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Les avis de - Erik67

Visualiser les 7975 avis postés dans la bedetheque
    Erik67 Le 27/02/2026 à 07:40:24
    She is beautiful - Tome 1 - Tome 1

    Avec un tel titre, on ne penserait pas du tout à un récit de science-fiction surfant sur une vague assez « Divergente » avec des jeunes filles cloîtrées dans une bulle protégée de l'extérieur.

    Le pitch est assez incroyable car une jeune fillette de 10 ans qui vivait dans cet enclos se retrouve à l'extérieur près de 14 après sorti d'un soi-disant coma provoqué par un accident grave. Elle découvre son nouveau corps à 24 ans tout en partageant un plat de sushi avec une camarade qui n'était pas franchement sa préférée. Voilà pour la pilule à faire passer !

    On va suivre ce récit qui va se révéler assez efficace avec des retournements assez inattendues. Bien sûr, il faudra passer sur certaines incohérences du scénario. Mais bon, on est dans un domaine assez particulier qui laisse libre court à l'imagination.

    J'ai bien aimé le graphisme qui est assez soigné et qui montre assez bien l'expressivité » des visages des personnages féminins. Il y a une netteté du trait que j'apprécie tout particulièrement car cela gagne en lisibilité.

    Au final, le lecteur de manga pourra se laisser entraîner par ce titre plutôt féminin par bien des aspects.

    Erik67 Le 26/02/2026 à 07:44:02

    Dans cette BD, il est question de collaboration entre les différentes services secrets des états. Visiblement, celui de la France travaille main dans la main avec le Mossad pour mettre à mal des opérations dirigés par Téhéran dans la Syrie encore gouverné par le boucher de Damas Bachar-el-Assad soutenu par Poutine. Il est question de l'utilisation d'un port syrien afin de mener des attaques sur l'état d'Israël.

    Nous savons que le tyran a fui son pays en décembre 2024 pour se réfugier en Russie où il est désormais considéré comme un paria. Cette BD est parue en avril 2025 et l'intrigue pourrait paraître un peu datée c'est à dire ne prenant pas en compte la nouvelle situation. Cependant, il suffit juste de se replacer dans le contexte pour comprendre les enjeux.

    Ma lecture a été un peu pénible au début mais il a fallu que cela prenne petit à petit pour que j'apprécie vraiment cette nouvelle œuvre de Philippe Pelaez qui est décidément en grande forme en ce moment au niveau des propositions de scénario. Parfois, il faut tenir bon et laisser infuser.

    Cette BD semble assez réaliste de la situation que vivent les agents spéciaux qui travaillent pour l'Etat et qui n'est pas vraiment facile à gérer. On peut vite basculer dans le camp ennemi si on commet le grave délit d'intelligence avec une puissance étrangère de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Il est question de cela dans ce récit.

    Le dessin ressemble beaucoup à ce que je lis comme un Largo Winch. Du coup, cela passe bien avec ce type de BD où il est question d'espionnage, de manipulation et de trahison.

    Au final, je ne peux que recommander la lecture de ce one-shot même s'il faudra un peu s'accrocher afin de comprendre tous les méandres de ce récit puzzle dont les pièces vont s'assembler de manière assez magistrale. Oui, c'est encore une fois du très bon travail.

    Erik67 Le 25/02/2026 à 07:46:08

    Les œuvres de Junji Ito, maître incontesté de l'horreur japonais, se poursuivent sous forme de petites nouvelles tirées de ses anciens écrits comme pour rallonger la sauce mercantiliste. Parfois, c'est en vraiment beaucoup trop !

    Comme toujours dans ce genre de melting-pot de nouvelles, il y aura du bon et du moins bon. Les passionnés du cinéma d'horreur vont évidemment explorer tous les titres du maîtres afin de se plonger dans cette abîme de l'imaginaire où le fantastique va rejoindre l'horreur cauchemardesque.

    Il ne faut certes pas oublier que le cinéma d'horreur a quand même produit pas mal de bides tristement célèbres. Il y a eu également quelques joyaux mais plus rarement. C'est un peu la même chose en matière de manga.

    J'ai bien aimé la première nouvelle à savoir « L'impasse » malgré le fait que cela se termine un peu abruptement. Pour le reste, on retrouve le style ainsi que la patte du grand maître. Les récits sont assez hétéroclites avec la présence d'un fantastique assez poussé.

    Le graphisme est toujours d'un trait semi-réaliste fin et lisible ce qui rend la lecture toujours aussi agréable surtout avec des personnages aussi expressifs. Bref, rien à redire !

    Au final, un bon manga d'horreur qui ne devrait pas rester dans l'ombre très longtemps.

    Erik67 Le 24/02/2026 à 07:38:14

    Voici une BD documentaire de Joe Sacco qui va pour une fois s'intéresser au grand pays qu'est l'Inde et non plus au traditionnel conflit israélo-palestinien. Il saura quand même question d'un autre conflit opposant des musulmans et des hindous sur le sol de ce qui est qualifiée de la plus grande démocratie du monde.

    Notre reporter va précisément dans un lieu où il y a eu une émeute deux ans auparavant dans l'Ouest de L'Inde près de la frontière avec le Pakistan musulman. Celle-ci a éclaté suite au lynchage de deux jeunes gens accusé d'avoir abusé une femme. Les deux cousins assassinés provenait de la caste hindous des Jats tandis que la femme était musulmane.

    Le fossé semble immense entre les deux communautés qui s'accusent mutuellement des pires maux sans qu'on puisse véritablement savoir où est le mensonge. Visiblement, il est partout et la haine s'est installée. Les violences ont été d'une particulière gravité entre les maisons brûlées et les personnes tuées...

    Dans son histoire, l'Inde a été contraint à une partition de territoire selon des critères religieux avec L'Inde pour les hindous et le Pakistan pour les musulmans. Malgré le fait que des millions de gens ont dû être déplacé, il y a encore des minorités musulmanes qui vivent en Inde (près de 14% tout de même). Visiblement, elles ont été en harmonie pendant longtemps avant de se déchirer à nouveau sous l'influence de partis insufflant la haine communautaire pour revenir au pouvoir. Joe Sacco a d'ailleurs intitulé sa BD « souffler sur le feu » ce qu'il ne faut jamais faire.

    J'ai eu la nette impression durant ma lecture que l'auteure penchait plutôt en faveur des musulmans contre les jats car il voulait vérifier les dires des témoins en bon journaliste en constatant tout simplement le mensonge. Quant à moi, je suis consterné par toutes ces violences dans ce pays finalement très divisé en espérant que celui-ci puisse retrouver un jour le chemin de la paix et de la sérénité. Je garde en mémoire que les divisions lorsqu'elles sont exacerbées peuvent conduire à des massacres injustifiées.

    Sur le fond, j'apprécie toujours le travail de Joe Sacco même s'il a toujours un parti pris car il assume ses positions en argumentant fort bien. C'est du sérieux sur un sujet qui nous est totalement étranger dans notre pays mais il faut parfois s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

    Erik67 Le 23/02/2026 à 07:29:27

    C'est une approche plutôt inhabituelle, mais voici une bande dessinée sur le yoga. Il s'agit d'un documentaire qui nous présente subtilement les différentes techniques permettant d'atteindre la zen-attitude. Être végan pourrait être considéré comme un plus si l'on souhaite rejeter la viande et le fromage, même si cela pourrait ne pas faire plaisir à certains agriculteurs. Toutefois, il faut accepter de rentrer dans cette démarche.

    Certes, il n'existe pas de « posture parfaite », car la meilleure vient du cœur. Cela signifie qu'on peut pratiquer le yoga sans adhérer à une idéologie ou une religion. La pratique du yoga peut ainsi être un véritable « art de vivre » accessible à tous.

    J'ai apprécié le fait que cette BD soit présentée sous la forme de deux femmes participant à un stage, guidées par un mentor nommé Didier, qui distille peu à peu ses pratiques, alliant spiritualité et bon sens.

    Il est important de rappeler que le yoga est une pratique ancienne originaire d'Inde, combinant postures physiques, techniques de respiration, méditation et relaxation. Son objectif principal est d'harmoniser le corps, l'esprit et l'âme, favorisant la santé, la souplesse, la concentration et le bien-être général.

    On apprend également que le yoga peut être pratiqué par des personnes de tous âges et de tous niveaux, que ce soit pour améliorer la flexibilité, réduire le stress ou approfondir la connaissance de soi. Il peut servir à diverses fins : améliorer la santé physique, diminuer l'anxiété, cultiver la paix intérieure ou simplement se sentir bien dans son corps.

    Au-delà des postures, le yoga encourage une approche consciente de la vie, en intégrant des valeurs telles que la non-violence, la patience, la modération et la discipline.
    Sur le plan graphique, l'approche est claire et accessible, facilitant une bonne lecture. La présence de couleurs et une mise en page aérée sont des points forts, surtout pour une BD informative.

    Personnellement, je n'ai pas été entièrement convaincu par cette démonstration, mais je pense que cela ne peut faire que du bien, car le yoga offre de nombreux bénéfices pour la santé physique et mentale. Il peut aider à améliorer la souplesse, la force, l’équilibre, tout en réduisant le stress, l’anxiété et en favorisant la relaxation. Ce n’est déjà pas si mal !

    Erik67 Le 22/02/2026 à 09:09:42

    L’histoire de Mathurin Réto, enfermé à l’âge de 14 ans dans la maison de correction de Belle-Île-en-Mer au début du XXe siècle, est une tragédie profondément bouleversante. Son récit dévoile un système de détention brutal, marqué par la discipline militaire, les coups et l’enfermement dans le cachot, où il a malheureusement trouvé la mort.

    Ce drame met en lumière l’injustice et la cruauté de ces institutions, qui, à l’époque, étaient souvent perçues comme une solution pour réguler la délinquance juvénile, mais qui, en réalité, alimentaient la violence et la souffrance. La justice ne sanctionnera pas le directeur, responsable de ces abus...

    Cette affaire a d'ailleurs suscité une prise de conscience collective et un début de changement dans la perception et la gestion des jeunes délinquants. Il y a eu une campagne de presse contre le bagne d'enfants avec une dénonciation des conditions de détentions des pupilles.

    Ce récit historique demeure d’une actualité troublante, surtout dans un contexte où certains prônent à nouveau la réintroduction de prisons pour enfants, justifiant cela par la gravité des actes commis. Or, l’histoire de Mathurin Réto nous rappelle que l’enfermement ne règle pas le problème, mais l’aggrave souvent, en alimentant la spirale de la violence et du désespoir. La jeunesse enfermée ne rêve que d’évasion, et plusieurs tentatives de fugue en témoignent, avec leur lot de conséquences dramatiques.

    Ce roman graphique, d’une intensité poignante, explore une thématique souvent peu abordée : la détention des mineurs dans une époque où ces pratiques reflétaient une vision punitive et déshumanisante. Il permet de mieux comprendre ces faits d’antan qui ont laissé une marque indélébile dans l’histoire sociale et judiciaire. La force de cette œuvre réside dans sa capacité à faire revivre ces événements, tout en incitant à la réflexion sur la nécessité d’une justice plus humaine et adaptée à la jeunesse.

    Erik67 Le 21/02/2026 à 08:58:52

    J’aimais beaucoup la princesse du peuple et j’ai été profondément bouleversé par sa disparition tragique. Cela peut sembler futile, mais j’avais énormément d’estime pour une personne riche qui se souciait véritablement du bas peuple, et surtout des plus malades et opprimés. C’est sans doute mon côté fleur bleue...

    J’aimais sa sincérité, exprimée lors d’interviews relayées dans le monde entier, notamment celle donnée au journal Le Monde en 1997, entretien mené par Annick Cojean. Cette BD révèle ses dernières confidences, qui firent l’effet d’une bombe avant son décès alors qu’elle était traquée par les médias et les paparazzis du monde entier.

    C’est vrai que cette interview, intervenant quatre jours avant sa mort, confère à ce qu'elle voulait laisser comme héritage un aspect testamentaire. Aujourd’hui, Charles règne sur le Royaume-Uni et est marié à Camilla, qui est devenue reine consort. Elle se retournerait peut-être dans sa tombe en voyant l’écho public de son combat et les débats autour de sa vie privée et de son héritage.

    Cette BD se sert surtout de l'image de Diana pour raconter l'histoire de la journaliste qui est la véritable protagoniste principale. On entre dans le journalisme d'investigation en voyant les dessous de cette interview. On apprendra au passage que Lech Walesa était un véritable mufle...

    Le dessin est clair et expressif, avec une esthétique biographique qui sait alterner portraits intimes et scènes publiques. Le style privilégie une lisibilité bienvenue pour appréhender le drame et les enjeux humains, tout en conservant une atmosphère élégante et respectueuse.

    Cette BD offre une lecture intime et critiques des combats de Diana, mêlant empathie et analyse médiatique, et invite à réfléchir sur le poids des figures publiques face à l’obsession des médias et à l’héritage qu’elles laissent.

    Erik67 Le 20/02/2026 à 07:41:11

    Qu’y avait-il avant « Blacksad » ? Voilà une question qui trouve une réponse dans ce prélude consacré à Weekly, un personnage que nous allons suivre dans ses premières aventures. L’histoire nous entraîne dans la vie d’un adolescent considéré comme un bon à rien, avant qu’il ne devienne le reporter que l’on connaît sous le nom de Weekly.

    Ce qui est particulièrement intéressant avec cet album, c’est la possibilité de découvrir l’univers de BlackSad sous un angle différent. Contrairement à la série principale, le graphisme de ce prélude est enjoué, coloré et dynamique, avec des personnages anthropomorphiques qui apportent une touche de légèreté et de fantaisie à l’ensemble. Même si l’atmosphère reste fidèle à celle de BlackSad, cette palette vive et ce style plus expressif offrent une lecture rafraîchissante, tout en conservant une fluidité qui permet de suivre facilement cette enquête.

    Au niveau du scénario, le travail est également remarquable. Il pose avec finesse les premiers éléments de l’univers, tout en proposant une intrigue captivante qui donne envie d’en savoir plus. La combinaison d’un scénario solide et d’un graphisme enjoué crée un contraste intéressant, rendant l’ensemble accessible tout en restant immersif. La vivacité des couleurs et la richesse des personnages anthropomorphiques participent à une narration visuelle efficace, qui capte l’attention du lecteur dès les premières pages.

    En résumé, cet album constitue une excellente introduction à l’univers, mêlant un scénario bien construit à un graphisme vibrant et coloré. Il permet de retrouver l’esprit de BlackSad tout en offrant une approche plus légère et enjouée, qui séduira aussi bien les fans de la série que les amateurs de bandes dessinées graphiques dynamiques et pleines de vie.

    Erik67 Le 19/02/2026 à 07:31:22

    Quelle histoire poignante que celle de Katerna, cette femme exilée à Berlin, qui revient en Tchétchénie, sa région d'origine, alors que la guerre y a laissé des ravages, à la recherche de sa fille Katya, sans savoir si elle est morte ou vivante.

    Je n'avais pas conscience que, dès 1998, les Russes avaient déjà tout détruit dans leur volonté expansionniste. Il s'agit d'une véritable extermination d'une partie du peuple tchétchène. Ce conflit s'est terminé par la réintégration de la région à la grande Russie, sous la houlette d'un gouvernement fidèle à Poutine.

    Tout au long de ces 140 pages, on ne peut qu’être frappé par la vision de paysages totalement dévastés par la guerre. En 2003, les Nations Unies avaient qualifié Grozny de la ville la plus détruite sur Terre. La lecture de cette BD confirme cette impression.
    Je dois avouer que je n'étais pas très connaisseur de ce conflit, que je percevais comme lointain, mais qui préfigurait en quelque sorte ce qui s’est passé récemment en Ukraine.

    L’armée russe y a commis d’horribles exactions : destructions de villes et villages sans justification militaire, exécutions sommaires, tortures, assassinats, viols, attaques délibérées contre des civils...

    Cette histoire est à la fois triste et touchante, car cette mère se bat jusqu’au bout pour retrouver sa fille. La fin n’est pas forcément heureuse, mais cette réalité sombre confère à l’œuvre un caractère authentique. C’est une lecture essentielle pour bien comprendre que les guerres sont destructrices, non seulement pour les pays en conflit, mais pour l’humanité tout entière.

    Erik67 Le 18/02/2026 à 07:27:49
    Le fruit le plus Doux - Tome 1 - Partie 1

    Cette lecture propose une immersion plutôt coquine dans l’Amérique des années 1950, une période marquée par le retour des soldats de la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction d’une société aux codes bien établis. L’histoire se déroule dans une petite bourgade où un journaliste est chargé de couvrir un concours local insolite : celui du fruit le plus doux. C’est dans ce contexte qu’évoluent des personnages hauts en couleur, notamment deux vieux hommes qui s’affrontent en évoquant des souvenirs du passé, apportant une touche de nostalgie et de charme à l’ensemble.

    L’aspect érotique de la BD est présent, mais il est intégré avec finesse, sans tomber dans le gratuit. La mise en scène joue habilement sur la tension entre l’ambiance rustique et le côté un peu sulfureux de l’histoire, ce qui confère une atmosphère à la fois authentique et séduisante. La narration, bien construite, évite l’écueil de la vulgarité et privilégie un ton plus subtil, ce qui peut séduire un public averti mais sensible à une certaine élégance dans l’érotisme.

    Côté graphisme, la qualité est indéniable. Le trait est précis et soigné, et la colorisation, particulièrement réussie, participe à l’atmosphère chaleureuse et rétro de l’époque. L’ensemble visuel contribue grandement à l’immersion dans cet univers nostalgique et sensuel, renforçant l’impact de chaque scène.

    Pour apprécier pleinement cette BD, il faut aimer l’érotisme et ne pas être trop prude. La façon dont l’histoire est amenée est plutôt habile, évitant la vulgarité tout en restant suggestive. Cependant, il convient de noter que ce premier tome se termine sur un gros cliffhanger, ce qui peut laisser sur sa faim, ou au contraire, attiser la curiosité de continuer la lecture. La question reste ouverte : la suite saura-t-elle faire mûrir cette intrigue ou la laissera-t-elle un peu verte, comme un fruit encore un peu immature ? Seul le temps le dira.

    Erik67 Le 17/02/2026 à 07:15:37

    Voici une autre BD pour dénoncer l'enfer qu'a été Auschwitz pour des millions de juifs massacrés injustement dans une horreur dépassant toutes les limites.

    Pour certains, cela ne sera jamais assez pour rappeler à la face du monde ce qu'a subi ce peuple qui s'est malheureusement rattrapé depuis, pour à leur tour, massacrer ce qu'il appelle des « terroristes », là où je ne vois que des femmes et enfants affamés dans les ruines d'une enclave bombardée depuis des années en représailles à des actes crapuleux.

    Oui, voilà la triste réalité d'une leçon de l'histoire qui n'a pas été apprise correctement pour l'appliquer à tous les peuples de la planète. Il faut en finir avec la haine et la guerre entre les peuples pour vivre en paix et en prospérité.

    Ce récit prend aux triples car il est fondé sur une triste réalité dans ce qui a été la plus grande extermination au monde. Le camp d'Auschwitz est le symbole maléfique de toute cette inhumanité.

    Il est question pour les survivants de cette terrible tragédie de se raccrocher à certaines croyances afin de rendre un sens à ce qu'ils subissent au quotidien entre les exécutions sommaires et les crémations dans les chambres à gaz. Ce sera les anges protecteurs qui veillent sur nous et nous accompagne même dans les chemins les plus difficiles.

    J'ai beaucoup apprécié le long épilogue qui se passe des années après et qui permettent d'aller un peu plus loin dans ce récit. Cela sera d'ailleurs une conclusion assez inattendue et plutôt réussie.

    Un mot pour le graphisme pour dire que le dessin est net, précis et sans bavure, pour s'inscrire parfaitement dans le cadre historique. C'est un trait assez avenant avec un découpage parfaitement maîtrisé.

    A noter que les auteurs belges à savoir Stephen Desberg et Emilio Van der Zuiden ont poursuivi leur collaboration peu après ce titre pour une autre BD traitant du thème de l'occupation nazie à savoir « Aimer pour deux ».

    Une lecture sur un sujet grave et difficile mais qui donne de l'espoir en un monde meilleur grâce aux anges.

    Erik67 Le 16/02/2026 à 07:30:43
    Havana Split - Tome 1 - Bienvenue à Cuba

    J'aime généralement les bananes split, mais les Havana split, c'est une tout autre histoire ! Cette bande dessinée nous transporte sur une île dont les richesses ont attiré le géant américain, avec pour conséquence le maintien de régimes autoritaires sans aucune trace de démocratie. Les opposants y sont sévèrement réprimés, ce qui est tout simplement glaçant.

    L’histoire se déroule dans le contexte de la révolution cubaine, où l’on apprend que Fidel Castro a passé 21 mois en prison sous le régime du dictateur Batista, financé par la CIA. Cuba était alors une destination prisée pour ses excès et ses trafics, à la frontière du chaos et de la corruption. Le décor est ainsi planté, entre pouvoir autoritaire et rêves brisés...

    On suit Lily, une jeune femme déterminée à retrouver son père en faisant appel à une agence de détectives privés peu recommandables, en plein cœur de La Havane. Son père a été enlevé par un mafieux local, et pour l’aider, elle doit compter sur John, un ancien agent de la CIA, dont le passé trouble ressurgit dans cette aventure.

    Cependant, je dois avouer que je n’ai pas franchement adhéré à cette histoire. Elle m’a parfois semblé un peu trop chargée, avec une tonalité mêlant sérieux et comédie, et une multitude de personnages qui complexifient le récit. En revanche, le dessin et la mise en page sont vraiment magnifiques, apportant un vrai plus à l’ensemble.

    Je ne poursuivrai pas cette aventure cubaine, mais rien ne vous empêche de le faire… peut-être avec un verre de rhum, un cigare cubain et en écoutant de la salsa, pour plonger totalement dans l’ambiance de l’île.

    Erik67 Le 15/02/2026 à 09:30:54
    Erio & The Electric Doll - Tome 1 - Tome 1

    J'ai bien aimé ce manga dans un style futuriste assez steampunk dans un monde où l'humanité a dû renoncer à l'électricité pour vaincre son ennemi à savoir l'intelligence artificielle. Il est vrai qu'il suffit de débrancher la prise ! Maintenant, je sais qu'une machine peut très bien fonctionner avec de l'énergie solaire et il semble difficile d'éteindre le soleil.

    Mais bon, on va accepter le postulat de départ qui nous plonge dans un univers où une jeune fille au look de garçon accompagné d'une poupée androïde parcourt le monde en allant de ville en ville. On constatera qu'il est difficile de vivre dans un monde privé d'électricité.

    J'ai bien aimé le graphisme avec des traits assez délicats qui font dans la qualité du détail. Chaque expression est bien retranscrite. Les décors sont également assez plaisants. Tout concourt à une certaine fluidité de la lecture.

    Au niveau de l'intrigue, on a l'impression de vivre des aventures séparés d'étapes en étapes avec des trouvailles assez intéressantes à chaque fois. Le thème semble être celui de la relation entre la machine et l'être humaine qui peut parfois être harmonieuse si les sentiments s'en mêlent.

    Au final, c'est un manga assez original qui m'a bien plu et qui peut plaire au plus grand nombre de lecteurs.

    Erik67 Le 14/02/2026 à 08:32:43

    Je me rends compte que je suis le seul à aviser cette BD sortie en août 2020 visiblement dans l'indifférence générale. Il est vrai que je suis tombée un peu par hasard sur celle-ci au sein de ma médiathèque.

    Pour vous la décrire, Lune d'Argent est une bande dessinée qui se présente comme une relecture fantastique et décalée de Moby Dick, centrée autour du célèbre capitaine Achab. Dans un univers aussi loufoque qu’inattendu, l'auteur s'efforce de réinterpréter les thèmes classiques de la quête et de l'obsession, mais le résultat est quelque peu mitigé.

    Dès les premières pages, il est évident que l'approche originale et audacieuse d'Issa Boun vise à surprendre le lecteur. Les illustrations sont colorées et dynamiques, créant un cadre visuel captivant qui attire l’œil.

    Cependant, l'utilisation excessive d'un vocabulaire ordurier, bien que pouvant être perçue comme une tentative d'apporter de l'humour ou de la légèreté, m'a semblé superflue et a altéré ma perception du récit. Cette approche linguistique, loin de servir l'histoire, a souvent eu tendance à la desservir, rendant l'expérience de lecture un peu moins fluide.

    L'intrigue, bien que prometteuse, n'approfondit pas suffisamment les thèmes centraux de l'œuvre originale. J'attendais une exploration plus nuancée des motivations d'Achab et des dilemmes moraux qui l'habitent, mais cette version ne parvient pas à capturer l'essence tragique de l'œuvre de Melville.

    Le personnage d'Achab, qui devrait incarner la passion et l’obsession, semble parfois réduit à des caricatures, ce qui nuit à sa profondeur et à sa complexité.

    Au final, Lune d'Argent ne m'a pas convaincu et m'a laissé un goût amer, loin de l’expérience enrichissante que j'espérais. Bien qu'il y ait des éléments intéressants et une certaine créativité dans la narration, l’œuvre semble parfois se perdre dans son propre délire au détriment de la substance.

    Pour ceux qui recherchent une réinterprétation audacieuse de Moby Dick, ce récit pourrait offrir des moments de divertissement, mais il ne saura pas satisfaire pleinement les amateurs de la profondeur et de la richesse de l'œuvre originale.

    Erik67 Le 13/02/2026 à 07:39:05

    Je suis tout de suite tombé sous le charme de ce manhwa, notamment par son aspect mystérieux et sombre. Les traits du graphisme sont plutôt attrayants, ce qui garantit une excellente fluidité de lecture.

    Que dire également de l'édition qui est vraiment d'une qualité assez remarquable ? C'est assez rare pour être souligné. Les illustrations tout comme la couverture sont de toute beauté !

    Par ailleurs, la mise en scène se déroule en crescendo, distillant peu à peu la peur et l'angoisse. Nous faisons la connaissance d'une jeune peintre sans le sou, qui va travailler pour une sorte de châtelaine manifestement obsédée par l'idée de vieillir avant l'âge.

    Très vite, de forts soupçons apparaissent quant à la véritable nature de cette femme, qui ne fait pas dans la dentelle. On craint que notre jeune héros ne tombe dans le piège, d'autant qu'il ne peut sortir de cet hôtel très particulier. Visiblement, Madame Song est une jolie jeune femme qui cache un terrible secret, et il nous tarde de le découvrir.

    Le premier tome se termine sur un suspense qui donne envie de lire la suite, d'autant plus que les fausses pistes et les retournements de situation se multiplient. L'auteur coréen maîtrise vraiment l'art du suspense horrifique. On a hâte de découvrir le second tome....

    Erik67 Le 12/02/2026 à 07:41:37

    La lecture de cette bande dessinée a été une expérience singulière. L’action se déroule durant la période néolithique, précédant l’âge de bronze, où l’humanité transitionne progressivement de la chasse et de la cueillette à l’élevage et à l’agriculture, s’installant dans des cités. L’auteur s’éloigne volontairement d’une lecture strictement historique pour plonger dans un conte où s’entrelacent les relations humaines et les passions.

    L’intrigue tourne autour d’une servante, dont le cœur balance entre un maître qu’elle convoite et une femme venue de l’extérieur, qu’elle aime secrètement. La présence mystérieuse des chuchoteurs, semblables à des âmes damnées soufflant leurs pensées, ajoute une dimension surnaturelle à cette histoire. Malgré ces éléments fantastiques, l'œuvre explore la résistance des sentiments humains face à la bestialité et à la tentation, témoignant de la complexité et de la richesse de l’âme humaine.

    Une question persiste tout au long du récit : ces phénomènes surnaturels existent-ils réellement ou ne sont-ils que le fruit d’une imagination fertile ? Cette ambiguïté rend le récit déroutant, mais invite aussi à la réflexion. Une fois cette étrangeté acceptée, on peut pleinement apprécier cette histoire, dont la trame se prolonge hors des murs de la cité, dans un contexte de menace et d’incertitude.

    En conclusion, cette BD offre une immersion dans un univers à la fois préhistorique et fantastique, où les passions humaines et l’ombre du surnaturel se mêlent pour créer une narration à la fois captivante et mystérieuse. Elle invite le lecteur à s’abandonner à son atmosphère étrange, tout en se questionnant sur la nature réelle des phénomènes qui y sont évoqués.

    Erik67 Le 11/02/2026 à 07:49:22

    Nous avons un dessinateur à savoir Terreur Graphique qui va s'associer au sociologue et essayiste français, le fameux Emmanuel Todd pour nous présenter un cours sur la famille.

    Il faut savoir que l''essentiel des travaux d'Emmanuel Todd porte sur l'hypothèse d'une détermination des idéologies, des systèmes politiques ou religieux par les systèmes familiaux.

    On étudiera alternativement la famille nucléaire, la famille communautaire ainsi que la famille souche en nous proposons une grille de lecture assez humoristique pour saisir tous les mécanismes dans cette diversité du monde.

    Je n'ai pas trop aimé le côté assez déjanté de cette BD qui voulait sans doute sortir des sentiers battus et se révéler intéressante. A trop en faire, on n'aboutit pas forcément au résultat espéré avec tous les lecteurs.

    Visiblement, l'objectif était de nous faire comprendre la théorie des systèmes familiaux afin de mieux aborder le monde de demain surtout à l'heure du choc des valeurs. Je n'ai pas été convaincu par cette démonstration pour le moins vaseuse sur la famille mais vous le serez peut-être car l'approche peut paraître agréable.

    Erik67 Le 10/02/2026 à 07:41:26
    Thorgal Saga - Tome 6 - La Déesse d'ambre

    Je suis vraiment enthousiaste à l’idée de partager mon avis sur ce nouvel opus de la collection Thorgal Saga, fruit de la collaboration de deux auteurs que j’apprécie beaucoup : Valérie Mangin au scénario, et Christophe Bec aux dessins, ce qui m’a surpris mais aussi séduit. Bec, qui avait laissé de côté le graphisme ces dernières années pour se concentrer sur l’écriture de séries comme Prométhée ou Carthago, a tout de même co-scénarisé cet album, ce qui explique sans doute cette approche un peu différente.

    Ce gros volume de 120 pages m’a embarqué dès les premières pages. On y retrouve Thorgal après les événements de Brek Zarith, essayant de construire une vie simple et paisible. Mais, bien sûr, il ne peut s’empêcher de repartir en mer pour sauver son fils Jolan, qui s’est montré un peu trop curieux au sujet d’un bijou mystérieux offert par Ingrid, une femme énigmatique qui l’a sauvé de malfrats.

    Ce qui m’a frappé, c’est cette idée étrange selon laquelle tous les hommes seraient sous une sorte de malédiction, sauf Thorgal, qui semble échapper à l’emprise d’une déesse Huldra, dont les hommes ont, semble-t-il, abusé en exploitant les mines d’ambre. C’est une belle touche de mythologie qui s’intègre parfaitement à l’univers.

    J’ai vraiment aimé cet album, qui garde une finesse dans ses nuances tout en restant fidèle à l’esprit de la série. Les références aux événements passés sont bien intégrées, ce qui donne une continuité appréciable. La façon dont les personnages sont exploités est respectueuse de leur identité, ce qui donne une crédibilité supplémentaire à l’histoire.

    Le thème de l’ambre est central, et il est traité avec beaucoup d’intérêt : certains morceaux contiennent des inclusions d’organismes piégés dans la résine, ce qui m’a rappelé l’univers de Jurassic Park. La scène avec les libellules géantes est fascinante. En résumé, cet album réserve plusieurs surprises vraiment captivantes !

    Pour moi, cet opus relance la série, qui semblait quelque peu stagner ces derniers temps. Il y a une énergie nouvelle, un souffle qui fait du bien, et je recommande chaudement cette lecture.

    Erik67 Le 09/02/2026 à 07:39:55

    Parfois, il faut vivre des situations extrêmes avant de confesser à la dernière personne qui nous accompagne dans cet instant solennel. C'est ce qui va arriver à un des deux alpinistes en très mauvaise posture à 3200 mètres d'altitude. Ishikura qui sait qu'il va mourir va vider son sac en avouant un horrible meurtre commis des années auparavant.

    Cependant, le moment fatidique n'interviendra point en faveur d'un miracle de dernier instant mais qui n'a l'apparence que du provisoire. Celui qui a reçu la confession va alors être en proie aux doutes sur les véritables intentions de son camarade qui a déjà tué dans le passé. L'angoisse latente va rapidement monter surtout dans le cadre de cet huis clos.

    Bref, j'avoue que c'est superbement mis en image et en scène pour nous offrir le meilleur d'un thriller. En effet, c'est une ambiance presque étouffante et paranoïaque dans laquelle le lecteur est facilement embarqué d'autant qu'on n'aura pas de répit.

    Ce manga est à ranger dans la catégorie à lire et à découvrir d'autant qu'il ne s'agit que d'un one-shot. C'est d'une intelligence assez rare dans sa construction et dans son propos. Le final sera tout simplement assez bluffant !

    Oui, il ne faudra pas hésiter à découvrir ce polar psychologique en haute altitude !

    Erik67 Le 08/02/2026 à 09:40:37

    En matière de lecture de bandes dessinées, je suis assez éclectique. La preuve : je n'hésite pas à explorer la BD africaine, même celles destinées à un jeune public. Il ne faut jamais se limiter, et la découverte doit rester toujours ouverte.

    Cette histoire s’adresse principalement à des garçons désœuvrés d’un village africain, qui rêvent de devenir de grands joueurs de football en Europe. Certes, c’est un rêve ambitieux, mais il est toujours permis d’espérer, alors pourquoi s’en priver ?

    L’intrigue tourne autour d’un pari : deux villages rivaux s’affrontent pour la possession d’un bois convoité. Celui qui remportera le défi aura accès à cet espace de verdure ombragé, symbole d’un territoire à défendre. Le scénario est simple, mais efficace, et permet de suivre facilement la progression de l’histoire sans s’égarer.

    En ce qui concerne le dessin, il est volontairement simple et va à l’essentiel. La colorisation, en revanche, apporte du dynamisme, surtout lors des scènes de football, rendant l’ensemble plus vivant. La finesse du trait n’est pas exceptionnelle, mais cela n’enlève rien à la lisibilité et à l’impact de la narration.

    J’ai particulièrement apprécié le déroulement de l’histoire, qui ne s’éparpille pas et maintient l’intérêt jusqu’à la fin. La morale est claire : un message d’espoir pour les enfants du monde entier, leur rappelant que la persévérance et la foi en leurs rêves peuvent mener loin.

    Erik67 Le 07/02/2026 à 09:30:48
    Bestial (Corbeyran/Malisan) - Tome 1 - Saramza 61

    Cette bande dessinée semble être passée un peu inaperçue, alors qu’elle est signée par Corbeyran, un scénariste prolifique connu principalement pour ses œuvres dans le domaine du fantastique et qui semble rivaliser avec un certain Christophe Bec.

    Cependant, en termes d’originalité, on peut difficilement faire dans la nouveauté avec cet opus. L’histoire évoque fortement une version revisitée du célèbre Hulk, ce qui donne une impression de déjà-vu, voire de réchauffé. Malgré tout, la mise en scène est habilement réalisée, ce qui maintient un certain intérêt et une lecture assez divertissante.

    J’ai également été assez impressionné par la qualité du dessin, dont les détails foisonnent et donnent vie à chaque scène. La colorisation, soignée, vient enrichir l’ensemble et confère une atmosphère immersive. La mise en page, avec ses planches cinématographiques, ajoute une dynamique intéressante à la narration.

    La seule petite réserve concerne la couverture, qui rappelle étrangement les griffures de Jurassic Park — un clin d’œil visuel qui ne surprend pas, mais qui souligne aussi le manque d’originalité de l’ensemble.

    En définitive, si l’on cherche une lecture efficace, sans prétention et bien réalisée, Bestial Saramza 61 remplit parfaitement son rôle, même si elle ne révolutionne en rien le genre.

    Erik67 Le 06/02/2026 à 07:35:18

    Voici une chronique assez touchante qui s'intéresse au jeune Yang Hao, un bon élève, confronté à plusieurs bouleversements dans son quotidien : familiaux, personnels et scolaires. Il s'agit d'un long manhwa réalisé par un auteur chinois, mêlant roman graphique de façon poétique et mélancolique, à la manière d'un Taniguchi, période « Le Journal de mon Père ».

    Il est toujours intéressant d’observer l’impact des influences sur un jeune enfant, car elles peuvent déterminer son avenir, vers une bonne ou une mauvaise voie. Incontestablement, cette œuvre explore la recherche de modèles, que ce soit le grand frère protecteur, le camarade de classe, ou encore son propre père, que Yang Hao découvre parfois sous un mauvais angle.

    La plongée dans ce récit se révèle douce-amère, mais empreinte de tendresse. Le trait graphique est particulièrement soigné, rendant la lecture très agréable. C’est un véritable travail de précision, témoignant d’une grande qualité artistique.

    En définitive, je recommande ce manga à ceux qui fuient le manga traditionnel et souhaitent découvrir un véritable roman graphique bien réalisé, offrant une belle réflexion sur le quotidien et les rapports humains.

    Erik67 Le 05/02/2026 à 07:30:46

    Cette BD, à la fois étrange et singulière, se divise en deux parties aux tonalités très différentes. La première partie raconte de façon classique le parcours de trois élèves rejetés par leurs camarades, qui peinent à suivre en classe, mettant en péril leur avenir professionnel. Ils se retrouvent face à un conseiller d’orientation mystérieux, dont la menace de mort bouleverse complètement l’histoire.

    Le récit met en lumière un constat cruel : dès le plus jeune âge, la pression de la compétition imposée par nos systèmes éducatifs et parentaux forge un monde où la réussite est synonyme de gagnant et d’échec. Au lieu de révéler les talents, cette course effrénée démotive ceux qui ont pourtant beaucoup de potentiel, illustrant une norme qui écrase la diversité et la créativité.

    La seconde partie bascule dans le fantastique, créant un malaise palpable. Elle tisse un lien avec la première, tout en s’éloignant de la crédibilité initiale. La disparition du troisième élève accentue cette impression d’étrangeté. Le développement de cette partie déroute, culminant dans une fin amère, qui laisse un goût d’inachevé. Dommage, car l’ensemble regorgeait de bonnes idées.

    Côté graphique, le trait réaliste sert admirablement l’histoire, tandis que la colorisation joue un rôle clé, adaptant habilement les tonalités aux différentes atmosphères, renforçant l’effet dramatique et dimensionnel.

    En somme, cette BD possède une originalité qui la distingue des autres. Son regard critique sur notre société, associée à une narration audacieuse, en fait un ouvrage à découvrir pour se faire sa propre opinion.

    Erik67 Le 04/02/2026 à 07:39:33

    Il est vrai que la vie d'un homme peut vite basculer et à tout âge surtout quand on perd la relation avec sa compagne du jour au lendemain sans en comprendre les fondements. Généralement, il y a toujours des signes avants-coureurs qu'il faut être capable de percevoir pour rectifier le tir...

    Virgile ne va pas que perdre l'amour de sa vie mais également l'usage de ses membres en devenant peu après paraplégique. Un malheur n'arrive jamais seul. Que faire dans ces cas là ? On ne peut pas mourir dans la dignité en France. Il reste le suicide. C'est triste d'en arriver là. Voilà pour le cadre de cette nouvelle BD signée Zidrou qui fait toujours dans l'humour teinté d'humanité sur fond de tragédie. Oui, c'est son créneau.

    Le sujet de l'euthanasie est longtemps demeuré tabou. Cependant, il serait temps d'en parler pour faire évoluer la loi à l'instar de ce qui existe déjà dans certains pays plus progressistes. L'auteur va développer un aspect assez particulier qui est tout simplement le contrôle de sa vie.

    J'ai beaucoup aimé le dessin assez lumineux et coloré de Lucy Mazel qui réussit à nous faire tout de suite entrer dans ce récit plutôt triste. Cette couleur apporte un peu de gaîté et surtout de la douceur alors que le sujet est grave. Oui, on retrouve toute la tendresse et l'humanité propre aux chroniques de Zidrou.

    Je ne peux que recommander cette lecture qui peut vraiment nous interroger et nous faire comprendre qu'il faut vraiment croquer la vie à pleine dent avant qu'il ne soit trop tard. Certes, on aura peut-être pas besoin de cette BD pour comprendre cela mais celle-ci est vraiment bien réalisée.

    Erik67 Le 03/02/2026 à 07:51:17
    Banana Story - Tome 1 - L'ascension

    J'apprécie particulièrement ce genre de BD, qui connaît un regain d’intérêt depuis la mode lancée dans les années 80 par des œuvres comme Maîtres de l'orge de Jean Van Hamme. Le récit suit souvent l’ascension d’un entrepreneur parti de rien, bâtissant un véritable empire.

    Ici, les auteurs s’intéressent à la vie de Samuel Zemurray, qui deviendra l’un des hommes les plus riches et influents au monde grâce au commerce de la banane, ce fruit emblématique d’Amérique centrale.

    Dans ce premier volume, on assiste à la naissance du mythe : Zemurray arrive aux États-Unis au début des années 1900, encore adolescent, fuyant la misère de son pays natal. Ses parents ont été victimes d’un pogrom en Roumanie, ce qui le pousse à chercher une vie meilleure.

    Il se lie d’amitié avec un autre jeune pauvre, et ensemble, ils débarquent illégalement au Guatemala, où Zemurray commence à travailler pour l’United Fruit Company, exploitant ces terres alors surnommées les « républiques bananières ».

    Ce que j’aime dans cette bd, c’est le graphisme qui parvient à rendre aussi bien l’atmosphère des rues de New York que la jungle d’Amérique centrale. C’est dynamique, coloré, et la colorisation en nuances sublime chaque planche, renforçant la variété des ambiances.

    Le récit est bien construit, divisé en chapitres cohérents, dans une veine d’aventure classique mais efficace. Si cette histoire vous passe sous la main, n’hésitez pas à la découvrir — c’est une lecture assez captivante surtout si on aime les bananes.

    Erik67 Le 02/02/2026 à 07:46:49

    Découvrez la vie inspirante de Surya Bonaly, l'une des figures emblématiques du sport. Cette patineuse artistique française, intégrant l’équipe nationale dès l'âge de 12 ans, a su imposer un style unique, audacieux et résolument déterminé. Elle va à contre-courant des standards de l'époque, privilégiant la grâce plutôt que la puissance, et bouscule les codes du patinage.

    Consciente de ses talents, Surya invente en 1998 le saut périlleux "Bonaly" lors des Jeux Olympiques de Nagano, une prouesse qui reste gravée dans les mémoires. Sa philosophie ? Suivre sa propre voie, en dépit des conventions. Cette BD invite à explorer des thèmes universels tels que l’audace, l’injustice, la détermination, et la pratique sportive comme école de vie, mêlant plaisir, effort et dépassement de soi.

    Ce qui rend cette histoire encore plus touchante, c’est la trajectoire personnelle de Surya : une petite fille orpheline, adoptée à la naissance, dont le chemin vers la gloire n’était pas tracé d’avance. Elle a dû se battre avec courage pour s’élever et devenir une véritable légende, brisant les codes du patinage pour suivre sa propre voie.

    Le graphisme, vif et dynamique, utilise une explosion de couleurs qui insufflent de l’énergie à cette BD. Le récit suit le périple mondial de cette enfant prodige, rendant chaque étape aussi captivante que l’avant-dernière.

    Il est important de souligner que, malgré ses talents exceptionnels, Surya n’a pas toujours pu décrocher toutes les médailles qu’elle méritait. Le racisme ambiant et le conservatisme des juges ont souvent freiné ses ambitions, rappelant que le combat contre l’injustice est encore d’actualité.

    Je souhaite, une fois n'est pas coutume, dédier cet avis à Fabienne, qui m’a offert cette magnifique BD. J’admire profondément cette sportive, dont l’histoire montre que tout devient possible avec du travail, de la détermination et du courage.

    Erik67 Le 01/02/2026 à 08:20:15

    Peintre fou, exalté, maudit, on ne connaît souvent de Van Gogh que ses dernières années. Or, lorsqu’il décide de devenir artiste, il a déjà 27 ans. Voilà le postulat de base pour mieux cerner ce génie.

    Récemment, j’ai eu l’occasion de visiter à Strasbourg une exposition consacrée à ce peintre, présentée de manière inattendue avec des projections holographiques sur le sol et les murs. J’ai toujours aimé l’impressionnisme, notamment Claude Monet; j’adore les spirales lumineuses qui traversent ses paysages.

    À noter qu’il ne s’agit pas d’une biographie exhaustive, comme indiqué dans le résumé. On découvre un enfant hypersensible, profondément lié à la nature. Sa vie sera jalonnée d’échecs et de déceptions qui renforcent son tempérament anxieux. On va surtout suivre ses errements avant de trouver sa voie.

    Je trouve que l’auteur réussit à restituer des éléments marquants du parcours de Van Gogh et de ce qu’il est devenu. Il y a une véritable intensité psychologique qui est manifeste. J'ai vraiment appris des choses assez inédite sur ce peintre qui voulait absolument suivre les pas de son père pourtant austère afin de devenir un homme d'église. Son acharnement n'aura pas payé mais il est devenu l'un des plus grands peintres qui existent... C'est dingue comme les parcours peuvent être différents pour amener à une chose bien précise !

    Le trait est fluide et expressif, avec des textures et des choix de couleurs qui évoquent les tourments intérieurs et la lumière tourbillonnante des toiles de Van Gogh. L’alternance entre scènes intimistes et paysages élargit la compréhension du personnage et offre une esthétique immersive, à la fois vibrante et respectueuse.

    Cette BD offre une approche intime et sensible de Van Gogh, mêlant partie biographique et perspective psychologique, portée par un graphisme vibrant qui restitue l’énergie tourmentée du peintre et sa quête de lumière.

    Erik67 Le 31/01/2026 à 09:38:30
    Carthago - Tome 16 - Dakhan

    Voilà, à force, l'humanité a fini par se détruire en 2027 dans une série d'explosions nucléaires. Notre héros, Donovan, que nous suivons depuis le début, a été sauvé de la noyade par Kane et les tritons antiques. La quête peut alors commencer : retrouver Lou, l'héroïne, à travers de nombreux flash-backs la concernant, notamment sur son enfance lorsqu’elle a été enlevée par Wolfgang Feiersinger.

    À ce stade de cette longue série à rallonge, on peut se demander ce que viennent faire les mégalodons — ces monstres marins que l’on croyait disparus, mais qui semblent toujours présents, notamment dans les abysses de nos océans. La réponse est simple : on ne les voit plus parce que le récit a évolué vers un autre plan scénaristique. Christophe Bec, en tant que scénariste, est connu pour son style sombre et atmosphérique, qui contribue à renforcer l’ambiance mystérieuse et parfois oppressante de la série.

    Encore une fois, la couverture est d'une beauté saisissante. Il faut dire que le trait d’Ennio Buffi, qui a pris le relais depuis le tome 6, est remarquable. Il a considérablement progressé, notamment dans la précision et la finesse du dessin.

    Pour revenir au récit lui-même, j’ai l’impression d’assister à un tome de transition, où peu d’événements majeurs se produisent, si ce n’est une rétrospective sur le passé, comme une sorte de résumé. Cela reste néanmoins agréable à lire. Cependant, il serait peut-être temps de conclure cette série qui, si prometteuse à ses débuts, semble aujourd’hui tourner en rond.

    Cette série a été bien accueillie par les amateurs de BD de science-fiction, notamment pour sa narration fluide, ses personnages bien développés et ses visuels impressionnants. Elle restera comme une œuvre marquante des années 2000, mais il serait souhaitable qu’elle trouve une fin à la hauteur de ses débuts pour laisser une trace durable dans l’univers de la bande dessinée.

    Erik67 Le 30/01/2026 à 07:47:17

    Je dois confesser que je ne suis pas un grand fan du film culte « Le Jour sans Fin » – et il semblerait que l’auteur de cette BD ait repris certains de ses petits travers, ce qui m’a laissé un peu pantois… comme un lapin face aux phares d’une voiture.

    Ma lecture a été plutôt une aventure… mais pas toujours dans le bon sens du terme. Entre clichés, situations déjà vues et peu d’originalité, j’ai eu du mal à me laisser emporter. Je pense que si toutes les BD que je lis étaient des chefs-d’œuvre, alors la magie n’aurait plus de secret pour moi, non ? Mais bon, je préfère aussi dire quand je n’accroche pas, pour rester honnête.

    Côté graphisme, c’est très anguleux, ce qui donne un côté dur et un peu rugueux, comme si on avait pris une règle et une paire de ciseaux pour faire les dessins. Ça ne facilite pas vraiment la lecture fluide, et ça me donne plutôt l’impression de regarder une sculpture en pierre qu’une aventure graphique. Peut-être que ça accentue la dureté de certains mouvements, mais moi, j’ai préféré passer mon tour pour l’immersion.

    Je ne suis pas du genre à forcer un avis si je n’ai pas accroché — chacun ses goûts, après tout ! Mais si vous êtes curieux ou si vous aimez tester de nouvelles œuvres, je vous encourage à vous faire votre propre opinion. Peut-être que vous trouverez dans cette BD ce que je n’ai pas vu… ou pas. Après tout, la lecture, c’est aussi une question de goûts personnels, et parfois, il faut juste tenter sa chance, comme avec un plat épicé : ça peut surprendre, ou ça peut piquer un peu !

    Erik67 Le 29/01/2026 à 07:37:51
    Un flic sous l'occupation - Tome 1 - Profit garanti

    Cette série qui débute me rappelle la trilogie berlinoise, qui explore l’univers d’un détective privé sous le Troisième Reich. Ici, l’histoire se déroule dans la version française, avec un enquêteur évoluant sous le régime de Vichy. On remarque que lorsqu’une idée intéressante apparaît, elle est souvent reprise avec quelques déclinaisons, ce qui montre une certaine inspiration commune.

    Le méchant est vraiment antipathique, et il semble bénéficier de la protection des officiers de l’occupant nazi. C’est toujours captivant quand l’adversaire a du corps et de la profondeur !

    Côté dessin, je l’ai trouvé un peu figé, mais dans l’ensemble, cela reste plus que convenable. Ce n’est pas mon style préféré, mais ce n’est pas désagréable à regarder.
    J’ai dû le lire à plusieurs reprises avant de le finir, tant la densité d’informations transmises m’a paru importante pour bien suivre le récit. Cela demande un peu d’attention, mais le résultat en vaut la peine.

    En résumé, cette série qui débute offre une plongée intéressante dans une période complexe, avec une intrigue dense et des personnages bien travaillés. Je pense qu’elle séduira ceux qui aiment les histoires historiques mêlées de suspense et d’enjeux personnels, tout en proposant un regard critique et immersif sur cette époque.

    Erik67 Le 28/01/2026 à 07:21:24
    La petite Mort - Tome 1 - La Petite Mort

    C'est mignon tout plein cette personnification de la mort à travers toute une famille pour s'intéresser au petit dernier. Il faut bien faire son apprentissage en distillant les accidents et autres maladies mortels qui frappent les humains.

    On aura compris qu'on est dans de l'humour vraiment noir car la mort n'est généralement pas un sujet comique. C'est pourtant le pari très audacieux de l'auteur Davy Mourier qui a composé toute une série à travers ce petit personnage fétiche qui l'accompagne.

    On notera une préface signée par Alexandre Astier dont la famille semble beaucoup s'intéresser au support de la bande dessinée ce qui n'est pas un mal. Evidemment, le tout est assez inventif et avoir de l'humour assez bien dosé.

    Il y a quand même un espèce de fil conducteur, voir un suspense dans ce tome où les planches de gags se succèdent. On va savoir si le camarade de classe de la petite mort va succomber à sa leucémie ou pas à la fin de l'ouvrage. Je n'en dirai pas plus pour entretenir le mystère.

    Au final, j'ai succombé non à ma mort mais à la petite mort. Cela vous tente ?

    Erik67 Le 27/01/2026 à 07:47:43

    C'est une histoire vraiment horrible, tirée du roman angoissant de Barbara Abel. Voici deux couples de voisins, chacun ayant un enfant. Cependant, un drame survient dans l'un des couples, qui cherche alors à se venger de l'autre. Voilà pour le pitch, sans vouloir en révéler davantage.

    On se dit que la nature humaine peut être vraiment mauvaise en découvrant les pensées et les actions des protagonistes, surtout celles des femmes, qui vont se crêper le chignon. Les hommes tentent de calmer le jeu, mais on se rend compte que les femmes ont finalement toujours le dernier mot.

    Le titre "Derrière la haine" prend tout son sens en révélant ce qui se cache au-delà de l'apparence et des conflits visibles — une haine profonde et rentrée, alimentée par des secrets et des ressentiments que l'on découvre peu à peu.

    Bien qu'il y ait une montée en tension et en angoisse, la fin est décevante, voire horrible, car elle semble totalement improbable malgré quelques éléments disséminés tout au long de l'histoire. La conclusion est non seulement effrayante, mais aussi ratée. On n'y croit pas une seconde, alors que tout semblait initialement reposer sur une certaine crédibilité.

    Cependant, je reste indulgent dans ma notation, car j'ai passé un bon moment de lecture, notamment grâce à un dessin et une colorisation efficace.

    Erik67 Le 26/01/2026 à 07:32:34

    J'ai adoré ce récit inspiré d'une histoire vraie, ou plutôt d'un fait divers. Le personnage de Paulin, au cœur de cette histoire, s'inspire d'une figure locale de Lausanne dans les années 1990, qui arpentait les rues avec un trolley imaginaire.

    Ce folklore local a été bouleversé par la méchanceté de certains, qui lui ont voulu du mal. Il a finalement été placé dans un hôpital psychiatrique, mais il subsiste des personnes bienveillantes qui manifestent leur soutien face à cette décision, prise par un juge suite à une dénonciation.

    Le thème central de l'œuvre est la frontière entre la normalité et une forme de folie. En effet, Paulin se passionne depuis son plus jeune âge pour les trolleybus, au point de s'imaginer en conducteur, dans une profession qui lui a été refusée pour des raisons de santé mentale.

    L'histoire suit le combat non seulement d’un avocat, mais aussi d’un journaliste et de ceux qui cherchent à comprendre cette passion singulière. Il y a une douce excentricité chez Paulin, une touche d'humanité qui apporte parfois une bouffée d’air frais dans un environnement urbain souvent aseptisé.

    Graphiquement, ce n'est pas le style que je préfère, avec ses couleurs délavées et criardes. Cependant, cela confère une atmosphère particulière, une tonalité qui renforce l’ambiance du récit.

    En somme, c’est une œuvre sensible que j’ai vraiment appréciée, notamment par son déroulement. Je la recommande vivement à tous ceux qui aiment les histoires de personnalités atypiques. Après tout, il ne faut pas les reléguer dans une voie de garage !

    Erik67 Le 25/01/2026 à 08:25:12

    Voici la suite et la conclusion de la saga des Gouttes de Dieu, qui se conclut par la mise à l’épreuve de la fille d’Isséi Tomine, organisée par son oncle Shizuku Kanzaki. La question qui demeure est de savoir si elle parviendra à triompher lors du championnat mondial de l’imagination du vin. Même si l’on peut intuitivement deviner la réponse, le final s’avère véritablement à la hauteur, avec des surprises qui dérouteront le lecteur.

    Je trouve que la conclusion est à la fois belle et poétique, révélant la véritable signification du vin, qui est ici élevé au rang d’art, presque visuel. Jamais une œuvre n’avait porté une telle vision, semblant transcender la matière œnologique. C’est une expérience fascinante, vécue à travers des épreuves successives où le but est de deviner la bouteille et surtout de raconter une histoire, celle de ce que l’on ressent.

    Certes, on pourra reprocher parfois un manque de finesse ou une crédibilité limitée dans certaines situations, notamment lorsque Shizuku semble deviner toutes les réponses comme s’il maîtrisait toutes les cartes du jeu, ce qui peut devenir un peu frustrant. Mais, malgré cela, on se laissera emporter par cette narration, qui constitue un véritable bonus par rapport à la série principale.

    Héritage permet ainsi de transmettre le flambeau, ouvrant la voie à de nouvelles découvertes autour des Gouttes de Dieu. Bien entendu, il faut toujours boire avec modération, mais il est difficile de ne pas se laisser emporter par l’ivresse de ce manga, pas comme les autres.

    Erik67 Le 25/01/2026 à 08:23:51

    Les gouttes de Dieu a été une très longue série que j'ai constitué au fil des années depuis 2008 sur le monde de l’œnologie. Il y a eu la suite directe avec « Mariage » afin de combiner harmonieusement des plats avec du vin.

    Il s'agissait de suivre le duel sous forme de chasse au trésor entre deux frères ennemis, Shizuku Kanzaki et Issei Tomine, pour la succession d’un célèbre œnologue mondialement connu et plutôt très riche. Cependant, on se rend compte au fur et à mesure qu'il ne s'agit pas de se battre pour l'argent mais pour quelque chose de plus grand comme la transmission de certaines valeurs autour de la passion pour le vin.

    Ce manga est particulièrement apprécié pour sa façon originale de faire découvrir le vin, combinant suspense, culture et éducation œnologique. Il a aussi inspiré une série télévisée japonaise et a contribué à populariser la culture du vin en dehors des cercles spécialisés.

    La série s'est terminée il y a quelques années sur un total de 70 tomes mais voilà qu'elle revient avec un nouvel arc narratif se situant 18 ans après pour suivre la fille de l'un des deux frères à savoir Tomine. L'oncle a prend sous son aile pour lui faire à son tour découvrir le monde du vin.

    Bref, c'est reparti pour de nouvelles aventures avec Seiya dotée d'un odorat exceptionnel puisque c'est de famille. Il s'agit cette fois-ci de participer à un championnat mondial d’œnologie et de l'emporter pour pouvoir lire le testament du père défunt.

    Seul bémol, on remarquera que Shizuku n'a pas trop vieilli en 18 ans conservant son visage assez juvénile ce qui ne fait pas tellement dans la crédibilité.

    Le dessin est toujours aussi fin et gracieux nous offrant de beaux tableaux lors des descriptions assez évocatrices. C'est vraiment un travail soigné que l'on apprécie toujours de voir.

    On sait que cette série ne va durer que sur deux tomes ce qui m'a poussé à l'achat une fois de plus afin de compléter ma collection. Que dire de plus ? C'est pas mal. On ressent une certaine nostalgie et il faut bien passer la main à une nouvelle génération entre traditions familiales et découvertes œnologiques.

    Erik67 Le 24/01/2026 à 07:51:31

    J'ai particulièrement apprécié cette aventure des frères Flanchin, même si j'ai été un peu surpris au départ par le lieu et l'époque du récit. En effet, l'action se déroule dans les Pyrénées au XVIIIe siècle, mais elle met en scène un Indien des Amériques, qui vit avec un ours dans une grotte pour le protéger. Ce mélange subtil entre western et récit montagnard confère à l'ensemble une originalité captivante.

    Le graphisme est tout simplement majestueux, notamment dans les décors représentant les magnifiques montagnes enneigées. La colorisation, habile et chaleureuse, plonge immédiatement le lecteur dans l'ambiance, rendant la lecture particulièrement agréable.

    Le thème central évoque le respect de la nature et des ours, soulignant la profonde connexion que les Amérindiens entretenaient avec leur environnement. Il est dommage qu’ils aient été exterminés, car ils avaient tant à nous apprendre sur la coexistence avec la nature.

    En résumé, je ne peux que recommander cette belle aventure des frères Flanchin, présentée dans un cadre visuel aussi soigné. C’est une œuvre empreinte de beauté et de sens.

    Erik67 Le 23/01/2026 à 07:55:50

    Il est clair qu'une telle balade pendant la fameuse conquête de I'Ouest américain ne pouvait qu'être sanguinaire avec un nom de famille pareil. Des flingues, de la vengeance... et des flingues ! Voilà pour le programme...

    Nous allons suivre une nichée de 3 petits gamins qui sont pris au milieu de toute cette violence en assistant à l'assassinat de l'homme qui les élevait un révérend ainsi qu'à l'enlèvement de leur mère par une bande de ravisseurs. Tout ceci donne lieu à quelques passages glauques et un peu gores ce qui alimente la noirceur du récit. Le thème est encore une fois la vengeance.

    Je connaissais le trait du dessinateur argentin Eduardo Risso sur un dessin noir et blanc mais là, tout est en couleur. J'aime toujours la précision de son trait qui est magnifié par la colorisation. Par ailleurs, le découpage est splendide ainsi que la couverture. C'est encore une fois un travail d'exception au niveau graphique ainsi qu'un plaisir sans cesse renouvelé pour les yeux.

    Cette ballade ne va pas vous laisser indifférent si vous aimez le western âpre et surtout le travail du duo Brian Azzarello et Eduardo Risso connu pour leur comics récompensé par le Will Eisner Award à savoir « 100 bullets ».

    Erik67 Le 22/01/2026 à 07:35:59

    Un roi sans couronne est une bande dessinée brillante qui mêle habilement histoire sportive, espionnage et enjeux géopolitiques. L’histoire s’articule autour de Viktor Kortchnoï, un grand maître d’échecs soviétique, considéré comme un homme exceptionnel mais qui, par ses choix, a sacrifié sa carrière et sa famille en fuyant le régime soviétique.

    En 1978, lors d’un prestigieux tournoi mondial aux Philippines, il affronte le jeune Anatoli Karpov, soutenu par le KGB, dans un contexte chargé d’enjeux idéologiques liés à la Guerre froide.

    Ce qui rend cette BD particulièrement captivante, c’est la façon dont le récit combine l’intensité du jeu d’échecs avec un contexte de tensions politiques et d’espionnage. Au fil de l’histoire, se déploie une intrigue de meurtres en série, dont un innocent devient la victime, révélant un aspect sombre et sordide derrière la compétition. La narration est pleine de rebondissements, ce qui maintient le lecteur en haleine jusqu’à la fin, qui s’avère à la fois marquante et inattendue.

    Le scénario témoigne d’une grande ingéniosité, car il parvient à mêler plusieurs fils narratifs sans perdre en crédibilité ni en rythme. La dimension historique et politique enrichit considérablement le récit, permettant d’en apprendre davantage sur les coulisses d’un match d’échecs devenu un enjeu de propagande, dans un contexte de tension extrême entre deux superpuissances.

    Du point de vue graphique, le dessin dans un style ligne claire, assez classique, s’adapte parfaitement au ton de l’histoire. Il contribue à une immersion immédiate, rendant la lecture fluide et agréable. La mise en scène visuelle soutient efficacement l’atmosphère tendue et complexe du récit.

    En résumé, j’ai trouvé cette bande dessinée à la fois surprenante et captivante. Elle offre une lecture passionnante, riche en suspense et en révélations, tout en étant une réflexion intéressante sur l’époque de la Guerre froide et ses enjeux idéologiques. Je la recommande vivement à tous ceux qui aiment les histoires mêlant histoire, stratégie et mystère.

    Erik67 Le 21/01/2026 à 07:42:43

    Voici une BD qui décrypte les origines et les dérives du monde du travail contemporain. Il s’agit de l’adaptation d’un ouvrage de Johann Chapoutot, intitulé « Le management du nazisme à aujourd’hui ».

    L’auteur, spécialiste du nazisme, explore les liens entre certains concepts employés par les théoriciens économiques et leur utilisation dans le monde de l’entreprise. La BD est illustrée par Philippe Girard, écrivain, scénariste et auteur québécois. Voilà pour le contexte.

    Il est vrai que les méthodes employées par certaines entreprises de nos jours peuvent faire peur et trouvent probablement leurs racines dans des idées issues de la pensée nazie. La défaite de 1945 n’a malheureusement pas éradiqué toutes ces idées, qui continuent d’alimenter un capitalisme toujours plus tourné vers le profit et la productivité, souvent au détriment des salariés.

    En effet, un certain Hohn, autrefois juriste officiel du régime nazi, a réussi sa reconversion professionnelle en ces temps troublés en devenant un conférencier captivant ainsi qu'un professeur important à l’origine d'un mouvement après avoir écrit plusieurs ouvrages historiques qui ont fait sensation. Son exploit avec d'avoir créer une école de management qui formera les cadres de l’industrie allemande pendant de nombreuses années.

    On ne peut nier que certaines techniques et modes de gestion utilisées par les responsables hiérarchiques en entreprise présentent des ressemblances assez troublantes avec ces pratiques historiques. En effet, on peut observer une illusion que les travailleurs ont la liberté d’obéir aux ordres de leurs supérieurs par le jeu de la libre adhésion. En réalité, ils ne sont pas libres de désobéir.

    Cependant, je dois avouer que cette lecture ne m’a pas totalement convaincu malgré un sujet qui m’intéressait. Je l’ai trouvée assez abstraite et parfois peu pertinente par rapport aux pratiques du management actuel. Cette lecture a même friser l'indigestion par moment tant les concepts sont nombreux a emmagasiner.

    Cela m’apprendra à acheter une BD sur un coup de tête en pensant que le thème suffit à lui seul. Il faut aussi que le contenu tienne la route. Tout n’est pas à jeter, mais on est loin de la perfection.

    Erik67 Le 20/01/2026 à 08:22:33

    Voici une BD sur un rebelle qui a pris le pouvoir en 1983 au Burkina Fasso avant de se faire renverser à son tour par un coup d'état. Il aura régler 4 ans en marquant visiblement sa génération par des idées assez progressistes pour son peuple.

    On nous le présente comme une sorte de « Che Guevara » africain qui a mené sa révolution et qui a d'ailleurs été trahi par les siens avec la complicité de puissance coloniale étrangère dit-on.

    Sankara est connu pour ses politiques panafricanistes, ses efforts pour lutter contre la corruption, améliorer la santé, l'éducation et l'agriculture, ainsi que pour ses réformes sociales audacieuses.

    Son gouvernement a cherché à réduire la dépendance économique vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et à promouvoir l'autosuffisance. Il a également été un ardent défenseur de la justice sociale, de l'émancipation des femmes, et de la lutte contre la pauvreté.

    Malheureusement, son régime a été brutalement interrompu en 1987, lorsqu'il a été assassiné lors d'un coup d'État. Son héritage demeure très influent en Afrique et dans le monde entier comme symbole de résistance et de lutte pour la justice sociale.

    On nous brosse surtout un portrait assez flatteur tout en retenant également des éléments plus contestables sur sa personne et son action mais en retenant tout de même le positif. Parfois, dans le jeu de la complaisance, on embellit bien les choses pour les salir un tout petit peu afin d'apporter de la crédibilité.

    En effet, certains considèrent que ses méthodes étaient parfois autoritaires ou qu’il a limité certaines libertés. Malgré ses efforts, le Burkina Faso a également connu des difficultés économiques et sociales durant son régime. Oui, il ne suffit pas d'interdire le champagne !

    En résumé, pour beaucoup, Thomas Sankara est un symbole de lutte pour l’émancipation et la souveraineté africaine, ce qui lui confère un statut quasi-héroïque. Pour d’autres, il reste une figure complexe dont le leadership peut être critiqué. A vous de voir !

    Erik67 Le 19/01/2026 à 07:35:06
    The strange House - Tome 1 - Tome 1

    Au premier abord, "The Strange House" évoque presque une émission d'immobilier à la Stéphane Plaza, car il s'agit principalement d'étudier des plans de maison. Rapidement, on comprend que le récit ne tourne pas autour du paranormal, avec des pièces fantômes qui disparaissent ou d'autres phénomènes surnaturels, mais plutôt d'une maison conçue pour commettre des actes meurtriers en toute impunité.

    La particularité réside dans l'utilisation de l'enfant du propriétaire pour éliminer discrètement les invités dans la chambre d'amis. Cette tournure m’a semblé franchement tirée par les cheveux, surtout si l’on tente d’y voir une quelconque paranoïa, qui n’a pas sa place dans des rapports sociaux normaux.

    Malgré ces invraisemblances, le manga parvient à instaurer une atmosphère captivante et tendue, déployant dans ce premier tome différentes théories et hypothèses, sans forcément entrer dans une mise en action immédiate. Cela pose les bases d’une intrigue qui pourrait s’avérer très intéressante, notamment par sa façon d’aborder la conception des lieux, avec des plans d’architecte judicieusement dessinés et très esthétiques.

    Je dois avouer ne jamais avoir vu quelque chose de similaire auparavant, ce qui constitue un vrai point fort. L’originalité de "The Strange House" réside dans cette approche inédite, mêlant suspense, architecture et psychologie dans un cadre singulier. Cela promet une lecture intrigante et novatrice pour la suite.

    Erik67 Le 18/01/2026 à 08:21:48

    Beaucoup de lecteurs ont crié au chef d’œuvre concernant cette œuvre d'une auteure Lisa Blumen qui incontestablement attire. Automatiquement, cela a placé la barre assez haute dans ma découverte. Or, ma lecture après coup a été plutôt conventionnelle. C'est bien mais ce n'est pas le must d'où une légère déception qui n'aurait pas du avoir sa place.

    Au niveau graphique, c'est assez dépouillé avec toutefois une bonne utilisation de la couleur dans des tons pastels. Il y a également une mise en place des cases de manière parfois assez symétriques avec 8 cases par page, et sur une double page, où l'on voit le visage de notre héroïne en train de se maquiller. Cela crée incontestablement un effet de style assez répétitif. Pour autant, il y a parfois du dynamisme au-delà des cases contemplatives.

    Au niveau du récit, on a affaire à une célèbre influenceuse qui présente des produits de beauté à ses abonnés dans un but purement marketing. Evidemment, cela crée parfois des comportements limites comme le stalking. Une ombre va planer comme une menace pour notre héroïne tout le long de ce récit.

    Cependant, le plus gros effet de cette BD est de reproduire une petite histoire racontée au cours d'une discussion assez futile mais qui crée un sens particulier pour l'héroïne. On saura alors ce que les sangliers viennent faire dans cette histoire de cosmétique !

    Alors, oui c'est une lecture qui mérite attention d'autant que l'auteure s'est spécialisée dans les ouvrages jeunesses avant de passer à quelque chose de plus mature et qui interroge sur les pratiques des réseaux sociaux de notre société d'aujourd'hui.

    Erik67 Le 17/01/2026 à 07:40:07

    J'adore les BD animalières surtout quand elles sont bien construites. Ce comics avait attiré mon attention par le nombre d'avis positif et également par le Will Eisner Award 2024 de la meilleure adaptation.

    En effet, ce comics est l'adaptation de Watership Down, le roman de Richard Adams racontant l’épopée d’un groupe de lapins en quête d’un foyer. Le scénariste James Sturm m'avait particulièrement déçu sur « Black Star - La véritable histoire de Satchel Paige », une histoire d'un joueur de base-ball. Mais bon, il faut parfois persévérer sur d'autres œuvres qui peuvent être parfois une bonne surprise.

    Par ailleurs, je ne connaissais pas du tout le dessinateur Joe Sutfin qui vit dans une grange dans l'Ohio avec sa femme Gina et une bande de chats. Il réussit merveilleusement à dessiner des lapins où l'on voit bien son amour de la nature et des créatures vivantes dans les champs. Il y a un véritable soin apporté au détail avec un trait équilibré.

    Un magnifique roman graphique à lire car c'est une belle aventure à découvrir dont la conclusion est véritablement émouvante. Finalement, ces lapins ont prouvé qu’avec un peu de courage et beaucoup de carottes, on peut sauter très haut… même jusqu’au cœur du lecteur !

    Erik67 Le 16/01/2026 à 07:41:56
    Corto Maltese (2015 - Couleur format normal) - Tome 17 - La Ligne de vie

    Corto Maltese, le marin légendaire à la boucle d'oreille, continue de fasciner par son voyage à travers le monde, le temps, et l’Histoire. "La ligne de vie" s’inscrit comme le cinquième opus de la série, une aventure qui mêle onirisme et ésotérisme, créant une atmosphère à la fois mystérieuse et envoûtante.

    Ce personnage, ni bon ni méchant, mais plutôt un contrebandier-poète qui traverse les tumultes de son époque, incarne une vision nuancée de la moralité et de l’engagement. Son influence sur la bande dessinée moderne est indéniable, sculptant un mythe dont la légende perdure.

    Le créateur d’Hugo Pratt, aujourd’hui disparu, souhaitait que Corto continue à vivre, même sous la plume d’autres auteurs. La série a ainsi été reprise en 2015, alors que le dernier album d’Hugo Pratt datait de 1992, ce qui témoigne du caractère intemporel et vivant de ce héros.

    Le présent album, intitulé « La ligne de vie », est le cinquième de la série adaptée par Diaz Canalès et Ruben Pellejero. Il faut aussi noter que Bastien Vivès et Martin Quenehen se sont emparés du mythique personnage dans une autre série parallèle, afin de le plonger dans notre époque contemporaine, rompant totalement avec le contexte initial de 1887 à La Valette, à Malte.

    Le dessin de Ruben Pellejero est remarquable. Fidèle au style de Pratt, il se distingue par sa ligne claire, précise et lisible, contrastant avec le trait plus lâché de ses dernières œuvres. Son talent permet d’insérer harmonieusement "La ligne de vie" dans l’univers visuel de la série, tout en apportant sa propre touche, ce qui enrichit l’expérience de lecture.

    Cette aventure place Corto dans le contexte de la guerre des Cristeros qui désigne le soulèvement d'une partie de la population mexicaine de 1926 à 1929, principalement rurale et catholique, contre le gouvernement, qui tente l'application stricte de la Constitution de 1917 affaiblissant le pouvoir de l'Eglise.

    Cela se terminera d'ailleurs par un accord en 1929 rendant le culte à nouveau libre mais également par l'assassinat du général Gorostieta qui avait mené la rébellion par les services secrets du gouvernement mexicain. On verra d'ailleurs cette scène marquante dans la BD.

    Au final, cet album confirme la place de Corto Maltese comme un héros légendaire, capable de s’adapter et d’évoluer tout en conservant son âme de voyageur intemporel. Une lecture incontournable pour les amateurs de la série et tous ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir cet univers mythique réinventé avec brio.

    Erik67 Le 15/01/2026 à 07:21:57

    J'ai trouvé cette BD étonnamment très bien construite sur un thème d'actualité à savoir qu'on laisserait mourir, dans l'indifférence générale, des personnes âgées, même dans les villages. Bref, la solitude n'est pas qu'un phénomène urbain.

    A l'occasion du COVID doublé par un épisode de canicule, le maire d'un village s'assure que chacun de ses seniors va bien ce qui n'est pas une mince affaire s'agissant du cas d'Albertine qui a disparu.

    En effet, on ne l'a plus revu depuis des années et elle doit bien avoir dans les 99 ans. Voilà que son fils âgé de plus de 70 ans va succomber à l’hôpital d'une maladie. Il lui apportait de la nourriture. On découvre alors le pot aux roses dans l'horreur la plus absolue ce qui va rameuter les médias nationaux.

    La personnalité du maire est intègre et il va essayer de gérer au mieux cette situation difficile pour son village sous le feu de projecteurs. On se demande ce qui a pu bien se passer.

    Est-il question d'un déni de mort ou bien d'une sordide combine pour pouvoir toucher les pensions de retraite ? Une part de mystère va demeurer car nous n'aurons malheureusement pas toutes les réponses ce qui peut être frustrant.

    Le pire, c'est qu'on apprendra en fin d'album que c'est un fait divers qui a effectivement eu lieu et qui ne semble pas être isolé. Cela interroge sur notre société qui ne tourne parfois vraiment pas rond. Je dois bien avouer que c'est une BD qui m'a un peu marquée. Elle est à découvrir même si c'est un peu triste comme histoire.

    Erik67 Le 14/01/2026 à 07:50:13
    Qui a vu le paon danser ? - Tome 1 - Tome 1

    Parfois, le paon peut danser en pleine forêt, mais il est plutôt rare de l’apercevoir. Certains pourraient dire que ce n’est pas vrai, car on ne l’a pas vu danser de nos propres yeux. Seul le paon le sait. Pourtant, cela reste une vérité.

    En s’appuyant sur ce précepte typiquement japonais, une jeune femme nommée Komugi va tenter d’élucider la mort de son père, un policier à la retraite, lors d’un incendie criminel. La police a arrêté un suspect sur les lieux du crime, mais tout indique que ce dernier n’est pas coupable, ce qui va à l’encontre de toute attente.

    Pour faire la lumière sur cette sombre affaire, elle se tourne vers un jeune avocat, sur les conseils posthumes de son père, afin de découvrir la vérité.

    Le graphisme est attrayant et facilite la lecture. Les cases sont suffisamment aérées, sans surcharge, ce qui confère un certain dynamisme à l’ensemble.

    Ce premier tome ne dévoile pas encore tout, mais laissent présager une suite passionnante, avec encore six tomes à venir pour poursuivre l’enquête. Bref, c’est un manga à suivre dans le genre polar.

    Erik67 Le 13/01/2026 à 06:12:51

    Dans ce récit, Dante est un peintre italien en manque de talent et qui va rencontrer une diablesse qui va lu donner ce qui lui manque pour percer. Evidemment, on pense tout de suite au célèbre auteur de la divine comédie qui est l'un des chefs d’œuvre de la littérature mondiale. Il s'agit bien d'une descente aux enfers avant de s'élever vers le paradis céleste.

    Pour corser le tout, c'est plutôt une version assez hot et interdite au moins de 18 ans qui nous est proposé. Pour une fois, le récit demeure intelligemment construit et les scènes osées servent incontestablement la progression vers le génie créatif. Le diable a des atouts pour séduire.

    J'aime généralement la maturité en matière de bande dessinée surtout quand le graphisme est tout aussi magnifique que le scénario. J'ai été agréablement surpris par cette chute de Dante que je recommande mais avec les réserves nécessaires aux âmes les plus chastes.

    Erik67 Le 12/01/2026 à 07:19:59

    C'est une BD tout à fait passionnante sur la vie d'Andreï Sakharov que je ne connaissais pas vraiment. Il est devenu un militant contre le nucléaire alors qu'il a contribué par son génie à doter l'URSS de l'arme absolu.

    Il voulait utiliser l’énergie nucléaire à des fins humanistes mais les militaires en ont décidé autrement. Sa vie sera alors un combat contre les politiciens du Kremlin qui l'ont utilisé et qui l'ont menacé ainsi que sa famille.

    Il obtiendra le prix Nobel de la paix en 1975 après avoir mené une dissidence contre le pouvoir soviétique en pleine guerre froide. Il a été l'un de ces hommes qui ont marqué le XXème siècle. Sa vie est passionnante car on découvre comment il a changé entre doute et culpabilité mais surtout en prenant conscience de la folie humaine.

    Aujourd'hui, l'arme atomique est aux mains d'un Poutine qui menace l'Europe de destruction. Plus que jamais, il faut avoir cette réflexion sur l'utilisation des armes atomiques qui ne sont malheureusement plus un moyen de dissuasion.

    Je pense qu'il est tout à fait intéressant de lire cette ouvrage sur le destin du père de la bombe à hydrogène soviétique. Comme Frankenstein, il a créé un monstre qui peut se retourner contre lui mais surtout contre l'humanité entière.

    Erik67 Le 11/01/2026 à 10:17:15

    D'un côté, il y a le célèbre journaliste animateur écolo Hugo Clément qui nous démontre que la terre est en train de s'asphyxier et de l'autre, il y a les puissants agriculteurs qui n'hésitent pas à bloquer les routes de France pour imposer leurs doléances. A force, on ne sait plus qui croire.

    Pour autant, cette BD est assez démonstrative qu'il y a quelque chose qui ne va plus dans le fonctionnement de la planète au niveau des terres dont les engrais chimiques ont détruit les nutriments nécessaires à une bonne gestion de l'agriculture. C'est au nom de la rentabilité qu'on a eu recours à ces produits chimiques qui ont modifié l'agriculture de toute la planète au détriment de la Nature.

    Comme dit , le constat factuel semble sans appel : sols surexploités, eaux contaminées, pollution chimique, dégradation de la biomasse, souffrance animale...

    Le paradoxe évoqué dans le titre concerne l'abondance de nourriture mais qui se fait au détriment de la nature. Un jour, quelque chose va craquer, provoquant de graves catastrophes humanitaires.

    Cependant, Hugo Clément est également l'ami de certains paysans, les plus petits et ceux qui ne pensent pas forcément à s'agrandir pour une meilleure rentabilité. Il nous démontre avec eux qu'il existe d'autres solutions pour éviter la destruction de la nature tout en construisant un système alimentaire durable.

    L'auteur évite le catastrophisme en donnant un peu d'espoir et avec une tonalité volontairement positive. Trop sans doute mais il fallait capter l'attention d'un certain public encore incrédule et qui n'a pas encore un regard critique. Je ne peux qu'espérer que les pistes évoqués soient un jour suivies par les politiques que nous voterons dans le cadre des élections démocratiques.

    Pour ma petite part de contribution, je privilégie toujours les productions locales. Mais bon, cet ouvrage prêche un convaincu. C'est ce que je retiens des solutions proposées par Hugo Clément qui insiste sur le fait de relancer la filière bio pour mieux manger tout en respectant la nature.

    Bref, je considère que cette enquête est assez sérieuse pour s'y intéresser en espérant également que cela éveille un jour les consciences des plus puissants qui arriveront à contrer les exigences du lobby agro-alimentaire et ses syndicats.

    Erik67 Le 10/01/2026 à 10:06:17

    La pensée de Daniel Cohen est enfin accessible en BD, comme nous l’indique malicieusement la jaquette sur la couverture. Pour information, Daniel Cohen était l’un des plus grands économistes français, professeur d’université jusqu’à son décès en 2023. Spécialiste de la dette souveraine, il était à la fois très respecté et reconnu pour ses qualités de pédagogue.

    Il est vrai que la lecture de cette BD, abordant un sujet aussi complexe que l’économie, s’est révélée particulièrement agréable. Ce n’est pas le cas de toutes les œuvres que j’ai pu acquérir sur le même thème. Il faut dire que l’économie m’a toujours intéressé, ayant auparavant obtenu un Bac B dans cette matière.

    Dans cette œuvre, on se concentre surtout sur l’histoire de l’économie et ses différentes étapes, avant d’arriver à ce capitalisme sauvage qui divise la planète entre les ultra-riches et le reste de la population.

    J’apprécie beaucoup les BD documentaires d’Aude Massot, car elles reflètent bien l’actualité tout en ayant une touche de modernité. « Une saison à l’ONU », « Des femmes guettant l’annonce », ou encore « Maison Blanche : en coulisses avec Obama, Trump et Biden » m’ont déjà convaincu de la pertinence de son travail.

    Cette adaptation graphique de son ouvrage « Une brève histoire de l’économie » est totalement réussie, car l’auteure a su humaniser Daniel Cohen. On le voit discuter avec sa fille ou avec un ancien camarade de classe dans un avion. La mise en page, très moderne, capte véritablement l’intérêt, rendant un sujet souvent difficile d’accès plus accessible au grand public.

    En résumé, j’ai adoré cette BD, que j’ai reçue en cadeau de Noël, en même temps que le fameux « Hugo Decrypte en Russie ». Oui, j’ai été particulièrement gâté !

    Erik67 Le 09/01/2026 à 05:51:05

    J'ai beaucoup apprécié cette bande dessinée qui raconte l'histoire d'une jeune femme, enseignante en mathématiques, ayant fui le nazisme dans son pays natal pour se retrouver à Cuzco puis à Lima, au Pérou. Maria va rencontrer Paul d’Harcourt, un archéologue français, qui l’emmène dans le désert de Nazca. Là, elle découvre un vestige millénaire qui va peu à peu devenir le combat de sa vie. Il s'agit en réalité d'une histoire vraie, inspirée de la vie de l'archéologue Maria Reiche.

    Maria Reiche a arpenté le désert, balayant des kilomètres de sable. Pendant des siècles, les hommes ont traversé ce désert sans percevoir la mystérieuse complexité des figures tracées dans le sol. Elle a voulu en comprendre la signification, en s'intéressant à ces formes attribuées à une civilisation pré-inca. Ses découvertes ont permis la réhabilitation d’une civilisation autochtone, effacée depuis la conquête espagnole. En réalité, ces lignes constituaient une sorte d’observatoire astronomique très élaboré.

    J'ai particulièrement apprécié la manière dont la BD tourne en ridicule la fameuse théorie selon laquelle ces lignes seraient des pistes pour des vaisseaux extraterrestres. En effet, ces civilisations possédaient une technologie suffisamment avancée pour voyager dans l’espace, et n’auraient sans doute pas eu besoin de pistes d’atterrissage !

    Maria ne se contente pas de défendre un patrimoine exceptionnel, elle se dresse également contre un système politique qui ignore la valeur de ce qu’elle protège. L’importance de la culture péruvienne est ainsi soulignée à travers ce combat.

    La BD parvient à mettre en valeur de magnifiques paysages grâce à un dessin moderne, fluide, et d’une exécution impeccable. Elle offre un véritable moment de poésie autour de la découverte et de la préservation des lignes de Nazca.

    Au final, c’est surtout le cheminement de cette femme qui force l’admiration. Elle trouve sa voie et mène un combat noble et passionné. Après cette lecture, on regardera les lignes de Nazca avec un regard renouvelé, empreint de respect et d’émerveillement !

    Erik67 Le 08/01/2026 à 08:49:46

    Voici l'histoire vrai d'un journaliste gay aux States dans les années 80 qui sera le premier à remarquer qu'une terrible maladie épidémique frappe sa communauté. Il va tenter d'alerter l'opinion publique afin de limiter les ravages mais il va se heurter au silence des médias malgré la propagation de cette terrible maladie.

    Il va être rejeté par ses amis et mis à mal par sa hiérarchie mais il va se battre de toutes ses forces. Malheureusement, le SIDA l'emportera à son tour en 1994 à 42 ans. Il va laisser le souvenir d'un journaliste intègre avec la publication d'ailleurs de 3 livres à succès.

    Cependant, cela va véritablement se concentrer sur l'année 1981 et la découverte de cette maladie qui commence à faire des ravages. Il va commettre de nombreuses erreurs liées aux tâtonnements de l'inconnu mais également à cette volonté de faire dans le sensationnalisme propre à certains journaux comme celui dans lequel il travaille à savoir le San Francisco Chronicle fondé par le milliardaire William Randolf Hearst (le fameux « Citizen Kane »).

    On pense à ce sauna dans le quartier gay de San Francisco qu'il désignera comme le vecteur de la maladie ou bien cette mise en pâture du fameux patient zéro, un beau steward canadien, qui sera comparé au tueur du Zodiac. Sa volonté a été de sauver des vies mais cela ne se passera vraiment pas comme prévu. A la fin, il se réconciliera avec sa communauté qui lui pardonnera les fautes commises.

    Sur le plan graphique, on aura droit à une mise en image assez colorée sur un mode presque arc-en-ciel. C'est assez dynamique dans la conception ce qui permet une lecture assez fluide et agréable.

    Aujourd'hui, on n'entend plus trop parler de cette maladie en raison des avancées remarquables en termes de trithérapie. Et pourtant, la prévention devrait être de mise. La jeune génération semble ignorer cette partie de l'histoire médicale. Cette BD tombe à point nommé pour se remémorer de ce risque très sérieux qui a fait basculer une grande partie du monde dans les années 89 et 90.

    Erik67 Le 07/01/2026 à 08:55:09
    La duelliste (Tabou) - Tome 1 - De dentelles et de feintes

    Nous avons certes une couverture assez alléchante pour une lecture assez coquine chez l'éditeur Tabou. Cependant, on va découvrir avant tout une histoire de cape et d'épée sur fond de vengeance lié au fameux duel que se livrait l'aristocratie française à une certaine époque.

    L'honneur qui était bafoué devait se régler à coup d'escrime ce qui pouvait s'avérer souvent assez fatale. C'est ce qui va arriver au père de notre héroïne qui se décide de le venger en devant la fameuse duelliste du titre de l'album. Certes, elle ne manque pas de charme mais c'est pour mieux parvenir à ses fins. Il s'agira alors de maîtriser l'art du duel.

    Il est dommage que cela manque parfois un peu de rythme à cause de la lourdeur de certains dialogues d'époque fin XVIIème siècle pour mieux coller au niveau authenticité. Cependant, on est tout de même embarqué par cette intrigue qui ne manquera pas de rebondissements notamment à la fin de ce premier tome.

    Par ailleurs, on pourra admirer un dessin d'une remarquable élégance que cela soit dans les corps et dans les décors de ce Paris de la Renaissance. La colorisation est des plus exquises. Bref, c'est un travail assez soigné qui fait dans la qualité, c'est indéniable !

    Au final, on pourra se lancer tenter par cette aventure dans le siècle des lumières. A noter qu'il s'agit des mêmes auteurs que la série en 3 volumes « Thrace » que j'avais adoré.

    Erik67 Le 06/01/2026 à 09:01:46

    Je découvre qui était Albert Kahn que je ne connaissais pas malgré une rue qui porte son nom dans ma ville. Oui, c'était un banquier juif alsacien qui a vécu entre 1860 et 1940.

    On va suivre son parcours qui va le conduire tout jeune du village rural de Marmoutier à la capitale Paris alors que l'Allemagne occupait l'Alsace suite à la défaite de 1870. Il fait fortune en spéculant sur des compagnies d'or et de diamant du Transvaal en Afrique du Sud. Il va multiplier ses réseaux à travers le monde notamment au Japon.

    Il a visiblement eu une vie de philanthrope afin de financer des bourses d'études dans le savoir. En effet, il a constitué au fil des années un important fonds iconographique intitulé Archives de la Planète. La BD va notamment insisté sur ce point pour le présenter comme l'archiviste de la planète.

    Il sera ruiné dans les années 30 avec la fameuse crise sans précédent ce qui mettra fin à ses actions philanthropiques. Il meurt le 14 novembre 1940 à l'âge de 80 ans dans sa propriété de Boulogne au lendemain de la défaite française. Il venait de se faire recenser comme Juif. Il aurait été probablement déporté par la suite...

    Son œuvre documentaire sera redécouvert un peu plus tard. Les collections des Archives de la Planète sont inscrites au registre international « Mémoire du Monde «  par l'Unesco avec des galeries d'exposition à travers le monde.

    J'ai surtout retenu un homme qui a mené une vie altruiste et sincère en ayant foi en la nature humaine malgré deux guerres mondiales. Il se voulait pacifiste avec une volonté de réconciliation universelle et de respect de la diversité. Ce sont manifestement de belles valeurs.

    Bref, une BD à découvrir pour lui rendre un hommage mérité. On aimerait bien que les super-riches se comportent ainsi au lieu de vouloir dominer le monde actuellement.

    Erik67 Le 05/01/2026 à 08:44:51

    Cette BD, je l'ai reçu à Noël en cadeau de mes enfants. Il est vrai que je ne connaissais pas du tout la chaîne média en ligne Hugo Décrypte. Je m'aperçois qu'il y a encore beaucoup de choses que je dois encore découvrir. Par ailleurs, comprendre l'histoire de la Russie m’intéresse au plus haut point pour comprendre les enjeux de ce qui se joue actuellement avec la guerre en Europe.

    Je m'aperçois au travers de cette BD que le peuple russe n'a jamais eu trop le choix par rapport à ses dirigeants qui se sont imposés comme s'il fallait un homme fort à la tête du lus grand pays du monde en terme de superficie. En effet, l'histoire de ce grand pays est parsemé de personnages qui n'ont cessé de considérer la Russie comme un grand empire devant sans cesse croître : Yvan le terrible, Pierre le Grand, Catherine II, Staline, Poutine...

    La Russie nie l'existence d'autres nations au sein de sa zone d'influence d'où leurs interventions récentes en Géorgie, Tchétchénie puis Ukraine. Elle élimine également tout ses opposants tout en proférant de graves mensonges sur sa non-implication dans ces meurtres sordides (Navalny, Prigojine...).

    En ce qui me concerne, je trouve que c'est une horrible société qui s'appuie sur la corruption liée au gaz et au pétrole. Elle désigne la décadence occidentale alors que leur régime est dictatorial avec un contrôle absolu des médias. Le pire, ce sont les attaques pour affaiblir les démocraties occidentales. On ne peut que craindre une guerre de grande ampleur dans les prochaines années. Bref, ce despotisme fait peur.

    Pour ma part, j'ai trouvé cette BD très intéressante sur un sujet qui m'intéressait. Je trouve que le fameux Hugo est un bon journaliste qui argumente très bien car il m'a réellement convaincu dans sa démonstration de ce qu'était la véritable Russie. On a vraiment du souci à se faire en Europe tant qu'on n'aura pas également capturé ce dictateur pour le traduire en justice sur ses crimes. Pas deux poids, deux mesures !

    J'ai lu dans un récent article que cette BD dérange visiblement le despote qui y voit une production nuisible et de bas étage qui pervertit les cerveaux des jeunes français. C'est de bon augure venant de lui car la vérité dérange toujours...

    Erik67 Le 04/01/2026 à 10:38:28

    J'avais déjà lu des oeuvres adapté en BD qui racontait la vie d'Alan Turing qui a été réhabilité via un célèbre film « Imitation Game » sorti en 2014 avec Benedict Cumberbatch. le film se concentrait sur la résolution de la machine de cryptographie utilisée par les nazis à savoir Enigma.

    Il faut dire que ce fait a permis certainement d'écourter la guerre de 2 ans en sauvant des millions de vies. Cependant, l'état britannique s'est plutôt concentré sur la vie sexuelle du génie pour le condamner pénalement au lieu de le célébrer en héros de guerre. Oui, ce manque de reconnaissance est plutôt flagrant.

    Bien des années plus tard, la couronne britannique prononcera sa grâce et son pardon à titre posthume. Cependant, le mal a été fait de son vivant. En effet, suite à cela, Turing s'est suicidé le 7 juin 1954 à 41 ans bien que sa famille ne croie pas du tout à cette hypothèse.

    Le manga va plutôt se concentrer sur l'enfance et l'adolescence d'Alan pour expliquer progressivement comment il va devenir ce génial mathématicien à l'origine des prémices de l'informatique et de l'intelligence artificielle. La narratrice est une grand-mère qui explique le parcours d'Alan qu'elle a d'ailleurs connue à sa petite fille désireuse de connaître toute l'histoire.

    J'ai aimé également le fait qu'il n'y a pas d'exagération car c'est bien un travail collectif de savants divers qui a donné lieu à la création de l'informatique moderne. Oui, on ne va pas forcément tomber dans les approximations du genre ce qui apporte de la crédibilité à ce récit.

    On notera un dessin particulièrement soigné avec des personnages reconnaissables. Il y a une certaine précision du trait qui confère à la qualité de l'ensemble. On observera que les premières pages sont en couleur avant le passage au noir et blanc ce qui est un procédé plutôt classique.

    Au final, un très bon manga en one-shot pour nous présenter ce personnage qui mérite réellement sa réhabilitation.

    Erik67 Le 04/01/2026 à 10:34:11

    Hunt, le jeu du loup garou se situe absolument dans la même veine que les mangas d'écoliers jouant à des jeux un peu dangereux et ceux malgré eux. Cela pourrait être un énième ersatz de King's Game, Judge, Death Note, Doubt ou encore les très récents Sky-High Survival et Jeux d'enfants. Un de plus. Une partie de Loup-Garou mais où il faut vraiment éliminer ses adversaires, ça vous dit vraiment ?

    Maintenant, je vais essayer d'avoir un regard tout à fait objectif sur cette série. On passe un bon moment de lecture horrifique car la trame tient debout malgré quelques incohérences et des réactions de personnages assez mitigées.

    L'efficacité dans la mise en scène semble incontestable car c'est fluide. On entre d'ailleurs tout de suite dans l'histoire de ce jeu macabre sans véritable introduction. Intrigue et suspens seront bien au rendez-vous !

    Le graphisme paraît assez soigné dans son minimalisme une amélioration progressive du trait au fur et à mesure de l'avancée du récit. On voit également un effort réalisé dans les décors ce qui n'est pas négligeable.

    A noter qu'il s'agit d'une nouvelle édition intitulée « complete édition » parue en 2025 qui regroupe les 3 tomes parus en 2016-2017 en un seul gros volume. C'est pas bête comme idée ! Pour autant et comme dit, le genre n'est plus très à la mode après une exploitation sans fin.

    En conclusion, c'est plutôt bien réalisé avec un final quand même assez magistral. Il ne manque juste que l'originalité sur un sujet que les mangakas ont déjà archi exploités et qui devient à force un genre avec ses variantes. J'appellerais cela le « survival game » ce qui pourrait faire l'objet d'un thème à part dans une de mes prochaines listes.

    Erik67 Le 04/01/2026 à 10:27:45
    Veux-tu que je tue pour toi ? - Tome 1 - Tome 1

    Avec une phrase aussi percutante en guise de titre, on peut légitimement s'interroger sur le contenu de l'oeuvre. À première vue, on pourrait craindre de plonger dans une histoire de passion dévorante où un individu serait prêt à exécuter les moindres désirs, même les plus sombres d'un autre. Cette dynamique de manipulation où amour et amitié deviennent un outil de coercition soulève des questions morales certaines.

    Cependant, le récit prend un tournant inattendu en se concentrant sur une victime de harcèlement scolaire. Dans cette perspective, c'est un camarade de classe qui se présente comme un véritable sauveur, prêt à tout pour soutenir son ami.

    Cette amitié naissante met en lumière les défis auxquels nous faisons face dans des circonstances extrêmes. La question centrale devient alors : jusqu'où serions-nous prêts à aller pour protéger ceux que nous aimons ?

    Le genre me rappelle une série que je suis actuellement à savoir «Killing stalking» mais en version un peu moins trash. Cela part en tous les cas de la même combinaison dans le scénario. A croire que ce genre de thriller un peu malsain cartonne en ce moment.

    Graphiquement, le manga excelle dans la représentation de la violence des mouvements, ce qui contribue à plonger le lecteur dans une immersion totale. le dessin assez dynamique et expressif renforce l'intensité du récit et permet de ressentir les émotions des personnages de manière assez palpable.

    Pour conclure, ce premier tome s'avère assez prometteur et laisse entrevoir des développements intrigants pour la suite. Il réussit à aborder des thèmes lourds avec une sensibilité qui mérite d'être explorée davantage. Bref, c'est une lecture assez captivante qui ne manquera pas d'attirer son public mais attention quant à la moralité...

    Erik67 Le 04/01/2026 à 10:25:35

    J'adore ce que fait cet auteur à savoir Philippe Pelaez qui est à la fois professeur agrégé d'anglais et scénariste de bandes dessinées. Dernièrement ses histoires policières comme « Automne en baie de Somme » ou « Hiver à l'opéra » ont rencontré un beau succès parmi les lecteurs. Pour ma part, j'avais adoré « Dans l'ombre ».

    Je dois dire qu'on ne le retrouve pas forcément dans un genre différent car cela reste du polar avec une énigme policière mais c'est le traitement qui est assez original. En effet, on va suivre une petite fille campagnarde qui vit dans une ferme isolée et qui parle à un épouvantail dans un champ. Il y a certes un petit côté qui reflète la folie liée à la solitude mais surtout une incursion du fantastique.

    L'épouvantail est censé gardé un champs en faisant peur aux oiseaux mais pas que. Il est le reflet de nos peurs les plus sombres. Aussi, la relation avec cette petite fille sera parfois assez houleuse mais reviendra progressivement à quelque chose de plus apaisé. J'ai bien aimé les ressorts psychologiques qui se tissent jusqu'à un final assez magistral.

    Un mot tout de même sur la partie graphique en noir et blanc mais avec un rendu assez magnifique malgré un minimalisme de façade. Il y a des détails qui ne trompent pas.

    J'ai adoré cette BD par son côté assez sombre tout en restant assez optimiste surtout à la fin où tout se terminera pour le mieux même si les mamans ne reviennent pas toujours...

    Erik67 Le 03/01/2026 à 09:59:06

    Voici la 5ème adaptation du roman de Georges Orwell que je lis sur le format BD depuis ces dernières années. Là, cela commence à faire véritablement beaucoup !

    Le repreneur est un artiste tchéco-japonais à savoir Matyas Namai qui livre sa version de ce classique de référence qui a traversé les décennies tout en étant assez réaliste de la transformation des sociétés du monde.

    La démocratie est minoritaire sur la planète et beaucoup de gens vivent malheureusement sous des dictatures où ils ont des restrictions de libertés. On pense tout de suite à la Russie ou encore à la Chine sans parler de la Corée du Nord ou de l'Iran.

    Je suis quand même assez impressionné par cette adaptation qui insiste sur certains petits détails que je n'avais pas forcément vu dans les autres œuvres comme par exemple les bâtiments officiels tous plus gros les uns que les autres avec leur design assez austère et qui rappelle les immeubles soviétiques de la guerre froide.

    Un autre point concerne le vocabulaire qui tend à disparaître comme pour abêtir davantage une population galvanisée par la propagande officielle du régime.

    Un mot sur le graphisme pour dire qu'il est particulièrement soigné. Le visuel est impeccable ce qui contribue à une bonne fluidité de la lecture malgré le lots d'informations fournies.

    Certes, c'est peut-être une adaptation de plus mais celle-ci m'a bien plu dans la façon de faire passer le message. Il est vrai que l'horreur commence quand on essaye de vous inculquer une certaine manière de penser. D'ailleurs, le crime de penser est puni par la mort dans cette société totalitaire.

    Au final, une œuvre intemporelle qui n'a pas fini de faire parler d'elle.

    Erik67 Le 02/01/2026 à 08:48:21
    Pump - Tome 1 - Un si gentil garçon...

    Voici une histoire du Far West inspirée de celle du grand-père de Donald Trump, un jeune Bavarois qui émigra aux États-Unis à l'âge de 16 ans. Il s'installa dans une ville lors de la ruée vers l'or.

    Ce beau blond aux yeux bleus a su jouer de ses charmes pour prendre le contrôle d'une ville en un temps record. Il dirigea non seulement le saloon, mais aussi une maison close, afin de préserver la réputation de la ville en évitant que les femmes honnêtes, épouses et filles, soient dérangées.

    On réalise rapidement que la fortune de Trump ne repose pas uniquement sur le mensonge, mais aussi sur des activités peu reluisantes, à l’image de cet homme devenu président de la première puissance mondiale, qui a fricoté avec Jeffrey Epstein et son réseau de criminels sexuels. Bien sûr, il n’est pas le seul dans ce cas : un prince d’Angleterre vient d’être déchu de ses droits. Cependant, il faut croire qu’aux États-Unis, on aime les personnages pourris.

    Oui, Pump, ou Trump, n’est sans doute pas un garçon très innocents. Peu importe, cela plaît ! Déjà à l’époque, l’admiration pour un certain J.R. dans « Dallas » était présente. Le monde n’a pas vraiment changé.

    Côté dessin, le style réaliste que j’affectionne est particulièrement réussi, avec une belle précision dans le trait, notamment dans les décors de cette ville d’Arizona. Cela apporte une véritable fluidité et facilite la lecture.

    En résumé, l’histoire se termine sur un cliffhanger, et il me tarde de découvrir la suite. Cependant, on devine déjà qui sortira vainqueur à la fin. Comme dit la devise en fin d'album: « In Pump, we trust ! ».

    Erik67 Le 01/01/2026 à 09:13:39

    Visiblement, cette BD porte le titre de la chanson la plus importante du XXème siècle selon le Time Magazine. Inculte que je suis, je ne connais pas du tout cette chanson étant pourtant un grand amateur. Il est vrai que ce n'est sans doute pas le même registre puisqu'il s'agit d'une chanson de jazz chantée par Billie Holiday en 1939.

    En fait, cette chanson a été écrite en 1939 par Abel Meeropol, un enseignant juif de New York, qui a été profondément bouleversé par la violence raciste qu'il voyait dans le Sud. Il a écrit la poésie "Strange Fruit" et l'a mise en musique. La chanson a été popularisée par Billie Holiday lors de ses performances dans les clubs de jazz à New York, en particulier au Café Society.

    Elle est célèbre pour son message puissant contre le lynchage et le racisme systémique aux États-Unis. La chanson décrit de manière poétique mais choquante des corps de personnes noires pendues aux arbres, utilisant la métaphore du "fruit étrange" pour évoquer ces actes de violence raciste.

    La chanson a été reprise par de nombreux artistes comme Nina Simone, Joan Baez, et plus récemment, Billie Eilish. Elle reste un symbole fort du combat contre le racisme et pour les droits civiques. "Strange Fruit" est considérée comme l'une des premières chansons engagées dans le mouvement des droits civiques.

    Son contenu brutal et son ton poignant ont permis de sensibiliser le public à la brutalité du racisme et de la violence raciste. Elle demeure une œuvre emblématique de la protestation artistique contre l'injustice.

    Cette BD nous raconte non seulement l'histoire de son auteur Abel Meeropol mais également de celle qui l'a porté pour la première fois au chant Billie Holiday en imaginant une improbable rencontre des années après pour évoquer leur parcours respectif. Au-delà de la légende de cette chanson poignante, on se rend compte que celle-ci n'a pas qu'apporter du bonheur à ceux qui l'ont défendu dans un pays profondément divisé.

    Un mot sur le graphisme : il confère toute son élégance à cet univers jazz grâce à des traits et une colorisation soigneusement travaillés pour créer une atmosphère distinctive.

    C'est simple : j'ai adoré car tout est parfait dans la mise en scène. C'est réellement un sans faute. Je ne peux qu'accorder la note maximale qui est méritée. Je peux surtout vous la conseiller car sur le fond et la forme, c'est un must !

    Erik67 Le 31/12/2025 à 07:55:56
    Une enquête de l'inspecteur Valverde - Tome 1 - Caballero bueno

    Je n'ai pas simplement aimé, j'ai adoré ! Je connaissais déjà le travail de ces auteurs à travers la série « Björn », mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils s'aventurent sur des sentiers aussi fascinants.

    Cette fois, nous quittons les légendes nordiques pour plonger au début du XXe siècle sur l'île de Pâques. Au cœur de cette intrigue, nous suivons l'imposant inspecteur Valverde, qui est, parait-il, l'ami du président chilien de l'époque.

    L'île de Pâques, avec son isolement dans l'immensité de l'Océan Pacifique, est un lieu empreint de mystère. Elle abrite une civilisation qui a réussi à ériger d'énormes statues, véritables défis archéologiques qui continuent de fasciner.

    Depuis 1888, l'État chilien exerce son autorité sur l'île, maintenant les autochtones dans une situation précaire. Dans un acte de rébellion, ils décident de se venger en tuant un notable britannique, gestionnaire d'une compagnie d'élevage de moutons qui soutient leur communauté.

    Au début, je n'appréciais pas particulièrement l'inspecteur Valverde, cependant au fil du récit, j'ai fini par l'apprécier. Les personnages sont profondément travaillés sur le plan psychologique, offrant une richesse qui rend l'histoire d'autant plus captivante. Il faut savoir que la résolution de l'énigme policière ne sera pas vraiment l'élément central de ce récit car sa portée va bien au-delà. C'est franchement grandiose dans la mise en scène.

    Quant au graphisme, il est à couper le souffle. Les paysages de l'île de Pâques sont magnifiquement rendus, ajoutant une dimension visuelle qui sublime l'ensemble. Rien à redire de ce côté là !

    En résumé, je ne peux que recommander vivement cette BD. L'île de Pâques réserve encore bien des surprises !

    Erik67 Le 30/12/2025 à 09:07:45

    Oh, Lenny est une bande dessinée qui capture habilement les défis de la vie à travers le regard d’une jeune femme prénommée June et qui semble être en mal d'amour. L'auteur Aurélien Maury nous plonge en effet dans le quotidien de cette jeune femme qui se débat avec les complexités de la vie et des relations sentimentales ou professionnelles qui ne sont pas au beau fixe.

    Le récit se distingue par une certaine authenticité. June est un personnage dont les pensées et les émotions peuvent résonner avec ceux de nombreux jeunes lectrices. Sa quête d'acceptation et de compréhension est mise en lumière de manière touchante, abordant des thèmes universels tels que l’amour et la recherche de son épanouissement personnel. J'ai aimé également la montée en tension tout au long de ce récit.

    Les illustrations de Maury sont simples mais efficaces, avec un style ligne claire qui accentue l’aspect émotionnel des situations vécues par June. Les expressions des personnages sont bien rendues, transmettant une gamme de sentiments allant de l'apaisement à la mélancolie. Bien que le style graphique ne soit pas particulièrement innovant, il sert bien le récit, permettant aux lecteurs de se concentrer sur l’histoire et les thèmes abordés.

    L’intrigue évolue avec un rythme plutôt lent. Cependant, certains passages peuvent sembler un peu prévisibles, et l'exploration de certains thèmes aurait pu être approfondie de manière un peu plus efficace.

    Cela dit, je n'ai pas trop aimé le dénouement en queue de poisson. Même si on peut comprendre la position de June, cela ne méritait sans doute pas une telle vampirisation de son être par une infâme créature qui devait sans doute être une métaphore. Je ne sais pas si son compagnon méritait un tel traitement...

    En résumé, Oh, Lenny est une bande dessinée assez spéciale qui n'honore pas toutes ses promesses. C'est une œuvre qui mérite tout de même d’être découverte, en particulier pour ceux qui cherchent une lecture authentique sur les relations humaines.

    Erik67 Le 29/12/2025 à 06:20:35

    Depuis la femme à l'étoile, l'auteur Anthony Pastor continue sa quête de l'Ouest américain. On va suivre le jeune Billy qui vient de perdre sa mère lâchement assassinée. Il oscille entre deux pères au milieu d'une exploitation de bétail.

    Encore une fois, l'auteur réussit un tour de force à savoir nous faire croire en ses personnages car il développe réellement leur psychologie sans tour de passe-passe. C'est crédible et on entre plus facilement dans le récit ayant pour cadre le western. Cela reste un antique drame psychologique à la base. Le reste n'est que décorum !

    Graphiquement, c'est toujours aussi superbe car véritablement abouti que cela soit dans les décors de paysages grandioses ou dans les expressions des différents personnages. La colorisation est assez spéciale mais elle donne un très bon rendu.

    J'ai remarqué également que la narration se montre beaucoup plus discrète que dans ces œuvres antérieures ce qui n'est pas pour me déplaire. On laisse avancer l'intrigue sans être littéralement assommé.

    Au final, nous avons là un bon western mais on reste sur notre faim. Maintenant, je sais que l'auteur peut poursuivre sous un titre différent comme il en a l'habitude.

    Erik67 Le 28/12/2025 à 08:16:13
    Au bout du chemin - Tome 1 - Tome 1

    Nous avons un récit d'une rare maturité qui ne fera pas dans la joie et l’allégresse mais sans tomber non plus dans un côté trop larmoyant. On est clairement dans un registre assez dérangeant avec des thèmes forts et des personnages souffrant véritablement pour des raisons bien valables.

    Un jeune garçon qui vient de sortir de prison après avoir purgé sa peine pour avoir tué le professeur qui a violé sa jeune sœur est accueilli par sa mère qui est rongée par la culpabilité de ne pas su avoir protégé ses enfants.

    Oui, on nage en plein drame qui semble en faire des tonnes dans l'exagération. Il faudra bien s'accrocher car les choses vont un peu plus se compliquer avec l’émergence d'une jeune fille dans la famille déjà brisée.

    J'ai beaucoup aimé ce graphisme malgré un trait plutôt sombre et charbonneux qui donne une réelle impression de paysages hivernales assez mornes. Par ailleurs, le dessin rend assez bien l'expressivité des personnages.

    Pour le reste, on suivra ce récit sans perdre une miette car il faut dire qu'on est tout de suite pris dans la tension palpable de ce thriller psychologique qui s'annonce prometteur.

    Erik67 Le 26/12/2025 à 09:56:07
    300 jours avec toi - Tome 2 - Tome 2

    Je me suis rendu compte que j'avais déjà partagé mon avis sur le premier tome de cette série en 2023, mais je n'ai pas encore pris le temps de donner mon ressenti sur le second, qui vient clore ce manga court. L'un des points forts de cette œuvre est sen effet a concision : elle sait se développer sans s'étaler indéfiniment, ce qui est un véritable atout.

    Pour rappel, ce manga raconte une belle et poignante histoire d'amour, mais avec une dimension dramatique captivante. L'amour entre les protagonistes est tragiquement limité à 300 jours, en raison d'un coup du destin implacable. Ce concept soulève des questions essentielles sur le temps, la vie et l'amour.

    Ce deuxième tome, à la fois riche en émotions et en réflexions, nous plonge dans les derniers moments que notre héros doit encore passer avec sa bien-aimée. On ressent une véritable tension, mêlée à une douce mélancolie, alors qu'il doit apprendre à apprécier chaque instant malgré la fatalité qui pèse sur lui. La manière dont il choisit de disposer du temps qui lui reste pour vivre le plein amour est à la fois touchante et révélatrice de sa personnalité.

    Masaki Kiritomo réussit à capturer l'essence de cet amour éphémère avec des illustrations délicates qui renforcent l'impact émotionnel de l'histoire. Les personnages sont bien développés et leurs interactions sont à la fois sincères et profondément humaines.

    Bref, ce second tome de "300 jours avec toi" est une conclusion émotive à un manga qui mérite d'être découvert. Je recommande vivement cette lecture à ceux qui apprécient les récits d'amour authentiques, teintés de réalisme et de réflexions sur la nature éphémère de la vie. C'est une œuvre qui ne laisse pas indifférent et qui invite à une introspection sur nos propres relations et la valeur du temps. Le mot d'ordre : vivez pleinement !

    Erik67 Le 25/12/2025 à 09:16:59

    Nous suivons les aventures d'un bourreau, un dénommé Jack Gilet. Héritier d'une lignée de bourreau, Jack s'est spécialisé dans l'exécution des animaux.

    En effet, il faut savoir que les animaux sont également jugés par des tribunaux quand ils commettent de actes interdits par loi. La sentence est l'exécution capitale. Il faut bien un bourreau compatissant et Jack fait le job avec une certaine humanité.

    Au niveau de l'album, l'auteur va nous faire osciller entre le burlesque et l'humour de certaines situations mais également le tragique avec ces mises à mort ridicule qui arrache le cœur des propriétaires.

    C'est un récit qui poussera une réflexion sur la souffrance animale et mais également sur l'absurdité d'une telle pratique judiciaire qui n'a pas été exclusive qu'aux États-Unis mais également en Europe en des temps reculés. Pour certain, la loi est la loi et on ne s'embarrasse pas de certaines circonstances quand le mal est fait. Une truie par exemple ne doit pas dévorer un bébé.

    J'ai été littéralement bluffé par une telle qualité graphique avec des paysages de l'Ouest américain plus beau que nature et des personnages assez expressifs. L'auteur parvient à retranscrire avec talent toute la délicatesse de l'histoire dans ses planches.

    Quant au récit, il est plaisant à suivre Jack qui va faire des rencontres avec des personnages assez marquants que cela soit le petit garçon psychopathe, la jeune femme revancharde prêt à le tuer ou l'indien névrosé mais sage. J'ai beaucoup aimé la fin qui va dans le sens que l'on souhaitait.

    Au final, c'est une excellente BD à découvrir avec une histoire tout à fait originale !

    Erik67 Le 24/12/2025 à 10:22:43

    Le "Radeau de la Méduse" est une célèbre peinture réalisée par l'artiste français Théodore Géricault en 1818-1819. Elle représente un épisode tragique survenu en 1816, lorsque le navire français La Méduse a fait naufrage au large de la côte de l'Afrique de l'Ouest.

    Après le naufrage, un radeau de fortune, où environ 150 personnes étaient entassées, a dérivé pendant plusieurs jours dans des conditions extrêmement difficiles. Beaucoup de ces survivants ont succombé à la faim, à la soif, ou à la violence. La scène peinte par Géricault capture le désespoir, la lutte pour la survie, et la tragédie humaine de cet événement.

    L'œuvre est considérée comme un chef-d'œuvre du romantisme et est célèbre pour sa représentation dramatique et réaliste de la détresse humaine. Elle soulève également des questions sur la responsabilité, la justice et la condition humaine. La BD a véritablement réussit ce tour de passe-passe en restituant cette essence.

    Certains chercheurs ou historiens soulignent que la scène de Géricault ne montre pas tous les individus impliqués ou victimes, et que beaucoup sont restés dans l'ombre, comme les survivants anonymes ou les victimes oubliées de cette catastrophe. L'auteur s'est faufilé dans cette brèche pour nous raconter un drame sans précédent.

    Un mot sur le dessin de Gilles Cazaux avec un trait assez nerveux et expressif qui le caractérise. J'aime bien car cela colle à l'ambiance de cette tragédie. Les couleurs sont adaptés selon les scènes. On ne peut que tombe sous le charme !

    L'oubliée du Radeau de la Méduse est souvent considérée comme la figure de la jeune femme représentée dans la peinture de Géricault, qui a été victime ou témoin de la tragédie. C'est cette BD qui va réparer cette injustice en nous racontant sa singulière histoire car il ne faisait pas être bon une femme sur un navire, et encore moins sur un radeau en perdition !

    Au final, c'est un grand album que je suis heureux d'avoir découvert. J'ai bien aimé la fin où l'on enchaîne avec un autre tableau très célèbre qui va véritablement rendre hommage à cette oubliée du radeau de la méduse sous une autre forme qu'on imaginait pas.

    Erik67 Le 22/12/2025 à 09:40:53

    Comme le titre semble l'indiquer, "I'm Fine" est encore une BD qui aborde les problématiques climatiques, un sujet qui, il faut le reconnaître, ne manque pas d'originalité. Cependant, alors que notre planète brûle et que les signes d'une crise écologique se multiplient, il est crucial de continuer à s'intéresser à cette question. Cette BD arrive donc à un moment où elle est plus que jamais nécessaire. Visiblement, elle est un peu passée inaperçue au sein de ce présent site malgré sa sortie il y a plusieurs mois.

    Nous vivons à une époque où le président de la première puissance économique et pollueuse du monde déclare aux Nations-Unies que le réchauffement climatique est la plus grande arnaque de tous les temps. En France, comme le souligne l'auteur, le président Macron annonce une pause environnementale tout en décernant à Total, l'entreprise la plus polluante de notre pays, une légion d'honneur.

    Ce contraste frappant met en lumière la déconnexion entre les discours politiques et les actions concrètes qui devraient être entreprises. Oui, il ne suffit pas pour une entreprise de montrer qu'on peut boire son café équitable dans un gobelet en carton et sans paille pour dire qu'on est éco-responsable avec une belle image de marque. Le greenwashing a encore de beaux jours devant lui.

    Gaetan Gabrielle (qui vient de Dunkerque) réussit à mettre en exergue cette indifférence politique face à l'urgence climatique. À travers un récit accessible et engageant, il incite les lecteurs à réfléchir sur l'impact de leurs choix et l'importance de l'engagement collectif pour notre planète. La BD ne se contente pas de dresser un constat alarmant ; elle encourage également une prise de conscience et une mobilisation face aux enjeux environnementaux.

    Cependant, il faut savoir que ce sont des petits sketchs de quelques cases montrant du doigt ceux qui polluent la planète ou qui ne font rien pour les arrêter. Macron ne sera pas épargné mais cela ne sera pas le seul. Cette BD pourra un peu énerver ceux qui le soutiennent encore. Pour autant, même si c'est traité sur le ton de l'humour, il y a certains faits d'actualité récente qui sont sans appel.

    Le graphisme assez simpliste, à la fois percutant et évocateur, renforce le message de la BD. Les illustrations apportent une dimension visuelle qui capte l'attention et souligne l'urgence de la situation.

    En conclusion, "I'm Fine" est une œuvre assez sympathique qui interpelle et rappelle avec force l'importance de s'engager pour un avenir durable. Je recommande cette BD à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les défis actuels du changement climatique et qui cherchent à éveiller leur conscience sur ces questions cruciales. C'est un appel à l'action qui ne laisse pas indifférent et qui mérite d'être lu et partagé.

    Erik67 Le 21/12/2025 à 10:25:38

    J'ai énormément apprécié cette BD centrée sur le thème du vin, un sujet qui me passionne en tant qu'amateur et collectionneur des fameuses gouttes de Dieu. L'auteur français Corbeyran, connu pour sa série « Châteaux Bordeaux » qui connaît un grand succès depuis des années, signe ici un one-shot qui continue de mettre en lumière le monde de l'œnologie, semble-t-il très en vogue actuellement.

    Le dessin, bien qu'assez manga, possède une colorisation raffinée et un trait fin que je préfère particulièrement. Le rendu est tout simplement spectaculaire, notamment lorsqu'il s'agit de représenter les vignobles. La lecture en est d'autant plus agréable, notamment grâce à l'expressivité remarquable des personnages.

    Concernant l'intrigue, on suit un fils de milliardaire plutôt débonnaire, qui peut paraître caricatural, mais il faut reconnaître que les fils à papa sont souvent tels qu'ils sont décrits sans que cela soit méchant. Progressivement, on apprend à apprécier ce personnage immature, surtout lorsqu'il commence à prendre les choses au sérieux : que ce soit dans sa relation amoureuse avec l'œnologue de son vignoble en France ou dans sa découverte du vin. Le récit aborde également la quête de sens, le désir de ne plus faire honte à son père, et la recherche de sa propre voie.

    Il y a aussi un enjeu important autour de la production de bonnes bouteilles, qui ne doivent pas être déclassées par des critères stricts, notamment dans notre pays, tout en étant confronté à la problématique de l’expansion chinoise sur nos vignobles. On explore alors le côté chinois, avec une réflexion sur le racisme, qui, selon moi, n’a pas sa place dans cette situation. J’ai particulièrement apprécié une remarque d’un personnage suggérant que les Français pourraient être des escrocs raffinés, ce qui explique en partie la rigueur réglementaire excessive dans notre petit pays.

    En tant que juriste, je ne peux que confirmer qu’il existe effectivement une inflation législative et réglementaire qui dépasse souvent l’entendement. Récemment, une petite commune rurale près de chez moi a menacé les conducteurs d’une amende de 135 euros s’ils ne coupaient pas leur moteur à l’arrêt, au motif de pollution et de danger pour la santé. Le vin, quant à lui, semble échapper à ces préoccupations !

    Pour conclure, je recommande vivement la lecture de "Bordeaux Shanghai". Je regrette de ne pas l’avoir acheté, mais je n’ai malheureusement plus de place dans ma bibliothèque personnelle.

    Erik67 Le 20/12/2025 à 09:02:13

    Nous retrouvons ici les fameux auteurs de la BD « Algues vertes » qui m'avait beaucoup marqué sur ce scandale qui touchait la plupart des plages de notre littoral. Il s'agissait d'une enquête assez approfondie qui ne manquait pas d'arguments assez percutants. Inès Léraud et Pierre Van Hove avait réalisé un travail d'enquêteur tout à fait remarquable.

    Ils reviennent plusieurs années après avec "Champs de bataille" qui aborde une thématique complexe et souvent négligée à savoir le remembrement. Il s'agit du combat mené par les petits agriculteurs contre un système en pleine mutation. Ici, les champs de bataille ne se trouvent pas sur le front de guerre traditionnel, mais plutôt dans les champs labourés où se déroule une lutte farouche contre les conséquences du remembrement.

    Le concept de remembrement, bien qu'essentiel à la modernisation de l'agriculture, est peu documenté dans notre histoire collective. Cette politique, mise en place après la Seconde Guerre Mondiale, a redessiné les terres agricoles françaises pour favoriser l'agriculture intensive.

    En regroupant les parcelles, en rendant les champs accessibles aux machines et en éradiquant haies et talus, l'État a façonné le paysage rural au détriment de nombreux petits agriculteurs qui ont été les gros perdants. Beaucoup ont perdu la vie en se suicidant.

    Cette BD met en lumière les perdants de cette réorganisation, ainsi que ceux qui, par leur résistance, tentent de préserver un lien authentique avec la terre. Elle dénonce les conséquences écologiques, sanitaires et sociales de cette politique qui, au nom de la productivité, a souvent oublié l'humain.

    Graphiquement, le style est davantage illustratif, avec un trait austère qui, malgré des couleurs présentes, renforce l'ambiance sérieuse du récit. Cette approche visuelle, bien que moins flamboyante, sert quand même l'impact du message à faire passer.

    Au final, j'ai bien aimé cette BD reportage très instructive qui offre, encore une fois, une réflexion poignante sur l'évolution des campagnes françaises et les sacrifices faits au nom de l'agriculture productiviste. Une lecture qui mérite d'être explorée pour mieux comprendre les enjeux contemporains liés à notre rapport à la terre.

    Erik67 Le 19/12/2025 à 09:01:55

    Il est vrai que la série manga « Arte » s'est terminée plutôt joyeusement avec les retrouvailles tant attendues entre le maître et l'élève au sortir d'une guerre dévastatrice.

    Nous avons encore droit à un tome bonus qui vient clore dignement cette saga. C'est un peu à la mode sur certaines séries de manga qui ont particulièrement bien marché. Je me rappelle de tel album bonus sur « les gouttes de Dieu » , « Death Note » ou encore « Vinland Saga ». Quelque part si vous suivre une série, vous avez envie de la compléter au maximum, non ? C'est en tous les cas ma démarche qui favorise le commerce autour d'un succès.

    Maintenant il y a des bonus qui apportent réellement quelque chose de plus en complément du long récit s'étalant sur une vingtaine de tomes. Visiblement nous aurons droit, tout à la fin, à une sorte de préquelle intitulée « la fille de l'atelier » qui avait inspiré par la suite notre auteure Kei Ohkubo par rapport à sa série mère « Arte ». Bref, on va remonter à l'origine du projet. On s'aperçoit néanmoins que ce n'était pas trop abouti, non pas dans le dessin mais dans un scénario plutôt maladroit sur l'égalité homme-femme qui ne doit pas passer selon moi par une paire de gifle. A lire pour comprendre !

    Il n'y aura pas que cette nouvelle mais 4 autres qui viendront former ce recueil d'histoire courte qui reflètent tout le talent de la mangaka. La première intitulée « la mariée du dragon » ne m'a pas du tout convaincu bien au contraire car c'est de l'heroïc fantasy assez niaise dans son développement avec tous les poncifs du genre manga. Désolé de le dire ainsi mais bon. La seconde nouvelle n'est pas mieux sur le marteau.

    On se dit qu'elle a bien fait de ne pas le publier avant tant cela entacherait sa bonne réputation. A force de fouiller les tiroirs à des fins mercantilistes, on peut produire ce qui devrait pas.

    Fort heureusement, les 3 dernières nouvelles vont en graduation pour relever le niveau car on sent alors la prédilection pour la période du moyen-Age et de la Renaissance italienne. Bref, on se rapproche un peu plus du chef d’œuvre qu'est « Arte ».

    Erik67 Le 18/12/2025 à 07:43:41
    Absolute Batman - Tome 1 - Le Zoo

    Passer d’un roman graphique sérieux à un manga ou un Batman, c’est comme changer de chaîne sans perdre le fil… facile et sans effort !

    Ce n’est sans doute pas le meilleur titre de la série des Batman, mais il mérite néanmoins d’être exploré. Scott Snyder nous plonge dans un univers où la violence a pris le contrôle des rues de Gotham, et sa vision, bien que parfois radicale et réellement poussive dans la violence, parvient à capturer l’essence d’une ville en perdition.

    L’une des forces de ce récit réside dans sa réinterprétation du personnage de Bruce Wayne. Plutôt que le richissime héritier que l’on connaît, Snyder nous présente un homme issu d’un milieu modeste, fils d’un enseignant et d’une assistante sociale. Ce choix audacieux ouvre la porte à une exploration plus profonde des traumatismes qui façonnent Batman. Ce Bruce Wayne, fauché et ingénieur en urbanisme, incarne un idéal différent, mais tout aussi déterminé à nettoyer Gotham de sa criminalité.

    Graphiquement, Absolute Batman est un véritable régal pour les yeux. Nick Dragotta livre un travail remarquable, avec un trait maîtrisé et un découpage dynamique qui mettent en valeur l’intensité de l’histoire. Les planches sont visuellement frappantes, alliant beauté et puissance. L’aspect plus violent du Batman de Snyder se reflète aussi dans le chara-design, apportant une nouvelle dimension au personnage et à son univers. C’est un plaisir de voir à quel point cet univers graphique enrichit la narration.

    Cependant, malgré ces atouts, certaines idées peuvent sembler saugrenues, et la radicalité de l'approche, bien que captivante, peut parfois donner l’impression d’être excessive. La violence omniprésente, bien qu’efficace pour établir l’atmosphère, peut également être un peu écrasante, risquant de détourner l’attention de l’intrigue principale. C'est l'aspect que j'ai le moins aimé car j'ai très vite été dissipé par les méandres du scénario.

    Bref, c'est une œuvre qui, malgré ses défauts, réussit à offrir une vision originale et percutante du Chevalier Noir. La combinaison d’une narration audacieuse et d’un beau graphisme en fait une lecture incontournable pour les amateurs de comics, même si elle ne rivalise pas avec les sommets de la série. Snyder réussit à redéfinir le mythe de Batman, et c'est là que réside tout l'intérêt de cette version.

    Erik67 Le 17/12/2025 à 06:56:04

    Oui, un accident majeur est malheureusement toujours possible où que l'on soit dans le monde. Après, il y a toujours de gens qui sont là pour nous dire qu’on aurait pu l'éviter comme si les pouvoirs publiques ne faisaient pas le maximum en termes de sécurité !

    Ici, c'est pour se concentrer sur le fait que notre pays est le plus nucléarisé au monde depuis le choc pétrolier des années 70 où nos gouvernements ont fait le choix du tout nucléaire afin de ne pas dépendre du pétrole des pays arabes et assurer ainsi leur indépendance énergétique pour produire 75% de notre électricité.

    L'auteur imagine alors une catastrophe qui pourrait se produire en versant dans le catastrophisme inspiré de Tchernobyl et Fukushima. Il faut avoir du recul pour se dire que ce sont sans doute des oiseaux de mauvais augure et que la vigilance des responsables de cette énergie permettra d'éviter un accident majeur.

    Maintenant, on sait que les chantres que l'on n'écoute pas et qui prévoient des requins sur nos plages ont peut-être raison dans le fond. C'est tout le débat sur le danger du nucléaire et de la désinformation pour nous vendre une énergie propre et totalement maîtrisée. On aimerait y croire sincèrement mais il y a sans doute une différence avec la réalité dans un monde changeant en termes de catastrophe climatique.

    Sur la forme, cette BD ne paye pas trop de mine faute à un dessin assez minimaliste et une présentation beaucoup trop simpliste. Les couleurs sont fades. Je pense que tout est dirigé pour nous présenter l'action. C'est dommage mais ce n'est pas à la portée de tous de savoir bien dessiner.

    Evidemment, c'est le fond qui rattrape tout avec une thématique à la mode et qui divise singulièrement l'opinion publique. Il faut la lire car c'est intéressant et cela nous met en garde pour l'avenir surtout dans notre pays où le parc nucléaire commence sérieusement à vieillir.

    Erik67 Le 16/12/2025 à 07:46:53

    Cette dernière BD signée par Chabouté, aurait pu nous plonger au cœur des paysages majestueux de l'Alaska. Ce ne fut pas le cas car certaines compagnies de voyages peuvent vous vendre un voyage puis faire faillite en même temps que le transporteur. C'est ce qui arrive à notre malheureux principal protagoniste qui s'est tellement isolé qu'il ne connaît même pas sa propre rue. Alors, aller en Alaska, cela représentait une espèce de rêve presque inaccessible !

    En guise d'Alaska, il va plutôt découvrir sa propre rue en allant s'installer dans l'hôtel d'en face de chez lui. Oui, c'est assez peu commun comme démarche. Cependant, on va vite découvrir où notre auteur voulait en venir. Pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour s'enrichir de connaissance du monde qui nous entoure.

    Chabouté réussit à capturer cette dualité avec une finesse remarquable, et chaque case est un tableau qui évoque à la fois la grandeur et la fragilité de l’existence. En effet, son graphisme est à la fois délicat et puissant. L’utilisation de l’espace et des ombres en noir et blanc contribue à créer une atmosphère immersive. J'ai bien aimé également les petites touches de couleur qui vont apparaître progressivement à la fin de ce récit presque initiatique.

    Cette œuvre aborde des thèmes profonds tels que la solitude ou le rapport social avec les autres sans jamais tomber dans le mélodrame. L'auteur parvient à évoquer des sentiments universels tout en nous transportant dans un cadre unique et inspirant.

    J'ai beaucoup aimé cette conclusion avec le petit mot laissé par l'hôtelière qui parvient à observer et à comprendre la démarche étrange de notre héros, un peu comme nous lecteur. Une lecture incontournable à découvrir et partager !

    Erik67 Le 15/12/2025 à 10:29:00
    La trilogie berlinoise - Tome 2 - La pâle figure

    Je poursuis l’enquête dans ce second tome de la "Trilogie berlinoise", qui s’avère riche en rebondissements et en tension.

    Curieusement, j’ai préféré cette intrigue à la première, car elle porte une véritable dimension historique, notamment à travers la dénonciation de la stigmatisation d’une classe de population destinée à être éliminée. L’atmosphère d’horreur qui règne en 1938, alors qu’Hitler multiplie les provocations face aux Alliés pour s’emparer de nouveaux territoires en Europe après l’Autriche, donne tout son relief à cette toile de fond.

    L’enquêteur, Bernie Gunther, revient avec son charisme atypique, oscillant entre cynisme et humanité. De simple détective, il se retrouve bientôt sous l’autorité des puissantes factions nazies, dont certaines se déchirent pour le pouvoir. Tout commence par une affaire de chantage apparemment banale, mais qui se mue rapidement en un complot impliquant même des dignitaires nazis.

    Ce qui me plaît particulièrement chez Bernie Gunther, c’est sa personnalité singulière : il possède le charisme et les faiblesses d’un homme en prise avec un régime oppressant. Désabusé mais lucide, il parvient à survivre dans cet univers de violence et de trahisons en jouant habilement avec les codes du régime. Dans un monde qui se déchire, il faut savoir jouer avec ses propres règles pour survivre.

    Je ne peux que souligner que cette BD est une œuvre d’une grande qualité, véritablement captivante. Elle s’impose comme l’une des meilleures séries du moment, à la fois par la profondeur de son contexte historique et par la finesse de son récit.

    Erik67 Le 14/12/2025 à 08:02:10
    La trilogie berlinoise - Tome 1 - L'été de cristal

    Cette série nous entraîne dans l’Allemagne de 1936 alors dominée par le parti national-socialisme avec Hitler comme chancelier. On se situe en pleine période des jeux olympiques qui devaient être le reflet publicitaire de la grande Allemagne.

    Nous suivons surtout un détective privé spécialisé dans les disparitions qui étaient malheureusement très répandues en ces temps troublés. On sent la préparation à la guerre et l'épuration ethnique qui commence malheureusement en s'attaquant aux juifs et aux homosexuels.

    Je n'avais encore jamais lu une BD à la fois historique mais qui se présente comme une enquête policière avec tous les codes du genre. Il est vrai que la toile de fond est quand même très particulière.

    On se rend compte qu'il y a différentes factions qui luttent pour le pouvoir en interne et qu'on peut très vite disparaître même si on a la foi en Hitler. Notre détective ne goûte guère à cette idéologie nauséabonde et toute la difficulté est de voir comment il parvient malgré tout à progresser dans son enquête en déjouant les pièges tendues par exemple par la Gestapo.

    C'est vrai que c'est très dense et particulièrement bavard mais ce n'est pas pour ne rien dire. J'ai vraiment apprécié cette immersion totale dans le 3ème Reich avec cette singularité du polar.

    Je ne peux que recommander cette adaptation en BD du chef d’œuvre de Philip Kerr. Je tiens également à remercier mon collègue Antoine qui m'a gentiment prêté cette BD dans l'espoir qu'elle me plaise ce qui n'est jamais évident. Le voilà rassuré !

    Erik67 Le 13/12/2025 à 17:27:38

    Voici une BD que je me suis achetée directement, qui surfe sur le succès des « Guerres de Lucas » en dévoilant les coulisses d'un célèbre film. Il s'agit bien évidemment des Dents de la mer, réalisé par le jeune Steven Spielberg, un ami de George Lucas.

    Le tournage a eu lieu durant l'été 1974, alors que le film est sorti en 1975 c'est à dire il y a 50 ans ! Il est souvent considéré comme le premier blockbuster moderne, marquant le début de l'ère du marketing massif autour des films.

    Le film est basé sur le roman éponyme de Peter Benchley, publié peu de temps auparavant. La production a rapidement commencé après le succès du livre. Elle a rencontré de nombreux problèmes, notamment des défaillances techniques avec le célèbre requin mécanique, surnommé "Bruce". Ces soucis ont entraîné des retards et des dépassements de budget.

    Spielberg a aussi dû faire face à des conditions météorologiques difficiles et à des problèmes avec la mer. Bref, cette BD détaille toutes ces difficultés rencontrées, ce qui permet de mieux comprendre les coulisses de ce tournage.

    En ce qui concerne le dessin, il est particulièrement expressif et dynamique, ce qui donne vie à chaque scène. Les illustrations capturent bien l'atmosphère de tension et de chaos sur le plateau, tout en rendant hommage à l'époque et à l'esprit du film. Les couleurs ainsi que les traits précis renforcent l'impact visuel, rendant cette BD non seulement informative mais aussi agréable à lire.

    Spielberg a innové avec ses techniques de tension et de suspense, notamment en montrant le requin rarement à l'écran pour augmenter la peur. le montage, la musique composée par John Williams et la mise en scène ont tous contribué à créer une atmosphère de suspense intense.

    J'ai bien aimé l'anecdote où par deux fois, le jeune Spielberg s'est fait chasser d'un plateau de tournage pour un film réalisé par le Maître Hitchcock. Ce dernier n'est pas présenté sous son meilleur jour le plus sympathique.

    Le film a été un énorme succès commercial et critique, relançant la carrière de Spielberg et établissant de nouvelles normes dans l'industrie cinématographique. Encore une fois, c'est dans la douleur qu'on peut accoucher des meilleures choses !

    Je ne peux que conseiller la lecture des mâchoires de la peur. Enfin, si vous aimez les dents qui grincent, c'est le livre parfait pour mordiller… euh, je voulais dire, pour se faire mordiller !

    Erik67 Le 12/12/2025 à 15:12:05

    "La Vie secrète des arbres", adaptée de l'œuvre de Peter Wohlleben, nous invite à plonger dans un univers fascinant où les arbres, bien plus que de simples éléments du paysage, révèlent leurs secrets insoupçonnés. Cette BD, réalisée avec soin, mêle habilement information et illustration, créant une expérience immersive qui capte l'attention dès les premières pages tant le sujet sur les arbres peut s'avérer assez passionnant pour un néophyte.

    L'originalité de cette œuvre réside dans sa capacité à faire passer un message écologique puissant tout en rendant accessible des concepts pourtant assez complexes. À travers un récit fluide et engageant, nous découvrons comment les arbres communiquent, interagissent et s'entraident, révélant ainsi un véritable réseau social souterrain. L'art de l'auteur, aux traits délicats et colorés, donne vie à ces géants silencieux, tout en accentuant le lien émotionnel que nous pouvons éprouver envers la nature.

    Ce qui me frappe particulièrement, c'est la manière dont la BD parvient à éveiller notre curiosité et à susciter une réflexion sur notre rapport à l'environnement. En montrant les arbres comme des êtres vivants à part entière, elle nous rappelle l'importance de leur protection et de la préservation des écosystèmes.

    Cependant, certains pourraient arguer que le format BD, bien que visuellement attrayant, peut parfois simplifier des enjeux plus profonds. Néanmoins, je pense que cet aspect contribue à rendre le sujet accessible à un large public, y compris aux plus jeunes, qui sont souvent la clé du changement à venir.

    Au final, c'est une œuvre qui mérite d’être lue et partagée. Elle offre une belle introduction aux merveilles du monde naturel tout en incitant à une prise de conscience collective. Un coup de cœur pour les amoureux de la nature et les curieux en quête de connaissances !

    Erik67 Le 11/12/2025 à 07:45:46
    Electric Miles - Tome 1 - Wilbur

    "Electric Miles" nous transporte à Los Angeles en 1949, où l’ombre du passé et les rêves inachevés se mêlent dans un polar captivant. Fabien Nury, accompagné des magnifiques illustrations de Brüno, nous offre une œuvre qui oscille entre le roman noir et l’odyssée mystique, créant une atmosphère à la fois envoûtante et déroutante.

    L’intrigue débute avec un agent littéraire idéaliste Morris Millman, dont les idéaux se heurtent à la réalité cynique du monde de l’édition. Sa rencontre avec un écrivain oublié, Wilbur H. Arbogast, hanté par sa propre disparition, donne naissance à une dynamique fascinante.

    Le scénariste Fabien Nury réussit à explorer les thèmes de l’oubli et de la quête d’identité à travers des dialogues percutants et une narration qui maintient le lecteur en haleine. J'ai rarement ressenti une telle intensité grâce à une mise en scène quasi parfaite qui fait monter la tension en crescendo.

    Les personnages sont finement construits, et leurs luttes internes résonnent profondément. L’écrivain, en particulier, incarne cette lutte contre l’effritement du soi et les souvenirs qui s’estompent. Leurs échanges sont imprégnés d’une mélancolie palpable, et chaque page nous plonge un peu plus dans leur univers complexe.

    Le graphisme de Brüno apporte une dimension supplémentaire à cette œuvre. Son style, à la fois élégant et dynamique, capture parfaitement l’essence du Los Angeles d’après-guerre, tout en permettant aux visions hallucinées d’émerger avec puissance. Les jeux d’ombres et de lumières initiée par la coloriste Laurence Croix ajoutent une profondeur visuelle qui renforce le mystère et l’intensité de l’intrigue.

    C'est une expérience de lecture qui va au-delà du simple polar. C’est une exploration des méandres de la mémoire et de l’art, où le réel vacille sous le poids des visions. Nury et Brüno réussissent à créer une œuvre qui interpelle, mêlant habilement suspense et introspection.

    En conclusion, cette bande dessinée est un incontournable pour les amateurs de polar et de récits introspectifs. Cette BD ne se contente pas de raconter une histoire : non! Il invite véritablement le lecteur à s’interroger sur la nature de l’existence et la façon dont nos propres histoires se tissent dans le grand récit de la vie. C'est un véritable coup de cœur en ce qui me concerne ! Je vous invite à partager cette expérience unique.

    Erik67 Le 10/12/2025 à 06:54:03

    Voici un comics signé par Clay McLeod Chapman qui nous plonge dans un univers post-apocalyptique désespérant, où la chute de l'humanité est à la fois un souvenir lointain et une réalité palpable. Situé 1000 ans après cette catastrophe, le récit explore les conséquences de nos choix passés et les luttes des entités survivantes dans un monde profondément transformé.

    L'intrigue nous entraîne dans les méandres d'un petit groupe qui tente de se reconstruire, jonglant entre espoir et désespoir. Nous découvrons un monde où la nature a repris ses droits, mais où l'humanité doit faire face à ses propres démons, qu'ils soient internes ou externes. C'est d'ailleurs assez intéressant de découvrir comment des expériences hasardeuses mêlant des nanos-technologies pourrait détruire toute vie sur terre. Il faut dire que j'en avais pas vraiment conscience.

    Le graphisme est à la fois coloré et évocateur. Les illustrations, riches en détails, capturent la désolation d'un monde ravagé tout en mettant en lumière la résilience des deux personnages principaux. Les jeux d'ombres et de lumière accentuent l'intensité des scènes, renforçant l'atmosphère sombre et pesante qui enveloppe cette œuvre.

    Ce qui rend cette œuvre particulièrement captivante, c'est sa capacité à poser des questions profondes sur la nature humaine et notre rapport à l'environnement. Les auteurs ne se contentent pas de dépeindre une dystopie il nous confronte à nos choix actuels et à leurs implications futures. Cela pousse le lecteur à réfléchir sur le sens de l'humanité et la possibilité d'une rédemption malgré tout.

    Au final, c'est une œuvre puissante qui incite à la réflexion. À découvrir pour tous ceux qui s'intéressent aux thèmes de la survie et de la résilience dans un monde en ruine. Un véritable coup de cœur pour les amateurs de récits dystopiques !

    Erik67 Le 09/12/2025 à 07:52:25

    "Huis Clos", la dernière œuvre de Naomi Reboul parue en avril 2025, nous plonge dans l'univers de Lukas, un étudiant en art venu en Australie, qui décide d'entreprendre un voyage le long de la côte de ce pays qui constitue la plus grande île du monde. Ce périple, motivé par le besoin de prendre du recul avant son examen final, s'avère être bien plus qu'une simple escapade : c'est une véritable quête introspective s'appuyant sur un terrible drame de jeunesse.

    L'auteure réussit à capturer la beauté et la diversité des paysages australiens tout en explorant les pensées et les émotions de son protagoniste. À travers ce voyage, l'étudiant se confronte à ses incertitudes, ses rêves et ses aspirations artistiques. Ce mélange de découverte personnelle et d'exploration géographique crée une atmosphère riche et immersive, invitant le lecteur à réfléchir sur sa propre vie et ses choix.

    Evidemment, c'est la rencontre avec Paul, un jeune de son âge un peu bohême qui va être déterminante. C'est comme si la solitude rencontrait une espèce d'âme sœur également en perdition.

    Le graphisme de Naomi Reboul est à la fois délicat et évocateur, rendant hommage aux paysages majestueux tout en mettant en lumière les réflexions intérieures de son personnage. Les cases se succèdent avec une certaine fluidité, permettant une lecture agréable et engageante.

    Je dois dire que j'avais découvert il y a quelques années l'auteure à travers «Love me» qui m'avait déjà marqué par sa grande maturité avec son côté intimiste. Visiblement, c'est de mieux en mieux. Je ferai un peu plus attention à la parution d'une nouvelle œuvre car cela vaut le coup de lecture.

    Bref, "Huis Clos" est une BD qui allie art de la photographie et introspection, offrant une réflexion sur le cheminement personnel et les défis de la jeunesse. Je recommande cette œuvre à tous ceux qui cherchent une lecture à la fois esthétique et émotive, capable de résonner au-delà des pages. C'est une belle invitation à prendre le temps de se connaître soi-même, tout en découvrant les merveilles du monde qui nous entoure.

    Erik67 Le 08/12/2025 à 08:03:39

    Voici une œuvre un peu dérangeante et militante qui nous plonge dans l’univers d’une jeune femme passionnée par la photographie, véritable art qu’elle utilise pour réinventer et façonner le monde qui l’entoure. À travers son objectif, Aïda cherche non seulement à capturer des images, mais aussi à exprimer ses émotions et ses aspirations dans un univers qui lui semble souvent étouffant.

    L’histoire commence alors que notre héroïne se sent piégée par une mère surprotectrice et des amis superficiels, qui freinent son épanouissement et limitent sa créativité. Ce cadre pesant la pousse à un tournant décisif de sa vie, où elle se retrouve au bord d’une rupture psychologique. Ce moment de crise est brillamment illustré par les émotions tourmentées de cette jeune femme, qui résonnent avec celles de nombreux jeunes adultes d’aujourd’hui.

    La rencontre avec The Virus, un collectif artistique novateur, agit comme un catalyseur pour Aïda. Ce groupe représente non seulement une nouvelle façon d’appréhender l’art, mais aussi l’opportunité de se reconnecter avec elle-même et de redécouvrir son potentiel créatif. The Virus symbolise une forme de rébellion contre les normes établies, lui offrant l’antidote dont elle a tant besoin pour s’émanciper.

    À travers le parcours d’Aïda, l’œuvre dépeint de manière poignante une génération immergée dans un monde numérique, où l’art et la créativité se heurtent aux attentes et aux pressions sociales. L’auteur Sergio Gerasi réussit à poser un regard critique sur notre société actuelle, mettant en lumière les défis auxquels font face les jeunes, tout en soulignant l’importance de l’art comme outil d'éveil des consciences et de libération personnelle.

    Les illustrations accompagnent parfaitement le récit, avec un style visuel qui reflète l’intensité des émotions d’Aïda. Les couleurs vibrantes et les compositions dynamiques attirent le lecteur dans son voyage intérieur, enrichissant l'expérience narrative.

    En somme, Aïda est une BD qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais qui invite à une réflexion profonde sur la créativité, l’identité et l’importance de l’art dans notre vie quotidienne et surtout à une révolution dans les mentalités.

    Une œuvre touchante et inspirante qui saura toucher le cœur de nombreux lecteurs et c'est dans l'esprit d'un certain «Fight Club» mais au féminin.

    Erik67 Le 07/12/2025 à 08:46:50

    Voici un roman graphique qui retrace la vie de passion et de combat d’une océanographe pionnière de l’écologie à savoir Anita Conti.

    En effet, dès les années 30, elle lance l’alerte sur les dangers de la pollution des mers et de la surpêche. On peut affirmer qu'elle a été l'une des premières écologiste au monde à alerter sur certains dangers qui ont pris d'énormes propositions près d'un siècle plus tard. On ne peut qu'être admiratif devant ce regard visionnaire de l'évolution de notre monde.

    C'est une femme qui est issue de la grande bourgeoisie et qui va trouver son passe-temps dans ce combat afin de se démarquer de son milieu. Elle ne s'est jamais souciée de bien gagner sa vie au point de terminer son existence en ne touchant aucune retraite et n'étant pas inscrit non plus à la Sécurité Sociale.

    Il est vrai qu'elle est beaucoup moins connue que le Commandant Cousteau qui a fait progresser la cause océanographique. L'heure est désormais au biographie qui rétablisse le rôle des femmes comme pour réparer un injuste oubli. Cependant, cette BD ne les oppose pas du tout bien au contraire car c'est de leur collaboration mutuelle que progressera la cause.

    Je retiens l'idée de penser différemment sur le non gaspillage des ressources alimentaires et sur le fait de pratiquer une sorte de culture des poissons dans des fermes aquacoles afin de nourrir la population. C'est véritablement le grand combat de sa vie depuis a première mission qui consistait à ramener du poisson en quantité face à la famine qui sévissait dans notre pays durant la Seconde Guerre Mondiale.

    Au final, j'ai bien aimé cette biographie sur celle qu'on a surnommée la « Dame des mers ». C'est à découvrir !

    Erik67 Le 06/12/2025 à 08:34:14
    La fin du système... - Tome 2 - Tome 2

    Souvent quand je commence un titre de manga, je ne poursuis que rarement jusqu'au bout. La raison est simple : je n'ai plus trop de temps à m'investir dans des œuvres interminables qui multiplient les tomes à n'en plus finir. Il faut vraiment que le sujet en vaille la peine comme la fin du système.

    Cependant, le titre est un peu trompeur car ce n'est pas un manga révolutionnaire qui va bouleverser l’ordre établi. C'est un peu comme une tempête dans un verre d'eau alors qu'il s'agit tout simplement de mettre fin à un système mafieux de gens mal intentionnés qui utilisent le capitalisme par cupidité en faisant de pauvres victimes.

    L'auteur nous plonge littéralement dans un cours mêlant la politique et l'économie pour dénoncer un système qui profite aux puissants de ce monde. Le scénario est si entraînant car bien ficelé. Le lecteur est littéralement aspiré par ce récit de façon assez jubilatoire d'autant que le graphisme est plutôt agréable dans sa simplicité du trait.

    En effet, notre héros décident de retourner les armes contre ceux qui sont à l'origine de l’appauvrissement des autres. Il va s'attaquer à un homme à l'origine d'un système pyramidale de style MLM (multi-level marketing) pour s'apercevoir qu'il n'était qu'un rouage victime d'un autre encore plus vaste.

    J'ai trouvé la démonstration assez complète et menée de façon magistrale et convaincante. Pour ma part, je ne tomberais jamais dans le piège mais il faudrait le diffuser à des jeunes croyant à l'argent facile sans se rendre compte qu'ils se feront plumer à leur tour.

    Oui, pour aboutir à la fin du système, il y aura encore beaucoup de boulot à accomplir !

    Erik67 Le 05/12/2025 à 06:53:24
    Les 5 Terres - Tome 16 - « Nulle part où aller »

    "Les 5 terres" est sans doute l'une des séries les plus ambitieuses de ces dernières années, se plaçant dans la même veine que le cultissime "Game of Thrones". Ce tome 16 nous plonge en pleine troisième saison, autour du formidable monde des ours, qui se lancent dans la conquête d'Angléon. Un défi de taille, qui promet des aventures épiques !

    Le scénario est toujours aussi soigneusement élaboré. Je regrette simplement l'absence de rebondissements majeurs comme on pouvait le constater dans le premier cycle. Il y a certes toujours un événement dans chaque tome comme la mort brutal d'un personnage. Cela relance ainsi le suspense et l'intérêt du lecteur.

    L'univers d'Arnor se révèle fascinant, riche en détails et en intrigues, et nous y découvrons des dynamiques complexes entre les différentes factions. Il y a beaucoup de dialogues entre soldats afin de comprendre les enjeux. Cependant, ce qui fascine vraiment, c'est la manœuvre de la reine des félins vis à vis du futur héritier des ours.

    Le graphisme est également exceptionnel. Les décors sont méticuleusement travaillés, créant une atmosphère immersive, tandis que les personnages anthropomorphes sont dessinés avec une grande précision, ce qui les rend à la fois vivants et attachants. La qualité artistique de cette série est un véritable atout, et il n’y a aucune baisse de régime en vue de ce côté là.

    Pour conclure, ce dernier tome continue de captiver et d'émerveiller par sa narration riche et son graphisme de haute volée. C'est une lecture essentielle pour les amateurs de fantasy qui recherchent une aventure épique et un monde complexe à explorer. Je recommande vivement cette série pour sa qualité .

    Erik67 Le 04/12/2025 à 07:47:47

    J'avais déjà entendu parler du syndrome de Stockholm, mais je n'avais jamais été exposé au concept de "syndrome Italie". Il semble que chaque pays ait ses propres spécificités et défis, et cette bande dessinée met en lumière un phénomène peu connu, mais profondément touchant.

    Une nouvelle expression a fait son apparition dans la presse roumaine : le « syndrome Italie ». Ce terme décrit une forme particulière de dépression qui touche les femmes d'Europe de l'Est parties travailler comme aides à domicile dans des pays d'Europe de l'Ouest, avec l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne en tête. À travers ce récit, l'auteur nous invite à examiner la réalité de ces femmes qui, en quête d'une vie meilleure, se retrouvent souvent confrontées à un isolement émotionnel et à une situation précaire. Nous suivons le parcours d'une femme qui abandonne ses enfants en partant seule en Italie pour gagner de l'argent et le renvoyer au pays.

    Il est facile de penser que ces femmes pourraient simplement choisir de rester dans leur pays d'origine pour éviter de telles désagréments, mais la réalité est souvent plus complexe. Les raisons qui les poussent à migrer sont variées et parfois tragiques. Cette bande dessinée nous aide à comprendre leurs luttes et les sacrifices qu'elles font, tout en révélant les nuances de la vie des immigrés dans un contexte souvent méconnu.

    Le récit est certes à la fois instructif et poignant, porté par un dessin assez simple, mais finalement agréable. Ce style graphique, loin d'être superflu, renforce l'impact émotionnel de l'histoire et permet au lecteur de se concentrer sur les expériences du personnage principale à savoir une femme roumaine.

    Au final, c'est une lecture enrichissante qui ouvre les yeux sur des réalités parfois ignorées. Je recommande cette BD à tous ceux qui s'intéressent aux thématiques de l'immigration, de la condition féminine et des défis contemporains auxquels font face les femmes d'Europe de l'Est.

    A noter que l'auteure italienne Elena Mistrello a fait parler d'elle dans la récente actualité car les autorités l'ont expulsé de notre territoire alors qu'elle venait pour un festival de BD. En effet, elle constituait soi-disant une menace grave pour l'ordre public de notre pays : rien que cela ! De nos jours, il n'en faut pas beaucoup pour peu qu'on défende certaines idées.

    Erik67 Le 03/12/2025 à 07:23:47
    Lune de miel - Tome 1 - Le Baiser du Sphinx

    Bastien Vivès est tombé en disgrâce depuis sa mise en examen pour apologie de la pédocriminalité, inceste et viol. Rien que cela ! Certains lecteurs ont pris le parti de le boycotter. Je ne suis pas dans cette démarche tant qu'il n'y aura pas de condamnation officiellement reconnue par la Justice. Cependant, même celle-ci peut parfois se tromper à défaut de se déclarer territorialement incompétente...

    Voici Lune de miel, l'une de ses dernières créations qui surfe un peu sur la vague de la reprise de Corto Maltese. Nous faisons la connaissance de Sophie et Quentin qui prennent quelques jours de vacances pour visiter les îles grecques loin du boulot et des enfants afin de rompre avec leur quotidien.

    Tout dans le scénario et même dans le graphisme rappelle les séries des années 89 et 90. Nous voilà alors replongés en arrière ce qui ravira les plus anciens lecteurs nostalgiques d'une certaine époque avec des aventures assez légères au niveau du scénario.

    Moi, je me définis plutôt comme le tenant d’une BD plus résolument moderne et ce, malgré mon âge qui devient plus avancé au fil des années. Il est vrai que je n'ai jamais trop aimé les vieux jeunes. Cependant, je ne renie pas les apports incontestables du passé qui ont contribué à l'éclosion de cette BD dite plus moderne.

    On est dans le registre de l'aventure un peu comme « A la poursuite du diamant vert » et son rythme assez effréné ce qui n'est pas pour me déplaire. On trouve même des dialogues plus mâture que d'habitude. Bref, il y a quand même de la matière derrière cette apparente légèreté.

    Au final, on passera un agréable moment de lecture qui nous fait revenir à notre point de départ à savoir le talent indéniable de l'auteur malgré tout.

    Erik67 Le 02/12/2025 à 07:16:53

    Voici une oeuvre qui nous plonge dans un univers à la fois poétique et brutal, explorant les thèmes de la mémoire, de l'identité et de la résilience humaine. L'auteur, le talentueux Krassinsky, nous entraîne dans un récit où la nature et l'homme cohabitent, mais parfois s'opposent.

    L'histoire suit un protagoniste dont le parcours est marqué par des épreuves et des souvenirs enfouis, évoquant une quête de soi à travers les paysages à la fois majestueux et hostiles.

    Je n'ai pas été totalement convaincu par ce récit bien que j'aime beaucoup cet auteur qui a fourni de très beaux titres par le passé (notamment « Le crépuscule des idiots »). En effet, j'ai trouvé la narration parfois un peu pesante et surtout beaucoup de longueur qui ont ralenti le rythme de ce très long récit.

    Par contre, le graphisme est un véritable régal pour les yeux. Les illustrations, à la fois détaillées et organiques, capturent l’essence même des éléments naturels et des émotions humaines. Les nuances de couleurs qui traversent les planches créent une ambiance palpable, alternant entre douceur et tension, tout en renforçant les thèmes centraux de l'œuvre.

    Ce qui rend cette BD originale, c'est sa capacité à mêler le réel et le symbolique dans cet univers chamanique. Les éléments de la nature polaire, la pierre et l'os, deviennent des métaphores puissantes, évoquant la dureté de l'existence tout en soulignant la beauté de la vie. L'auteur réussit à nous interroger sur notre propre rapport à la mémoire et à la nature, nous incitant à réfléchir sur les traces que nous laissons derrière nous.

    Bref, c’est un voyage introspectif à travers la beauté du monde et la fragilité de l’être humain et qui peut s'apparenter à une véritable ode à la vie et à la mémoire. Cela reste une expérience à découvrir pour tous ceux qui cherchent à explorer la profondeur de l'âme humaine. Cependant en ce qui me concerne, la magie n'a pas vraiment opérée car je suis resté un brin hermétique. Cela sera sans mieux pour la prochaine fois !

    Erik67 Le 01/12/2025 à 08:01:04

    Hunt, le jeu du loup garou se situe absolument dans la même veine que les mangas d'écoliers jouant à des jeux un peu dangereux et ceux malgré eux. Cela pourrait être un énième ersatz de King's Game, Judge, Death Note, Doubt ou encore les très récents Sky-High Survival et Jeux d'enfants. Un de plus. Une partie de Loup-Garou mais où il faut vraiment éliminer ses adversaires, ça vous dit vraiment ?

    Maintenant, je vais essayer d'avoir un regard tout à fait objectif sur cette série. On passe un bon moment de lecture horrifique car la trame tient debout malgré quelques incohérences et des réactions de personnages assez mitigées.

    L'efficacité dans la mise en scène semble incontestable car c'est fluide. On entre d'ailleurs tout de suite dans l'histoire de ce jeu macabre sans véritable introduction. Intrigue et suspens seront bien au rendez-vous !

    Le graphisme paraît assez soigné dans son minimalisme une amélioration progressive du trait au fur et à mesure de l'avancée du récit. On voit également un effort réalisé dans les décors ce qui n'est pas négligeable.

    A noter qu'il s'agit d'une nouvelle édition intitulée « complete édition » parue en 2025 qui regroupe les 3 tomes parus en 2016-2017 en un seul gros volume. C'est pas bête comme idée ! Pour autant et comme dit, le genre n'est plus très à la mode après une exploitation sans fin.

    En conclusion, c'est plutôt bien réalisé avec un final quand même assez magistral. Il ne manque juste que l'originalité sur un sujet que les mangakas ont déjà archi exploités et qui devient à force un genre avec ses variantes. J'appellerais cela le « survival game » ce qui pourrait faire l'objet d'un thème à part dans une de mes prochaines listes.

    Erik67 Le 30/11/2025 à 09:20:57
    Rose & Crow - Tome 1 - Livre 1

    Rose § Crow est un récit initiatique captivant qui explore les méandres de l'adolescence. Au cœur de l'histoire se trouve l'éclosion d'une fleur mystérieuse, capable de se métamorphoser en ronces, symbolisant l'ambiguïté et la complexité de la nature humaine. Au-delà de cette métaphore, c'est avant tout une histoire d'amour qui se dessine.

    Rose, dotée d'un pouvoir magique lui permettant de donner vie à des plantes, se retrouve rapidement confrontée à l'aspect sombre de son don, alors que ses créations se transforment en ronces envahissantes et menaçantes.

    Élevée par un grand-père strict qui lui interdit d'utiliser ses capacités et refuse de lui parler de ses parents, Rose est plongée dans une spirale de frustration. Pour trouver des réponses, elle se tourne vers Crow, un personnage ambivalent et mystérieux, dont la relation avec elle s'épanouit dans un contexte d'incertitude.

    La série a démarré en 2021 et il y a déjà 5 tomes à ce jour. A noter que c'est la première série de la dessinatrice Lise Garçon. Au scénario, c'est Amélie Sarn qui est aux commandes et elle a déjà pas mal d'expérience en la matière pour avoir déjà collaboré à quelques séries en one-shot.

    Cette bande dessinée présente un récit riche et intrigant, mais il est important de noter qu'elle n'atteint pas sa pleine mesure sans la lecture des tomes suivants. Les graphismes sont remarquables et les personnages, bien développés, laissent entrevoir de belles promesses pour la suite de l'histoire.

    Rose § Crow reste une œuvre à découvrir, qui incite à poursuivre l'aventure pour en saisir toute la profondeur.

    Erik67 Le 29/11/2025 à 07:17:48
    L'enfant en moi - Tome 1 - Tome 1

    J'ai beaucoup apprécié ce shojo qui se distingue quelque peu de la moyenne. Il est vrai que je ne suis pas trop un amateur de ce genre que je trouve souvent très naïf.

    On pourrait penser que le titre fait référence à un personnage souffrant d'un syndrome de Peter Pan mais ce n'est absolument pas le cas. Il s'agit plutôt d'une lycéenne de 15 ans à savoir Sachi qui tombe enceinte précipitamment après avoir fait l'amour avec un garçon du même âge, ami d'enfance.

    C'est tout le problème de ces jeunes mères qui doivent faire face à la venue précipité d'un enfant pour faire face à leur obligation alors que ce n'était pourtant pas vraiment le bon moment. Le manque de maturité peut conduire parfois au déni.

    Oui, à 15 ans, la vie peut basculer assez rapidement si on ne prend pas toutes les précautions nécessaires. C'est un récit captivant, car il explore une variété d'émotions et les questionnements engendrés par l'annonce d'une grossesse.

    En ce qui concerne le graphisme, il est à la fois délicat et expressif. Les personnages sont bien dessinés, avec des traits qui reflètent leurs émotions de manière saisissante. Les décors, bien que simples, ajoutent une touche de réalisme à l'univers du manga. Les illustrations transmettent parfaitement la tension et la douceur des moments, ce qui renforce l'impact de l'histoire.

    Au final, un titre à découvrir sur un sujet souvent tabou !

    Erik67 Le 28/11/2025 à 07:37:23

    Ce titre nous rappelle de manière poignante que, dans l'eau, les poissons n'ont pas la capacité de pleurer. Cette idée soulève une certaine empathie pour ces créatures qui, malgré leur malheur, n'ont pas le moyen d'exprimer leur souffrance. Ceci est évidemment une métaphore pour les pauvres africains subissant une certaine violence des multinationales étrangères.

    Bien que l'histoire soit inspirée de faits, de lieux et de situations réelles, elle reste une fiction, fruit d'un séjour immersif à Gunjur, en Gambie, entrepris par les auteurs. Depuis 2016, l'usine Golden Lead, une entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de farine de poisson, a fait son apparition sur les plages de Gunjur, bouleversant la vie des habitants. On va suivre le destin d'une famille confrontée aux néfastes conséquences de cette installation.

    Le récit met en lumière la misère et l'exploitation des pêcheurs gambiens, qui doivent se plier aux exigences d'un capitalisme effréné et destructeur. À travers ce prisme, l'album se présente comme un véritable reportage militant, témoignant de la surpêche le long des côtes atlantiques d'Afrique et des conditions de vie difficiles des laissés-pour-compte du développement mondial.

    Graphiquement, le travail de Jean-Denis Pendanx se distingue par un style tout en aquarelle qui évoque magnifiquement l'Afrique. Ce choix artistique renforce l'authenticité du récit qu'on n'aura pas de mal à suivre.

    En conclusion, nous avons là une BD assez touchante que j'ai bien aimé car elle offre une réflexion nécessaire sur les réalités souvent ignorées de la mondialisation et de l'exploitation des ressources dans les pays africains. Une lecture également essentielle pour quiconque s'intéresse aux questions sociales et environnementales.

    Erik67 Le 27/11/2025 à 07:54:33
    Les gens heureux lisent et boivent du café - Tome 2 - La vie est facile, ne t'inquiète pas

    Nous retrouvons la suite d'une œuvre d'Agnès Martin-Lugand que j'avais beaucoup aimé il y a quelques années à savoir « Les gens heureux lisent et boivent du café » où nous avions suivi une jeune et belle héroïne qui s'était réfugiée en Irlande après avoir perdu sa fille et son compagnon dans un accident.

    Elle avait bien rencontré un homme là-bas qui l'avait aidé à se reconstruire mais visiblement, c'est de l'histoire passée car nous la retrouvons en France à la tête de sa librairie parisienne avec son meilleur ami Félix qui essaye de la caser à tout prix ce qui ne sera pas chose aisée.

    Au niveau graphique, l’illustration, colorée et expressive, renforce le sentiment de légèreté et d'un peu d'optimisme, rendant la lecture agréable et engageante malgré les épreuves à traverser car il y en aura encore un petit peu...

    J'ai beaucoup aimé malgré le fait qu'on peut quand même s'interroger sur les choix de Diane qui après avoir rencontré l'homme de sa vie va retomber dans les bras de son passé amoureux. Bref, il faut savoir que l'amour ne se commande pas.

    Cependant, certains pourraient souhaiter une exploration plus approfondie de ces problèmes, mais l'auteur choisit délibérément de garder un ton léger, ce qui fait toute la magie de la BD. Elle parvient à transmettre des messages positifs sans tomber dans le pathos, ce qui est un véritable tour de force.

    En conclusion, c'est une lecture réconfortante qui rappelle que, malgré les aléas de la vie, il est essentiel d'avancer et de faire les bons choix et surtout de ne pas se laisser abattre. Une œuvre à partager avec ceux qui traversent des moments difficiles, mais aussi avec tous ceux qui ont besoin d'un petit encouragement au quotidien. Un vrai coup de cœur en ce qui me concerne !

    Erik67 Le 26/11/2025 à 07:45:25

    "Vipère au poing" est une adaptation de l'œuvre littéraire éponyme d'Hervé Bazin, est une bande dessinée qui plonge le lecteur dans l'univers complexe et souvent troublant d'une enfance marquée par la tyrannie maternelle. Cette œuvre, riche en émotions et en réflexions, réussit à retranscrire avec justesse la tension et la révolte qui caractérisent le récit original.

    Je me souviens avoir vu le film quand j'étais très jeune avec une actrice que j'aimais bien à savoir Alice Sapritch pour les anciens qui connaissent. Cela m'avait marqué de savoir que des enfants peuvent avoir de mauvaises mères ce qui n'est pas le cas de tout le monde en règle générale...

    L'illustration, à la fois puissante et évocatrice, capture l'intensité des sentiments des personnages. Les traits expressifs et la palette de couleurs choisie renforcent l'atmosphère sombre et pesante de l'histoire. Chaque case devient un miroir des conflits intérieurs, des douleurs et des espoirs d'un jeune garçon face aux exigences d'une mère écrasante.

    Le point fort de cette œuvre, c'est sa capacité à aborder des thèmes profonds tels que la famille, la rébellion et la quête d'identité. La voix narrative, à la fois désabusée et lucide, permet de ressentir toute la profondeur de la souffrance et du désespoir, mais aussi la résilience de l'esprit humain. L'adaptation réussit à conserver l'essence du texte original tout en offrant une nouvelle perspective grâce au format graphique.

    Certes, certains lecteurs pourraient trouver que la BD ne parvient pas à capturer entièrement la richesse des détails présents dans le roman. Néanmoins, ce choix d'adaptation visuelle permet de toucher un public plus large et d'attirer ceux qui pourraient être intimidés par un récit littéraire plus dense ce qui est manifestement mon cas.

    En conclusion, on peut retenir que c'est une œuvre poignante qui mérite d'être lue, qu'il s'agisse d'une première découverte ou d'une relecture pour les fans du roman. C’est une adaptation qui interpelle et qui invite à la réflexion sur les relations familiales et les cicatrices que celles-ci peuvent laisser. Une BD incontournable qui allie art et émotion avec brio.

    Erik67 Le 25/11/2025 à 07:37:24
    Hot Space - Tome 1 - Crash program

    Voici pour moi une séance de rattrapage par rapport à une BD dont j'ai loupé le coche de sa publication en 2019. Cela m'arrive parfois car on ne peut pas tout lire.

    Hot Space nous plonge dans un univers futuriste riche en couleurs et en actions. L'histoire suit une héroïne assez excentrique qui ne se laisse pas faire et qui navigue dans des paysages interstellaires à la fois fascinants et déroutants. On peut dire que c'est une œuvre qui réserve la part belle aux femmes pour une fois avec en prime, les hommes qui se font buter.

    L'illustration est l'un des points forts de cette œuvre, avec des visuels vibrants qui capturent parfaitement l'essence de cet espace parfois inquiétant. Le dessinateur a réussi à créer une atmosphère immersive qui transporte le lecteur dans un monde aride et surtout dépaysant. On sent également l'influence Moebius...

    Le scénario, tout en étant divertissant, aborde des thèmes profonds tels que l'identité, l'appartenance et les luttes internes sur fond de crise diplomatique. Les personnages sont bien développés, chacun apportant une perspective unique qui enrichit le récit. Les interactions offrent un savant équilibre entre humour et violence.

    Cependant, certains passages peuvent sembler un peu trop denses, ce qui pourrait dérouter le lecteur. Malgré cela, Hot Space réussit à captiver par son audace narrative et son esthétique saisissante.

    En somme, c'est une œuvre qui mérite d'être découverte, tant pour son visuel que pour ses réflexions sur la condition humaine dans le cadre d'une planète sauvage.

    Erik67 Le 24/11/2025 à 07:26:10
    Existence - Tome 1 - Tome 1

    Le pitch de ce manhwa est assez intéressant pour nous indiquer qu'une entité s'est réincarnée en de multiples espèces pour acquérir un grand pouvoir. Il se réincarne cette fois-ci en homme mais avec pour objectif de détruire la race humaine qui menace la Terre. Il fallait s'y attendre à un moment donné...

    Voilà, on verse dans le récit typiquement avec une consonance écologique ce qui peut qu'être positif dans la mesure où cela appelle à la vigilance de chaque être humain qui peuple la planète dont il faut prendre soin.

    Mais bon, je sais très bien que la planète nous survivra même si nous détruisons tout par l'arme atomique car des millions d'années après, il n'y aura plus de traces du passage de l'homme. En réalité, c'est l'espèce humaine qui est menacée et non la planète.

    Cette entité va découvrir le sentiment maternel ce qui peut le faire réfléchir sur ce que signifie l'amour et la protection. Cependant, cela ne l'empêchera pas de haït de toutes ses forces notre espèce au point de vouloir l'éradiquer. Peut-on lui donner tort ? C'est sans compter sur toutes les autres bonnes âmes qui souhaitent vivre paisiblement et en respect avec la Nature. Il suffit juste de faire la distinction. En sera-t-il capable ?

    J'ai bien aimé le graphisme ainsi que la colorisation tout au long de ce manhwa. Il y a également de l'expressivité dans le visage des différents protagonistes. Il est dommage que cela soit manichéen par moment au point de désigner les êtres dont on souhaite se débarrasser d'être de vulgaires communistes. On sent une imprégnation très sud-coréenne menant une aversion sans limite pour son voisin du nord sans que cela ne soit

    Au final, une œuvre à découvrir de façon assez jubilatoire si on souhaite également détruire notre espèce, en tout cas ceux qui ne le méritent pas.

    Erik67 Le 23/11/2025 à 09:29:53
    Le serpent et la Lance - Tome 4 - Acte 4 - Papillon-Tonnerre

    Ce quatrième tome poursuit l'intrigue captivante des meurtres de jeunes filles lâchement assassinées dans l'Empire aztèque, 50 ans avant l'arrivée des conquistadors espagnols. Ce cadre historique est non seulement intrigant, mais il nous plonge également dans une période riche en mystères et en tensions et qui est assez peu connu du grand public.

    Dans ce tome, nous voyons Œil-Lance et Serpent, deux personnages aux trajectoires opposées, unir leurs forces malgré leurs différences et les rancœurs accumulées au fil des années. Cette collaboration inattendue ajoute une dimension émotionnelle à l'histoire, enrichissant le récit de conflits internes et de rédemptions potentielles.

    Le dessin de Hub atteint ici son apogée. Chaque page est un véritable festin visuel, débordant de détails qui mettent en valeur la splendeur et la complexité de cette civilisation aztèque. Les scènes sont à la fois dynamiques et riches en atmosphère, permettant au lecteur de s'immerger complètement dans cet univers.

    À noter qu'il s'agit sans doute de l'avant-dernier album de la série qui parvient à nous donner un élément de réponse assez important dans la résolution de cette enquête assez palpitante. En effet, les révélations, les tensions et les moments de réflexion se combinent pour offrir une conclusion satisfaisante et mémorable.

    En conclusion, "Le Serpent et la Lance" tome 4 est une lecture incontournable pour les amateurs à la fois de polar mais d'histoire pré-colombienne. Je recommande vivement cette série à ceux qui recherchent une aventure riche en émotions et en découvertes.

    Hub l'auteur m'avait déjà convaincu par "Okko" et pour la petite historie, j'avais eu l'occasion de le rencontrer jadis dans un festival à Strasbourg. Quel chemin parcouru depuis !

    Erik67 Le 22/11/2025 à 09:18:17
    Le château des Animaux - Tome 4 - Le Sang du roi

    Ce quatrième et dernier tome du Château Des Animaux continue d'explorer l'univers riche en intrigues et en personnages anthropomorphiques d'une ferme gouvernée par un dictateur. Inutile de rappeler que c'est librement inspiré par la ferme des animaux de George Orwell, une oeuvre majeure de la littérature.

    L'auteur Xavier Dorison maîtrise parfaitement l'art de mêler suspense et émotion, transportant le lecteur dans un environnement où loyauté, trahison et quête de pouvoir se côtoient. On se rend compte que le processus électorale peut être totalement biaisé pour conserver ce fameux pouvoir avec des promesses qui ne seront pas tenues. C'est le propre de pas mal de politiciens à travers le monde...

    Les illustrations sont particulièrement expressives, mettant en valeur la tension dramatique de l'intrigue et donnant vie à chaque scène avec dynamisme. La mise en page habile, avec des plans variés, contribue à maintenir un rythme soutenu, tout en permettant au lecteur de prendre le temps d'apprécier chaque scène. C'est un excellent travail graphique par un dessinateur prometteur pour l'avenir.

    L'intrigue, dense et captivante, invite à une réflexion sur le pouvoir et sur la nature humaine au niveau des foules qui peuvent suivre aveuglément un tribun. La question centrale autour du sang du roi et de ses implications ouvre des pistes de réflexion intéressantes sur la légitimité et la corruption au sein même du pouvoir.

    Ce tome constitue une fin de série véritablement à la hauteur des attentes, riche en émotions et en réflexions. C'est une conclusion qui laisse une trace durable dans l’esprit du lecteur. Je suis content de l'avoir acheté.