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« Dans Le lierre et l'araignée, Grégoire Carle nous rappelle que la transmission ne passe pas toujours par la parole, mais par une présence. Bien que le grand-père n'ait jamais raconté sa guerre directement, c'est sa tendresse silencieuse — celle d'un homme qui a trop vu pour en parler — qui a poussé l'auteur à exhumer la douloureuse mémoire des Malgré-nous. Au bord d'un Rhin encore sauvage, véritable "jungle" vibrante, l'aïeul n'enseignait pas l'Histoire, mais l'art de la patience et du "flyfishing", ancrant son petit-fils dans le réel. Ces hommes, qui se souvenaient encore d'être paysans, offraient une forme d'éducation par l'osmose et l'observation, plantant une graine indélébile chez l'enfant.
Cependant, le livre résonne aujourd'hui comme un double avertissement mélancolique. Tout comme le Rhin a été endigué et que le ballet séculaire des insectes s'efface sous les pesticides, cette figure du grand-père "plantant des graines" de calme semble menacée. Si nous remplaçons ces moments de vide et d'observation partagée par une aliénation numérique constante, que restera-t-il de cette "empreinte douce" qui forge une âme ? En perdant la nature brute et le temps lent des aïeux, nous risquons non seulement d'appauvrir notre environnement, mais aussi la profondeur même de nos liens humains. »
Detroit Roma ne déçoit pas. Elene Usdin, avec Boni, signe un roman graphique ample où deux filles aux mêmes yeux gris, lestées par des mères compliquées, fuient Detroit — ville en déclin, minée par la corruption — pour une odyssée vers Rome (Georgia). Dans cette obscurité, on rêve en cinéma : la mère se recluse au grenier, à la manière de la diva de Sunset Boulevard ; l’une des filles ravive le souvenir maternel par un montage de ses films fétiches ; l’autre insère des scènes de films peintes dans son propre témoignage. Repères nets, Sunset Boulevard et 8½ ne sont pas des clins d’œil : ils balisent le récit et en donnent l’ossature.
Graphiquement, Usdin orchestre un amalgame de styles (bic, aquarelle, gouache) toujours au service du récit. Image-totem, la tigresse qui allaite deux enfants renverse la louve de Romulus et Remus et fait de Detroit Tigers / Motor City un mythe d’origine détourné. Une lecture dense, sensible et habitée.
Le livre de David B. s’ouvre sur deux maximes. Point de départ : « avoir peur de son ombre », image d’une anxiété qui paralyse. Puis l’élan de la quête : « voir la mort en face », l’acte qui met l’histoire en mouvement. L’héroïne — une jeune femme — a peur de sa propre ombre et se voit conseiller par Monsieur Chouette, psychopompe, de franchir le seuil du Pays des Morts pour affronter la mort les yeux dans les yeux. Cet au-delà n’est ni l’Inferno de Dante (descente ordonnée à travers les neuf cercles où les péchés reçoivent leur châtiment ), ni la fresque ténébreuse de Conte démoniaque d’Aristophane (grande épopée métaphysique publiée chez L’Association), mais une quête fantasmagorique.
David B., animiste, déploie sa langue de rêve pour figurer l’au-delà : un Pays des Morts où tout meurt et donc persiste — humains, bêtes, maisons, arbres, voitures, jusqu’aux jours eux-mêmes — et tout s’accumule. Le noir et blanc nerveux, les compositions baroques, les motifs récurrents donnent chair à cette mythologie personnelle : un monde à la fois inquiétant et merveilleux, où « regarder la mort en face » devient un geste qui ouvre sur un saut vers la vie.
Corto : « Tu voulais changer le monde, ceci n’est qu’une émeute. »
L’avocate activiste : « J’en ai marre de me soucier du bien-être des générations futures ; pour une fois, je veux faire ce dont j’ai envie. »
Dans Le Jour d’avant, Corto Maltese circule crédiblement dans notre époque. Quenehen et Vivès l’ancrent en 2022 — de Sydney vers le Pacifique (Tuvalu) — et l’embarquent dans une affaire nourrie par les tensions géopolitiques et l’activisme climatique. Ce cadre contemporain ne sonne jamais plaqué : au contraire, cette plongée dans le présent révèle combien son tempérament s’accorde à notre époque incertaine.
Pour ce gentilhomme de fortune, les rencontres priment toujours : amitiés, alliances de circonstance — comme avec cette avocate activiste, écartelée entre ses idéaux et l’envie d’agir librement.
Ainsi, le personnage de Corto gagne en profondeur, et sa mythologie s’épaissit avec le temps. En prolongeant l’héritage de Pratt, Vivès et Quenehen redonnent à Corto une actualité inattendue : il devient à la fois une figure d’hier et un miroir de nos contradictions d’aujourd’hui.
Quant à la contribution de Vivès, son sens de l’intimité et la vie qu’il insuffle aux personnages féminins prolongent fidèlement l’univers de Pratt : des femmes fortes, intrigantes, qui donnent à Corto une aura autant sensible qu’insaisissable.
Dans L’Âge d’eau, Benjamin Flao compose un roman graphique profondément français : des figures populaires, libres et têtues, affrontent une société qui sacralise la sécurité — même après le déluge. Ici, pas de techno-solutionnisme : Flao mise sur l’humain, la solidarité et la friction avec l’autorité. Un chien bleu sert de fil narratif et inscrit nos vies dans un temps plus vaste.
Les aquarelles, superbes, donnent à l’eau et à la lumière une présence quasi physique. Une fable sociale et poétique, intemporelle, qui pose la bonne question : notre histoire est-elle jamais close ?
Le livre suit le triangle amoureux entre deux musiciens, amis par ailleurs, qui aiment la même femme. Bon gré mal gré, ils se retrouvent pris dans la toile sombre tissée par un sympathisant nazi. Très lisible, très agréable, presque un page-turner. Pour les dessins, Clérisse a travaillé cette fois-ci à l’ordinateur. Dommage, car j’ai vu ses planches originales de ses albums précédents, et elles étaient superbes.
Dans Trafic en Indochine, premier volume des aventures de Victor Levallois, Laurent Rullier et Stanislas installent un récit qui dépasse l’aventure classique pour toucher à une dimension existentielle. Victor, jeune stagiaire de banque, est arraché à sa vie ordinaire et projeté dans l’Indochine d’après-guerre. Là où les héros de Pratt suivent un idéal ou la quête d’un trésor, Victor poursuit avant tout l’amour — une passion fragile, vouée à se heurter à la violence et aux désillusions du réel. Sa trajectoire n’est pas celle d’un aventurier flamboyant, mais celle d’un jeune homme entraîné malgré lui dans un monde opaque, fait de trafics, de guerre et de compromissions.
Stanislas traduit cette orientation par une ligne claire sobre et rigoureuse. Les ports, les cargos, les convois militaires — tel le Casamance — s’inscrivent avec une précision documentaire, donnant à l’aventure un poids historique qui contraste avec la fragilité intime du protagoniste.
La rencontre avec Arnaud de Cotigny, officier héroïque et nihiliste, apporte une figure opposée : Victor avance guidé par l’amour, Arnaud s’élance vers l’action et l’excès, dans une bravoure autodestructrice. Ensemble, ils dessinent les deux pôles du récit : l’intime et l’historique, la tendresse et la brutalité, la quête amoureuse et le désenchantement du monde colonial.
Ainsi, Trafic en Indochine apparaît comme une fable existentielle où la ligne claire révèle, derrière sa limpidité, la petitesse des désirs face aux forces de l’Histoire.
Ceci est non seulement un livre plein de rêves et d'images, mais aussi un livre sur la vieillesse. Un endroit où la logique et l'imagination se rencontrent, où l'envie de performance se calme, où les souvenirs ne sont pas toujours et difficilement accessibles, où l'émerveillement ne doit plus jouer le premier violon, et où l'imagination se fatigue parfois. La seule chose qui persiste est l'éthique imposée par la société, désormais obsolète, mais qui est souvent littéralement jetée par-dessus bord. La finitude et la relativité de ces facettes de la personnalité condamnées à vivre ensemble sont magnifiquement illustrées lorsque ce morceau fragile d'identité est absorbé dans l'univers, où pour chaque grain de sable sur la Terre, on peut imaginer un billion d'étoiles, juste pour avoir une idée de l'immensité de cet univers.
Une œuvre poétique qui fera réfléchir beaucoup de gens.
Ce roman graphique crée une véritable symbiose entre le texte en voix off et les dessins d'ambiance sans dialogue. On obtient juste assez d'indices visuels et de clés biographiques (le meurtre-euthanasie de la mère de Ciro, le meurtre par Ciro de la jeune amie d'un chef mafieux, ...) pour comprendre la froideur de Ciro. Son seul sentiment humain, à savoir une forme de haine envers Pupa le ventriloque, car Pupa fréquentait la même pute, motive Ciro à tuer Pupa et ainsi mettre fin à son sans faute de carrière d'assassin froid. Le patron du ventriloque envoie Aldo, un boxeur raté, sur le chemin de Ciro. Le duel entre les deux assassins n'est plus représenté, car tout a été dit et peu importe qui sortira vainqueur ?
En conclusion, ce polar ne vous prend pas par la main et demande également au lecteur de faire preuve d'imagination. C'est magistral de voir comment Igort parvient à jouer sur les tropes du genre et comment la conception graphique d'Andrea Serio vous entraîne dans l'histoire.
Quelque part en Italie, une nouvelle série Netflix est en cours d'écriture. Le boss d'une équipe créative est une femme. Le reste de l'équipe est composé d'hommes. Ensemble ils écrivent une série sur une héroïne. La contribution créative de la patronne, qui contrairement à Gianni/Gipi n'a encore rien publié/réalisé, est de faire en sorte que l'héroïne fasse caca parce que les femmes font aussi caca. La libération du regard masculin donc. Un Gipi/Gianni rampant et survivant y ajoute une haleine puante, ce qui lui vaut l'intérêt sexuel de la patronne, non pas parce qu'il compte, mais parce qu'elle n'a pas eu de relations sexuelles depuis un mois. Toute la clique appartient à l'establishment de gauche riche, où il vaut mieux appartenir si l'on veut réussir en tant que créatif. Gipi se fait bannir du milieu pour avoir partagé un rêve inapproprié, et montre une version rampante de lui-même qui essaie de se faire accepter à nouveau dans ce monde hypocrite, tandis que la mauvaise fantaisie prend une part de plus en plus grande de sa vie. Ce travail courageux et honnête de Gipi est un miroir pour cette société qui pointe du doigt et ses excès sur les réseaux sociaux. A Lire !
De Jacobs à Floc'h,
D'un homme de théâtre à un homme théâtral, transformant le quotidien avec une élégance dramatique.
D'histoires d’aventures et policiers regorgeant d'images oniriques qui marquent la rétine, à un regard passionné et ironique sur le travail des maîtres d’antan.
D'un dessin sublime à un dessin sublimé,
Et comme si cela ne suffisait pas, FLOC'H réussit avec son Blake et Mortimer à exploser ce dessin sublimé en une proportion extravagante (55,77 cm), où seule l'essence demeure. En voilà du Floc'h Art.
Un trait de maître où Floc'h joue avec ses personnages dans le style d'Hergé dans Les Bijoux de la Castafiore, avec un dialogue plein d'esprit, créant comme une mise en abyme entre l'œuvre de Jacobs et la vision de Floc'h.
Un véritable chef-d'œuvre! Mention speciale pour l'édition luxe en noir et blanc.
On n'a pas besoin de parler des dessins. Chaque page est un plaisir pour les yeux et s'inscrit dans l'épopée où l'on suit un jeune indien qui est rejeté par sa famille à cause d'un accident de chasse qui coûte la vie à son ami d'enfance. Le jeune indien accepte son destin et survit. L'histoire suit ses péripéties au fil des années et raconte la légende de Geronimo sur fond de disparition du mode de vie indien dans la nouvelle Amérique. Rossi a choisi ici de ne pas diviser les transitions temporelles en chapitres à la manière de Quentin Tarantino ;-) Les passages d'une époque à l'autre sont parfois brusques, et les récits ne sont pas tous détaillés, mais cette façon de raconter contribue à montrer la complexité du personnage principal et à faire ressentir au lecteur le drame que ces gens ont vécu. L'album se termine de façon incroyablement forte avec une image réflexive et poétique. Un chef-d'œuvre !
Une mère et une fille emmènent l'écrivain et le lecteur dans un voyage plein de narrations.
Le fait que ce rencontre a lieu dans un endroit lointain et isolé, nous dit que lecteur, écrivain et ses personages ont quelque chose à vivre ensemble pendant le temps d'un livre.
Que nous dit la conscience quand nous sommes trop loin de la vague pour y plonger et que nous allons subir son impact de plein fouet ?
Que nous apprend l'histoire d'une femme qui vit au rythme des éruptions d'un volcan, ou l'histoire des gens qui salissent chaque mot qu'ils utilisent...
Et entretemps, sur les papiers de couleur crème, une autre histoire commence, racontée par les esprits qui vivent dans la jungle et qui ont le projet d'exprimer en mots ce qu'il y a à vivre derrière les mots.
Leur but est d'arrêter la "mécanique du vide", initié par l'humain.
Des contes qui fonctionnent. C'est comme si Zephir avait découvert un langage qui nous permet de communiquer au-delà des mots. Impressionnant !
Un nouveau chapitre des Cités Obscures est quelque chose que, en tant que lecteur depuis la première heure, on attend avec enthousiasme, mais aussi avec des sentiments anxieux. Schuiten et Peeters parviendront-ils encore à nous faire pénétrer dans leur univers magique et à nous faire vibrer ?
C'est donc avec des sentiments mitigés que nous nous sommes rendus à la librairie Flagey pour en retirer un exemplaire. Le week-end suivant, après une longue course matinale, un bon petit déjeuner avec "overnight oats" et de crêpes, le vent soufflait et il pleuvait dehors, je me sentais bien et détendue, et la chaleur typique de l'automne s'emparait de mon corps et de mes membres. Les conditions optimales pour entamer le nouveau Schuiten et Peeters. En feuilletant et en lisant lentement, je me souviens avec le capitaine Nemo, des aventures à 20 000 miles sous les mers. Lorsque Nemo atteint finalement Samarobrive, et qu'il prend place comme étant Jules Verne derrière sa table d'écrivain, je m'endors doucement en rêvant aux aventures fantastiques et héroïques qu'un enfant de 12 ans peut rêver après avoir lu l'un des livres de Jules Verne.
Un ajout plus que réussi aux Cités Obscures donc, qui non seulement nous voyage dans ce monde des Cités, mais nous ramène aussi à l'imagination débordante de notre propre enfance.
Gomont écrit un roman russe sombre où les personnages ne peuvent se transcender, et restent prisonniers de leurs pulsions (orgueil, hubris, jalousie, ... ). Si l'on gratte la surface des motivations de ses personnages, il ne reste pas grand-chose des sentiments parfois élevés en apparence : la solidarité entre les ouvriers de l'usine est éphémère, l'idéalisme d'une jeune femme est très éloigné de la réalité, ... .
Gomont rend tout cela digeste en racontant son histoire avec panache, mouvement et humour.
A la fin de la lecture, on pense avoir compris quelque chose à la Russie et à la façon dont les prédateurs s'y sont installés.
Contrairement au critique de BDgest, qui se limitent à une lecture au premier degré, j'espère que le troisième volume confirmera la qualité littéraire de cette œuvre.
C'est parce qu'il y a une recommandation positive sur le livre par Manuel Fior, que j'ai finalement pris le livre à la maison . L'histoire est celle d'une romance pour de mauvaises raisons, d'une fille qui veut sauver un garçon traumatisé. Les choses se gâtent lorsque le jeune homme laisse son nouveau fétiche prendre le contrôle de sa vie.
L'illustrateur adopte une approche clinique de la narration, en utilisant les formules graphiques fournies par Chris Ware. Ainsi il peut donner vie à des sentiments très chargés et ceci d'une manière très lisible.
Cette façon de raconter des sujets difficiles tels que l'aliénation, la solitude, l'enfermement dans soi-même, les fétiches, ... rappelle également l'auteur flamand Ben Gijsemans.
Reste qu'après avoir lu cette comédie de mœurs, on se demande dans quelle mesure ces tranches de vies reflètent une réalité (éventuellement telle qu'elle a été vécue par l'auteur).
Ce type de livre n'est probablement pas destiné à tout le monde, mais dès que l'on ouvre l'une des sagas de Gonzales, on est emporté dans un voyage poétique, nostalgique et surtout contemplatif à travers le passé et le présent. Avec ses grands panoramas, Gonzales prend le temps de créer une distance avec les drames et les passions profondément humains, mais ce faisant, il laisse aussi une empreinte plus profonde sur le lecteur.
Sur le plan graphique, Gonzales excelle dans la création des atmosphères en appliquant des textures et des couleurs à ses croquis scannés. Certains passages gagneraient à être un peu plus définis dans les esquisses, mais dans l'ensemble, cela fonctionne bien.
Mattotti le dit dans la belle réédition de Casterman.
Il faut de toute façon relire un livre pour le comprendre. Il faut aussi du temps pour apprendre à connaître quelqu'un, n'est-ce pas ?
Mais peu de livres passent le test de la relecture. Stigmates passe ce test, et comment.... Les hachures de Mattotti montrent l'obscurité, la douleur, la fuite, la profondeur mais aussi ce qui peut nous relier en tant qu'êtres humains. Déchirant ...
Un livre qui vous prend à la gorge, une autobiographie qui n'a (presque) peur de rien, une histoire sur l'empreinte parentale, la recherche de sa propre voie et le lâcher prise. Des observations justes qui suscitent d'émotions fortes, et qui se terminent par un rêve sur son père mort qui, dans toute sa simplicité, souligne une fois de plus l'insoutenable légèreté de tout cela. Riad Sattouf, au sommet de son art, est en train de devenir l'auteur phare de sa génération.
Une histoire d'amour dans le Berlin des années 2000 entre une brillante historienne italienne et un jeune 'punker" vivant de l'argent de son papa. Elle vient à Berlin pour collaborer à une expo autour de Tutankhamun. À Berlin, elle goûte à la liberté malgré ses fortes migraines et ses insomnies chroniques.
Ce qui lie l'histoire de Tutankhamun avec la romance , c'est l'herbe Hypericon, une herbe qui aide à lutter contre les migraines, la dépression et les troubles anxieux.
Dans le livre de Manuel Fior, Tutankhamun reçoit une couronne de ces fleurs, comme un dernier acte de tendresse de la part de son amant ... .
Dans l'histoire de Manuel Fior, l'historienne s'endort sous l'effet de l'herbe Hypericon, en regardant l'un des événements de la dernière décennie qui a créé un Tsunami d'anxiété.
En bref, un livre poétique qui n'explique pas trop mais qui implique beaucoup ... .
Appréciez le caractère méchant et malicieux de Berck. Berck a le temps de poursuivre sa logique inimitable, ce que nous, les humains, n'avons pas. Appréciez le point de vue des dieux qui ne sont pas des gentils ... :-)
"J'aime cette idée de la fausse érudition qui cache une érudition réelle. À quoi bon l'érudition, si ce n'est pour en jouer ?" dit David B. à Thierry Groensteen dans une interview que vous pouvez retrouver sur http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article231.
Et jouer c'est précisément ce que fait David B. dans ce livre fantastique ou il mélange histoire d'art, biographies, rêves, intrigues détective, ... .
En exemple on pourrait citer la planche 11, avec comme titre "les objets perdus" , alors que les surréalistes jurent par les "objets trouvés". Au premier plan, on voit le détective Nick Carter à la recherche du surréalisme qu'André Breton aurait perdu, en poursuivant des femmes dans les rues de Paris ?. En arrière plan on voit un cabinet de raretés remplit de morceaux de femme ... . Génial!
Les histoires en images de Miroslav SEKULIC sont peintes dans un style très proche de la peinture populaire congolaise contemporaine, dont je suis également fan. Il suffit de taper Chéri Chérin sur Google et vous verrez ce que je veux dire. Fantastique, donc, que Miroslav SEKULIC puisse utiliser cette technique pour écrire ses romans très pénétrants.
Chloé Cruchaudet enrichit tranquillement son œuvre avec chaque nouvelle bande dessinée. Qu'il s'agisse d'un récit d'aventures, d'un morceau d'histoire, de l'illustration d'histoires érotiques, ..., elle est capable de tout faire. Les dialogues fonctionnent, les dessins parlent, ...
Un nouveau livre d'elle est donc quelque chose que l'on attend avec impatience et que l'on apprécie.
Une ode super bien réussi à Bruxelles, Anvers et Paris des années 70 sous la pluie, et aux films "Brussels by night" et "Hombres Complicados" avec leurs sombres histoires flamandes.
Un Shaun Tan belge. C'est bien de voir comment "c'était au temps ou Bruxelles" prend vie dans cette bande dessinée ... .
Merci aux éditions Revival d'avoir déniché cette perle. Jamais publié auparavant en Europe et maintenant disponible. Breccia est à son meilleur avec des histoires courtes et intenses qui marquent, dans le style de Mort Cinder, Buscavidas, ... . Super !
Rarement expérimenté de la sorte. Le livre d'Elene Usdin contient de nombreuses images de rêves qui sortent parfois tout droit de l'imagination d'un enfant. Quel enfant n'a pas conduit sa voiture miniature sur les carreaux d'une couverture en laine, en imaginant que la couverture devient une ville de gratte-ciel. Et tout comme dans le film Koyaanisqatsi (life in unbalance), les lignes entre les carreaux deviennent alors lumière, exprimant la ville en mouvement.
Et ce n'est qu'une facette de ce livre. Pour une description plus complète, voici une citation venant de Goodreads:
Road-trip halluciné à la croisée des mythes. René n’est à sa place nulle part. Ni dans l’appartement qu’il partage seul avec sa mère, femme absente, aux manières froides ; ni avec les autres enfants de son école ; ni dans cette ville canadienne trop grande. Hypersensible, sauvage, il est sujet aux évanouissements durant lesquels il voyage dans des mondes fantasmagoriques. Au cours de l’un d’eux, il part à la recherche de son lapin qui s’est enfui. René bascule alors dans un monde peuplé de créatures aussi terrifiantes que bienveillantes. Sorcière sensuelle et cannibale en souffrance, ogre mangeur de lumière, créatures sans mémoire ou géant au cœur simple, côtoient René, qui lui-même se métamorphose au gré des rencontres. Il devient Renée, fleur, chatte, arbre… Et revisite les mythes fondateurs des Premières Nations, peuples autochtones canadiens. Mais, où s’arrête le rêve ? Et qui rêve, véritablement ? René, petit garçon à la recherche de son lapin ? René, homme au crépuscule de sa vie, à la recherche de ses blessures enfouies ? Ou encore Judith, sa fille, à qui René révélera la terrible histoire de son enfance volée et de sa véritable identité, par l’intermédiaire du rêve ?
Ceux qui s'intéressent à Bruxelles ont été gâtés en 2021 avec ce guide de voyage d'Ever Meulen, puis avec "Bruxelles, un rêve capital" de Schuiten et Peeters, et enfin avec la chanson J'aime Bruxelles, d'Angèle.
Avec Bruxelles, Ever Meulen a créé un livre fantastique avec ses plus beaux dessins à ce jour. L'âge mûrit bien, également pour Ever Meulen.
Ce récit tout en retenue vous laisse aussi désemparé que le livre de Chris Hedges et Joe Sacco, Days of Revolt, Days of Destruction. Nous parlons ici des véritables thèmes de notre époque.
le livre pourrait aussi s'intituler 'Sans Espoir'.
Un sociopath dans un décor post apocalyptique, un sociopath qui colle des 'post its' sur le mur de sa chambre en forme de soleil, nommant les gens qu'il veut trucider. Un sociopath à l'image des trolls, les rednecks Trumpiste, Bolsaneroïstes ...
Quelqze pars en Evroppe, Juillet 17zzz , Extintion Rebellion poste dur IG:
"Alors que l'horreur climatique s'intensifie, ne croyez pas que nos dirigeants ne laisseront pas la situation s'aggraver, ils n'agiront pas. Des sociétés ont régulièrement été mises à mort par des impérialistes avides de capitaux. Les principaux pollueurs parient sur la gestion de la mort/des perturbations, de l'adaptation, de l'absence de soulèvement de masse .... ."
Une fois de plus tout revisiter, une fois de plus, tout répertorier une fois de plus tout trier, une fois de plus chercher le sens de tout cela, une fois de plus relativiser tout cela par rapport aux vieux arbres et à leur croissance capricieuse, une fois de plus propager ses convictions, une fois de plus pointer les injustices et les incohérences, une fois de plus être amoureux, une fois de plus aimer, ....
Mais ici aussi la chanson sonne que le but est toujours plus court que la portée.
boum ! un livre pour se faire des amis. Quel "trip" que celui d'un humain à double personnalité où le moi maniaque passe d'un personnage à l'autre, pour finalement commencer à se sentir bien dans la peau de Lilith qui vit à l'étage -9 de l'enfer. Le moi maniaque laisse l'autre moi dans le désespoir, raillé et rejeté, même par les anges du ciel.Finalement, l'écrivain, alias Dieu, alias le phallus, s'en mêle et part en guerre contre la chatte de Lilith, qui vomit des monstruosités. La réunion des deux personnalités après les combats nous ramène au début de ce jeu d'oie, où l'histoire peut recommencer.D'un point de vue graphique, nous avons affaire ici à un style flamand exubérant que les fondateurs de Monsieur Feraille pourraient contempler avec une envie dévorante.
Entre-temps, aucune nouvelle bande dessinée de Lukas Verstraete n'a été publiée. Peut-être que dans ce livre, il a dit tout ce qu'il voulait dire.
Est-il possible d'exprimer en mots ce que disent les images, que Mattotti partage avec nous dans toutes leurs variations ? Donc, non.
Puis-je décrire mes émotions par rapport aux images de Mattotti ? Pas non plus.
La seule chose que l'on puisse dire, c'est que les résultats de la quête "graphique" de Mattotti sont addictifs, enchanteurs, inspirants, parfois effrayants et souvent enivrants.
Tout est vrai dans le sens où tout se passe et se passe maintenant. Anecdotes, faits et tranches de vie se superposent et s'agencent au gré des réflexions et de l'histoire que l'auteur souhaite nous raconter. Cette méthode est également utilisée pour la production des dessins. L'auteur joue ici avec des transparents aux couleurs primaires pour obtenir l'effet désiré. Avec ce livre, Giacomo Nanni se place aux côtés d'une autre super innovatrice, Marion Fayolle.
Qu'est-ce qui rend les livres Perramus si unique ?
Ce sont des récits dans lesquels 3 amis sont envoyés à l'aventure par un devin pour réaliser des quêtes. Ce sont des histoires pleines d'énigmes, de symbolisme et de réflexions qui creusent profondément la conscience de l'Amérique latine pendant les années de terreur militaire. Les héros sont Washington Sosa (Uruguayen, tueur de boeufs, on l'appelle "Canelones", parce que c'est là ou il est né), Ezequiel Gorriti (insulaire et l'ennemi de Mr Whitesnow (guano, coke, ...)) et enfin Perramus (qui n' existe par son nom qui vient d'une marque d'imperméables de qualité existant depuis 1922. Perramus laisse des compagnons derrière lui lors d'un raid nocturne sanglant et perd sa mémoire dans les bras de Margerita, prostituée qui représente l'oubli). Enfin, le devin est une version fictive de Borges, lauréat du prix Nobel de littérature sud-américain.
Les quêtes consistent à sauver l'âme de Buenos Aires (Santa Maria), à retrouver le sourire perdu du peuple argentin en recherchant les dents manquantes du crâne souriant de Carlos Gardel et enfin à participer à la révolution sur l'île de Mister Whitensnow.
L'œuvre graphique de Breccia est tout simplement époustouflante. Appliquant son expressionnisme exubérant avec constance, ce grand maître nous livre une histoire lisible et un chef-d'œuvre.
A lire absolument.
Nous suivons l'histoire de Vernon Subutex qui tenait un magasin de disques à Paris dans un passé lointain. À cette époque, les magasins de disques étaient des lieux de rencontre pour les personnes ayant une attitude Punk Rock. Ainsi, Vernon a fusionné avec les idéaux de jeunesse de cette petite communauté.
Alors que Vernon se laisse emporter par la vie sans résistance jusqu'à ce qu'il se retrouve sans abri, cette petite communauté revient à la vie et les personnages qui ont croisé le chemin de Vernon passent le revu : comme son ami l'icône du rock, l'homme qui bat sa femme, plusieurs stars de la grande époque du porno, l'immigrant qui croit en notre société avec sa fille musulmane extrémiste qui veut venger son père humilié, le scénariste insatisfait, le transsexuel brésilien qui a survécu aux années du sida, ...... avec le Paris des Buttes Chaumont et le Parc De Belleville en arrière-plan.
L'histoire est soutenue par une vague intrigue de gauche dans laquelle les réussis sacrifient leur âme à l'argent et deviennent victimes des peurs qui vont avec, dans laquelle les méchants paient des trolls pour faire du mal et s'amusent de la douleur qu'ils infligent aux autres.
Un véritable roman de genre français dans le style de 37.2 le matin, qui prend vie dans les dessins de Luz.
Hautement recommandé !
La fièvre de l'Ubricande dépeint notre condition humaine.
Robick sort en colère du bâtiment statique de l'académie où il a tenté d'expliquer aux dirigeants d'Ubricande que l' "interférence", sous forme de réseau, connaît une croissance exponentielle.
L'impuissance de l'individu est saisie dans les proportions du dessin. Bientôt, les proportions de cette interférence démontreront également la relativité du pouvoir du régime.
Face à un bombardement incessant et auto-induit d'"interférences" telles que les virus, la révolution numérique, la sixième extinction, nous réagissons et nous nous connectons en tant que société, à l'instar de l'individu, dans une réaction de fuite (religion), de combat (progressivité et révolution) ou de gel (immobilisme et conservatisme).
En route vers la prochaine "dystopie ou utopie", dans un magnifique livre maintenant en couleurs!
On pourrait se référer aux talents de dessinateur de Mattotti.
On pourrait également se référer à la façon dont Jorge Gonzales traduit les émotions (restons encore un peu, à cette heure-ci, on est si bien dans l'eau).
Mais on peut aussi dire qu'Andrea Serio développe un style qui lui est propre et que cela fonctionne. Quel beau témoignage, sobre et dramatique, porté par des couleurs et des dessins plus que puissants.
Une fois de plus, c'est une œuvre puissante, profondément humaine, honnête et réconfortante qui inspirera de nombreux quinquagénaires à relever les défis de cette phase de la vie.
Dillies laisse ses personnages anthropomorphes vagabonder dans un monde entièrement occupé par un désert. Au cours de leur voyage dans le désert, les caractères mènent un dialogue poétique parfois drôle, parfois absurde, parfois philosophique.
"Où allons-nous ? Tout droit vers l'horizon. droit devant, allons droit devant, par-delà l'horizon, Jiri ! " L'image suivante montre la petite planète ronde. Ou encore plus loin dans le livre, un carrousel où tous les personnages sont figés dans leur mouvement.
Il n'est alors pas étonnant que le sentiment d'un peu de désespoir frappe parfois aussi les plus téméraires. "Un nuage de dés espoir enveloppe nos amis... , malheureusement point climatique."
Jiri, Polka, Noix De Coco, Bouteille, Lune, Poisson,
Aujourd'hui il fera beau, sec et chaud
sur l'ensemble du pays...
Un deux trois soleil,
Sur Radio Noix de Coco
Il fera toujours beau
Ces bandes dessinées "historiques" ont la qualité narrative d'un Wolf Hall de Hilary Mantel. Curieux de savoir si Nejib peut maintenir ce niveau dans les prochains épisodes. Les dessins et la palette de couleurs fonctionnent et sont attractives..
Attention, si ces bandes tombent entre les mains d'un producteur de Netflix, une série en sera inévitablement faite.
J'ai appris à connaître l'œuvre de Jorge Gonzales en regardant l'exposition (en ligne) organisée par Huberty Breyne à Paris été 2020.
Quel plaisir de pouvoir découvrir une œuvre aussi originale et personnelle. Chère Patagonie, Mécaniques, La Flamme, ... , autant de bouquins qui méritent d'être abordés.
Visuellement, c'est un style avec de nombreuses techniques et textures différentes qui sont travaillés par après dans Photoshop.
Quant au contenu, La Flamme nous fait réfléchir avec l'auteur et son meilleur ami, un biologiste, à la façon dont nous, les humains, sommes définis par les petits erreurs dans la reproduction de notre DNA ... que notre 'individualité existe dans ces petites erreurs, exactement comme pour le dessin.
Daniel Clowes a écrit dans l'introduction de l'édition américaine : "The artwork...is some of the most beautiful ever created for our lowly form—vivid, dreamlike, with intensely vivid hand-separated colours unlike anything I’ve ever seen".
Chaland et son œuvre sont devenus partie intégrante de ma/notre vie. Quelque part il nous a touchés par son énergie, son intelligence et son regard, comme seuls quelques artistes par génération le peuvent.
Le livre se lit comme une promenade dans un petit musée attrayant et nous rapproche à nouveau de la magie de Yves Chaland. Peut-être qu'un jour, le musée sera vraiment là.
Tout simplement enivrant. Schuiten et ses compagnons expliquent à la génération actuelle ce que Jacobs signifiait : des images captivantes et hypnotiques qui reviennent sans cesse.
En plus de cela, voir Bruxelles de cette manière est, en tant que Brusseleir, vraiment quelque chose!
Attention, ce livre peut changer votre vie. Ne soyez pas surpris si vous commencez à danser avec votre partenaire pendant une minute chaque jour après avoir lu ce livre. Ceci sera certainement bénéfique pour votre relation dans toutes ses facettes.
Et concernant Monsieur Baudoin, n'est-il pas temps de l'appeler, comme le veut la tradition japonaise, un " trésor national vivant " :-) (Le grand prix d'Angoulème sera un bon début).
Edmond Baudoin est l'illustration parfaite du fait que l'art ne réside pas dans l'œuvre achevée, mais plutôt 'au sein d'œuvres en cours d'élaboration.
Mozart à Paris montre à quel point Duchazeau est un auteur accompli. Virtuose avec toute une série de trouvailles/modulations graphiques, Duchazeau fait démonstration de la citation de Mozart qu'il reprend au début de son oeuvre : "Seuls les connaisseurs y trouveront satisfaction, mais de telle sorte que les non-connaisseurs puissent en être contents sans savoir pourquoi...". Mention spéciale également pour l'édition noir et blanc en grand format !
Avec la trilogie Stalag IIB, Tardi mérite le prix Nobel de littérature. Rien de moins .... . L'histoire documentée de la Seconde Guerre mondiale couvre trois générations et décrit comment l'horreur de la guerre trouve son origine dans la stupidité et la manipulation de l'homme. Tardi exprime en images ce qui est difficile à saisir en mots : les champs de pommes de terre dans le froid glacial, la faim, la douleur mais aussi les couleurs du rêve d'un enfant.
Il ne faut pas que cette œuvre volumineuse de Golo passe inaperçue. Golo donne vie à son Istrati et, avec l'œuvre d'Istrati, il insuffle un peu d'énergie virile dans notre propre monde. Monde qui souffre de nombrilisme. Ami rempli mon verre.
Paix à celui qui hurle parce qu'il voit clair ...
Un enfant reçoit ses racines et des ailes, racines qui lui rappellent son histoire, et des ailes qui lui permettent d'explorer par lui-même.
Le futur nous le laissons à la chance, et le présent? Quel est notre sort à nous? la réponse dans le bouquin :-)
Cédric Villani et Edmond Baudoin cherchent la poésie dans la chanson Française. Moi je le cherche dans les histoires et les dessins de Monsieur Baudoin.
Un mot, c'est de la poésie. Jetez un coup d'œil à la page 22 où les enfants s'éloignent du sang du boeuf abattu et regardent le soleil se coucher avec leur grand-père qui prédit le temps.
Un dessin peint sur papier comme une prévision météo basé sur le sentiment qui constitue en soi, la conversation entre les villageois. Vous pouvez sentir les soirées d'été en montagne à travers ce dessin sensuel plein de profondeur.
Ooouw la bastardaille. Pas étonnant que Baudoin ait inspiré toute une génération de dessinateurs et de conteurs.