des frères maçons.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:46:20
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 4 - Ching Soao

    Un épisode d’aventure pure et dure dans la continuité du cycle de Hong Kong. Après Macao, Yann plonge le lecteur dans l’univers des pirates de la mer de Chine.
    L’intérêt de cet album vient surtout de l’entrée en scène de deux nouveaux personnages : Ching Soao (une femme pirate qui cache un mystérieux tatouage) et dont la réputation vient du fait qu’elle épuise ses amants (seul Tim va parvenir à la satisfaire) ; et l’homme-chien qui doit son nom aux années qu’il a passé dans une cage confectionnée par les propres soins de la belle.
    L’intrigue avec Alix semble être mise au second plan. On retrouve également, dans cet opus, le personnage de Mulligan, le capitaine de cargo ami des Innommables.
    L’histoire est toujours aussi bien documentée ; les dialogues sont, comme d’habitude, d’une grande férocité ; de plus, l’action est au rendez-vous (même si les auteurs ne font pas dans la dentelle).
    A ne pas mettre entre toutes les mains ; mais un épisode qui ravira tous les fans du duo explosif.

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:44:37
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 3 - Le crâne du père Zé

    Il aura fallu attendre plus de dix ans pour retrouver les Innommables. C’est en 1994, qu’Yves Schlirf (directeur de Dargaud Benelux) a demandé à Yann et Conrad de poursuivre l’histoire débutée dans Aventures en jaune. Et le résultat est au rendez-vous. On retrouve avec plaisir la bande des trois : tout particulièrement Tim qui est au meilleur de sa forme ; il a d’ailleurs sa première érection !!!

    Yann multiplie les intrigues annexes pour rendre à son histoire un côté très feuilletonesque. On se demande comment tout va se relier…
    Je trouve que Conrad, dans cet ouvrage, a eu tendance à changer son dessin, le rendant plus proche de celui de Morris. On est d’ailleurs à l’époque de l’aventure Kid Lucky.
    Cet épisode est toujours autant marqué par les clins d’œil, comme celui qui est fait à Errol Flynn, présent dans une version de Robin des Bois sous-titré en portugais (on est à Macao !!!).

    Les auteurs en profitent pour incorporer de nouveaux personnages au récit : le père Zé et ses fausses reliques de Saint-François Xavier ; la jeune archéologue rouquine qui provoque de drôles de réactions chez Tim…
    Seul bémol à cette histoire, l'effet de surprise qui avait entouré la parution dans le journal Spirou ne marche plus ici. La provocation est là, mais elle prend un caractère beaucoup moins subversif car le support n'est plus le même...

    JAMES RED Le 18/06/2025 à 17:35:16
    Lucky Luke - Tome 6 - Hors-la-loi

    Un album historique puisqu'il mettait aux prises Lucky Luke et les Dalton pour la première fois dans l'histoire du cowboy solitaire. Cependant, il ne s'agit pas des cousins Dalton, invention fantaisiste de Morris et Goscinny, mais bien des vrais Dalton : Bob, Gratt, Bill et Emmet.
    Il est à noter que le plus petit Bob est déjà le chef. Cependant, le plus grand Emmet n'est pas le clone imbécile d'Averell. Morris se fonde sur la réalité historique et montre même la chute des Dalton lors de la fameuse attaque de la banque de Coffeyville en 1892.
    On remarquera que la fin de l'histoire a été modifiée car on n'assiste pas à la mort des frères Dalton, sans doute juger trop violente par les dirigeants du journal Spirou. Leur mort est simplement suggérée par la présence de quatre tombes avec les noms des Dalton, dans une très belle dernière case. A noter aussi qu'on découvre quelques personnages que l'on retrouvera plus tard dans la série comme Billy the Kid, Calamity Jane ou Jesse James, bien loin de leurs apparences dans des albums postérieurs.
    La deuxième histoire remet en scène de manière indirecte les Dalton. On retrouve Bill Boney, un vantard déjà rencontré dans l'album rodeo qui est candidat au poste de shérif. Lucky Luke sera le remettre à sa place et lui donner une bonne leçon. Morris avait sans doute envie de faire ressurgir les Dalton dans un flashback, preuve qu'il regrettait la mort de ces personnages si charismatiques.

    JAMES RED Le 17/06/2025 à 22:56:25
    Thorgal - Tome 10 - Le pays Qâ

    Début du fabuleux cycle du pays Qâ qui conduira nos héros en Amérique 500 ans avant Christophe Colomb. On retrouve les personnages du tome précédent les archers que ce soit la terrible Kriss de Valnor qui va assoir son animosité contre Aaricia, Tjall ou Argun Pied d’Arbre. Une nouvelle fois Aaricia et Jolan sont enlevés : on peut donc reprocher à Van Hamme cette facilité scénaristique qui revient assez fréquemment dans les aventures de l’enfant des étoiles.
    Cependant, l’univers de Thorgal s’enrichit et on part dans un pays qui ressemble étrangement au Mexique de l’Empire Aztèque. Deux états se font une guerre terrible ; menés par des sortes de dieux vivants : Ogotaï et Tanatloc aux pouvoirs terrifiants. Ces deux personnes sont en fait des hommes que Thorgal a plutôt bien connus. Au dessin, l’épisode des vaisseaux volants est assez remarquable de la virtuosité technique de Rosinski.
    Petite anecdote, Van Hamme semble peu apprécier ce cycle mexicain, alors que la plupart des amateurs de bd le placent dans le panthéon thorgalien.

    JAMES RED Le 17/06/2025 à 22:54:30
    Thorgal - Tome 9 - Les archers

    Voici, à mon sens le meilleur album de la série ; je le place même dans mon top 10 toute bd confondue. La série prend tout son envol avec cet épisode qui est en fait un prélude au cycle du pays Qâ qui conduira nos héros dans un pays ressemblant étrangement au Mexique.
    Dans cette histoire, Van Hamme situe l’action dans les îles britanniques, puisqu’on découvre quelques calédoniens c’est-à-dire des écossais à qui des pillards ont volé un bijou. Thorgal fait donc escale en Grande Bretagne.
    L’épisode ne fait aucune part à la fantasy ou à la science-fiction. L’album marque surtout l’arrivée d’une pléiade de personnages particulièrement intéressants. Tout d’abord, on notera l’apparition de celle qui révolutionna l’univers Thorgal : Kriss de Valnor, qui va bouleverser la vie de l’enfant des étoiles. Kriss un peu le strict opposé d’Aaricia, tant elle est diabolique et manipulatrice. Cependant, on ne peut enlever le fait que tous les albums dans lesquels elle apparaîtra seront les meilleurs de la série (hormis le cycle de Shaigan le pirate que je trouve discutable).
    Preuve que la série gagne en maturité : la scène du viol à peine suggérée dont est victime Kriss. Autres personnages importants Argun Pied d’Arbre et son neveu Tjall qui vont suivre Thorgal dans toute l’aventure du pays Qâ. Argun est un fabricant d’armes. La scène où l’on découvre son atelier est absolument remarquable de véracité sur l’horreur dont les hommes sont capables pour créer des armes de mort. Thorgal va y recevoir son arc à double courbure qu’il est le seul à pouvoir manier.
    L’ensemble de l’album bénéficie donc d’une grande cohérence du début jusqu’à la fin et se suffit finalement à lui-même. Au milieu de l’aventure se déroule bien évidemment ce morceau d’anthologie qu’est le tournoi de tir à l’arc où Thorgal, Tjall, Kriss ou Argun font preuve de tout leur talent.
    Le dessin de Rosinski est quant à lui irréprochable et ne cesse de s’améliorer depuis les premières histoires.

    JAMES RED Le 17/06/2025 à 22:47:29
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 2 - Aventure en jaune

    Ce fut la dernière aventure des innommables qui parut dans le journal Spirou. Aventures en jaunes marque aussi le début du grand cycle de Hong Kong (la meilleure partie des innommables, à mon avis). Yann expliquait qu’on lui avait demandé de faire une grande saga dans le style du « secret de l’espadon » pour le journal Spirou. Mais, finalement, l’histoire avait été interrompue à la planche 46. Les auteurs ont donc retravaillé le scénario pour la sortie en albums et ont écrit 4 autres volumes.
    On louera, encore fois, la documentation exemplaire de Yann bien servie par les très beaux dessins de Conrad. Le fond noir apporte toujours ce côté inquiétant et cinématographique à la série. L’histoire possède un côté feuilletonesque (cela est sans doute dû à la parution saccadée dans le magazine). On notera que la famille Jardine existe réellement et que les jumeaux ne sont pas sans rappeler les Sambre autre série scénarisée par Yann sous le pseudonyme de Balac.
    L’humour est toujours aussi grinçant : Tony est prêt à se débarrasser d’Alix, la naufragée contre l’avis de Mac. Aucun des personnages n’a de motivations avouables : Lytchee n’hésite pas à pratiquer les pires coups tordus pour arriver à ses fins. Sir Robert semble manipuler le vieux Jardine. Les enfants de ce dernier des jumeaux se partagent entre un frère à moitié psychopathe prêt à tout pour se débarrasser de son père et une sœur sadique. Les auteurs savent jouer parfaitement des contrastes entre l’atmosphère orientale des pagodes et des jonques et le côté très british de la colonie. A noter qu’on croise un écrivain alcoolique au « lotus pourpre » du nom de Kessingway !!! J’aime toujours beaucoup les références de Yann.
    Un excellent volume à ne pas louper…

    JAMES RED Le 17/06/2025 à 16:54:36
    Lucky Luke (Les aventures de) - Tome 4 - Lucky Luke contre Pinkerton

    J'avais abandondonné le plaisir de lire Lucky Luke depuis bien longtemps ; en fait, depuis la fin des années 80 où je trouvais encore quelques albums intéressants comme le Pony express ou le daily star. Par la suite, la décennie suivante fut un lent et long chant funèbre de la série, que ce soit au point de vue dessin mais également dans les scénarios. Avec le passage de relais de Morris à Achdé, j'avais décroché suite aux scénarios de Laurent Gerra, qui à mon avis ne connaissait pas grand chose à l'écriture bédéphilique, même s'il faisait de son mieux.
    Chose intéressante avec cet album, un nouveau duo de scénaristes prenait le relais : Tonino Benacqusta et Alain Pennac, deux bons écrivains. Ceux-ci ont fait leur possible pour créer de la cohérence dans l'oeuvre inventée par Morris. Ils raccrochent l'épisode au fil qui chante, puisqu'on retrouve le président Lincoln. Il est à noter que la plupart des épisodes de Lucky Luke se situent peu après chronologiqement cette histoire, à l'époque du président Grant ou de ses successeurs Hayes entre autre...
    On retrouve le personnage d'Allan Pinkerton, le célèbre directeur de l'agence de détectives, dont le nom avait déjà été évoqué dans l'album Jesse James. C'est l'occasion d'ailleurs, clin d'oeil amusant, de revoir les deux détectives sortes de clones des Dupondt présents dans l'épisode Jesse James. Les répliques sont percutantes, notamment celles de Jolly Jumper, de plus, voire Lucky Luke malmené nous ramène à l'album le cavalier blanc. Le scénario évoque un thème inusité dans la série celui du contrôle des populations par les polices.
    Malheureusement, le charme n'opère pas très longtemps. La deuxième partie est bien plus faible, plus lourde aussi. On a l'impression que les auteurs sont obligés de ressortir de leur prison les Dalton qui auraient très bien pu se passer d'être présents dans cette histoire, tout comme Rantanplan.
    Au final, on pouvait s'attendre à mieux, même si le dessin est impeccable. Ce tome nous réconcilie, cependant, avec 20 années difficiles du cowboy solitaire.

    JAMES RED Le 17/06/2025 à 16:46:14
    Lucky Luke - Tome 72 - La légende de l'Ouest

    Après une phase compliquée, où Morris s’est séparé de ses collaborateurs Fauche, Léturgie, Yann ou Janvier et a entamé un rapprochement avec Dargaud avec le montage de la structure Lucky Comics, les choses bougent beaucoup dans le monde de Lucky Luke. Au scénario, Morris fait appel à Patrick Nordmann qui avait déjà réalisé l’album le Prophète, sans savoir qu’il signe l’ultime aventure du cowboy solitaire.
    Les derniers albums signés Morris ont donc une résonance assez particulière ; on a l’impression que les personnages se figent comme des statues de papier. La légende de l’ouest est le dernier album de l’ère Morris et Il est bien triste de voir à quoi en était réduit son dessin -des cases photocopiées, souvent bâclées, une absence de plan d’ensemble-on est loin des années 50, 60, 70 ou même 80 .
    Le titre la légende de l’Ouest pourrait résumer à lui seul tout le parcours de Lucky Luke. Pourtant le titre ne fait pas référence au célèbre cowboy mais à ses principaux adversaires les Dalton. Malheureusement, l’après-Goscinny est marqué par une surexploitation de ces personnages ; la reproduction des 4 frères permettait à Morris d’utiliser la photocopieuse à outrance (gros défaut des albums des années 90).
    Lucky Luke devient une sorte de faire-valoir de l’intrigue relégué au second plan. Les Dalton deviennent les vedettes d’un show western tout comme Buffalo Bill l’était. Le personnage de Buffalo Bill apparaît, d'ailleurs, dans ce dernier album, mais il n’est pas très bien exploité. L’album rappelle un peu le cavalier blanc par les costumes des Dalton lors du show. Les 4 frères doivent faire face au phénomène de la célébrité et à son exploitation, sujet au combien sensible en 2001. Mais l’histoire manque de peps, d’originalité, tourne en rond.
    Cependant, le titre reste un bel hommage a une vraie légende de l'ouest en l’occurrence Maurice de Bévère qui signe son oeuvre testament.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 21:08:54
    Lucky Luke (Les aventures de) - Tome 3 - L'homme de Washington

    Voilà une histoire de la reprise de Lucky Luke d'honnête facture. L'idée était assez sympathique de retrouver le président Hayes et sa femme, déjà aperçus dans l'album Sarah Bernhardt.
    Cependant, elle souffre, à mon avis, de la multiplication des références (reproche que l'on peut faire aux séries de Yann comme "Odilon Verjus"). L'accumulation de clins d'oeil est intéressante, mais elle survient presque à toutes les pages. Si certaines sont amusantes : Jack Lanthier la bête humaine, les héros des mystères de l'ouest Gordon et West ou Vattel d'autres sont plus lourdes comme celles faites à Britney Spears, W. Bush, ou Fogiel en journaliste polémique.
    On voit que Gerra a bien lu le cahier des charges des Lucky Luke car on retrouve certains personnages bien connus : Billy The Kid, Elliott Belt, ou encore Scat Thumbs joueur de poker invétéré. Mais le tout se fait au dépend du scénario. Celui-ci n'est d'ailleurs pas sans rappeler certains albums de trajet à embûches que ce soit la diligence ou Sarah Bernhardt.
    Je trouve également le passage dans la ville germano-américaine un peu lourde et pas très intéressant. Le dessin, par contre, est irréprochable.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:25:58
    Les innommables (Série actuelle) - Tome 1 - Shukumeï

    Ce premier opus des Innommables est en fait la deuxième histoire de la célèbre équipe. Une première aventure du nom de Matricule 000 était parue dans Spirou (mais n’a jamais été rééditée en album). Cette histoire est donc la deuxième à être parue dans le célèbre magazine, au début des années 80. C’était l’époque où Yann et Conrad les empêcheurs de tourner en rond « foutaient le bordel » (rappelez vous des hauts de page) dans le bien trop sage journal Spirou. Cependant, il faut noter que cette histoire a subi de nombreuses retouches depuis sa parution dans le magazine. Ici, l’humour est loin des niaiseries de Cauvin, ça décape !!! Yann ne fait pas dans le politiquement correct, ce n’est pas le genre de la maison.
    Dargaud a décidé de reprendre la série en 1994, en rééditant les anciens épisodes et en demandant aux auteurs d’écrire une suite.
    Les Innommables, ce sont donc les clones des « Pieds nickelés ». Yann et Conrad s’amusent d’ailleurs beaucoup avec le côté référentiel : regardez le nom des poules : Natacha, Isabelle…(héroïnes du journal Spirou).
    Les auteurs ont imposé un fond noir, car ils estimaient que cela rendait l’histoire plus cinématographique. Le dessin de Conrad, très inspiré de Franquin au début et de façon plus récente de celui de Morris pourrait laisser penser à une histoire gentillette dans la lignée des séries Dupuis. Ce n’est pas le cas, les personnages sont méchants, parfois lâches, voire même racistes. Tony est d’ailleurs un condensé de toutes ces tares. Mac a un côté plus paternaliste et sensible. Quant à Tim, et bien c’est indéfinissable…
    L’histoire est toujours d’une grande précision historique grâce à Yann ; on est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, peu après Hiroshima et Nagasaki. Les auteurs ont d’ailleurs des théories inédites sur la bombe atomique. L’ambiance est assez sordide, on se retrouve dans la jungle indonésienne, peuplée de Japonais qui sont devenus des sortes de zombis. Les « héros » (si l’on peut les appeler ainsi) semblent totalement subir l’action, sans vraiment se soucier de l’intrigue.
    Un départ de série enthousiasmant qui annonce dès la fin du volume le célèbre cycle de Hong Kong.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:21:50
    Cotton Kid - Tome 6 - Le coyote noir

    Dernier volume de la série-clone de "Lucky Luke" : Cotton Kid. Cette série n’aura pas connu un très gros succès. C’est dommage car les albums se lisent avec un réel plaisir.

    Une nouvelle fois, les auteurs multiplient les références. On notera entre autre un clin d’œil à la série "Blueberry" par le personnage de Prosit Luckner, ou au barbier de Séville de Beaumarchais…

    Concernant le scénario, c’est efficace, même si cela est parfois un peu confus. Un épisode de bonne facture qui se démarque des précédents par un côté un peu moins répétitif dans la trame.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:19:54
    Cotton Kid - Tome 5 - La septième femme de Géronimo

    Ces albums de Cotton Kid sont drôles, mais ils suivent sans arrêt la même trame ; c’est le gros reproche que l’on pourrait leur faire. Peu d’ingéniosité donc, mais on doit bien rendre hommage à Yann pour son savoir-faire si particulier.

    Jusqu’à présent, la question indienne n’avait pas été traitée dans les albums de Cotton Kid. Cette fois, c’est chose faite, puisque Yann et Léturgie s’intéressent au personnage de Géronimo et surtout à l’une de ses femmes.

    Mais, les Indiens passent finalement au second plan car les auteurs s’attardent plus sur l’aspect historique de la présence de la légion étrangère au Mexique. Yann s’est beaucoup documenté sur la période du règne de l’empereur Maximilien. Celui-ci avait été placé sur le trône mexicain par Napoléon III. Les auteurs évoquent donc la vie de la garnison française et en font des tonnes sur ce style si français qui tranche un peu avec les rudes mœurs de l’ouest.

    On s’amuse beaucoup, le scénario est mieux construit que dans le précédent volume.

    Les références nous amusent toujours beaucoup, comme celle faite à l’auteur du livre « l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », ou les nombreuses chansons des légionnaires français. On louera donc le très bon travail du dialoguiste Yann.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:17:29
    Cotton Kid - Tome 4 - La piste de Chisholm

    Le scénario est assez mince, Yann veut surtout rendre hommage au western traditionnel, puisque Trevor et Kid se retrouvent cow-boy au Texas. Yann et Léturgie reprennent donc le traditionnel schéma du convoi à embûches, cher à Goscinny.

    La galerie de personnages du convoi est plutôt réussi : le chef Marion en tête. Les auteurs se lâchent au point de vue référence, peut-être même un peu trop. J’ai bien aimé l’hommage à Blueberry, avec la réplique de la scène du serpent dans la chaussure. De même, détail amusant, on retrouve le personnage de Bill Ballantine, second de "Bob Marone", la parodie de "Bob Morane" signé Yann et Conrad. Marion est une caricature de John Wayne.

    Cependant, le scénario paraît bien embrouillé et peu structuré. Cet album n’étant surtout qu’une très longue suite de scènes rappelant d’autres westerns bd.

    C’est bien, mais peut-être à réserver aux amateurs de Yann et Conrad.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:12:27
    Cotton Kid - Tome 3 - Z comme Sorro

    Un troisième album particulièrement drôle qui fonctionne sur de nombreux quiproquos. Yann, une fois de plus s’en donne à cœur joie. On notera, lors des arrêts de diligence, les références aux écrivains Faulkner et Frédéric Dard. Le petit Sorro est très bien trouvé, celui-ci se trompe sans arrêt sur la première lettre de son prénom, ce qui amène de nombreuses méprises.

    De plus, on remarquera que son cochon ressemble étrangement à celui des Innommables. Quant aux hommes du lieutenant mexicain, ils chantent des versions de Luis Mariano.

    Les dessins de Conrad sont toujours aussi bons, même si l’on remarque de plus en plus l’influence Morris. Cette série, bien qu’étant une bd jeunesse est truffée d’allusions sexuelles : il est intéressant de revoir la scène du monastère au deuxième degré ; de plus, la violence est beaucoup plus présente que dans les derniers Lucky Luke.

    On regrettera cependant un effet un peu trop appuyé du comique de répétition. L’album prend la même structure que les deux premiers ; au début, Trevor invente une histoire d’arrestation à Kid- - Kid fugue une nouvelle fois ; on retrouve l’avocat chinois blanchisseur malgré lui et le final est toujours le même au siège de l'agence. L'humour n'est pas toujours d'une grande finesse.

    Malgré ce petit bémol, les fans de Lucky Luke y trouveront certainement leur compte…

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 20:09:58
    Cotton Kid - Tome 2 - Charivari dans les bayous

    J’avais beaucoup aimé le premier tome de la série et je trouve que le deuxième est encore meilleur. Yann et Léturgie ont un peu moins appuyé le côté référentiel de la série et ont mieux construit leur scénario. Ce qui est intéressant, c’est un peu la prise de distance vis-à-vis des albums de Lucky Luke. Cette histoire se passe dans le Sud des Etats-Unis, en Louisiane, région peu visitée par Lucky Luke, hormis dans quelques albums (En remontant le Mississipi, ou un Pont sur le Mississipi).

    Les alligators et serpents mocassins remplacent le traditionnel serpent à sonnettes. On est un peu plus dans l’univers de "Jim Cutlass", une série de Charlier et Giraud. Le scénario est très habile, rythmé, on commence à avoir de la sympathie pour les personnages. La petite Evangeline, sorte de garçon manqué, est une très belle réussite.

    Concernant les références, c’est aussi exceptionnel : le pasteur William Cigar est une caricature de Robert Mitchum issu du film « la nuit du chasseur », mais on peut y reconnaître une relation avec le faux pasteur de l’album la diligence dans la série Lucky Luke. Ce dernier apparaît d’ailleurs en Kid Lucky, sur deux cases, dans le bateau, hurlant un très ironique « j’ai pas de chance ». La filiation avec l’ancienne série des auteurs est tracée.

    Les personnages cajuns du récit sont particulièrement réussis, Yann et Léturgie ont su parfaitement reproduire leur dialecte. Mais le vrai héros de l’histoire n’est autre que l’alligator LaFayette jaloux des prétendants de la maman d’Evangeline. On notera le petit clin d’œil à la série Peter Pan en fin d’ouvrage.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 19:09:37
    La ribambelle - Tome 2 - La Ribambelle en Écosse

    La Ribambelle en Ecosse est sans doute une des meilleures histoires parues dans le journal Spirou, période Yvan Delporte (dans les années 60). Roba s'est fait aider au scénario par Vicq.

    Au dessin, il a su parfaitement rendre les paysages des "Highlands" écossaisses. Certains spécialistes de la bande dessinée considèrent même ce dessin comme supérieur à celui d'Hergé pour "l'île noire".

    L'histoire est de très bonne facture et n'est pas sans rappeler l'excellent album de Lucky Luke signé Morris et Goscinny "Les Rivaux de Painful Gulch". On retrouve le même type d'affrontement entre deux familles aux particularités physiques très prononcées.

    JAMES RED Le 16/06/2025 à 19:06:11
    La ribambelle - Tome 1 - La Ribambelle gagne du terrain !

    De l’avis des admirateurs de Roba, beaucoup ont regretté que celui-ci ne poursuive pas plus longtemps cette série. Elle ne compte, de ce fait, que 6 épisodes. Les bandes de jeunes étaient à la mode dans les années 60 : les 4 as, les As, le club des peur-de-rien… Mais celle-ci a laissé un souvenir bien plus important que les précédentes dans la mémoire des lecteurs du journal Spirou.

    Cette histoire est toute simple et il plane une certaine nostalgie d’une forme de bande dessinée aujourd’hui disparue. Les personnages sont tous très attachants et on peut noter que Roba n’avait pas hésité à faire de son groupe un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme, puisque toutes les nationalités y étaient représentées.

    Enfin, petit clin d’œil, on remarquera une caricature d’Yvan Delporte, rédacteur en chef du journal Spirou si reconnaissable avec sa longue barbe, qui vient de nous quitter, en présentateur d’émissions de variété. Un album de « l’âge d’or » de la bd franco-belge.

    JAMES RED Le 15/06/2025 à 20:53:40
    Cotton Kid - Tome 1 - Au nom de la loi et de Mr Pinkerton

    Cette série est à réserver aux fans de Lucky Luke, dont je suis. Suite à une dispute avec Morris, l’équipe de Kid Lucky (Léturgie et Pearce) a décidé de lancer cette série. Car vous l’aurez compris, il s’agit d’un authentique Yann et Conrad. Ceux-ci prennent, comme dans Kid Lucky le pseudonyme de Pearce. Jean Léturgie aide Yann au scénario. Le célèbre auteur des "Innommables", "Bob Marone" ou "La Patrouille des Libellules" est donc de la partie.

    Et on sent l’influence de ce dernier à toutes les pages. Celui-ci semblait avoir été trop contrôlé par Morris dans son travail pour "Lucky Luke". Ici, il se lâche, le côté référentiel est très présent. Les auteurs rendent hommage à Lucky Luke, mais aussi au western en général.

    Yann et Conrad s’amusent à chaque planche à cacher un petit détail. Ils font une caricature d’une sorte de clone de Calamity Jane. L’avocat chinois est aussi très drôle, Trévor le frère de Cotton Kid n’écoute même pas ce qu’il a à dire et le considère comme un blanchisseur, situation traditionnelle des albums de Lucky Luke.

    On pourra reprocher un manque de cohérence au niveau du scénario ; comme souvent chez Yann, le côté parodique l’emportant sur la structure. Mais, au final, c’est très drôle et bien meilleur que les derniers "Lucky Luke", signés Morris, genre l’"innommable" Marcel Dalton. Au dessin, on sent l’influence de plus en plus forte du style Morris sur celui de Conrad. Les auteurs, à la fin de l’album, lancent des pistes pour une prochaine histoire.

    JAMES RED Le 15/06/2025 à 20:21:26
    Lucky Luke - Tome 68 - Oklahoma Jim

    Oklahoma Kid est le deuxième album de la série Kid Lucky. Si le premier épisode m’avait bien plu, grâce à ses nombreuses références. Le scénario de celui-ci m’a laissé un sentiment de déception.
    Déjà, au point de vue crédibilité, ce n’est pas terrible ; Lucky Luke qui a été à l’école avec les Dalton, ça ne passe pas. Je sais qu’on est dans la parodie, mais cela se fait au détriment de la cohérence de la série principale. Je pense qu’on voulait à tout prix exploiter les Dalton dans cette série car ils ont un gros potentiel commercial. On s’amuse bien en lisant cet album, mais comme souvent avec les scénarios de Yann, trop de références nuisent à la qualité de l’histoire. Il y a quelques bons moments de comique de répétition, mais dans l’ensemble, le scénario est confus et un peu fouillis.
    Après cet album, la série Kid Lucky s’est arrêtée car elle n’a pas trouvé son public. Les auteurs Yann et Conrad se sont brouillés avec Morris et ont créé sur le même modèle que Kid Lucky la série très réussie Cotton Kid.

    JAMES RED Le 15/06/2025 à 20:15:07
    Lucky Luke - Tome 67 - O.K. Corral

    Voilà un album honnête mais bien peu original. Morris, aidé par ses scénaristes Adam et Fauche, s'intéresse au mythique événement d'Ok Corral, souvent relaté dans les films ou les bd (le dernier cycle de "Blueberry" y fait référence).
    Comme souvent dans les histoires de Lucky Luke, on trouve des personnages ayant réellement existé que ce soit les frères Earp ou Clanton ou le dentiste Doc Holliday et son assistante au long nez. Le début de l'histoire montre aussi Luke dans son métier de cowboy, ce qui arrive quand même peu souvent dans les albums.
    L'idée était sympathique de montrer Lucky Luke témoin et aussi un peu acteur du fameux règlement de comptes à Ok Corral, mais le tout sent un peu le déjà vu. Le thème des élections manipulées avait déjà été traité dans des albums comme ruée sur l'Oklahoma. La fausse mort de Old Clanton rappelle celle de Ready dans le Pied Tendre. Le duel d'Ok Corral est confus. Le dessin de Morris se dégrade. Il pousse le principe de la photocopieuse à l'extrême, puisque tous les Earp et également les Clanton ont la même tête.
    On notera, cependant, un sympathique hommage à l'album le Daily Star. De même, autre trouvaille amusante, Jolly Jumper est séduit par une jument très admiratrice.

    JAMES RED Le 15/06/2025 à 19:25:34
    Lucky Luke - Tome 57 - Nitroglycérine

    Cet épisode de Lucky Luke est sans doute l’un des plus originaux de la série. Il s’éloigne de tout ce qu’on avait pu voir jusqu’à présent. Morris fait appel pour la deuxième fois à l’auteur néerlandais Lo Hartog Van Banda. Celui-ci livre un album où le burlesque domine constamment.
    L’histoire rappelle bien évidemment des rails sur la prairie et la lutte entre l’Union Pacific et la Central qui sont aussi un des thèmes de Blueberry avec le cycle du cheval de fer. Mais cette fois au lieu d’évoquer toute la construction du chemin de fer, les auteurs s’intéressent au transport d’une caisse de nitroglycérine sur un train. Deux groupes de bandits (dont les Dalton qui reviennent encore une fois en faire-valoir) veulent s’accaparer la caisse. Les Dalton sont même persuadés que le train convoie de l’or.
    Cela donne lieu à une course-poursuite effrénée, mais qui n’est pas dans le style du trajet à embuches. On est plus dans l’univers des dessins animés de la Warner Bros. Et c’est sans doute là que le bas blesse. On ne reconnaît plus vraiment le Lucky Luke des années Goscinny. Comme dans le bandit manchot, ou Fingers, on est dans le grand-guignol. Le train est emmené par un capitaine de navire qui ressemble au Capitaine Haddock avec un perroquet qui assène des jurons à la pelle. Le personnage est sympathique, mais en devient presque caricatural. Les Dalton et Lucky Luke semblent se courir après dans un éternel jeu du chat et de la souris qui tourne littéralement en rond et finit par lasser. Le dessin de Morris reste bon, mais on sent comme une fin d’époque...

    JAMES RED Le 14/06/2025 à 21:05:17
    Lucky Luke - Tome 63 - Le pont sur le Mississipi

    Xavier Fauche et Jean Léturgie n'ont pas été les plus mauvais scénaristes de l'après-Goscinny, même si leurs histoires reprennent souvent la même structure-mais j'y reviendrai...
    Cet album permet un retour sur le fleuve Mississipi après l'excellent "en remontant le Mississipi", seizième album de la série. C'est l'occasion de revoir ce fabuleux personnage qu'était le navigateur et menteur invétéré Ned accompagné par son fidèle serveur de café. On retrouve aussi, chose plus étonnante, le joueur Pat Poker dont on aurait très bien pu se passer tant son rôle est effacé.
    Le scénario se base sur l'histoire véridique de la construction du premier pont sur le Mississipi par l'ingénieur Eads. Les frères Cayman feront tout pour empêcher la construction de ce pont. Lucky Luke se heurtera à eux. Cette situation, n'est pas sans rappeler les albums "le daily star" ou "le pony express" où des groupes malfaisants faisaient leur possible pour empêcher le journal de Greely de paraître ou le pony express de triompher de la compagnie de chemin de fer. La fin paraît elle aussi un peu bâclée. Cependant, le scénario est quand même nettement meilleur que celui du désastreux "les Dalton à la noce".
    Au dessin, on est loin des très beaux décors des années 60 et 70, mais Morris s'en sort encore assez bien, même si les couleurs sont assez décevantes.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 18:06:05
    Les tuniques Bleues - Tome 37 - Duel dans la manche

    C’est avec cet album que j’ai commencé à me lasser franchement des tuniques bleues. L’histoire aurait pu être originale puisque les combats se déroulaient en Europe au large des Pays-Bas ou de la France, ce qui aurait pu amener de l’inédit. Mais, je trouve que les situations sont vues et revues, l’humour lourd, les gags téléphonés.
    On a l’impression de voir toujours la même chose : Blutch et Chesterfield sont condamnés injustement par l’état-major et sont alors obligés d’accomplir une mission pour se racheter. Les auteurs ne se renouvellent pas et c’est bien triste.
    Depuis cet album, j’ai l’impression que le scénariste de la série se contente de broder autour d’un fait historique, en apportant quelques micro-variations. On reconnaîtra néanmoins l’excellente documentation des auteurs sur ce combat naval au large de la Manche. Mais, est-ce suffisant pour faire un bon scénario ?

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 18:04:53
    Les tuniques Bleues - Tome 36 - Quantrill

    Les auteurs ont-ils été en panne d’inspiration sur cet album ? C’est à se demander. L’histoire est un peu trop lente à mon goût. Le scénario s’attarde sur le personnage de Quantrill, véritable chef de guerre sudiste, véritable pillard, toujours accompagné des frères James. Il est à noter que J.M. Charlier avait déjà évoqué le personnage dans deux albums de la Jeunesse de Blueberry : les démons du Missouri et terreur sur le Kansas.
    J’ai trouvé que les auteurs avaient beaucoup de mal à donner du charisme à ce personnage. J’ai regretté les apparitions de Blutch qui m’ont souvent paru un peu grosses. Le scénario manque de surprise et de trouvaille. Heureusement, la fin de l’album est d’excellente qualité et relève un peu la note.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 18:01:23
    Les tuniques Bleues - Tome 23 - Les cousins d'en face

    J’aime beaucoup les décors de cet album. L’ambiance enneigée est particulièrement bien rendue et amène un peu d’exotisme à la série.
    Concernant le scénario, je suis plus sceptique. Le fait que Chesterfield ait des cousins dans l’autre camp était une bonne idée. Elle est cependant assez mal exploitée et ne donne lieu qu’à des situations un peu convenues. On aurait aimé un peu plus de folie. Le personnage de Ransack qui est une représentation du chef de guerre pillard, sans foi ni loi, est un peu trop caricatural.
    Concernant l’humour, là aussi, c’est "petite forme". J’ai trouvé le gag sur le kilt des Ecossais complètement désuet. Peut-être que l’" inusable " Cauvin était en panne d’inspiration. Le scénario " patine " dans tous les sens du terme sur la construction d’une ligne de chemin de fer, ça n’avance pas et on s’ennuie, même, fermement.
    Heureusement, la fin de l’album est assez originale et comme souvent très ironique ; ce qui sauve cet album de la médiocrité.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 18:00:23
    Les tuniques Bleues - Tome 22 - Des bleus et des dentelles

    Ce n’est pas un des albums que je préfère. Pourtant, il y a une bonne situation de départ. Blutch, victime d’un obus doit être soigné par les infirmières du camp. Les femmes sont ici l’élément perturbateur du récit. Les hommes font tout pour les rejoindre à l’infirmerie. Hormis ce bon départ, j’ai trouvé que l’album manquait par la suite de rythme.
    On s’ennuie par moment. L'humour n'est pas très efficace. Seul Stark, amoureux de Miss Bertha, infirmière travestie, m'a fait sourire.
    Au final, un album correct, mais qui n’exploite pas assez une situation au départ pourtant originale.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:59:28
    Les tuniques Bleues - Tome 21 - Les cinq salopards

    Voilà un bon album de la série. Même si à partir du titre, on pouvait s’attendre à une autre histoire d’engagement de mercenaires. L’histoire se décompose en trois parties.
    La première concerne la recherche de nouvelles recrues. Après de sanglantes batailles, l’armée nordiste a été décimée. Blutch et Chesterfield partent en quête de nouveaux soldats. Si l’histoire reprend inévitablement certaines séquences déjà vues, le sujet est plutôt bien traité, empreint d’une certaine ironie.
    La deuxième partie évoque la rencontre avec les 5 nouvelles recrues, des bandits totalement stupides. Là, intervient un problème : comme souvent chez Cauvin, celui-ci n’exploite pas complètement toute la puissance comique de ces pieds nickelés enrôlés.
    Enfin, la dernière partie évoque la présentation de ces bras cassés au général Alexander.
    On passe un agréable moment, plus souriant que réellement drôle. Mais la fin est très réussie, même si elle propose une variation sur un thème déjà usité. Les tuniques bleues sont une très bonne série classique qui mériterait une plus grande analyse de l’ensemble de l’œuvre.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:58:21
    Les tuniques Bleues - Tome 20 - Black Face

    Cauvin et Lambil traitent, dans cet album, des motifs présumés de la guerre de sécession, c'est-à-dire la suppression de l'esclavage dans le Sud des Etats-Unis. Black Face (titre de l'album) représente le leader de la cause noire-sorte de Malcolm X avant l'heure- en s'imposant comme un des personnages les plus forts de la série.
    Celui-ci démontre vite que le sort des Noirs n'est pas plus enviable au Nord -où ils sont réduits aux travaux avilissants- qu'au Sud-où l'esclavage perdure- et que la présummée abolition de l'esclavage n'a été qu'un prétexte des Nordistes pour prendre les richesses des Confédérés.
    Les auteurs déversent leur charge antimilitariste aussi bien contre le Nord que le Sud. Le cynisme est la règle une nouvelle fois de la conclusion de l'album.
    Quant à Blutch et Chesterfield, me direz-vous ? Ils sont fidèles à eux-mêmes : Chesterfield toujours aussi borné et un brin idéaliste ne comprenant pas que les Noirs fassent la guerre au Nord qui se bat pour eux et Blutch se montrant toujours un peu plus au-dessus de la mêlée. Mais ceux-ci s'effacent véritablement par rapport à Black Face le vrai héros de cet épisode.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:57:04
    Les tuniques Bleues - Tome 19 - Le David

    Un des meilleurs albums de la série, sans aucun doute. Le début est magnifique, avec un Blutch au meilleur de sa forme. Celui-ci risque la peine capitale et il s'en prend avec arrogance à l'état-major.
    La mission est aussi très intéressante à suivre, puisque par la suite, le sergent et le caporal sont chargés d’enquêter sur le David un mystérieux sous-marin qui fait des dégâts dans la flotte nordiste. Cela donne lieu à d’excellents gags, où l’on voit Blutch et Chesterfield en mutilés de guerre et en costume sudiste. Ceux-ci, ayant été découverts vont être pourchassés par les Rebs dans une course-poursuite haletante.
    Enfin, le fin de l’album est très bonne ; comme souvent, les auteurs jouent la carte de la situation ironique.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:56:02
    Les tuniques Bleues - Tome 18 - Blue retro

    La grande originalité de cet album vient du retour en arrière qui est fait sur la vie de nos deux compères. Les auteurs choisissent de montrer Blutch et Chesterfield juste avant leur incorporation dans l’armée du Nord.
    L’album se compose de deux parties de qualité très inégale. La première partie est la plus intéressante des deux. Elle se situe juste avant leur intégration dans l’armée. On peut y voir les parents de Chesterfield : une mère castratrice qui rêve de voir le futur sergent marié avec la fille du boucher ; un père en fauteuil roulant qui se dit ancien combattant d’Alamo. Quant à Blutch, on le voit en train de tenir son bar, là où il rencontrera Chesterfield pour la première fois. Dans cet album, Les auteurs donnent les raisons de l’incorporation forcée dans l’armée yankee des deux hommes ; cela pouvant expliquer le ressentiment que Blutch éprouve pour Chesterfield.
    La deuxième partie m’a moins plus, on y évoque les premiers pas des deux acolytes dans l’armée du Nord. Hormis un détail amusant : on y apprend le prénom de Blutch ; cette partie manque réellement de rythme. Elle ne sert qu’à montrer une suite de situations plus ou moins drôles.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:55:10
    Les tuniques Bleues - Tome 17 - El Padre

    L’incursion au Mexique apporte un petit côté exotique et dépaysant à cet album. Pour une fois, on quitte les charges de cavalerie et les champs de bataille de l’Est américain. C’est, d’ailleurs, l’album que je préfère de la série.
    Le début de l’histoire est très intéressant et les auteurs vont parfaitement jouer de la situation. L’album est très dynamique jusqu’à la fin et on ne s’ennuie à aucun moment. Le fait de trouver Chesterfield déguisé en padre et Blutch en peone est une trouvaille géniale. Cela les amène dans des situations totalement burlesques. Ainsi, la scène de la messe est particulièrement drôle. On y voit Chesterfield obligé d’officier pendant une messe, sous la pression du bandit local Diaz.
    J’émettrais, cependant, un petit bémol, j’ai trouvé la découverte d’Amélie Appeltown dans le chariot un peu tirée par les cheveux.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:54:17
    Les tuniques Bleues - Tome 13 - Les bleus dans la gadoue

    Un album pas très original, mais qui se lit assez bien. Les auteurs choisissent d’incorporer une femme dans la garnison des Tuniques Bleues. Celle-ci est en fait l’élément perturbateur de l’histoire car c’est une espionne sudiste.
    Les réactions de Blutch et Chesterfield sont diamétralement opposées. Le sergent fait une nouvelle fois preuve de naïveté alors que Blutch se montre plus lucide.
    Les combats dans la boue sont assez bien rendus graphiquement et amène à des méprises assez drôles.
    Sans être un des meilleurs albums de la série, cette histoire est donc plutôt d’honnête facture.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:53:12
    Les tuniques Bleues - Tome 12 - Les bleus tournent cosaques

    Voilà le prototype de l’album des Tuniques bleues que je n’aime pas. On attend désespérément qu’il se passe quelques choses dans cette histoire et on est vite déçu. L’originalité devait venir de la présence de Cosaques dans l’armée nordiste, or les auteurs n’arrivent pas dû tout à exploiter la situation de façon convenable.
    On a, donc, une impression de gags répétitifs ; Chesterfield servant d’instructeur de cette équipe de Cosaques, Blutch s’amusant de la situation. Cet album est l’archétype du mauvais côté de la série, c’est-à-dire le manque d‘imagination. On sent que les auteurs sont tenus de sortir un album par an et cela se fait, parfois, au détriment de scénarios solides.
    Dans cette histoire, les auteurs s’amusent à partir d’une situation inusitée : la présence de Cosaques chez les Tuniques Bleues. Mais, c’est mince pour faire une bonne histoire…

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:52:13
    Les tuniques Bleues - Tome 11 - Des bleus en noir et blanc

    Matthew Brady a été un vrai photographe de guerre et il a notamment officié lors de la guerre civile américaine.
    C’est d’ailleurs le personnage de Brady qui fait l’essentiel de l’originalité de cet album. Cette histoire est plutôt bonne et bénéficie de bons traits humoristiques. C’est notamment le cas, lors de la charge héroïque de Chesterfield sur les lignes ennemies. Celui-ci sera très mal récompensé par ses supérieurs, tout le mérite de la charge revenant à Stark. Mais, contre toute attente, c’est Blutch qui va permettre au sergent de retrouver les honneurs. Blutch, dont les auteurs commencent à particulièrement peaufiner sa personnalité d’antimilitariste patenté, trouvant sa situation de photographe bien plus enviable que celle de soldat.
    On notera à la fin de l’album un passage plutôt amusant avec le Président Lincoln. Celui-ci a d’ailleurs des idées bien arrêtées sur les militaires et certaines répliques font mouche. La fin, comme souvent dans les Tuniques Bleues, est vraiment bien sentie et particulièrement ironique.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:49:36
    Les tuniques Bleues - Tome 7 - Les bleus de la marine

    A noter que les combats qui sont décrits dans cet album sont authentiques. A mon avis, c’est un des rares points positifs de cette piètre histoire.
    Le scénario est vraiment mince. Il consiste surtout en une exploration des différents corps de l’armée nordiste : la cavalerie, l’infanterie, l’artillerie et la marine.
    Chesterfield et Blutch sont à chaque fois chassés d’un corps par un de leurs supérieurs pour cause d'incompétence. On notera parmi ces gradés la deuxième apparition de l'infatigable capitaine Stark, toujours prêt pour une charge de cavalerie.
    La deuxième partie de l’histoire qui se concentre sur le passage maritime des deux compères est très poussive et n’a rien d’original. Je me suis clairement ennuyé.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:47:30
    Les tuniques Bleues - Tome 6 - La prison de Robertsonville

    Deuxième album de Lambil au dessin ; je dois dire que je le préfère nettement à celui de Salvérius. Cet album fonctionne une nouvelle fois sur le comique de répétition. Prisonniers des geôles sudistes, Blutch et Chesterfield multiplient les tentatives d’évasion.
    Si les premières tentatives ne sont pas très originales et échouent lamentablement ; vers la fin, cela s’améliore nettement. J’ai bien aimé l’idée de la permutation d’identité, les Bleus se retrouvant Gris à la fin ; ils sont alors pourchassés par les deux camps, dans un quiproquo général.
    D’ailleurs, la fin de l’album bénéficie d’une charge de cavalerie d’une grande virtuosité graphique. La fin de l’histoire est d’ailleurs très bonne, il y a une bonne dose d’ironie ; comme ce sera souvent le cas dans la série.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:46:15
    Les tuniques Bleues - Tome 4 - Outlaw

    Les tuniques bleues avaient été lancées dans le journal Spirou pour pallier le départ de Lucky Luke chez Pilote. Les premiers albums proposent des histoires sur le principe de celles du cow-boy solitaire avec des Indiens et des bandits mexicains.
    Cette histoire « Outlaw » choisit le même postulat. Le dessin de Salvé est assez étonnant, utilisant beaucoup les plans cinématographiques. Par contre, les personnages paraissent plus petits par rapport à ceux de Lambil. L’histoire est assez intéressante, on ne s’ennuie pas du tout. Le personnage de Mathias est assez amusant et la situation plutôt originale. Blutch et Chesterfield sont dégradés pour démasquer un groupe de bandits. Un bon album de la série.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:37:10
    Spirou et Fantasio - Tome 48 - L'Homme qui ne voulait pas mourir

    Deuxième épisode de Spirou et Fantasio, signé Morvan et Munuera. Cette histoire fait une référence appuyée à un des meilleurs albums de la série "Spirou et les héritiers ". Cela permet de retrouver le cousin diabolique de Fantasio : Zantafio ; mais aussi son oncle Tanzafio, que l’on croyait mort.
    Morvan essaye de créer de la cohérence dans la série, puisqu’il fait un clin d’œil à un autre album signé Tome et Janry : "Spirou à Moscou", dernière apparition en date du cousin Zantafio.
    Cette histoire est une longue course-poursuite vers la source de jouvence située en Amérique latine, ce qui permet de réentendre parler du Guaracha ou de la Palombie.
    Bon… cet album est certes meilleur que le désastreux "Paris sous Seine", mais le vieux lecteur de Spirou que je suis a dû mal à se retrouver dans cet univers très manga. Les auteurs réalisent pourtant un album qui a du rythme, mais qui manque cruellement de fond.
    Le dessin très cartoon de Munuera me semble mal adapté à la série. Les personnages secondaires manquent d’épaisseur. L’humour est un peu facile.
    C’est dommage car l’on sent que Morvan essaye à tout prix de recoller les morceaux d’une œuvre que beaucoup d’auteurs se sont partagés, mais cela ne prend pas…

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:35:41
    Spirou et Fantasio - Tome 47 - Paris-sous-Seine

    6 ans d’attente et au final une grande déception. L’équipe Dupuis, sans doute peu convaincu par l’album Machine qui rêve, avait décidé de retirer Spirou à Tome et Janry. C’est donc un nouveau duo d’auteur qui entamait le passage du célèbre groom dans le XXIème siècle. Morvan au scénario, Munuera au dessin ; une équipe qui avait déjà fait ses preuves sur les séries "Merlin" ou "Sir Pyle". Mais force est de constater que sur la série Spirou, la mayonnaise ne prend pas. Les auteurs font de Spirou et Fantasio des espèces de héros cyber-équipés, dans une histoire sans temps mort, mais sans intérêt. Morvan, si il est bon raconteur d’histoire, n’est pas un grand dialoguiste. Il peine à faire des traits d’humour, on le sent pataud. Cette histoire s’épuise dans une lourdeur extrême. A comparer, les albums ratés de Tome et Janry ou Fournier comme Le rayon noir ou du cidre dans les étoiles passeraient pour des chefs d’œuvre. Concernant le dessin, c’est pareil, le style très manga de Munuera ne s’adapte pas à la série. J’ai l’impression que la série n’avait pas autant touché le fond depuis l’époque Nic et Cauvin.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:30:45
    Spirou et Fantasio - Tome 25 - Le gri-gri du Niokolo-Koba

    Je n'ai pas aimé tous les albums de Fournier dans sa reprise de Spirou, mais celui-ci est plutôt réussi. Spirou a déjà voyagé de nombreuses fois en Afrique que ce soit dans la corne du Rhinocéros ou le Gorille a bonne mine ou encore Tembo Tabou. C'est l'occasion d'un vrai dépaysement exotique et Fournier livre d'aussi belles planches que celles du maître Franquin. Comme souvent avec les histoires signées Fournier, c'est l'occasion d'introduire un peu de fantastique.
    L'humour est aussi présent avec un Spip à la recherche de noix dans un comique de répétition plutôt bien senti. On a également plaisir à revoir la belle Ororéa qui semble ne pas laisser Fantasio indifférent.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:28:44
    Spirou et Fantasio - Tome 21 - Du glucose pour Noémie

    Après le premier album le faiseur d'or signé Fournier qui avait respecté assez fidèlement les codes de Franquin ; du glucose pour Noémie permet à l'auteur breton d'introduire ses personnages que ce soit Itoh Kata ou le Triangle.
    Il est à noter qu'à partir de cet album, le marsupilami disparaîtra une bonne fois pour toute des aventures de Spirou.
    En ce qui concerne le scénario, c'est plutôt enlevé (un peu trop parfois !), on ne s'ennuie pas. Cependant, Fournier fera beaucoup mieux dans les albums suivants que ce soit point de vue dessin ou histoire.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:27:18
    Spirou et Fantasio - Tome 20 - Le faiseur d'or

    Difficile de juger le premier tome de la série "Spirou et Fantasio" signé Fournier. On sent encore l'ombre du maître Franquin planer ; celui-ci dessine d'ailleurs le marsupilami qui apparaîtra pour la dernière fois dans les aventures du groom.
    L'histoire est assez sympathique, sans être vraiment originale. Le cahier des charges semble être tenu. Cependant, Fournier fera beaucoup mieux et trouvera son style quelques albums plus tard, développant des thèmes récurrents comme l'écologie ou créant de nouveaux personnages bien caractérisés.
    L'album bénéficie aussi de deux courtes histoires pour tenir le format 62 pages. Si la deuxième est sans réel intérêt, la troisième sert de longue introduction à l'album du glucose pour Noémie et permet d'introduire le personnage d'Itoh Kata ainsi que le mystérieux groupe conspirationniste nommé le triangle.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:23:30
    Spirou et Fantasio - Tome 19 - Panade à Champignac

    Cet album présente deux histoires. La première "Panade à Champignac" est une gigantesque farce, où Franquin s’en donne à cœur joie avec des personnages qui commençaient à l’agacer. Ce fut sa dernière histoire et on a l’impression qu’il en avait assez de voir évoluer des personnages qu'il cotoyait depuis trop longtemps. Du coup, il décide de les ridiculiser, enfin, sutout Zorglub. J’ai toujours trouvé qu'il y allait un peu fort, voir Zorglub promené dans une poussette et hurlant comme un bébé ne m’a jamais fait beaucoup rire. Le scénario est, de plus, assez mince ; un zorgl’homme nostalgique cherche à délivrer Zorglub, soigné par le comte de Champignac. Il est à noter que Gaston apparaît au début de l’album. Cela marque sans doute la transition du Franquin de Spirou à celui de Gaston Lagaffe.
    D’ailleurs, la seconde histoire « Bravo les Brothers » est encore plus centrée sur le personnage de Gaston. Spirou et Fantasio sont relégués au rang de personnages secondaires. On les retrouve dans l’univers coutumier de la rédaction chez Dupuis avec Prunelle ou Lebrac. J’ai préféré cette histoire au ton parfaitement humaniste qui permet de clôturer la période Franquin de Spirou et d'amorcer celle de Gaston Lagaffe.
    Au final, cet album n’est pas mon préféré, mais il permet de faire une très belle transition entre Spirou et Gaston Lagaffe.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:21:08
    Spirou et Fantasio - Tome 12 - Le nid des Marsupilamis

    Cet album est constitué de deux histoires : "le nid des Marsupilamis" et "la foire aux gangsters".
    La première était "paraît-il" la préférée de Monsieur Dupuis le vrai patron du journal Spirou. De mon côté, je préfère nettement les histoires de Spirou qui ont été écrites par Greg comme "le prisonnier du Bouddha", les deux Zorglub ou "QRN".
    Ici, les deux héros cèdent la place à Seccotine qui présente un documentaire sur le cousin du Marsupilami en Palombie. Cela donne lieu à quelques découvertes surprenantes comme le fait que le Marsupilami est ovipare, ou que les petits du couple peuvent avoir différentes couleurs...
    Le moment de la parade amoureuse est assez poétique, mais le tout manque, à mon sens, d'esprit aventureux. Par contre, le running gag avec le jaguar et les piranhas est très drôle. On est plus dans le numéro zéro des aventures du "Marsupilami" : série qui émergera bien plus tard dans les années 80 ; même si l'épisode est évidemment bien au-dessus des histoires inventées par Batem ou d'autres.
    Le second épisode n'est pas très original et vaut surtout pour la présence de Gaston qui provoque des situations assez amusantes.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:19:35
    Spirou et Fantasio - Tome 9 - Le repaire de la murène

    Cette histoire date de 1955 et elle n’a pas du tout vieilli. Franquin était vraiment un vrai génie visionnaire. Ce n'est pas encore le meilleur de la série qui viendra avec les scénarios de Greg ; mais cet album mérite largement le détour.
    Franquin s’occupe ici du scénario et du dessin. C’est dans cet album qu’apparaît John Helena, mieux connu sous le nom « La Murène ». Franquin était un inventeur de génie, il crée de nouveaux objets tous très en avance sur leur temps comme ce petit sous-marin monoplace.
    L’histoire nous tient en haleine tout au long des 60 pages. On notera enfin, que le Marsupilami est au meilleur de sa forme dans cette histoire. Du grand art…

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 17:17:46
    Spirou et Fantasio - Tome 17 - Spirou et les hommes-bulles

    Un album paru dans le Parisien Libéré à l’époque et non pas dans l'hebdomadaire Spirou (de même que Morris et Goscinny avaient écrit « les Dalton courent toujours » pour ce même journal français). Ceci explique la pagination particulière des planches. L’album se partage en deux parties : « Spirou et les hommes-bulles » et « les petits formats ».
    Franquin est assisté de Roba au dessin ainsi qu’au scénario. On sent que Franquin commençait à en avoir assez des personnages de Spirou et Fantasio. Roba en profite pour glisser ses personnages de Boule, son père et Bill dans l’histoire « les petits formats ».
    « Spirou et les hommes-bulles » est en fait la suite directe de l’excellent "le repaire de la Murène". On retrouve, d’ailleurs, le fameux John Helena dit la Murène. L’histoire est un peu trop courte, à mon avis. On aurait aimé que les auteurs développent le sujet sur un 62 pages, d’autant plus que comme d’habitude les décors sous-marins sont magnifiques.
    La seconde histoire « les petits formats » est très intrigante aussi. On y voit Spirou, très inquiet, en stress permanent pour son ami Fantasio. On sent que Franquin et Roba ont bien compris les préceptes du maître du suspense Hitchcock car ils mènent le lecteur sur une fausse piste de manière très habile.
    Un bon album dans l’ensemble, mais qui souffre d’être placé entre trois chefs-d’œuvre les deux Zorglub et QRN.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:34:06
    Benoît Brisefer - Tome 6 - Lady d'Olphine

    Walthéry au dessin, Wasterlain aux décors, cet album sent énormément la patte des deux assistants de Peyo.

    Celui-ci a eu l'idée de faire revenir Madame Adolphine, dans une cité qui ressemble étrangement à Monaco. Mais cette fois, le robot dirige un véritable gang mafieux et se fait appeler Lady d'Olphine.

    Cet album nous permet de retrouver Vladlavodka l'inventeur du robot Adolphine. Mais si l'album bénéficie de moments de grâce, de course-poursuites bien rendues, on ne retrouve plus la poésie des premiers albums. De plus, l'influence de Walthéry et Wasterlain se fait très nettement sentir et se démarque peu à peu du style de Peyo.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:32:37
    Benoît Brisefer - Tome 5 - Le cirque Bodoni

    Un épisode qui renouait avec la fraîcheur des deux premières histoires. Une nouvelle fois Benoît va faire oeuvre de bonté en venant en aide à un cirque en perdition. Walthéry est seul aux manettes du dessin et cela lui permet de faire une caricature amusante de Peyo en Choesels, directeur d'un cirque très important, fumant le cigarre.

    Un très bon album, moins centré sur l'action que Tonton Placide, mais plus poétique. Il est à noter que cette série n'a pas pris une ride (ce qui n'est pas le cas de pas mal de séries des années 60). Le dessin de Walthéry semble commencer à se démarquer assez nettement de celui du maître. Cela sera encore plus flagrant dans le prochain album.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:31:14
    Benoît Brisefer - Tome 4 - Tonton Placide

    En pleine James Bondmania dans les années 60, Tonton Placide est une parodie des films d’espionnage de l’époque. Le petit Benoît a un oncle au service du SAPPETT, une sorte de gorille pour personnalités.

    Peyo et Gos signent un scénario plein d'humour, enlevé, bien servi par les dessins de Walthéry. Certains reprocheront à cet épisode le manque de poésie des premiers albums, mais il faut reconnaître que cet album est un des plus drôle de la série et sans doute le plus efficace.

    On remarquera au hasard d’une page M. Demesmaecker, furieux d’avoir perdu la valise des contrats. Les auteurs créent dans la grande tradition de Q de James Bond : des gadgets très innovants. Un album d’une grande inventivité, excellent…

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:30:14
    Benoît Brisefer - Tome 3 - Les douze travaux de Benoît Brisefer

    Une aventure qui fut entièrement dessiné par Walthéry. Peyo commençait à faire tourner son studio de fort belle manière. Le scénario rappelle les romans policiers du style les Dix Petits nègres. On retrouve une nouvelle fois le chauffeur de taxi Dussiflard qui va devenir riche car il possède du terrain, où l'on a trouvé du pétrole. Or il partage ce terrain avec plusieurs amis.

    Encore une fois Benoît déjoue tous les pièges et arrive à résoudre l’énigme. Comme d’habitude, personne ne le croit et il a un rhume au mauvais moment. Cet aspect répétitif fait que j’aime un peu moins cet album. A noter, cependant, que BB découvre différents milieux professionnels (banque, marine) quand il part à la recherche des copains de Dussiflard et cela donne lieu à chaque fois à quelques bonnes représentations des activités.

    Un bon album, au final, qui a une résonance presque mythologique.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:29:26
    Benoît Brisefer - Tome 2 - Madame Adolphine

    Peyo signe ici une aventure bien plus originale que les taxis rouges. Will, une nouvelle fois, est aux décors. Tout l’intérêt de cette histoire vient du robot Madame Adolphine, création de l’inventeur Vladlavodka. Le seul problème, c'est que la mécanique du robot va se détraquer.

    Comme Benoît (Superman enfantin possédant quelques failles), Peyo crée un personnage à contre-emploi. Madame Adolphine est une vieille dame qui pourrait sembler bien sous tous rapports. Mais, en fait, c'est une redoutable chef de truands. Adolphine a cependant un point faible : elle aime bien le jeune Benoit. Toujours autant de fraîcheur et d’imagination dans un des meilleurs tomes de la série.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:28:59
    Benoît Brisefer - Tome 1 - Les taxis rouges

    Ce livre est le premier tome d'une série importante de Peyo, il est à noter que Will a dessiné les décors. Peyo n'était pas très habitué aux décors contemporains.

    Si l'histoire est très classique, une bande par l'intermédiaire d'une société de taxis veut piller la ville de Vivejoie-la-Grande.

    Le véritable intérêt de cette série est son personnage principal : Benoît Brisefer. Peyo reprend le mythe de Superman en l'appliquant à un enfant. Sauf que grande originalité, il lui trouve un point faible : Benoît perd sa force quand il s'enrhume. De plus, il n'arrive jamais à faire part de ses pouvoirs aux adultes car il devient confus dans ses explications.

    Cette série est très attachante et bénéficie d'un vrai dynanisme. A aucun moment, on ne s'ennuie et cette histoire n'a pas du tout vieilli.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:27:14
    Johan et Pirlouit - Tome 13 - Le sortilège de Maltrochu

    Dernier album écrit et dessiné par Peyo. Celui-ci a souffert pour écrire son histoire, il a du s'y reprendre à plusieurs fois pour la parution dans le journal Spirou. Il fit appel aussi à Walthéry et Wasterlain pour peaufiner les décors.
    Sur le fond, l'histoire est assez sympathique, plutôt dynamique, on retrouve Homnibus, ainsi que les schtroumpfs. La partie où Pirlouit est changé en chien est une bonne trouvaille.
    Cependant, on sent, par moment les errances du créateur. Les personnages subissent l'influence graphique des schtroumpfs. Peyo, emporté par la folie des petits lutins bleus va dès lors ranger Johan et Pirlouit dans un placard. Il faudra attendre 24 ans pour voir de nouvelles aventures. Mais, c'est une autre histoire.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:26:25
    Johan et Pirlouit - Tome 12 - Le pays maudit

    Une nouvelle fois, Peyo fait appel aux schtroumpfs dans un album de Johan et Pirlouit. Il faut dire qu'à cette époque les petits lutins bleus sont en train de voler la vedette aux deux héros.
    Cette fois, c'est le Roi qui décide de suivre Johan et Pirlouit au pays maudit. Enthousiaste au départ, celui-ci va vite rechigner au cours du voyage, quitte à devenir agaçant.
    Si Peyo arrive à créer un suspense par le principe du grand schtroumpf enlevé par un schtroumpf qui schrtoumpf du schtroumpf, ce qui donne lieu à de bons gags de Pirlouit qui s'interroge sur le sens de cette phrase.
    L'ensemble m'a un peu moins convaincu que les 3 précédents albums. L'histoire semble moins travaillée et l'omniprésence des schtroumpfs m'a un peu lassé.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:23:15
    Johan et Pirlouit - Tome 3 - Le lutin du bois aux roches

    Un des albums charnière dans la carrière de Peyo. C'est ici, qu'apparaît Pirlouit, l'une des plus belles inventions de la bande dessinée franco-belge. Peyo joue savamment du suspense, puisque pendant les premières pages, on entend parler de Pirlouit comme d'une menace, mais on ne le voit pas réellement.

    D'ailleurs, Peyo ne donnera jamais d'explication est-ce un nain ou un gamin ? On ne le saura jamais. Mais le personnage est là et apparaît enfin à Johan comme le lutin du bois aux roches, et tout de suite on s'attache à lui. A partir de ce moment, Pirlouit ne quittera plus Johan.

    On peut cependant trouver cet album, un peu décevant d'un point de vue de l'histoire : un enlèvement de princesse n'a rien d'original. Quant au dessin, on ne reconnaît pas le personnage de Pirlouit dans ses traits actuels, car Peyo n'a jamais retouché son album.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:20:10
    La patrouille des Castors - Tome 13 - La couronne cachée

    Suite de l’épisode « la couronne cachée » qui s’inspire en partie du roman « le prince Eric » de Serge Dalens. La patrouille des Castors, Poulain en tête, vient à l’aide du jeune prince de Braslavie destitué par un régime qui ressemble fort à un Etat communiste d’Europe de l’Est. Il est d’ailleurs amusant de voir Charlier prendre position contre le communisme, même si ce n’est pas dit explicitement.
    Bien évidemment, cette histoire peut paraître complètement irréaliste et désuète (imaginez un groupe de scouts pourchassé par un Etat totalitaire !!!), mais si on oublie ces extrapolations, l’histoire est très agréable à suivre et particulièrement prenante. L’humour est aussi de la partie, grâce au personnage de Tapir. On regrettera, cependant, une fin précipitée et bien peu crédible.
    L’aventure de la patrouille n’est pas sans rappeler l’album de Tintin le sceptre d’Ottokar. L’histoire se passe en Braslavie qui fait immanquablement penser à la Syldavie d’Hergé. La Braslavie est sans doute à rapprocher de la Roumanie, la Yougoslavie ou de la Bulgarie, ces anciennes monarchies passées sous l’égide soviétique après la guerre. Le jeune prince, héritier de la couronne, a été obligé d’abdiquer car le pays est passé sous l’orbite d’une dictature aux forts airs communistes. La patrouille saura faire triompher la liberté !!! On notera un groupe de partisans de la royauté plus très jeune, d’où viendra le renouveau.
    Au dessin, Mitacq montre de très jolies dispositions, dans un style assez dynamique et plutôt moderne pour l’époque. La couverture est, elle aussi, très belle.
    Alors pour ceux qui aiment l’âge d’or du journal Spirou, cet album est pour vous, les autres n’y trouveront, je pense, plus trop leur compte.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:18:35
    La patrouille des Castors - Tome 8 - Le hameau englouti

    Suite de l’épisode « la couronne cachée » qui s’inspire en partie du roman « le prince Eric » de Serge Dalens. La patrouille des Castors, Poulain en tête, vient à l’aide du jeune prince de Braslavie destitué par un régime qui ressemble fort à un Etat communiste d’Europe de l’Est. Il est d’ailleurs amusant de voir Charlier prendre position contre le communisme, même si ce n’est pas dit explicitement.
    Bien évidemment, cette histoire peut paraître complètement irréaliste et désuète (imaginez un groupe de scouts pourchassé par un Etat totalitaire !!!), mais si on oublie ces extrapolations, l’histoire est très agréable à suivre et particulièrement prenante. L’humour est aussi de la partie, grâce au personnage de Tapir. On regrettera, cependant, une fin précipitée et bien peu crédible.
    L’aventure de la patrouille n’est pas sans rappeler l’album de Tintin le sceptre d’Ottokar. L’histoire se passe en Braslavie qui fait immanquablement penser à la Syldavie d’Hergé. La Braslavie est sans doute à rapprocher de la Roumanie, la Yougoslavie ou de la Bulgarie, ces anciennes monarchies passées sous l’égide soviétique après la guerre. Le jeune prince, héritier de la couronne, a été obligé d’abdiquer car le pays est passé sous l’orbite d’une dictature aux forts airs communistes. La patrouille saura faire triompher la liberté !!! On notera un groupe de partisans de la royauté plus très jeune, d’où viendra le renouveau.
    Au dessin, Mitacq montre de très jolies dispositions, dans un style assez dynamique et plutôt moderne pour l’époque. La couverture est, elle aussi, très belle.
    Alors pour ceux qui aiment l’âge d’or du journal Spirou, cet album est pour vous, les autres n’y trouveront, je pense, plus trop leur compte.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:16:22
    La patrouille des Castors - Tome 19 - Vingt milliards sous la terre

    Bien que n'étant pas un adepte de l'idéologie scout, je dois bien admettre que Charlier a réalisé un bon début de diptyque avec cet album qui se poursuivra dans l'épisode suivant El Démonio.
    La série la patrouille des castors et son idéologie bien pensante semble aujourd'hui un peu passée de mode, difficile de retrouver des rééditions.
    Si certaines des histoires de la patrouille ne supportent plus l'usure du temps ; cette aventure est de très bonne facture touchant des domaines aussi divers que l'alpinisme, la spéléogie et la découverte de trésors. Comme souvent dans la patrouille, on peut reprocher à cette série l'absence de personnage féminin et le côté un peu stéréotypé de ces braves castors, notamment l'insupportable moralisateur incarné par Poulain. Si ce tome ne trahit pas ce modèle, l'histoire est cependant agréable à suivre si l'on oublie ces éléments.
    Charlier avait un réel don pour dégager des ambiances inquiétantes et distiller progressivement des éléments de réponse à ses intrigues.
    Au dessin, c'est admirable, Mitacq avait une vraie audace moderniste et un savoir-faire qui n'ont peut-être jamais été reconnus à leur juste valeur.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:15:18
    La patrouille des Castors - Tome 6 - Le Trophée de Rochecombe

    Voilà un épisode très classique des aventures des Castors. Celui-ci se déroule en France où toutes les convoitises se dirigent vers un objet mystérieux : un ancien trophée gaulois. L’histoire rappelle un peu la guerre des boutons avec un affrontement entre les scouts et un groupe de jeunes adolescents : la bande de Frédé dont les manières sont bien moins policées que celles des Castors.
    Cependant, la comparaison s’arrête là car le livre de Louis Pergaud distillait un humour détonant alors que l’histoire concoctée par Charlier en manque cruellement. Les rares moments d’humour liés au personnage de Tapir (pendant de Sonny Tuckson dans "Buck Danny") sont un peu lourds et trop appuyés.
    Cet épisode est plutôt agréable à lire, même s’il a pris un certain coup de vieux surtout dans les expressions (mais c’est un peu le lot de tous les albums de la série). Par moment, l’histoire observe quelques longueurs. L’aventure est purement policière, un peu trop statique mais beaucoup moins irréaliste que l’épisode précédent : la bouteille à la mer où les Castors voyageaient à travers le monde entier. On est dans une enquête du type « club des cinq » avec le côté catholique en plus : on voit les castors prier et accomplir de bonnes actions auprès des villageois.
    Au dessin Mitacq fait de très belles choses grâce à un style très dynamique et finalement plutôt moderne. Il semblerait qu’il ait été aidé par Eddy Paape pour l’encrage de certaines planches.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:14:35
    La patrouille des Castors - Tome 5 - La bouteille à la mer

    Toujours amusant de retrouver cette fameuse patrouille des castors qui utilise des expressions parfaitement désuètes : « cet homme est vraiment chic », « c’est vraiment épatant », si typiques de la bande dessinée des années 50 avec son code moral catholique et ses groupes de scouts qui accomplissent de bonnes actions.
    On notera aussi les passages didactiques un peu lourds décrivant par le détail le canot pneumatique ou la chasse à la baleine ; il y a même une petite énigme au sein même de l’histoire à l’intention du lecteur que Poulain résoudra habilement.
    Passé tous ces côtés qui peuvent m’agacer, je dois admettre avoir plutôt apprécié cette histoire des Castors. Le scénario est sans temps mort nous conduisant de la côte basque, à Oslo, au Groenland ou encore dans ce mystérieux pays qu’est l’Estrurie un pays imaginaire qui fait immanquablement penser à la Bordurie de Tintin.
    L’allusion au communiste est d’ailleurs assez claire. On est en pleine guerre froide et l’ennemi est clairement identifié à l’Est. Une nouvelle fois, certains trouveront bien peu crédibles que cette patrouille de scouts parvienne à se rendre dans les pays de l’Est jouant les espions et délivre des scientifiques prisonniers du bloc soviétique. Mais bon, si on se laisse prendre au jeu, on passe un agréable moment. Un problème, cependant, semble se poser à Charlier qui a dû mal à faire évoluer les cinq membres de la patrouille ensemble ; une nouvelle fois Poulain et Tapir sont très nettement mis en avant.
    Au dessin, Mitacq semble encore hésiter entre le style réaliste et le style humoristique, mais il livre de très belles planches aux cases aérées et aux décors très réussis.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:13:42
    La patrouille des Castors - Tome 4 - Sur la Piste de Mowgli

    Les auteurs décident de donner du dépaysement à la série en changeant de continent. Cet épisode est dans la continuité du précédent album : l’inconnu de la villa Mystère, puisqu’on retrouve la famille Brewster. Charlier et Mitacq conduisent les jeunes scouts en Inde.
    Je dois bien admettre que les épisodes de la patrouille se passant à l’étranger n’ont jamais été parmi mes préférés. On retrouve un petit côté didactique qui m’agace un peu. Poulain est de plus en plus énervant par son côté donneur de leçons et optimiste forcené. Heureusement, Tapir apporte toujours la touche humoristique. Il est à noter que, comme souvent, les auteurs ont dû mal à donner de l’importance à tous les personnages : Faucon et Mouche sont encore en retrait.
    De plus, cet épisode n’évite pas certains clichés sur l’Inde : les vaches sacrées, les maharadjahs richissimes… La narration est parfois un peu lourde : Lorsque Chat mène une action en solitaire, il est obligé de commenter tous ses faits et gestes. Les auteurs rendent un hommage appuyé à l’œuvre de Rudyard Kipling : « le livre de la jungle », puisque les scouts vont croiser un clone de Mowgli sur leur route.
    Au dessin, Mitacq semble s’être bien documenté sur le pays. Le style est toujours bon, mais je le trouve plus à l'aise dans l'univers francophone.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:11:36
    La patrouille des Castors - Tome 2 - Le disparu de Ker-Aven

    Un album en demi-teinte, dans l’ensemble. L’histoire commence bien, comme souvent dans la série, jouant à fond la carte du mystère. Cette fois-ci, Mouche et Chat sont mis en avant.

    La disparition de Mouche fait immanquablement penser au film de Christian Jacques qui a sans doute inspirer l’ouvrage : les disparus de Saint-Agil, même si ici il n’y a qu’un seul disparu. L’enquête de départ se basant sur les indications données par Mouche est plutôt bien amenée, mais l’histoire s’embourbe dans une affaire de trafic de contrebande bien peu passionnante. On aurait pu espérer une explication un peu plus insolite comme le laissait penser Mouche en début d’histoire car la Bretagne n’est pas exempte de légendes. On a un peu l’impression que Charlier a du mal à conclure son histoire et qu’il est obligé de précipiter la fin.

    La touche humoristique est apportée par l’inspecteur Bigouden sorte de mixage entre les Dupondt et le professeur Tournesol ou encore l’inspecteur Crouton de "Gil Jourdan". Le dessin de Mitacq reste très agréable, surtout dans les scènes de nuit. Chose intéressante, on en apprend un peu plus sur les parents de Mouche.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:10:27
    La patrouille des Castors - Tome 1 - Le Mystère de Grosbois

    Le mystère de Grosbois est la première aventure de la célèbre patrouille des castors. L’histoire a été écrite en 1954. Jean-Michel Charlier scénariste de "Blueberry", "Buck Danny" ou "Marc Dacier" et Mitacq au dessin imaginent un groupe de jeunes scouts qui seront confrontés à des mystères, à la manière du club des cinq.
    Dès cette première histoire, les personnages trouvent leur marque. Poulain est le leader de la patrouille, Chat son second, Faucon l’intellectuel, Tapir apporte la touche humoristique un peu comme Sonny Tuckson dans "Buck Danny" et Mouche fait figure de jeune ingénu. On voit que les auteurs ont du mal à faire évoluer les cinq personnages en même temps. Poulain et Tapir ont un peu plus d’importance dans ce volume que les autres scouts.
    L’histoire rappelle les chasses au trésor, les mystères médiévaux. L’intrigue évoque les événements de la Révolution française et les répressions contre le clergé catholique. Mitacq dessine admirablement bien, dans un style qui n’a pas du tout vieilli. On passe un bon moment de lecture, même si le côté bien pensant de ces scouts peut lasser. Les méchants sont un peu caricaturaux et la morale finale frise le ridicule.
    Malgré ces défauts, on ne saurait bouder notre plaisir car Dupuis réédite une intégrale de la patrouille de très belle facture.

    JAMES RED Le 13/06/2025 à 11:08:30
    La patrouille des Castors - Tome 7 - Le secret des Monts Tabou

    Cet épisode de la patrouille des Castors se passant en Afrique n’échappe pas à certains clichés. Charlier veut parfois dénoncer les attitudes des occidentaux envers les Africains, mais il tombe par moment grossièrement dans le cliché. Montrer Tapir en espèce de colonialiste éhonté s’avère particulièrement lourd.
    Passons ce côté anachronique et pénible qui est surtout tributaire de l’époque des années 50 où les colonies étaient encore une réalité en Europe et penchons nous sur l’histoire proposée par l’album.

    Charlier délivre un récit très aventurier qui évoque les chasses aux trésors. On pourra faire référence aux films Tarzan, mais aussi à une série signée Charlier (himself) et Hubinon intitulée "Tiger Joe" qui reprenait l’idée des hommes léopards. De plus, j’ai trouvé quelques similitudes entre l’histoire des monts tabous et celle des mythiques monts de la superstition de la série "Blueberry" qui sera écrite bien plus tard.
    Au dessin, Mitacq semble définitivement opter pour le style réaliste et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’une réussite. Les paysages africains sont magnifiques et le dessin frôle cette fois-ci la perfection.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 21:25:08
    Achille Talon - Tome 14 - Achille Talon et le mystère de l'homme à deux têtes

    Au milieu des années 70, Achille Talon quitte les gags en deux planches pour de plus longues histoires au format 48 pages. Greg a voulu aller dans le sens d’une narration beaucoup plus longue, tout en maintenant dans ses histoires une veine humoristique.
    La première grande aventure de Talon est donc "Le mystère de l’homme à deux têtes" qui est une reprise presque dans son intégralité d’un épisode de Toutsy, que Greg avait écrit pour l’International Press, à ses débuts.
    Cette histoire d’amnésique bénéficie d’un bon rythme et d’une touche comique tout à fait remarquable. C’est l’occasion pour Achille de trouver en Lefuneste, le major Lafrime ou son père des alliés de poids qui l’accompagneront pour le reste de ses longues aventures. Un album à redécouvrir, même si le style verbeux de Greg pourra en lasser quelques uns…

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 21:07:15

    Deuxième intégrale Martin Milan et on peut louer une nouvelle fois le très bon travail rédactionnel du Lombard. Cela n'a pas toujours été le cas.
    Le dossier poursuit en première partie la monographie de Christian Godard en s'attardant sur ses années Pilote et la deuxième partie présente chacun des titres de cette intégrale.
    Il est enfin agréable de découvrir dans l'ordre les aventures de l'aviateur tant les éditions successives ont malmené la série.
    Par rapport à la première intégrale, il y a un plus de longues histoires de 46 planches (trois contre une dans le premier volume) et ces trois aventures sont excellentes.
    Parmi celle-ci, on trouve "l'émir aux sept bédouins", où le jeune Rachid est un peureux maladif. Il découvre par la suite être le descendant d'une principauté arabe du Moyen Orient victime de l'intérêt de son puissant voisin une pétromonarchie. Martin Milan prendra fait et cause pour le jeune Rachid et lui apprendra à dompter sa peur. Le récit est très bien mené, bien qu'un peu bavard par moment.
    L'histoire suivante "Les hommes de la boue" est un bon exemple de récit qui nous conduit sur une fausse piste. Le récit semble partir sur une banale affaire policière de corruption. Mais, comme souvent dans ces ouvrages au milieu de l'album Godard change de direction en centrant l'action sur une petite île du Pacifique qui attend désespérément l'arrivée d'un mystérieux Dieu-cargo. Le thème de la superstition est alors développé.
    Enfin "Mille ans pour une agonie" est une très bonne histoire sur le thème de la mort. L'histoire se passe en Inde où un vieux maharadjah de Falehpa (Godard est le roi des jeux de mots lourdingues) tente d'éviter l'inévitable. L'ironie est bien sûr au rendez-vous.
    Les autres petites histoires "Miss Radada" et "L'impossible à portée de mains" sont elles aussi assez bonnes, mais l'une d'elle se dégage vraiment du reste il s'agit de "Il s'appelait Jérôme" . Martin se rappelle de son ami d'enfance Jérôme qui le suivait en tout et a disparu bien trop tôt. Cette histoire pleine d'émotion est sans doute une des plus belles de la série. tout est dit en 8 planches.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 21:06:11

    Cette intégrale comprend 8 histoires courtes comprises entre 5 et 12 pages qui ont été publiées dans le journal Tintin ou ses hors-séries à la fin des années 60, début 70 signées Christian Godard. On trouve aussi, trois aventures au format un peu plus long : 20, 30 ou 44 pages. Il s'agit dans l'ordre de citation d'"Églantine de ma jeunesse", "Destination guet-apens" et "Les clochards de la jungle".
    Martin Milan est un aviateur disposant d'un vieil appareil qui stationne dans un petit aérodrome. Il est la risée du club d'aviation où il séjourne à cause de la vétusté de son avion. C'est la thématique des principales histoires courtes que l'on trouve au début de l'intégrale. Elles se déroulent toute dans l'aérodrome en lieu clos. Ce ne sont pas mes histoires préférées, même si elles ont un charme indéniable. On y découvre déjà la personnalité de Martin un rien désabusé et pince sans rire. La série semblait partir sur une base humoristique, alors que, par la suite, elle ira dans quelque chose de différent.
    La série gagne ses lettres de noblesse avec Destination guet-apens une affaire d'espionnage en Europe de l'Est au ton déjà cynique. Sans transition, on voit Martin quitter son club d'aviation et se retrouver dans une sombre affaire au ton plus sérieux ; même si Godard nous gratifie de jeux de mots sur les noms des personnages un peu lourds.
    Mais c'est surtout avec "Les clochards de la jungle" que la série connaît un vrai tournant. Pour la première fois Godard fait un album de Martin Milan de 44 planches. Un petit garçon part à la recherche de son père disparu en Amérique du Sud, suite à la découverte d'une mine d'émeraude. Un journaliste avide de scoop demande à Martin de les emmener dans des territoires isolés en pleine forêt dense. Comme souvent chez Martin Milan, la série est l'occasion d'un message plus complexe sur le bien et le mal et l'exploitation des opprimés.
    "Églantine de ma jeunesse" est aussi une belle histoire d'amitié entre un jeune enfant et une lionne qui délivre une belle leçon de vie à la fin. On retrouve aussi quelques récits inédits en album comme le très bon "le chemin de nulle part" au ton très fantastique.

    Le dossier très bien fait pour une fois chez Le Lombard (qui prend exemple sur les intégrales Dupuis) décrit les débuts de Godard, avec beaucoup de dessins et d'illustrations originales, ainsi qu'une interview de l'auteur.

    Cette intégrale est une très bonne nouvelle et j'ai hâte de retrouver la suite qui est encore meilleure.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 21:01:34

    Cette intégrale est intéressante à plus d'un titre puisqu'elle permet de (re)découvrir une partie de la production de Macherot, quasiment inédite en album puisque dans les 9 histoires présentées dans cet opus, seules trois ont été publiées en album. En l'occurrence, il s'agit de "Sibylline et le Kulgude" dernier album édité par la maison d'édition Dupuis.
    Tout le reste n'a été diffusé que dans le magazine Spirou.

    Comme on l'a dit, avec la précédente intégrale, Macherot a commencé à intégrer une dimension fantastique qui ne va plus quitter la série jusqu'à son extinction.
    Les deux héros de l'histoire Sibylline et Taboum s'effacent presque totalement au profit d'autres protagonistes comme Flouzemaker, Patakès ou Trougnou. Longtemps décrié par la critique, cette partie de l'oeuvre de Macherot retrouve depuis quelque temps de nombreux défenseurs et admirateurs.

    La première histoire "le concerto pour croque-monsieur" est la suite immédiate du précédent volume "le violon de Zagabor". On y retrouve l'inquiétant Croque-Monsieur associé à quelques acolytes peu recommandables comme Zakouski ou Evariste. Ceux-ci essaiment la région de cadavres.
    La deuxième histoire "Sibylline et le Kulgude" est tout autant imprégnée d'une ambiance morbide. On y croise quelques nouveaux personnages comme Trougnou ou Zulma la sorcière et quelques anciens comme la vipère Colombine.
    "La nuit fantastique" est sans doute une des aventures les plus étranges de Sibylline qui d'ailleurs se fait de plus en plus rare, tout comme son acolyte Taboum. On y rencontre l'étrange Mirmy Popcorn, dont on ne sait pas très bien qui elle est (sorte de géante à la force surhumaine) et le zéladon noir qui parvient à éliminer le grand Troubadoule. Même Flouzemaker ne joue plus un rôle important. On a l'impression que Macherot se sert de l'univers de Sibylline pour raconter des histoires de plus en plus étranges qui s'éloignent de l'univers originel et ont dérouté le lecteur de l'époque. Cette histoire est inédite en album.
    "Patakès et le pignou" n'est pas la meilleure aventure de cette intégrale, mais permet de retrouver le journaliste en mal de scoop Patakès et pour la première fois la voyante Godetia.
    "La dame en noir" (dernière histoire à avoir été éditée en album dans "Sibylline et le kulgude") est une histoire particulièrement cynique qui met en scène Trougnou devenu prince de Schnapsbol qui tombe amoureux d'une mystérieuse dame en noir. La fin de l'épisode a un côté particulièrement ironique.
    "Sibylline et le vase enchanté" remet quelque peu à l'honneur et à l'action Sibylline, ou Verboten. Le grand Zéladon en profite pour faire revenir Tante Mirmy Popocorn qui met à mal les activités de Croque-Monsieur. Une nouvelle fois Macherot montre la cruauté dans sa terrible réalité.
    "Tante Mirmy Popcorn" est un épisode un peu court et mineur, mais qui montre l'installation de ce personnage et explique le retour quelque peu farfelu du rat Anathème, premier méchant de la série en posture ridicule.
    "Flouzemaker et l'amour" est un épisode quelque peu loufoque qui présente Flouzemaker amoureux de Mirmy Popcorn.
    Enfin "Sibylline et Tanauzère" est une histoire où l'étrange et le fantastique sont omniprésents. Une nouvelle fois le titre est trompeur puisque Sibylline n'apparaît que sur trois pages. Le Tanauzère parviendra même à effrayer Croque-Monsieur et Trougnou. Un peu d'humour vient égayer ce récit avec le journaliste Patakès qui ne voit toujours rien de ce qui se passe et s'en va interroger le brigadier Verboten pour avoir quelque chose à raconter dans son journal.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 21:00:03

    Cette troisième intégrale de Sibylline reprend dix histoires de la petite souris parues, entre 1975 et 1982, dans le journal Spirou.
    « Sibylline et les cravates noires » a été écrite en 1975 par Paul Deliège. Elle reprend certains des thèmes chers à Macherot, comme la lutte pour la survie entre les carnivores et les faibles animaux de la forêt. Cette histoire n’est pas sans rappeler les croquillards de "Chlorophylle", l'originalité en moins. Le conte de noël suivant tenant sur deux pages est assez bien construit et plutôt amusant.
    En 1977, Macherot est à nouveau seul aux commandes. Il revient avec un nouveau méchant particulièrement retors qui s’appelle Elixir. Celui-ci n’est pas sans rappeler le cynisme d’Anthracite. Malheureusement, on regrettera la présence d’un martien qui, à mon sens, gâche un peu l’histoire, même si la conclusion s’avère satisfaisante.
    Il faudra attendre trois ans pour voir le retour de Sibylline en 1980. On découvre un Macherot aux dessins plus acérés, moins précis et plus aérés. « Burokratz le vampire » est une histoire assez lente, presque une non-histoire. Les fausses pistes se jouent des enquêteurs. On assiste même à la déchéance totale d’Anathème accusé à tort de vol et qui n’a comme seule rédemption possible que l’exil. Flouzemaker gagne de l’importance volant la vedette à Sibylline et Taboum, comme dans les deux histoires suivantes : « la puce fatale » où l’on retrouve une partie du petit cirque et « le buffet hanté ». Le fantastique devient encore plus présent et beaucoup moins paisible qu’il ne l’était dans « le petit cirque ». L’univers se charge d’une pesanteur inquiétante et Macherot semble expérimenter un nouveau champ.
    Dans « Sibylline et le chapeau magique », une nouvelle fois Flouzemaker est mis en avant. On retrouve le méchant Elixir sous l'emprise du grand troubadoule, ce qui accentue le caractère fantastique de l’histoire. « Flouzemaker et Patakès » est une histoire qui n’a pas un réel intérêt si ce n’est de nous faire rencontrer le journaliste Patakès.
    En 1982, paraît alors « le violon de Zagabor » un petit chef-d’œuvre de Macherot. Celui-ci imagine à nouveau un méchant à la dégaine particulièrement inquiétante Croque-Monsieur habillé de hardes et muni d’un couteau tranchant à la main. La neige omniprésente, les jeux d’ombres et de lumières rendent ce récit particulièrement inquiétant. De petites lucioles donnent, cependant, un ton un peu plus poétique à l’ensemble. Il est dommage que l’éditeur n’ait pas relié la deuxième partie de cette histoire « le concerto pour Croque-Monsieur » qui se trouvait à la suite de cette aventure dans l’album du violon de Zagabor. A la place, on a une histoire « Flouzemaker en vacances » totalement sans intérêt, mais qui montre une nouvelle fois la place prise par le personnage.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 20:57:50

    Cette deuxième intégrale consacrée à Sibylline est une période (début des années 70) où Macherot a souffert d’une grave dépression, ce qui l’a conduit à faire appel à un scénariste en la personne de Paul Deliège auteur de Bobo.
    Le présent ouvrage rassemble 9 histoires de la petite souris et de ses comparses du bosquet joyeux. Les deux premières « La soirée de Noël de Sibylline » et « Sibylline et le gâteau d’anniversaire » ont surtout un caractère anecdotique.
    La troisième aventure est sans doute l’une des plus célèbres signées Macherot « le petit cirque » qui permet une incursion pour la première fois dans l’univers fantastique. Cependant, c’est un fantastique bien gentillet par rapport à ce que fera Macherot par la suite. Le méchant Pistolard est un peu fade, par contre la troupe du petit cirque garde un côté assez attachant. On regrettera que le dessin de Macherot se fasse moins luxuriant que dans les premiers albums.
    L’ouvrage se poursuit avec « la baguette rose » suite directe du « petit cirque » au scénario un peu simpliste et bâclé.
    « ça c'est du gâteau » scénarisé par Deliège est plus intéressant et se centre vers le personnage de Flouzemaker qui prend de l’importance et devient de plus en plus retors. Les deux aventures suivantes sont à relier intimement ; « Les pirates » et sa suite directe « Gudu s’évade », écrites par Deliège n’ont jamais été éditées en album. Ces deux histoires mettent en avant une nouvelle fois les personnages de Flouzemaker que l’on montre dans tous ses travers notamment son âpreté aux gains (surtout dans « Gudu s’évade ») et Anathème qui se trouve une nouvelle fois fortement ridiculisé.
    L’histoire « Sibylline s’envole », malgré son titre tarde un peu à décoller et rappelle les albums des croquillards le cynisme en moins. Encore une fois, Flouzemaker vole un peu la vedette à Sibylline. Taboum montre un peu de son caractère jaloux. Enfin l’album se conclut par un gentil conte « Sibylline et le coucou ».

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 20:56:06

    Voilà une heureuse initiative de l’éditeur Casterman (étrange que Dupuis ne l’ait pas fait) qui sort une intégrale de Sibylline de Macherot, prévue en 5 tomes. Ce premier volume couvre une période allant de 1965 à 1969. Huit histoires sont ainsi au menu (une seule est inédite en album « un sapin pour Sibylline »).
    Après son départ du Lombard en 1964, Macherot s’est rendu chez le concurrent l’éditeur Dupuis, où il a retrouvé ses vieux amis Franquin et Will au journal Spirou. Après le demi-échec de "Chaminou" et le khrompire qui allait peut-être un peu trop loin dans la dénonciation d’un méchant carnivore (thème déjà usité dans « les croquillards ») ; en 1965, Macherot décide de revenir à un univers plus champêtre, même si les deux premières histoires de Sibylline, se situent dans un cadre urbain très marqué par les sixties. On y retrouve, d’ailleurs, le chat Pantoufle, déjà vu dans l’une des célèbres histoires de "Chlorophylle" « Pas de salami pour Célimène » et qui connaîtra quelques aventures en solitaire (dont une signée Goscinny).
    Macherot qui ne pouvait plus utiliser son personnage de Chlorophylle resté la propriété du journal Tintin, choisit comme héros un petit couple de souris Sibylline et Taboum. Chose amusante, il choisit de donner le premier rôle à la fille Sibylline. Il la dote d’un caractère bien trempé, un peu obtus, parfois à la limite du supportable. Taboum est quant à lui plus effacé.
    A partir du troisième opus « Sibylline et la betterave », Macherot revient à son univers champêtre, dans une histoire qui met en avant le caractère changeant de Sibylline. « Sibylline et l’imposteur » est un petit événement car il développe pour la première fois le petit monde de Sibylline. Sibylline et Taboum sont alors accompagnés par d’autres personnages qui leur voleront presque la vedette : Flouzemaker, l’oiseau affairiste, le policier hérisson Verboten ou Clotaire le lapin. C’est aussi l’occasion de retrouver un vrai méchant comme les aimait Macherot : le rat Anathème qui rappelle obligatoirement Anthracite dans son caractère obstiné et son absence de conscience, mais est beaucoup moins intelligent. L’épisode suivant « Sibylline en danger » rappelle l’album « Chlorophylle et les conspirateurs ». L’histoire est particulièrement enlevée, voire cruelle, puisque la petite communauté affronte le nouveau roi des rats Anathème dans une terrible guerre.
    On trouve ensuite une petite histoire de quatre planches « un sapin pour Sibylline » parue uniquement dans le journal Spirou et qui est sans doute une commande pour Noël. L’épisode est plutôt drôle et montre une nouvelle fois le caractère très fort de Sibylline. Cette aventure met beaucoup en avant Flouzemaker.
    « Sibylline contre-attaque » peut être considéré comme la première partie de « Sibylline et les abeilles ». Anathème veut une nouvelle fois se venger. Cela donne lieu à une aventure mouvementée, où Flouzemaker se montre un peu lâche. Le dessin est à son apogée dans les décors. Dans la deuxième partie « Sibylline et les abeilles », Macherot dépeint un Anathème en pleine dépression, toujours obstiné dans son désir de vengeance vis-à-vis de Sibylline.
    Concernant l’intégrale en elle-même, c’est un bel objet. Mais le dossier n’est pas très complet et on regrettera un manque d’analyse sur la création des albums. On ne retrouve pas également les couvertures d’origine, ce qui est dommage.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 20:35:44
    Donjon Potron-Minet - Tome -99 - La chemise de la nuit

    L’époque potron-minet est la période que je préfère du donjon. Elle marque le commencement de l’aventure et narre les exploits de Hyacinthe de Cavallère le futur gardien du Donjon. Le dessin de Blain s’adapte parfaitement à cette ambiance de cape et d’épées, mêlant onirisme et couleurs sombres.
    Concernant ce premier tome, les auteurs Sfar et Trondheim fixent les bases d’un univers qui se révèle parfaitement cohérent sur la durée (plus de 25 albums pour l’instant).
    Les personnages sont particulièrement travaillés. On y découvre le père et l’oncle de Hyacinthe chez qui il part faire son apprentissage : le comte Florotte. Les deux frères semblent partager une vieille rivalité. Mais les plus belles réussites sont sans doute les personnages d’Hyppolite médecin chercheur de son état et père du futur personnage important de Zénith Alcibiade ; de Jean-Michel âme damné du comte et chef de troupes de brigands, ainsi qu’Alexandra une tueuse professionnelle dont Hyacinthe tombe amoureux.
    Ce premier livre, c’est l’histoire de la perte de l’innocence, Hyacinthe découvre la ville et se déracine peu à peu. C’est sous le masque de la chemise de la nuit qu’il cherche à donner un sens à sa vie. Si les éléments sérieux ne manquent pas : la corruption, le crime organisé, l’amour… on ne peut oublier les nombreux moments drôles de ce livre et notamment le rôle joué par les Lutins qui creusent des galeries partout, le passage du pont pour rentrer dans la ville ou le vol de l’Arbolesse.
    Une grande série qui à mon avis prend tout son sens si on l’appréhende par ce premier album.

    JAMES RED Le 12/06/2025 à 20:27:54
    Lucky Luke - Tome 9 - Des rails sur la prairie

    Voilà la première histoire écrite par René Goscinny pour Lucky Luke. On ne peut pas dire que le scénario soit très élaboré, il constitue surtout une suite de gags pimentant le trajet de la construction du chemin de fer. Il est à noter que plus tard Jean-Michel Charlier et Jean Giraud reprendront le sujet dans la saga du cheval de fer dans la série Blueberry, mais de manière cette fois réaliste.
    Goscinny instaure le principe du trajet à embûches qui reviendra souvent dans ses histoires : comme en remontant le Mississippi, la caravane, l’escorte, la diligence ou encore le fil qui chante. Cependant, ici, l’histoire se borne juste à la volonté d’un groupe de bandits d’empêcher par tous les moyens le train de passer pour sauvegarder les intérêts d’un patron de diligence qui estime que le chemin de fer va lui faire perdre de l’argent.
    Goscinny, même s’il tâtonne un peu, joue sur les running gag qui reviendront souvent dans la série comme ce passager mécontent. De plus, le gag de la « tête de taureau » est un hommage ou un plagiat d’Hergé et de l’album « les 7 boules de cristal », où le capitaine Haddock subissait la même mésaventure. De son côté entrecôte Harry préfigure un peu Sam Casey, le riche éleveur dans des barbelés sur la prairie.
    On notera également le côté très enjoué de Lucky Luke, comme c’était le cas dans les premières histoires de Morris. Goscinny lui donnera un côté plus solitaire et pince sans rire.
    Au final, même si ce n’est pas le meilleur des Lucky Luke, cet album a un caractère historique car il voit l’arrivée au scénario de celui qui donnera les lettres de noblesse à la série : René Goscinny.