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C'est une BD tout à fait passionnante sur la vie d'Andreï Sakharov que je ne connaissais pas vraiment. Il est devenu un militant contre le nucléaire alors qu'il a contribué par son génie à doter l'URSS de l'arme absolu.
Il voulait utiliser l’énergie nucléaire à des fins humanistes mais les militaires en ont décidé autrement. Sa vie sera alors un combat contre les politiciens du Kremlin qui l'ont utilisé et qui l'ont menacé ainsi que sa famille.
Il obtiendra le prix Nobel de la paix en 1975 après avoir mené une dissidence contre le pouvoir soviétique en pleine guerre froide. Il a été l'un de ces hommes qui ont marqué le XXème siècle. Sa vie est passionnante car on découvre comment il a changé entre doute et culpabilité mais surtout en prenant conscience de la folie humaine.
Aujourd'hui, l'arme atomique est aux mains d'un Poutine qui menace l'Europe de destruction. Plus que jamais, il faut avoir cette réflexion sur l'utilisation des armes atomiques qui ne sont malheureusement plus un moyen de dissuasion.
Je pense qu'il est tout à fait intéressant de lire cette ouvrage sur le destin du père de la bombe à hydrogène soviétique. Comme Frankenstein, il a créé un monstre qui peut se retourner contre lui mais surtout contre l'humanité entière.
D'un côté, il y a le célèbre journaliste animateur écolo Hugo Clément qui nous démontre que la terre est en train de s'asphyxier et de l'autre, il y a les puissants agriculteurs qui n'hésitent pas à bloquer les routes de France pour imposer leurs doléances. A force, on ne sait plus qui croire.
Pour autant, cette BD est assez démonstrative qu'il y a quelque chose qui ne va plus dans le fonctionnement de la planète au niveau des terres dont les engrais chimiques ont détruit les nutriments nécessaires à une bonne gestion de l'agriculture. C'est au nom de la rentabilité qu'on a eu recours à ces produits chimiques qui ont modifié l'agriculture de toute la planète au détriment de la Nature.
Comme dit , le constat factuel semble sans appel : sols surexploités, eaux contaminées, pollution chimique, dégradation de la biomasse, souffrance animale...
Le paradoxe évoqué dans le titre concerne l'abondance de nourriture mais qui se fait au détriment de la nature. Un jour, quelque chose va craquer, provoquant de graves catastrophes humanitaires.
Cependant, Hugo Clément est également l'ami de certains paysans, les plus petits et ceux qui ne pensent pas forcément à s'agrandir pour une meilleure rentabilité. Il nous démontre avec eux qu'il existe d'autres solutions pour éviter la destruction de la nature tout en construisant un système alimentaire durable.
L'auteur évite le catastrophisme en donnant un peu d'espoir et avec une tonalité volontairement positive. Trop sans doute mais il fallait capter l'attention d'un certain public encore incrédule et qui n'a pas encore un regard critique. Je ne peux qu'espérer que les pistes évoqués soient un jour suivies par les politiques que nous voterons dans le cadre des élections démocratiques.
Pour ma petite part de contribution, je privilégie toujours les productions locales. Mais bon, cet ouvrage prêche un convaincu. C'est ce que je retiens des solutions proposées par Hugo Clément qui insiste sur le fait de relancer la filière bio pour mieux manger tout en respectant la nature.
Bref, je considère que cette enquête est assez sérieuse pour s'y intéresser en espérant également que cela éveille un jour les consciences des plus puissants qui arriveront à contrer les exigences du lobby agro-alimentaire et ses syndicats.
La pensée de Daniel Cohen est enfin accessible en BD, comme nous l’indique malicieusement la jaquette sur la couverture. Pour information, Daniel Cohen était l’un des plus grands économistes français, professeur d’université jusqu’à son décès en 2023. Spécialiste de la dette souveraine, il était à la fois très respecté et reconnu pour ses qualités de pédagogue.
Il est vrai que la lecture de cette BD, abordant un sujet aussi complexe que l’économie, s’est révélée particulièrement agréable. Ce n’est pas le cas de toutes les œuvres que j’ai pu acquérir sur le même thème. Il faut dire que l’économie m’a toujours intéressé, ayant auparavant obtenu un Bac B dans cette matière.
Dans cette œuvre, on se concentre surtout sur l’histoire de l’économie et ses différentes étapes, avant d’arriver à ce capitalisme sauvage qui divise la planète entre les ultra-riches et le reste de la population.
J’apprécie beaucoup les BD documentaires d’Aude Massot, car elles reflètent bien l’actualité tout en ayant une touche de modernité. « Une saison à l’ONU », « Des femmes guettant l’annonce », ou encore « Maison Blanche : en coulisses avec Obama, Trump et Biden » m’ont déjà convaincu de la pertinence de son travail.
Cette adaptation graphique de son ouvrage « Une brève histoire de l’économie » est totalement réussie, car l’auteure a su humaniser Daniel Cohen. On le voit discuter avec sa fille ou avec un ancien camarade de classe dans un avion. La mise en page, très moderne, capte véritablement l’intérêt, rendant un sujet souvent difficile d’accès plus accessible au grand public.
En résumé, j’ai adoré cette BD, que j’ai reçue en cadeau de Noël, en même temps que le fameux « Hugo Decrypte en Russie ». Oui, j’ai été particulièrement gâté !
J'ai beaucoup apprécié cette bande dessinée qui raconte l'histoire d'une jeune femme, enseignante en mathématiques, ayant fui le nazisme dans son pays natal pour se retrouver à Cuzco puis à Lima, au Pérou. Maria va rencontrer Paul d’Harcourt, un archéologue français, qui l’emmène dans le désert de Nazca. Là, elle découvre un vestige millénaire qui va peu à peu devenir le combat de sa vie. Il s'agit en réalité d'une histoire vraie, inspirée de la vie de l'archéologue Maria Reiche.
Maria Reiche a arpenté le désert, balayant des kilomètres de sable. Pendant des siècles, les hommes ont traversé ce désert sans percevoir la mystérieuse complexité des figures tracées dans le sol. Elle a voulu en comprendre la signification, en s'intéressant à ces formes attribuées à une civilisation pré-inca. Ses découvertes ont permis la réhabilitation d’une civilisation autochtone, effacée depuis la conquête espagnole. En réalité, ces lignes constituaient une sorte d’observatoire astronomique très élaboré.
J'ai particulièrement apprécié la manière dont la BD tourne en ridicule la fameuse théorie selon laquelle ces lignes seraient des pistes pour des vaisseaux extraterrestres. En effet, ces civilisations possédaient une technologie suffisamment avancée pour voyager dans l’espace, et n’auraient sans doute pas eu besoin de pistes d’atterrissage !
Maria ne se contente pas de défendre un patrimoine exceptionnel, elle se dresse également contre un système politique qui ignore la valeur de ce qu’elle protège. L’importance de la culture péruvienne est ainsi soulignée à travers ce combat.
La BD parvient à mettre en valeur de magnifiques paysages grâce à un dessin moderne, fluide, et d’une exécution impeccable. Elle offre un véritable moment de poésie autour de la découverte et de la préservation des lignes de Nazca.
Au final, c’est surtout le cheminement de cette femme qui force l’admiration. Elle trouve sa voie et mène un combat noble et passionné. Après cette lecture, on regardera les lignes de Nazca avec un regard renouvelé, empreint de respect et d’émerveillement !
Voici l'histoire vrai d'un journaliste gay aux States dans les années 80 qui sera le premier à remarquer qu'une terrible maladie épidémique frappe sa communauté. Il va tenter d'alerter l'opinion publique afin de limiter les ravages mais il va se heurter au silence des médias malgré la propagation de cette terrible maladie.
Il va être rejeté par ses amis et mis à mal par sa hiérarchie mais il va se battre de toutes ses forces. Malheureusement, le SIDA l'emportera à son tour en 1994 à 42 ans. Il va laisser le souvenir d'un journaliste intègre avec la publication d'ailleurs de 3 livres à succès.
Cependant, cela va véritablement se concentrer sur l'année 1981 et la découverte de cette maladie qui commence à faire des ravages. Il va commettre de nombreuses erreurs liées aux tâtonnements de l'inconnu mais également à cette volonté de faire dans le sensationnalisme propre à certains journaux comme celui dans lequel il travaille à savoir le San Francisco Chronicle fondé par le milliardaire William Randolf Hearst (le fameux « Citizen Kane »).
On pense à ce sauna dans le quartier gay de San Francisco qu'il désignera comme le vecteur de la maladie ou bien cette mise en pâture du fameux patient zéro, un beau steward canadien, qui sera comparé au tueur du Zodiac. Sa volonté a été de sauver des vies mais cela ne se passera vraiment pas comme prévu. A la fin, il se réconciliera avec sa communauté qui lui pardonnera les fautes commises.
Sur le plan graphique, on aura droit à une mise en image assez colorée sur un mode presque arc-en-ciel. C'est assez dynamique dans la conception ce qui permet une lecture assez fluide et agréable.
Aujourd'hui, on n'entend plus trop parler de cette maladie en raison des avancées remarquables en termes de trithérapie. Et pourtant, la prévention devrait être de mise. La jeune génération semble ignorer cette partie de l'histoire médicale. Cette BD tombe à point nommé pour se remémorer de ce risque très sérieux qui a fait basculer une grande partie du monde dans les années 89 et 90.
Nous avons certes une couverture assez alléchante pour une lecture assez coquine chez l'éditeur Tabou. Cependant, on va découvrir avant tout une histoire de cape et d'épée sur fond de vengeance lié au fameux duel que se livrait l'aristocratie française à une certaine époque.
L'honneur qui était bafoué devait se régler à coup d'escrime ce qui pouvait s'avérer souvent assez fatale. C'est ce qui va arriver au père de notre héroïne qui se décide de le venger en devant la fameuse duelliste du titre de l'album. Certes, elle ne manque pas de charme mais c'est pour mieux parvenir à ses fins. Il s'agira alors de maîtriser l'art du duel.
Il est dommage que cela manque parfois un peu de rythme à cause de la lourdeur de certains dialogues d'époque fin XVIIème siècle pour mieux coller au niveau authenticité. Cependant, on est tout de même embarqué par cette intrigue qui ne manquera pas de rebondissements notamment à la fin de ce premier tome.
Par ailleurs, on pourra admirer un dessin d'une remarquable élégance que cela soit dans les corps et dans les décors de ce Paris de la Renaissance. La colorisation est des plus exquises. Bref, c'est un travail assez soigné qui fait dans la qualité, c'est indéniable !
Au final, on pourra se lancer tenter par cette aventure dans le siècle des lumières. A noter qu'il s'agit des mêmes auteurs que la série en 3 volumes « Thrace » que j'avais adoré.
Je découvre qui était Albert Kahn que je ne connaissais pas malgré une rue qui porte son nom dans ma ville. Oui, c'était un banquier juif alsacien qui a vécu entre 1860 et 1940.
On va suivre son parcours qui va le conduire tout jeune du village rural de Marmoutier à la capitale Paris alors que l'Allemagne occupait l'Alsace suite à la défaite de 1870. Il fait fortune en spéculant sur des compagnies d'or et de diamant du Transvaal en Afrique du Sud. Il va multiplier ses réseaux à travers le monde notamment au Japon.
Il a visiblement eu une vie de philanthrope afin de financer des bourses d'études dans le savoir. En effet, il a constitué au fil des années un important fonds iconographique intitulé Archives de la Planète. La BD va notamment insisté sur ce point pour le présenter comme l'archiviste de la planète.
Il sera ruiné dans les années 30 avec la fameuse crise sans précédent ce qui mettra fin à ses actions philanthropiques. Il meurt le 14 novembre 1940 à l'âge de 80 ans dans sa propriété de Boulogne au lendemain de la défaite française. Il venait de se faire recenser comme Juif. Il aurait été probablement déporté par la suite...
Son œuvre documentaire sera redécouvert un peu plus tard. Les collections des Archives de la Planète sont inscrites au registre international « Mémoire du Monde « par l'Unesco avec des galeries d'exposition à travers le monde.
J'ai surtout retenu un homme qui a mené une vie altruiste et sincère en ayant foi en la nature humaine malgré deux guerres mondiales. Il se voulait pacifiste avec une volonté de réconciliation universelle et de respect de la diversité. Ce sont manifestement de belles valeurs.
Bref, une BD à découvrir pour lui rendre un hommage mérité. On aimerait bien que les super-riches se comportent ainsi au lieu de vouloir dominer le monde actuellement.
Cette BD, je l'ai reçu à Noël en cadeau de mes enfants. Il est vrai que je ne connaissais pas du tout la chaîne média en ligne Hugo Décrypte. Je m'aperçois qu'il y a encore beaucoup de choses que je dois encore découvrir. Par ailleurs, comprendre l'histoire de la Russie m’intéresse au plus haut point pour comprendre les enjeux de ce qui se joue actuellement avec la guerre en Europe.
Je m'aperçois au travers de cette BD que le peuple russe n'a jamais eu trop le choix par rapport à ses dirigeants qui se sont imposés comme s'il fallait un homme fort à la tête du lus grand pays du monde en terme de superficie. En effet, l'histoire de ce grand pays est parsemé de personnages qui n'ont cessé de considérer la Russie comme un grand empire devant sans cesse croître : Yvan le terrible, Pierre le Grand, Catherine II, Staline, Poutine...
La Russie nie l'existence d'autres nations au sein de sa zone d'influence d'où leurs interventions récentes en Géorgie, Tchétchénie puis Ukraine. Elle élimine également tout ses opposants tout en proférant de graves mensonges sur sa non-implication dans ces meurtres sordides (Navalny, Prigojine...).
En ce qui me concerne, je trouve que c'est une horrible société qui s'appuie sur la corruption liée au gaz et au pétrole. Elle désigne la décadence occidentale alors que leur régime est dictatorial avec un contrôle absolu des médias. Le pire, ce sont les attaques pour affaiblir les démocraties occidentales. On ne peut que craindre une guerre de grande ampleur dans les prochaines années. Bref, ce despotisme fait peur.
Pour ma part, j'ai trouvé cette BD très intéressante sur un sujet qui m'intéressait. Je trouve que le fameux Hugo est un bon journaliste qui argumente très bien car il m'a réellement convaincu dans sa démonstration de ce qu'était la véritable Russie. On a vraiment du souci à se faire en Europe tant qu'on n'aura pas également capturé ce dictateur pour le traduire en justice sur ses crimes. Pas deux poids, deux mesures !
J'ai lu dans un récent article que cette BD dérange visiblement le despote qui y voit une production nuisible et de bas étage qui pervertit les cerveaux des jeunes français. C'est de bon augure venant de lui car la vérité dérange toujours...
J'avais déjà lu des oeuvres adapté en BD qui racontait la vie d'Alan Turing qui a été réhabilité via un célèbre film « Imitation Game » sorti en 2014 avec Benedict Cumberbatch. le film se concentrait sur la résolution de la machine de cryptographie utilisée par les nazis à savoir Enigma.
Il faut dire que ce fait a permis certainement d'écourter la guerre de 2 ans en sauvant des millions de vies. Cependant, l'état britannique s'est plutôt concentré sur la vie sexuelle du génie pour le condamner pénalement au lieu de le célébrer en héros de guerre. Oui, ce manque de reconnaissance est plutôt flagrant.
Bien des années plus tard, la couronne britannique prononcera sa grâce et son pardon à titre posthume. Cependant, le mal a été fait de son vivant. En effet, suite à cela, Turing s'est suicidé le 7 juin 1954 à 41 ans bien que sa famille ne croie pas du tout à cette hypothèse.
Le manga va plutôt se concentrer sur l'enfance et l'adolescence d'Alan pour expliquer progressivement comment il va devenir ce génial mathématicien à l'origine des prémices de l'informatique et de l'intelligence artificielle. La narratrice est une grand-mère qui explique le parcours d'Alan qu'elle a d'ailleurs connue à sa petite fille désireuse de connaître toute l'histoire.
J'ai aimé également le fait qu'il n'y a pas d'exagération car c'est bien un travail collectif de savants divers qui a donné lieu à la création de l'informatique moderne. Oui, on ne va pas forcément tomber dans les approximations du genre ce qui apporte de la crédibilité à ce récit.
On notera un dessin particulièrement soigné avec des personnages reconnaissables. Il y a une certaine précision du trait qui confère à la qualité de l'ensemble. On observera que les premières pages sont en couleur avant le passage au noir et blanc ce qui est un procédé plutôt classique.
Au final, un très bon manga en one-shot pour nous présenter ce personnage qui mérite réellement sa réhabilitation.
Hunt, le jeu du loup garou se situe absolument dans la même veine que les mangas d'écoliers jouant à des jeux un peu dangereux et ceux malgré eux. Cela pourrait être un énième ersatz de King's Game, Judge, Death Note, Doubt ou encore les très récents Sky-High Survival et Jeux d'enfants. Un de plus. Une partie de Loup-Garou mais où il faut vraiment éliminer ses adversaires, ça vous dit vraiment ?
Maintenant, je vais essayer d'avoir un regard tout à fait objectif sur cette série. On passe un bon moment de lecture horrifique car la trame tient debout malgré quelques incohérences et des réactions de personnages assez mitigées.
L'efficacité dans la mise en scène semble incontestable car c'est fluide. On entre d'ailleurs tout de suite dans l'histoire de ce jeu macabre sans véritable introduction. Intrigue et suspens seront bien au rendez-vous !
Le graphisme paraît assez soigné dans son minimalisme une amélioration progressive du trait au fur et à mesure de l'avancée du récit. On voit également un effort réalisé dans les décors ce qui n'est pas négligeable.
A noter qu'il s'agit d'une nouvelle édition intitulée « complete édition » parue en 2025 qui regroupe les 3 tomes parus en 2016-2017 en un seul gros volume. C'est pas bête comme idée ! Pour autant et comme dit, le genre n'est plus très à la mode après une exploitation sans fin.
En conclusion, c'est plutôt bien réalisé avec un final quand même assez magistral. Il ne manque juste que l'originalité sur un sujet que les mangakas ont déjà archi exploités et qui devient à force un genre avec ses variantes. J'appellerais cela le « survival game » ce qui pourrait faire l'objet d'un thème à part dans une de mes prochaines listes.
Avec une phrase aussi percutante en guise de titre, on peut légitimement s'interroger sur le contenu de l'oeuvre. À première vue, on pourrait craindre de plonger dans une histoire de passion dévorante où un individu serait prêt à exécuter les moindres désirs, même les plus sombres d'un autre. Cette dynamique de manipulation où amour et amitié deviennent un outil de coercition soulève des questions morales certaines.
Cependant, le récit prend un tournant inattendu en se concentrant sur une victime de harcèlement scolaire. Dans cette perspective, c'est un camarade de classe qui se présente comme un véritable sauveur, prêt à tout pour soutenir son ami.
Cette amitié naissante met en lumière les défis auxquels nous faisons face dans des circonstances extrêmes. La question centrale devient alors : jusqu'où serions-nous prêts à aller pour protéger ceux que nous aimons ?
Le genre me rappelle une série que je suis actuellement à savoir «Killing stalking» mais en version un peu moins trash. Cela part en tous les cas de la même combinaison dans le scénario. A croire que ce genre de thriller un peu malsain cartonne en ce moment.
Graphiquement, le manga excelle dans la représentation de la violence des mouvements, ce qui contribue à plonger le lecteur dans une immersion totale. le dessin assez dynamique et expressif renforce l'intensité du récit et permet de ressentir les émotions des personnages de manière assez palpable.
Pour conclure, ce premier tome s'avère assez prometteur et laisse entrevoir des développements intrigants pour la suite. Il réussit à aborder des thèmes lourds avec une sensibilité qui mérite d'être explorée davantage. Bref, c'est une lecture assez captivante qui ne manquera pas d'attirer son public mais attention quant à la moralité...
J'adore ce que fait cet auteur à savoir Philippe Pelaez qui est à la fois professeur agrégé d'anglais et scénariste de bandes dessinées. Dernièrement ses histoires policières comme « Automne en baie de Somme » ou « Hiver à l'opéra » ont rencontré un beau succès parmi les lecteurs. Pour ma part, j'avais adoré « Dans l'ombre ».
Je dois dire qu'on ne le retrouve pas forcément dans un genre différent car cela reste du polar avec une énigme policière mais c'est le traitement qui est assez original. En effet, on va suivre une petite fille campagnarde qui vit dans une ferme isolée et qui parle à un épouvantail dans un champ. Il y a certes un petit côté qui reflète la folie liée à la solitude mais surtout une incursion du fantastique.
L'épouvantail est censé gardé un champs en faisant peur aux oiseaux mais pas que. Il est le reflet de nos peurs les plus sombres. Aussi, la relation avec cette petite fille sera parfois assez houleuse mais reviendra progressivement à quelque chose de plus apaisé. J'ai bien aimé les ressorts psychologiques qui se tissent jusqu'à un final assez magistral.
Un mot tout de même sur la partie graphique en noir et blanc mais avec un rendu assez magnifique malgré un minimalisme de façade. Il y a des détails qui ne trompent pas.
J'ai adoré cette BD par son côté assez sombre tout en restant assez optimiste surtout à la fin où tout se terminera pour le mieux même si les mamans ne reviennent pas toujours...
Voici la 5ème adaptation du roman de Georges Orwell que je lis sur le format BD depuis ces dernières années. Là, cela commence à faire véritablement beaucoup !
Le repreneur est un artiste tchéco-japonais à savoir Matyas Namai qui livre sa version de ce classique de référence qui a traversé les décennies tout en étant assez réaliste de la transformation des sociétés du monde.
La démocratie est minoritaire sur la planète et beaucoup de gens vivent malheureusement sous des dictatures où ils ont des restrictions de libertés. On pense tout de suite à la Russie ou encore à la Chine sans parler de la Corée du Nord ou de l'Iran.
Je suis quand même assez impressionné par cette adaptation qui insiste sur certains petits détails que je n'avais pas forcément vu dans les autres œuvres comme par exemple les bâtiments officiels tous plus gros les uns que les autres avec leur design assez austère et qui rappelle les immeubles soviétiques de la guerre froide.
Un autre point concerne le vocabulaire qui tend à disparaître comme pour abêtir davantage une population galvanisée par la propagande officielle du régime.
Un mot sur le graphisme pour dire qu'il est particulièrement soigné. Le visuel est impeccable ce qui contribue à une bonne fluidité de la lecture malgré le lots d'informations fournies.
Certes, c'est peut-être une adaptation de plus mais celle-ci m'a bien plu dans la façon de faire passer le message. Il est vrai que l'horreur commence quand on essaye de vous inculquer une certaine manière de penser. D'ailleurs, le crime de penser est puni par la mort dans cette société totalitaire.
Au final, une œuvre intemporelle qui n'a pas fini de faire parler d'elle.
Voici une histoire du Far West inspirée de celle du grand-père de Donald Trump, un jeune Bavarois qui émigra aux États-Unis à l'âge de 16 ans. Il s'installa dans une ville lors de la ruée vers l'or.
Ce beau blond aux yeux bleus a su jouer de ses charmes pour prendre le contrôle d'une ville en un temps record. Il dirigea non seulement le saloon, mais aussi une maison close, afin de préserver la réputation de la ville en évitant que les femmes honnêtes, épouses et filles, soient dérangées.
On réalise rapidement que la fortune de Trump ne repose pas uniquement sur le mensonge, mais aussi sur des activités peu reluisantes, à l’image de cet homme devenu président de la première puissance mondiale, qui a fricoté avec Jeffrey Epstein et son réseau de criminels sexuels. Bien sûr, il n’est pas le seul dans ce cas : un prince d’Angleterre vient d’être déchu de ses droits. Cependant, il faut croire qu’aux États-Unis, on aime les personnages pourris.
Oui, Pump, ou Trump, n’est sans doute pas un garçon très innocents. Peu importe, cela plaît ! Déjà à l’époque, l’admiration pour un certain J.R. dans « Dallas » était présente. Le monde n’a pas vraiment changé.
Côté dessin, le style réaliste que j’affectionne est particulièrement réussi, avec une belle précision dans le trait, notamment dans les décors de cette ville d’Arizona. Cela apporte une véritable fluidité et facilite la lecture.
En résumé, l’histoire se termine sur un cliffhanger, et il me tarde de découvrir la suite. Cependant, on devine déjà qui sortira vainqueur à la fin. Comme dit la devise en fin d'album: « In Pump, we trust ! ».
Visiblement, cette BD porte le titre de la chanson la plus importante du XXème siècle selon le Time Magazine. Inculte que je suis, je ne connais pas du tout cette chanson étant pourtant un grand amateur. Il est vrai que ce n'est sans doute pas le même registre puisqu'il s'agit d'une chanson de jazz chantée par Billie Holiday en 1939.
En fait, cette chanson a été écrite en 1939 par Abel Meeropol, un enseignant juif de New York, qui a été profondément bouleversé par la violence raciste qu'il voyait dans le Sud. Il a écrit la poésie "Strange Fruit" et l'a mise en musique. La chanson a été popularisée par Billie Holiday lors de ses performances dans les clubs de jazz à New York, en particulier au Café Society.
Elle est célèbre pour son message puissant contre le lynchage et le racisme systémique aux États-Unis. La chanson décrit de manière poétique mais choquante des corps de personnes noires pendues aux arbres, utilisant la métaphore du "fruit étrange" pour évoquer ces actes de violence raciste.
La chanson a été reprise par de nombreux artistes comme Nina Simone, Joan Baez, et plus récemment, Billie Eilish. Elle reste un symbole fort du combat contre le racisme et pour les droits civiques. "Strange Fruit" est considérée comme l'une des premières chansons engagées dans le mouvement des droits civiques.
Son contenu brutal et son ton poignant ont permis de sensibiliser le public à la brutalité du racisme et de la violence raciste. Elle demeure une œuvre emblématique de la protestation artistique contre l'injustice.
Cette BD nous raconte non seulement l'histoire de son auteur Abel Meeropol mais également de celle qui l'a porté pour la première fois au chant Billie Holiday en imaginant une improbable rencontre des années après pour évoquer leur parcours respectif. Au-delà de la légende de cette chanson poignante, on se rend compte que celle-ci n'a pas qu'apporter du bonheur à ceux qui l'ont défendu dans un pays profondément divisé.
Un mot sur le graphisme : il confère toute son élégance à cet univers jazz grâce à des traits et une colorisation soigneusement travaillés pour créer une atmosphère distinctive.
C'est simple : j'ai adoré car tout est parfait dans la mise en scène. C'est réellement un sans faute. Je ne peux qu'accorder la note maximale qui est méritée. Je peux surtout vous la conseiller car sur le fond et la forme, c'est un must !
Je n'ai pas simplement aimé, j'ai adoré ! Je connaissais déjà le travail de ces auteurs à travers la série « Björn », mais je ne m'attendais pas à ce qu'ils s'aventurent sur des sentiers aussi fascinants.
Cette fois, nous quittons les légendes nordiques pour plonger au début du XXe siècle sur l'île de Pâques. Au cœur de cette intrigue, nous suivons l'imposant inspecteur Valverde, qui est, parait-il, l'ami du président chilien de l'époque.
L'île de Pâques, avec son isolement dans l'immensité de l'Océan Pacifique, est un lieu empreint de mystère. Elle abrite une civilisation qui a réussi à ériger d'énormes statues, véritables défis archéologiques qui continuent de fasciner.
Depuis 1888, l'État chilien exerce son autorité sur l'île, maintenant les autochtones dans une situation précaire. Dans un acte de rébellion, ils décident de se venger en tuant un notable britannique, gestionnaire d'une compagnie d'élevage de moutons qui soutient leur communauté.
Au début, je n'appréciais pas particulièrement l'inspecteur Valverde, cependant au fil du récit, j'ai fini par l'apprécier. Les personnages sont profondément travaillés sur le plan psychologique, offrant une richesse qui rend l'histoire d'autant plus captivante. Il faut savoir que la résolution de l'énigme policière ne sera pas vraiment l'élément central de ce récit car sa portée va bien au-delà. C'est franchement grandiose dans la mise en scène.
Quant au graphisme, il est à couper le souffle. Les paysages de l'île de Pâques sont magnifiquement rendus, ajoutant une dimension visuelle qui sublime l'ensemble. Rien à redire de ce côté là !
En résumé, je ne peux que recommander vivement cette BD. L'île de Pâques réserve encore bien des surprises !
Oh, Lenny est une bande dessinée qui capture habilement les défis de la vie à travers le regard d’une jeune femme prénommée June et qui semble être en mal d'amour. L'auteur Aurélien Maury nous plonge en effet dans le quotidien de cette jeune femme qui se débat avec les complexités de la vie et des relations sentimentales ou professionnelles qui ne sont pas au beau fixe.
Le récit se distingue par une certaine authenticité. June est un personnage dont les pensées et les émotions peuvent résonner avec ceux de nombreux jeunes lectrices. Sa quête d'acceptation et de compréhension est mise en lumière de manière touchante, abordant des thèmes universels tels que l’amour et la recherche de son épanouissement personnel. J'ai aimé également la montée en tension tout au long de ce récit.
Les illustrations de Maury sont simples mais efficaces, avec un style ligne claire qui accentue l’aspect émotionnel des situations vécues par June. Les expressions des personnages sont bien rendues, transmettant une gamme de sentiments allant de l'apaisement à la mélancolie. Bien que le style graphique ne soit pas particulièrement innovant, il sert bien le récit, permettant aux lecteurs de se concentrer sur l’histoire et les thèmes abordés.
L’intrigue évolue avec un rythme plutôt lent. Cependant, certains passages peuvent sembler un peu prévisibles, et l'exploration de certains thèmes aurait pu être approfondie de manière un peu plus efficace.
Cela dit, je n'ai pas trop aimé le dénouement en queue de poisson. Même si on peut comprendre la position de June, cela ne méritait sans doute pas une telle vampirisation de son être par une infâme créature qui devait sans doute être une métaphore. Je ne sais pas si son compagnon méritait un tel traitement...
En résumé, Oh, Lenny est une bande dessinée assez spéciale qui n'honore pas toutes ses promesses. C'est une œuvre qui mérite tout de même d’être découverte, en particulier pour ceux qui cherchent une lecture authentique sur les relations humaines.
Depuis la femme à l'étoile, l'auteur Anthony Pastor continue sa quête de l'Ouest américain. On va suivre le jeune Billy qui vient de perdre sa mère lâchement assassinée. Il oscille entre deux pères au milieu d'une exploitation de bétail.
Encore une fois, l'auteur réussit un tour de force à savoir nous faire croire en ses personnages car il développe réellement leur psychologie sans tour de passe-passe. C'est crédible et on entre plus facilement dans le récit ayant pour cadre le western. Cela reste un antique drame psychologique à la base. Le reste n'est que décorum !
Graphiquement, c'est toujours aussi superbe car véritablement abouti que cela soit dans les décors de paysages grandioses ou dans les expressions des différents personnages. La colorisation est assez spéciale mais elle donne un très bon rendu.
J'ai remarqué également que la narration se montre beaucoup plus discrète que dans ces œuvres antérieures ce qui n'est pas pour me déplaire. On laisse avancer l'intrigue sans être littéralement assommé.
Au final, nous avons là un bon western mais on reste sur notre faim. Maintenant, je sais que l'auteur peut poursuivre sous un titre différent comme il en a l'habitude.
Nous avons un récit d'une rare maturité qui ne fera pas dans la joie et l’allégresse mais sans tomber non plus dans un côté trop larmoyant. On est clairement dans un registre assez dérangeant avec des thèmes forts et des personnages souffrant véritablement pour des raisons bien valables.
Un jeune garçon qui vient de sortir de prison après avoir purgé sa peine pour avoir tué le professeur qui a violé sa jeune sœur est accueilli par sa mère qui est rongée par la culpabilité de ne pas su avoir protégé ses enfants.
Oui, on nage en plein drame qui semble en faire des tonnes dans l'exagération. Il faudra bien s'accrocher car les choses vont un peu plus se compliquer avec l’émergence d'une jeune fille dans la famille déjà brisée.
J'ai beaucoup aimé ce graphisme malgré un trait plutôt sombre et charbonneux qui donne une réelle impression de paysages hivernales assez mornes. Par ailleurs, le dessin rend assez bien l'expressivité des personnages.
Pour le reste, on suivra ce récit sans perdre une miette car il faut dire qu'on est tout de suite pris dans la tension palpable de ce thriller psychologique qui s'annonce prometteur.
Je me suis rendu compte que j'avais déjà partagé mon avis sur le premier tome de cette série en 2023, mais je n'ai pas encore pris le temps de donner mon ressenti sur le second, qui vient clore ce manga court. L'un des points forts de cette œuvre est sen effet a concision : elle sait se développer sans s'étaler indéfiniment, ce qui est un véritable atout.
Pour rappel, ce manga raconte une belle et poignante histoire d'amour, mais avec une dimension dramatique captivante. L'amour entre les protagonistes est tragiquement limité à 300 jours, en raison d'un coup du destin implacable. Ce concept soulève des questions essentielles sur le temps, la vie et l'amour.
Ce deuxième tome, à la fois riche en émotions et en réflexions, nous plonge dans les derniers moments que notre héros doit encore passer avec sa bien-aimée. On ressent une véritable tension, mêlée à une douce mélancolie, alors qu'il doit apprendre à apprécier chaque instant malgré la fatalité qui pèse sur lui. La manière dont il choisit de disposer du temps qui lui reste pour vivre le plein amour est à la fois touchante et révélatrice de sa personnalité.
Masaki Kiritomo réussit à capturer l'essence de cet amour éphémère avec des illustrations délicates qui renforcent l'impact émotionnel de l'histoire. Les personnages sont bien développés et leurs interactions sont à la fois sincères et profondément humaines.
Bref, ce second tome de "300 jours avec toi" est une conclusion émotive à un manga qui mérite d'être découvert. Je recommande vivement cette lecture à ceux qui apprécient les récits d'amour authentiques, teintés de réalisme et de réflexions sur la nature éphémère de la vie. C'est une œuvre qui ne laisse pas indifférent et qui invite à une introspection sur nos propres relations et la valeur du temps. Le mot d'ordre : vivez pleinement !
Nous suivons les aventures d'un bourreau, un dénommé Jack Gilet. Héritier d'une lignée de bourreau, Jack s'est spécialisé dans l'exécution des animaux.
En effet, il faut savoir que les animaux sont également jugés par des tribunaux quand ils commettent de actes interdits par loi. La sentence est l'exécution capitale. Il faut bien un bourreau compatissant et Jack fait le job avec une certaine humanité.
Au niveau de l'album, l'auteur va nous faire osciller entre le burlesque et l'humour de certaines situations mais également le tragique avec ces mises à mort ridicule qui arrache le cœur des propriétaires.
C'est un récit qui poussera une réflexion sur la souffrance animale et mais également sur l'absurdité d'une telle pratique judiciaire qui n'a pas été exclusive qu'aux États-Unis mais également en Europe en des temps reculés. Pour certain, la loi est la loi et on ne s'embarrasse pas de certaines circonstances quand le mal est fait. Une truie par exemple ne doit pas dévorer un bébé.
J'ai été littéralement bluffé par une telle qualité graphique avec des paysages de l'Ouest américain plus beau que nature et des personnages assez expressifs. L'auteur parvient à retranscrire avec talent toute la délicatesse de l'histoire dans ses planches.
Quant au récit, il est plaisant à suivre Jack qui va faire des rencontres avec des personnages assez marquants que cela soit le petit garçon psychopathe, la jeune femme revancharde prêt à le tuer ou l'indien névrosé mais sage. J'ai beaucoup aimé la fin qui va dans le sens que l'on souhaitait.
Au final, c'est une excellente BD à découvrir avec une histoire tout à fait originale !
Le "Radeau de la Méduse" est une célèbre peinture réalisée par l'artiste français Théodore Géricault en 1818-1819. Elle représente un épisode tragique survenu en 1816, lorsque le navire français La Méduse a fait naufrage au large de la côte de l'Afrique de l'Ouest.
Après le naufrage, un radeau de fortune, où environ 150 personnes étaient entassées, a dérivé pendant plusieurs jours dans des conditions extrêmement difficiles. Beaucoup de ces survivants ont succombé à la faim, à la soif, ou à la violence. La scène peinte par Géricault capture le désespoir, la lutte pour la survie, et la tragédie humaine de cet événement.
L'œuvre est considérée comme un chef-d'œuvre du romantisme et est célèbre pour sa représentation dramatique et réaliste de la détresse humaine. Elle soulève également des questions sur la responsabilité, la justice et la condition humaine. La BD a véritablement réussit ce tour de passe-passe en restituant cette essence.
Certains chercheurs ou historiens soulignent que la scène de Géricault ne montre pas tous les individus impliqués ou victimes, et que beaucoup sont restés dans l'ombre, comme les survivants anonymes ou les victimes oubliées de cette catastrophe. L'auteur s'est faufilé dans cette brèche pour nous raconter un drame sans précédent.
Un mot sur le dessin de Gilles Cazaux avec un trait assez nerveux et expressif qui le caractérise. J'aime bien car cela colle à l'ambiance de cette tragédie. Les couleurs sont adaptés selon les scènes. On ne peut que tombe sous le charme !
L'oubliée du Radeau de la Méduse est souvent considérée comme la figure de la jeune femme représentée dans la peinture de Géricault, qui a été victime ou témoin de la tragédie. C'est cette BD qui va réparer cette injustice en nous racontant sa singulière histoire car il ne faisait pas être bon une femme sur un navire, et encore moins sur un radeau en perdition !
Au final, c'est un grand album que je suis heureux d'avoir découvert. J'ai bien aimé la fin où l'on enchaîne avec un autre tableau très célèbre qui va véritablement rendre hommage à cette oubliée du radeau de la méduse sous une autre forme qu'on imaginait pas.
Comme le titre semble l'indiquer, "I'm Fine" est encore une BD qui aborde les problématiques climatiques, un sujet qui, il faut le reconnaître, ne manque pas d'originalité. Cependant, alors que notre planète brûle et que les signes d'une crise écologique se multiplient, il est crucial de continuer à s'intéresser à cette question. Cette BD arrive donc à un moment où elle est plus que jamais nécessaire. Visiblement, elle est un peu passée inaperçue au sein de ce présent site malgré sa sortie il y a plusieurs mois.
Nous vivons à une époque où le président de la première puissance économique et pollueuse du monde déclare aux Nations-Unies que le réchauffement climatique est la plus grande arnaque de tous les temps. En France, comme le souligne l'auteur, le président Macron annonce une pause environnementale tout en décernant à Total, l'entreprise la plus polluante de notre pays, une légion d'honneur.
Ce contraste frappant met en lumière la déconnexion entre les discours politiques et les actions concrètes qui devraient être entreprises. Oui, il ne suffit pas pour une entreprise de montrer qu'on peut boire son café équitable dans un gobelet en carton et sans paille pour dire qu'on est éco-responsable avec une belle image de marque. Le greenwashing a encore de beaux jours devant lui.
Gaetan Gabrielle (qui vient de Dunkerque) réussit à mettre en exergue cette indifférence politique face à l'urgence climatique. À travers un récit accessible et engageant, il incite les lecteurs à réfléchir sur l'impact de leurs choix et l'importance de l'engagement collectif pour notre planète. La BD ne se contente pas de dresser un constat alarmant ; elle encourage également une prise de conscience et une mobilisation face aux enjeux environnementaux.
Cependant, il faut savoir que ce sont des petits sketchs de quelques cases montrant du doigt ceux qui polluent la planète ou qui ne font rien pour les arrêter. Macron ne sera pas épargné mais cela ne sera pas le seul. Cette BD pourra un peu énerver ceux qui le soutiennent encore. Pour autant, même si c'est traité sur le ton de l'humour, il y a certains faits d'actualité récente qui sont sans appel.
Le graphisme assez simpliste, à la fois percutant et évocateur, renforce le message de la BD. Les illustrations apportent une dimension visuelle qui capte l'attention et souligne l'urgence de la situation.
En conclusion, "I'm Fine" est une œuvre assez sympathique qui interpelle et rappelle avec force l'importance de s'engager pour un avenir durable. Je recommande cette BD à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre les défis actuels du changement climatique et qui cherchent à éveiller leur conscience sur ces questions cruciales. C'est un appel à l'action qui ne laisse pas indifférent et qui mérite d'être lu et partagé.
J'ai énormément apprécié cette BD centrée sur le thème du vin, un sujet qui me passionne en tant qu'amateur et collectionneur des fameuses gouttes de Dieu. L'auteur français Corbeyran, connu pour sa série « Châteaux Bordeaux » qui connaît un grand succès depuis des années, signe ici un one-shot qui continue de mettre en lumière le monde de l'œnologie, semble-t-il très en vogue actuellement.
Le dessin, bien qu'assez manga, possède une colorisation raffinée et un trait fin que je préfère particulièrement. Le rendu est tout simplement spectaculaire, notamment lorsqu'il s'agit de représenter les vignobles. La lecture en est d'autant plus agréable, notamment grâce à l'expressivité remarquable des personnages.
Concernant l'intrigue, on suit un fils de milliardaire plutôt débonnaire, qui peut paraître caricatural, mais il faut reconnaître que les fils à papa sont souvent tels qu'ils sont décrits sans que cela soit méchant. Progressivement, on apprend à apprécier ce personnage immature, surtout lorsqu'il commence à prendre les choses au sérieux : que ce soit dans sa relation amoureuse avec l'œnologue de son vignoble en France ou dans sa découverte du vin. Le récit aborde également la quête de sens, le désir de ne plus faire honte à son père, et la recherche de sa propre voie.
Il y a aussi un enjeu important autour de la production de bonnes bouteilles, qui ne doivent pas être déclassées par des critères stricts, notamment dans notre pays, tout en étant confronté à la problématique de l’expansion chinoise sur nos vignobles. On explore alors le côté chinois, avec une réflexion sur le racisme, qui, selon moi, n’a pas sa place dans cette situation. J’ai particulièrement apprécié une remarque d’un personnage suggérant que les Français pourraient être des escrocs raffinés, ce qui explique en partie la rigueur réglementaire excessive dans notre petit pays.
En tant que juriste, je ne peux que confirmer qu’il existe effectivement une inflation législative et réglementaire qui dépasse souvent l’entendement. Récemment, une petite commune rurale près de chez moi a menacé les conducteurs d’une amende de 135 euros s’ils ne coupaient pas leur moteur à l’arrêt, au motif de pollution et de danger pour la santé. Le vin, quant à lui, semble échapper à ces préoccupations !
Pour conclure, je recommande vivement la lecture de "Bordeaux Shanghai". Je regrette de ne pas l’avoir acheté, mais je n’ai malheureusement plus de place dans ma bibliothèque personnelle.
Nous retrouvons ici les fameux auteurs de la BD « Algues vertes » qui m'avait beaucoup marqué sur ce scandale qui touchait la plupart des plages de notre littoral. Il s'agissait d'une enquête assez approfondie qui ne manquait pas d'arguments assez percutants. Inès Léraud et Pierre Van Hove avait réalisé un travail d'enquêteur tout à fait remarquable.
Ils reviennent plusieurs années après avec "Champs de bataille" qui aborde une thématique complexe et souvent négligée à savoir le remembrement. Il s'agit du combat mené par les petits agriculteurs contre un système en pleine mutation. Ici, les champs de bataille ne se trouvent pas sur le front de guerre traditionnel, mais plutôt dans les champs labourés où se déroule une lutte farouche contre les conséquences du remembrement.
Le concept de remembrement, bien qu'essentiel à la modernisation de l'agriculture, est peu documenté dans notre histoire collective. Cette politique, mise en place après la Seconde Guerre Mondiale, a redessiné les terres agricoles françaises pour favoriser l'agriculture intensive.
En regroupant les parcelles, en rendant les champs accessibles aux machines et en éradiquant haies et talus, l'État a façonné le paysage rural au détriment de nombreux petits agriculteurs qui ont été les gros perdants. Beaucoup ont perdu la vie en se suicidant.
Cette BD met en lumière les perdants de cette réorganisation, ainsi que ceux qui, par leur résistance, tentent de préserver un lien authentique avec la terre. Elle dénonce les conséquences écologiques, sanitaires et sociales de cette politique qui, au nom de la productivité, a souvent oublié l'humain.
Graphiquement, le style est davantage illustratif, avec un trait austère qui, malgré des couleurs présentes, renforce l'ambiance sérieuse du récit. Cette approche visuelle, bien que moins flamboyante, sert quand même l'impact du message à faire passer.
Au final, j'ai bien aimé cette BD reportage très instructive qui offre, encore une fois, une réflexion poignante sur l'évolution des campagnes françaises et les sacrifices faits au nom de l'agriculture productiviste. Une lecture qui mérite d'être explorée pour mieux comprendre les enjeux contemporains liés à notre rapport à la terre.
Il est vrai que la série manga « Arte » s'est terminée plutôt joyeusement avec les retrouvailles tant attendues entre le maître et l'élève au sortir d'une guerre dévastatrice.
Nous avons encore droit à un tome bonus qui vient clore dignement cette saga. C'est un peu à la mode sur certaines séries de manga qui ont particulièrement bien marché. Je me rappelle de tel album bonus sur « les gouttes de Dieu » , « Death Note » ou encore « Vinland Saga ». Quelque part si vous suivre une série, vous avez envie de la compléter au maximum, non ? C'est en tous les cas ma démarche qui favorise le commerce autour d'un succès.
Maintenant il y a des bonus qui apportent réellement quelque chose de plus en complément du long récit s'étalant sur une vingtaine de tomes. Visiblement nous aurons droit, tout à la fin, à une sorte de préquelle intitulée « la fille de l'atelier » qui avait inspiré par la suite notre auteure Kei Ohkubo par rapport à sa série mère « Arte ». Bref, on va remonter à l'origine du projet. On s'aperçoit néanmoins que ce n'était pas trop abouti, non pas dans le dessin mais dans un scénario plutôt maladroit sur l'égalité homme-femme qui ne doit pas passer selon moi par une paire de gifle. A lire pour comprendre !
Il n'y aura pas que cette nouvelle mais 4 autres qui viendront former ce recueil d'histoire courte qui reflètent tout le talent de la mangaka. La première intitulée « la mariée du dragon » ne m'a pas du tout convaincu bien au contraire car c'est de l'heroïc fantasy assez niaise dans son développement avec tous les poncifs du genre manga. Désolé de le dire ainsi mais bon. La seconde nouvelle n'est pas mieux sur le marteau.
On se dit qu'elle a bien fait de ne pas le publier avant tant cela entacherait sa bonne réputation. A force de fouiller les tiroirs à des fins mercantilistes, on peut produire ce qui devrait pas.
Fort heureusement, les 3 dernières nouvelles vont en graduation pour relever le niveau car on sent alors la prédilection pour la période du moyen-Age et de la Renaissance italienne. Bref, on se rapproche un peu plus du chef d’œuvre qu'est « Arte ».
Passer d’un roman graphique sérieux à un manga ou un Batman, c’est comme changer de chaîne sans perdre le fil… facile et sans effort !
Ce n’est sans doute pas le meilleur titre de la série des Batman, mais il mérite néanmoins d’être exploré. Scott Snyder nous plonge dans un univers où la violence a pris le contrôle des rues de Gotham, et sa vision, bien que parfois radicale et réellement poussive dans la violence, parvient à capturer l’essence d’une ville en perdition.
L’une des forces de ce récit réside dans sa réinterprétation du personnage de Bruce Wayne. Plutôt que le richissime héritier que l’on connaît, Snyder nous présente un homme issu d’un milieu modeste, fils d’un enseignant et d’une assistante sociale. Ce choix audacieux ouvre la porte à une exploration plus profonde des traumatismes qui façonnent Batman. Ce Bruce Wayne, fauché et ingénieur en urbanisme, incarne un idéal différent, mais tout aussi déterminé à nettoyer Gotham de sa criminalité.
Graphiquement, Absolute Batman est un véritable régal pour les yeux. Nick Dragotta livre un travail remarquable, avec un trait maîtrisé et un découpage dynamique qui mettent en valeur l’intensité de l’histoire. Les planches sont visuellement frappantes, alliant beauté et puissance. L’aspect plus violent du Batman de Snyder se reflète aussi dans le chara-design, apportant une nouvelle dimension au personnage et à son univers. C’est un plaisir de voir à quel point cet univers graphique enrichit la narration.
Cependant, malgré ces atouts, certaines idées peuvent sembler saugrenues, et la radicalité de l'approche, bien que captivante, peut parfois donner l’impression d’être excessive. La violence omniprésente, bien qu’efficace pour établir l’atmosphère, peut également être un peu écrasante, risquant de détourner l’attention de l’intrigue principale. C'est l'aspect que j'ai le moins aimé car j'ai très vite été dissipé par les méandres du scénario.
Bref, c'est une œuvre qui, malgré ses défauts, réussit à offrir une vision originale et percutante du Chevalier Noir. La combinaison d’une narration audacieuse et d’un beau graphisme en fait une lecture incontournable pour les amateurs de comics, même si elle ne rivalise pas avec les sommets de la série. Snyder réussit à redéfinir le mythe de Batman, et c'est là que réside tout l'intérêt de cette version.
Oui, un accident majeur est malheureusement toujours possible où que l'on soit dans le monde. Après, il y a toujours de gens qui sont là pour nous dire qu’on aurait pu l'éviter comme si les pouvoirs publiques ne faisaient pas le maximum en termes de sécurité !
Ici, c'est pour se concentrer sur le fait que notre pays est le plus nucléarisé au monde depuis le choc pétrolier des années 70 où nos gouvernements ont fait le choix du tout nucléaire afin de ne pas dépendre du pétrole des pays arabes et assurer ainsi leur indépendance énergétique pour produire 75% de notre électricité.
L'auteur imagine alors une catastrophe qui pourrait se produire en versant dans le catastrophisme inspiré de Tchernobyl et Fukushima. Il faut avoir du recul pour se dire que ce sont sans doute des oiseaux de mauvais augure et que la vigilance des responsables de cette énergie permettra d'éviter un accident majeur.
Maintenant, on sait que les chantres que l'on n'écoute pas et qui prévoient des requins sur nos plages ont peut-être raison dans le fond. C'est tout le débat sur le danger du nucléaire et de la désinformation pour nous vendre une énergie propre et totalement maîtrisée. On aimerait y croire sincèrement mais il y a sans doute une différence avec la réalité dans un monde changeant en termes de catastrophe climatique.
Sur la forme, cette BD ne paye pas trop de mine faute à un dessin assez minimaliste et une présentation beaucoup trop simpliste. Les couleurs sont fades. Je pense que tout est dirigé pour nous présenter l'action. C'est dommage mais ce n'est pas à la portée de tous de savoir bien dessiner.
Evidemment, c'est le fond qui rattrape tout avec une thématique à la mode et qui divise singulièrement l'opinion publique. Il faut la lire car c'est intéressant et cela nous met en garde pour l'avenir surtout dans notre pays où le parc nucléaire commence sérieusement à vieillir.
Cette dernière BD signée par Chabouté, aurait pu nous plonger au cœur des paysages majestueux de l'Alaska. Ce ne fut pas le cas car certaines compagnies de voyages peuvent vous vendre un voyage puis faire faillite en même temps que le transporteur. C'est ce qui arrive à notre malheureux principal protagoniste qui s'est tellement isolé qu'il ne connaît même pas sa propre rue. Alors, aller en Alaska, cela représentait une espèce de rêve presque inaccessible !
En guise d'Alaska, il va plutôt découvrir sa propre rue en allant s'installer dans l'hôtel d'en face de chez lui. Oui, c'est assez peu commun comme démarche. Cependant, on va vite découvrir où notre auteur voulait en venir. Pas besoin de partir à l'autre bout du monde pour s'enrichir de connaissance du monde qui nous entoure.
Chabouté réussit à capturer cette dualité avec une finesse remarquable, et chaque case est un tableau qui évoque à la fois la grandeur et la fragilité de l’existence. En effet, son graphisme est à la fois délicat et puissant. L’utilisation de l’espace et des ombres en noir et blanc contribue à créer une atmosphère immersive. J'ai bien aimé également les petites touches de couleur qui vont apparaître progressivement à la fin de ce récit presque initiatique.
Cette œuvre aborde des thèmes profonds tels que la solitude ou le rapport social avec les autres sans jamais tomber dans le mélodrame. L'auteur parvient à évoquer des sentiments universels tout en nous transportant dans un cadre unique et inspirant.
J'ai beaucoup aimé cette conclusion avec le petit mot laissé par l'hôtelière qui parvient à observer et à comprendre la démarche étrange de notre héros, un peu comme nous lecteur. Une lecture incontournable à découvrir et partager !
Je poursuis l’enquête dans ce second tome de la "Trilogie berlinoise", qui s’avère riche en rebondissements et en tension.
Curieusement, j’ai préféré cette intrigue à la première, car elle porte une véritable dimension historique, notamment à travers la dénonciation de la stigmatisation d’une classe de population destinée à être éliminée. L’atmosphère d’horreur qui règne en 1938, alors qu’Hitler multiplie les provocations face aux Alliés pour s’emparer de nouveaux territoires en Europe après l’Autriche, donne tout son relief à cette toile de fond.
L’enquêteur, Bernie Gunther, revient avec son charisme atypique, oscillant entre cynisme et humanité. De simple détective, il se retrouve bientôt sous l’autorité des puissantes factions nazies, dont certaines se déchirent pour le pouvoir. Tout commence par une affaire de chantage apparemment banale, mais qui se mue rapidement en un complot impliquant même des dignitaires nazis.
Ce qui me plaît particulièrement chez Bernie Gunther, c’est sa personnalité singulière : il possède le charisme et les faiblesses d’un homme en prise avec un régime oppressant. Désabusé mais lucide, il parvient à survivre dans cet univers de violence et de trahisons en jouant habilement avec les codes du régime. Dans un monde qui se déchire, il faut savoir jouer avec ses propres règles pour survivre.
Je ne peux que souligner que cette BD est une œuvre d’une grande qualité, véritablement captivante. Elle s’impose comme l’une des meilleures séries du moment, à la fois par la profondeur de son contexte historique et par la finesse de son récit.
Cette série nous entraîne dans l’Allemagne de 1936 alors dominée par le parti national-socialisme avec Hitler comme chancelier. On se situe en pleine période des jeux olympiques qui devaient être le reflet publicitaire de la grande Allemagne.
Nous suivons surtout un détective privé spécialisé dans les disparitions qui étaient malheureusement très répandues en ces temps troublés. On sent la préparation à la guerre et l'épuration ethnique qui commence malheureusement en s'attaquant aux juifs et aux homosexuels.
Je n'avais encore jamais lu une BD à la fois historique mais qui se présente comme une enquête policière avec tous les codes du genre. Il est vrai que la toile de fond est quand même très particulière.
On se rend compte qu'il y a différentes factions qui luttent pour le pouvoir en interne et qu'on peut très vite disparaître même si on a la foi en Hitler. Notre détective ne goûte guère à cette idéologie nauséabonde et toute la difficulté est de voir comment il parvient malgré tout à progresser dans son enquête en déjouant les pièges tendues par exemple par la Gestapo.
C'est vrai que c'est très dense et particulièrement bavard mais ce n'est pas pour ne rien dire. J'ai vraiment apprécié cette immersion totale dans le 3ème Reich avec cette singularité du polar.
Je ne peux que recommander cette adaptation en BD du chef d’œuvre de Philip Kerr. Je tiens également à remercier mon collègue Antoine qui m'a gentiment prêté cette BD dans l'espoir qu'elle me plaise ce qui n'est jamais évident. Le voilà rassuré !
Voici une BD que je me suis achetée directement, qui surfe sur le succès des « Guerres de Lucas » en dévoilant les coulisses d'un célèbre film. Il s'agit bien évidemment des Dents de la mer, réalisé par le jeune Steven Spielberg, un ami de George Lucas.
Le tournage a eu lieu durant l'été 1974, alors que le film est sorti en 1975 c'est à dire il y a 50 ans ! Il est souvent considéré comme le premier blockbuster moderne, marquant le début de l'ère du marketing massif autour des films.
Le film est basé sur le roman éponyme de Peter Benchley, publié peu de temps auparavant. La production a rapidement commencé après le succès du livre. Elle a rencontré de nombreux problèmes, notamment des défaillances techniques avec le célèbre requin mécanique, surnommé "Bruce". Ces soucis ont entraîné des retards et des dépassements de budget.
Spielberg a aussi dû faire face à des conditions météorologiques difficiles et à des problèmes avec la mer. Bref, cette BD détaille toutes ces difficultés rencontrées, ce qui permet de mieux comprendre les coulisses de ce tournage.
En ce qui concerne le dessin, il est particulièrement expressif et dynamique, ce qui donne vie à chaque scène. Les illustrations capturent bien l'atmosphère de tension et de chaos sur le plateau, tout en rendant hommage à l'époque et à l'esprit du film. Les couleurs ainsi que les traits précis renforcent l'impact visuel, rendant cette BD non seulement informative mais aussi agréable à lire.
Spielberg a innové avec ses techniques de tension et de suspense, notamment en montrant le requin rarement à l'écran pour augmenter la peur. le montage, la musique composée par John Williams et la mise en scène ont tous contribué à créer une atmosphère de suspense intense.
J'ai bien aimé l'anecdote où par deux fois, le jeune Spielberg s'est fait chasser d'un plateau de tournage pour un film réalisé par le Maître Hitchcock. Ce dernier n'est pas présenté sous son meilleur jour le plus sympathique.
Le film a été un énorme succès commercial et critique, relançant la carrière de Spielberg et établissant de nouvelles normes dans l'industrie cinématographique. Encore une fois, c'est dans la douleur qu'on peut accoucher des meilleures choses !
Je ne peux que conseiller la lecture des mâchoires de la peur. Enfin, si vous aimez les dents qui grincent, c'est le livre parfait pour mordiller… euh, je voulais dire, pour se faire mordiller !
"La Vie secrète des arbres", adaptée de l'œuvre de Peter Wohlleben, nous invite à plonger dans un univers fascinant où les arbres, bien plus que de simples éléments du paysage, révèlent leurs secrets insoupçonnés. Cette BD, réalisée avec soin, mêle habilement information et illustration, créant une expérience immersive qui capte l'attention dès les premières pages tant le sujet sur les arbres peut s'avérer assez passionnant pour un néophyte.
L'originalité de cette œuvre réside dans sa capacité à faire passer un message écologique puissant tout en rendant accessible des concepts pourtant assez complexes. À travers un récit fluide et engageant, nous découvrons comment les arbres communiquent, interagissent et s'entraident, révélant ainsi un véritable réseau social souterrain. L'art de l'auteur, aux traits délicats et colorés, donne vie à ces géants silencieux, tout en accentuant le lien émotionnel que nous pouvons éprouver envers la nature.
Ce qui me frappe particulièrement, c'est la manière dont la BD parvient à éveiller notre curiosité et à susciter une réflexion sur notre rapport à l'environnement. En montrant les arbres comme des êtres vivants à part entière, elle nous rappelle l'importance de leur protection et de la préservation des écosystèmes.
Cependant, certains pourraient arguer que le format BD, bien que visuellement attrayant, peut parfois simplifier des enjeux plus profonds. Néanmoins, je pense que cet aspect contribue à rendre le sujet accessible à un large public, y compris aux plus jeunes, qui sont souvent la clé du changement à venir.
Au final, c'est une œuvre qui mérite d’être lue et partagée. Elle offre une belle introduction aux merveilles du monde naturel tout en incitant à une prise de conscience collective. Un coup de cœur pour les amoureux de la nature et les curieux en quête de connaissances !
"Electric Miles" nous transporte à Los Angeles en 1949, où l’ombre du passé et les rêves inachevés se mêlent dans un polar captivant. Fabien Nury, accompagné des magnifiques illustrations de Brüno, nous offre une œuvre qui oscille entre le roman noir et l’odyssée mystique, créant une atmosphère à la fois envoûtante et déroutante.
L’intrigue débute avec un agent littéraire idéaliste Morris Millman, dont les idéaux se heurtent à la réalité cynique du monde de l’édition. Sa rencontre avec un écrivain oublié, Wilbur H. Arbogast, hanté par sa propre disparition, donne naissance à une dynamique fascinante.
Le scénariste Fabien Nury réussit à explorer les thèmes de l’oubli et de la quête d’identité à travers des dialogues percutants et une narration qui maintient le lecteur en haleine. J'ai rarement ressenti une telle intensité grâce à une mise en scène quasi parfaite qui fait monter la tension en crescendo.
Les personnages sont finement construits, et leurs luttes internes résonnent profondément. L’écrivain, en particulier, incarne cette lutte contre l’effritement du soi et les souvenirs qui s’estompent. Leurs échanges sont imprégnés d’une mélancolie palpable, et chaque page nous plonge un peu plus dans leur univers complexe.
Le graphisme de Brüno apporte une dimension supplémentaire à cette œuvre. Son style, à la fois élégant et dynamique, capture parfaitement l’essence du Los Angeles d’après-guerre, tout en permettant aux visions hallucinées d’émerger avec puissance. Les jeux d’ombres et de lumières initiée par la coloriste Laurence Croix ajoutent une profondeur visuelle qui renforce le mystère et l’intensité de l’intrigue.
C'est une expérience de lecture qui va au-delà du simple polar. C’est une exploration des méandres de la mémoire et de l’art, où le réel vacille sous le poids des visions. Nury et Brüno réussissent à créer une œuvre qui interpelle, mêlant habilement suspense et introspection.
En conclusion, cette bande dessinée est un incontournable pour les amateurs de polar et de récits introspectifs. Cette BD ne se contente pas de raconter une histoire : non! Il invite véritablement le lecteur à s’interroger sur la nature de l’existence et la façon dont nos propres histoires se tissent dans le grand récit de la vie. C'est un véritable coup de cœur en ce qui me concerne ! Je vous invite à partager cette expérience unique.
Voici un comics signé par Clay McLeod Chapman qui nous plonge dans un univers post-apocalyptique désespérant, où la chute de l'humanité est à la fois un souvenir lointain et une réalité palpable. Situé 1000 ans après cette catastrophe, le récit explore les conséquences de nos choix passés et les luttes des entités survivantes dans un monde profondément transformé.
L'intrigue nous entraîne dans les méandres d'un petit groupe qui tente de se reconstruire, jonglant entre espoir et désespoir. Nous découvrons un monde où la nature a repris ses droits, mais où l'humanité doit faire face à ses propres démons, qu'ils soient internes ou externes. C'est d'ailleurs assez intéressant de découvrir comment des expériences hasardeuses mêlant des nanos-technologies pourrait détruire toute vie sur terre. Il faut dire que j'en avais pas vraiment conscience.
Le graphisme est à la fois coloré et évocateur. Les illustrations, riches en détails, capturent la désolation d'un monde ravagé tout en mettant en lumière la résilience des deux personnages principaux. Les jeux d'ombres et de lumière accentuent l'intensité des scènes, renforçant l'atmosphère sombre et pesante qui enveloppe cette œuvre.
Ce qui rend cette œuvre particulièrement captivante, c'est sa capacité à poser des questions profondes sur la nature humaine et notre rapport à l'environnement. Les auteurs ne se contentent pas de dépeindre une dystopie il nous confronte à nos choix actuels et à leurs implications futures. Cela pousse le lecteur à réfléchir sur le sens de l'humanité et la possibilité d'une rédemption malgré tout.
Au final, c'est une œuvre puissante qui incite à la réflexion. À découvrir pour tous ceux qui s'intéressent aux thèmes de la survie et de la résilience dans un monde en ruine. Un véritable coup de cœur pour les amateurs de récits dystopiques !
"Huis Clos", la dernière œuvre de Naomi Reboul parue en avril 2025, nous plonge dans l'univers de Lukas, un étudiant en art venu en Australie, qui décide d'entreprendre un voyage le long de la côte de ce pays qui constitue la plus grande île du monde. Ce périple, motivé par le besoin de prendre du recul avant son examen final, s'avère être bien plus qu'une simple escapade : c'est une véritable quête introspective s'appuyant sur un terrible drame de jeunesse.
L'auteure réussit à capturer la beauté et la diversité des paysages australiens tout en explorant les pensées et les émotions de son protagoniste. À travers ce voyage, l'étudiant se confronte à ses incertitudes, ses rêves et ses aspirations artistiques. Ce mélange de découverte personnelle et d'exploration géographique crée une atmosphère riche et immersive, invitant le lecteur à réfléchir sur sa propre vie et ses choix.
Evidemment, c'est la rencontre avec Paul, un jeune de son âge un peu bohême qui va être déterminante. C'est comme si la solitude rencontrait une espèce d'âme sœur également en perdition.
Le graphisme de Naomi Reboul est à la fois délicat et évocateur, rendant hommage aux paysages majestueux tout en mettant en lumière les réflexions intérieures de son personnage. Les cases se succèdent avec une certaine fluidité, permettant une lecture agréable et engageante.
Je dois dire que j'avais découvert il y a quelques années l'auteure à travers «Love me» qui m'avait déjà marqué par sa grande maturité avec son côté intimiste. Visiblement, c'est de mieux en mieux. Je ferai un peu plus attention à la parution d'une nouvelle œuvre car cela vaut le coup de lecture.
Bref, "Huis Clos" est une BD qui allie art de la photographie et introspection, offrant une réflexion sur le cheminement personnel et les défis de la jeunesse. Je recommande cette œuvre à tous ceux qui cherchent une lecture à la fois esthétique et émotive, capable de résonner au-delà des pages. C'est une belle invitation à prendre le temps de se connaître soi-même, tout en découvrant les merveilles du monde qui nous entoure.
Voici une œuvre un peu dérangeante et militante qui nous plonge dans l’univers d’une jeune femme passionnée par la photographie, véritable art qu’elle utilise pour réinventer et façonner le monde qui l’entoure. À travers son objectif, Aïda cherche non seulement à capturer des images, mais aussi à exprimer ses émotions et ses aspirations dans un univers qui lui semble souvent étouffant.
L’histoire commence alors que notre héroïne se sent piégée par une mère surprotectrice et des amis superficiels, qui freinent son épanouissement et limitent sa créativité. Ce cadre pesant la pousse à un tournant décisif de sa vie, où elle se retrouve au bord d’une rupture psychologique. Ce moment de crise est brillamment illustré par les émotions tourmentées de cette jeune femme, qui résonnent avec celles de nombreux jeunes adultes d’aujourd’hui.
La rencontre avec The Virus, un collectif artistique novateur, agit comme un catalyseur pour Aïda. Ce groupe représente non seulement une nouvelle façon d’appréhender l’art, mais aussi l’opportunité de se reconnecter avec elle-même et de redécouvrir son potentiel créatif. The Virus symbolise une forme de rébellion contre les normes établies, lui offrant l’antidote dont elle a tant besoin pour s’émanciper.
À travers le parcours d’Aïda, l’œuvre dépeint de manière poignante une génération immergée dans un monde numérique, où l’art et la créativité se heurtent aux attentes et aux pressions sociales. L’auteur Sergio Gerasi réussit à poser un regard critique sur notre société actuelle, mettant en lumière les défis auxquels font face les jeunes, tout en soulignant l’importance de l’art comme outil d'éveil des consciences et de libération personnelle.
Les illustrations accompagnent parfaitement le récit, avec un style visuel qui reflète l’intensité des émotions d’Aïda. Les couleurs vibrantes et les compositions dynamiques attirent le lecteur dans son voyage intérieur, enrichissant l'expérience narrative.
En somme, Aïda est une BD qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais qui invite à une réflexion profonde sur la créativité, l’identité et l’importance de l’art dans notre vie quotidienne et surtout à une révolution dans les mentalités.
Une œuvre touchante et inspirante qui saura toucher le cœur de nombreux lecteurs et c'est dans l'esprit d'un certain «Fight Club» mais au féminin.
Voici un roman graphique qui retrace la vie de passion et de combat d’une océanographe pionnière de l’écologie à savoir Anita Conti.
En effet, dès les années 30, elle lance l’alerte sur les dangers de la pollution des mers et de la surpêche. On peut affirmer qu'elle a été l'une des premières écologiste au monde à alerter sur certains dangers qui ont pris d'énormes propositions près d'un siècle plus tard. On ne peut qu'être admiratif devant ce regard visionnaire de l'évolution de notre monde.
C'est une femme qui est issue de la grande bourgeoisie et qui va trouver son passe-temps dans ce combat afin de se démarquer de son milieu. Elle ne s'est jamais souciée de bien gagner sa vie au point de terminer son existence en ne touchant aucune retraite et n'étant pas inscrit non plus à la Sécurité Sociale.
Il est vrai qu'elle est beaucoup moins connue que le Commandant Cousteau qui a fait progresser la cause océanographique. L'heure est désormais au biographie qui rétablisse le rôle des femmes comme pour réparer un injuste oubli. Cependant, cette BD ne les oppose pas du tout bien au contraire car c'est de leur collaboration mutuelle que progressera la cause.
Je retiens l'idée de penser différemment sur le non gaspillage des ressources alimentaires et sur le fait de pratiquer une sorte de culture des poissons dans des fermes aquacoles afin de nourrir la population. C'est véritablement le grand combat de sa vie depuis a première mission qui consistait à ramener du poisson en quantité face à la famine qui sévissait dans notre pays durant la Seconde Guerre Mondiale.
Au final, j'ai bien aimé cette biographie sur celle qu'on a surnommée la « Dame des mers ». C'est à découvrir !
Souvent quand je commence un titre de manga, je ne poursuis que rarement jusqu'au bout. La raison est simple : je n'ai plus trop de temps à m'investir dans des œuvres interminables qui multiplient les tomes à n'en plus finir. Il faut vraiment que le sujet en vaille la peine comme la fin du système.
Cependant, le titre est un peu trompeur car ce n'est pas un manga révolutionnaire qui va bouleverser l’ordre établi. C'est un peu comme une tempête dans un verre d'eau alors qu'il s'agit tout simplement de mettre fin à un système mafieux de gens mal intentionnés qui utilisent le capitalisme par cupidité en faisant de pauvres victimes.
L'auteur nous plonge littéralement dans un cours mêlant la politique et l'économie pour dénoncer un système qui profite aux puissants de ce monde. Le scénario est si entraînant car bien ficelé. Le lecteur est littéralement aspiré par ce récit de façon assez jubilatoire d'autant que le graphisme est plutôt agréable dans sa simplicité du trait.
En effet, notre héros décident de retourner les armes contre ceux qui sont à l'origine de l’appauvrissement des autres. Il va s'attaquer à un homme à l'origine d'un système pyramidale de style MLM (multi-level marketing) pour s'apercevoir qu'il n'était qu'un rouage victime d'un autre encore plus vaste.
J'ai trouvé la démonstration assez complète et menée de façon magistrale et convaincante. Pour ma part, je ne tomberais jamais dans le piège mais il faudrait le diffuser à des jeunes croyant à l'argent facile sans se rendre compte qu'ils se feront plumer à leur tour.
Oui, pour aboutir à la fin du système, il y aura encore beaucoup de boulot à accomplir !
"Les 5 terres" est sans doute l'une des séries les plus ambitieuses de ces dernières années, se plaçant dans la même veine que le cultissime "Game of Thrones". Ce tome 16 nous plonge en pleine troisième saison, autour du formidable monde des ours, qui se lancent dans la conquête d'Angléon. Un défi de taille, qui promet des aventures épiques !
Le scénario est toujours aussi soigneusement élaboré. Je regrette simplement l'absence de rebondissements majeurs comme on pouvait le constater dans le premier cycle. Il y a certes toujours un événement dans chaque tome comme la mort brutal d'un personnage. Cela relance ainsi le suspense et l'intérêt du lecteur.
L'univers d'Arnor se révèle fascinant, riche en détails et en intrigues, et nous y découvrons des dynamiques complexes entre les différentes factions. Il y a beaucoup de dialogues entre soldats afin de comprendre les enjeux. Cependant, ce qui fascine vraiment, c'est la manœuvre de la reine des félins vis à vis du futur héritier des ours.
Le graphisme est également exceptionnel. Les décors sont méticuleusement travaillés, créant une atmosphère immersive, tandis que les personnages anthropomorphes sont dessinés avec une grande précision, ce qui les rend à la fois vivants et attachants. La qualité artistique de cette série est un véritable atout, et il n’y a aucune baisse de régime en vue de ce côté là.
Pour conclure, ce dernier tome continue de captiver et d'émerveiller par sa narration riche et son graphisme de haute volée. C'est une lecture essentielle pour les amateurs de fantasy qui recherchent une aventure épique et un monde complexe à explorer. Je recommande vivement cette série pour sa qualité .
J'avais déjà entendu parler du syndrome de Stockholm, mais je n'avais jamais été exposé au concept de "syndrome Italie". Il semble que chaque pays ait ses propres spécificités et défis, et cette bande dessinée met en lumière un phénomène peu connu, mais profondément touchant.
Une nouvelle expression a fait son apparition dans la presse roumaine : le « syndrome Italie ». Ce terme décrit une forme particulière de dépression qui touche les femmes d'Europe de l'Est parties travailler comme aides à domicile dans des pays d'Europe de l'Ouest, avec l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne en tête. À travers ce récit, l'auteur nous invite à examiner la réalité de ces femmes qui, en quête d'une vie meilleure, se retrouvent souvent confrontées à un isolement émotionnel et à une situation précaire. Nous suivons le parcours d'une femme qui abandonne ses enfants en partant seule en Italie pour gagner de l'argent et le renvoyer au pays.
Il est facile de penser que ces femmes pourraient simplement choisir de rester dans leur pays d'origine pour éviter de telles désagréments, mais la réalité est souvent plus complexe. Les raisons qui les poussent à migrer sont variées et parfois tragiques. Cette bande dessinée nous aide à comprendre leurs luttes et les sacrifices qu'elles font, tout en révélant les nuances de la vie des immigrés dans un contexte souvent méconnu.
Le récit est certes à la fois instructif et poignant, porté par un dessin assez simple, mais finalement agréable. Ce style graphique, loin d'être superflu, renforce l'impact émotionnel de l'histoire et permet au lecteur de se concentrer sur les expériences du personnage principale à savoir une femme roumaine.
Au final, c'est une lecture enrichissante qui ouvre les yeux sur des réalités parfois ignorées. Je recommande cette BD à tous ceux qui s'intéressent aux thématiques de l'immigration, de la condition féminine et des défis contemporains auxquels font face les femmes d'Europe de l'Est.
A noter que l'auteure italienne Elena Mistrello a fait parler d'elle dans la récente actualité car les autorités l'ont expulsé de notre territoire alors qu'elle venait pour un festival de BD. En effet, elle constituait soi-disant une menace grave pour l'ordre public de notre pays : rien que cela ! De nos jours, il n'en faut pas beaucoup pour peu qu'on défende certaines idées.
Bastien Vivès est tombé en disgrâce depuis sa mise en examen pour apologie de la pédocriminalité, inceste et viol. Rien que cela ! Certains lecteurs ont pris le parti de le boycotter. Je ne suis pas dans cette démarche tant qu'il n'y aura pas de condamnation officiellement reconnue par la Justice. Cependant, même celle-ci peut parfois se tromper à défaut de se déclarer territorialement incompétente...
Voici Lune de miel, l'une de ses dernières créations qui surfe un peu sur la vague de la reprise de Corto Maltese. Nous faisons la connaissance de Sophie et Quentin qui prennent quelques jours de vacances pour visiter les îles grecques loin du boulot et des enfants afin de rompre avec leur quotidien.
Tout dans le scénario et même dans le graphisme rappelle les séries des années 89 et 90. Nous voilà alors replongés en arrière ce qui ravira les plus anciens lecteurs nostalgiques d'une certaine époque avec des aventures assez légères au niveau du scénario.
Moi, je me définis plutôt comme le tenant d’une BD plus résolument moderne et ce, malgré mon âge qui devient plus avancé au fil des années. Il est vrai que je n'ai jamais trop aimé les vieux jeunes. Cependant, je ne renie pas les apports incontestables du passé qui ont contribué à l'éclosion de cette BD dite plus moderne.
On est dans le registre de l'aventure un peu comme « A la poursuite du diamant vert » et son rythme assez effréné ce qui n'est pas pour me déplaire. On trouve même des dialogues plus mâture que d'habitude. Bref, il y a quand même de la matière derrière cette apparente légèreté.
Au final, on passera un agréable moment de lecture qui nous fait revenir à notre point de départ à savoir le talent indéniable de l'auteur malgré tout.
Voici une oeuvre qui nous plonge dans un univers à la fois poétique et brutal, explorant les thèmes de la mémoire, de l'identité et de la résilience humaine. L'auteur, le talentueux Krassinsky, nous entraîne dans un récit où la nature et l'homme cohabitent, mais parfois s'opposent.
L'histoire suit un protagoniste dont le parcours est marqué par des épreuves et des souvenirs enfouis, évoquant une quête de soi à travers les paysages à la fois majestueux et hostiles.
Je n'ai pas été totalement convaincu par ce récit bien que j'aime beaucoup cet auteur qui a fourni de très beaux titres par le passé (notamment « Le crépuscule des idiots »). En effet, j'ai trouvé la narration parfois un peu pesante et surtout beaucoup de longueur qui ont ralenti le rythme de ce très long récit.
Par contre, le graphisme est un véritable régal pour les yeux. Les illustrations, à la fois détaillées et organiques, capturent l’essence même des éléments naturels et des émotions humaines. Les nuances de couleurs qui traversent les planches créent une ambiance palpable, alternant entre douceur et tension, tout en renforçant les thèmes centraux de l'œuvre.
Ce qui rend cette BD originale, c'est sa capacité à mêler le réel et le symbolique dans cet univers chamanique. Les éléments de la nature polaire, la pierre et l'os, deviennent des métaphores puissantes, évoquant la dureté de l'existence tout en soulignant la beauté de la vie. L'auteur réussit à nous interroger sur notre propre rapport à la mémoire et à la nature, nous incitant à réfléchir sur les traces que nous laissons derrière nous.
Bref, c’est un voyage introspectif à travers la beauté du monde et la fragilité de l’être humain et qui peut s'apparenter à une véritable ode à la vie et à la mémoire. Cela reste une expérience à découvrir pour tous ceux qui cherchent à explorer la profondeur de l'âme humaine. Cependant en ce qui me concerne, la magie n'a pas vraiment opérée car je suis resté un brin hermétique. Cela sera sans mieux pour la prochaine fois !
Hunt, le jeu du loup garou se situe absolument dans la même veine que les mangas d'écoliers jouant à des jeux un peu dangereux et ceux malgré eux. Cela pourrait être un énième ersatz de King's Game, Judge, Death Note, Doubt ou encore les très récents Sky-High Survival et Jeux d'enfants. Un de plus. Une partie de Loup-Garou mais où il faut vraiment éliminer ses adversaires, ça vous dit vraiment ?
Maintenant, je vais essayer d'avoir un regard tout à fait objectif sur cette série. On passe un bon moment de lecture horrifique car la trame tient debout malgré quelques incohérences et des réactions de personnages assez mitigées.
L'efficacité dans la mise en scène semble incontestable car c'est fluide. On entre d'ailleurs tout de suite dans l'histoire de ce jeu macabre sans véritable introduction. Intrigue et suspens seront bien au rendez-vous !
Le graphisme paraît assez soigné dans son minimalisme une amélioration progressive du trait au fur et à mesure de l'avancée du récit. On voit également un effort réalisé dans les décors ce qui n'est pas négligeable.
A noter qu'il s'agit d'une nouvelle édition intitulée « complete édition » parue en 2025 qui regroupe les 3 tomes parus en 2016-2017 en un seul gros volume. C'est pas bête comme idée ! Pour autant et comme dit, le genre n'est plus très à la mode après une exploitation sans fin.
En conclusion, c'est plutôt bien réalisé avec un final quand même assez magistral. Il ne manque juste que l'originalité sur un sujet que les mangakas ont déjà archi exploités et qui devient à force un genre avec ses variantes. J'appellerais cela le « survival game » ce qui pourrait faire l'objet d'un thème à part dans une de mes prochaines listes.
Rose § Crow est un récit initiatique captivant qui explore les méandres de l'adolescence. Au cœur de l'histoire se trouve l'éclosion d'une fleur mystérieuse, capable de se métamorphoser en ronces, symbolisant l'ambiguïté et la complexité de la nature humaine. Au-delà de cette métaphore, c'est avant tout une histoire d'amour qui se dessine.
Rose, dotée d'un pouvoir magique lui permettant de donner vie à des plantes, se retrouve rapidement confrontée à l'aspect sombre de son don, alors que ses créations se transforment en ronces envahissantes et menaçantes.
Élevée par un grand-père strict qui lui interdit d'utiliser ses capacités et refuse de lui parler de ses parents, Rose est plongée dans une spirale de frustration. Pour trouver des réponses, elle se tourne vers Crow, un personnage ambivalent et mystérieux, dont la relation avec elle s'épanouit dans un contexte d'incertitude.
La série a démarré en 2021 et il y a déjà 5 tomes à ce jour. A noter que c'est la première série de la dessinatrice Lise Garçon. Au scénario, c'est Amélie Sarn qui est aux commandes et elle a déjà pas mal d'expérience en la matière pour avoir déjà collaboré à quelques séries en one-shot.
Cette bande dessinée présente un récit riche et intrigant, mais il est important de noter qu'elle n'atteint pas sa pleine mesure sans la lecture des tomes suivants. Les graphismes sont remarquables et les personnages, bien développés, laissent entrevoir de belles promesses pour la suite de l'histoire.
Rose § Crow reste une œuvre à découvrir, qui incite à poursuivre l'aventure pour en saisir toute la profondeur.
J'ai beaucoup apprécié ce shojo qui se distingue quelque peu de la moyenne. Il est vrai que je ne suis pas trop un amateur de ce genre que je trouve souvent très naïf.
On pourrait penser que le titre fait référence à un personnage souffrant d'un syndrome de Peter Pan mais ce n'est absolument pas le cas. Il s'agit plutôt d'une lycéenne de 15 ans à savoir Sachi qui tombe enceinte précipitamment après avoir fait l'amour avec un garçon du même âge, ami d'enfance.
C'est tout le problème de ces jeunes mères qui doivent faire face à la venue précipité d'un enfant pour faire face à leur obligation alors que ce n'était pourtant pas vraiment le bon moment. Le manque de maturité peut conduire parfois au déni.
Oui, à 15 ans, la vie peut basculer assez rapidement si on ne prend pas toutes les précautions nécessaires. C'est un récit captivant, car il explore une variété d'émotions et les questionnements engendrés par l'annonce d'une grossesse.
En ce qui concerne le graphisme, il est à la fois délicat et expressif. Les personnages sont bien dessinés, avec des traits qui reflètent leurs émotions de manière saisissante. Les décors, bien que simples, ajoutent une touche de réalisme à l'univers du manga. Les illustrations transmettent parfaitement la tension et la douceur des moments, ce qui renforce l'impact de l'histoire.
Au final, un titre à découvrir sur un sujet souvent tabou !
Ce titre nous rappelle de manière poignante que, dans l'eau, les poissons n'ont pas la capacité de pleurer. Cette idée soulève une certaine empathie pour ces créatures qui, malgré leur malheur, n'ont pas le moyen d'exprimer leur souffrance. Ceci est évidemment une métaphore pour les pauvres africains subissant une certaine violence des multinationales étrangères.
Bien que l'histoire soit inspirée de faits, de lieux et de situations réelles, elle reste une fiction, fruit d'un séjour immersif à Gunjur, en Gambie, entrepris par les auteurs. Depuis 2016, l'usine Golden Lead, une entreprise chinoise spécialisée dans la fabrication de farine de poisson, a fait son apparition sur les plages de Gunjur, bouleversant la vie des habitants. On va suivre le destin d'une famille confrontée aux néfastes conséquences de cette installation.
Le récit met en lumière la misère et l'exploitation des pêcheurs gambiens, qui doivent se plier aux exigences d'un capitalisme effréné et destructeur. À travers ce prisme, l'album se présente comme un véritable reportage militant, témoignant de la surpêche le long des côtes atlantiques d'Afrique et des conditions de vie difficiles des laissés-pour-compte du développement mondial.
Graphiquement, le travail de Jean-Denis Pendanx se distingue par un style tout en aquarelle qui évoque magnifiquement l'Afrique. Ce choix artistique renforce l'authenticité du récit qu'on n'aura pas de mal à suivre.
En conclusion, nous avons là une BD assez touchante que j'ai bien aimé car elle offre une réflexion nécessaire sur les réalités souvent ignorées de la mondialisation et de l'exploitation des ressources dans les pays africains. Une lecture également essentielle pour quiconque s'intéresse aux questions sociales et environnementales.
Nous retrouvons la suite d'une œuvre d'Agnès Martin-Lugand que j'avais beaucoup aimé il y a quelques années à savoir « Les gens heureux lisent et boivent du café » où nous avions suivi une jeune et belle héroïne qui s'était réfugiée en Irlande après avoir perdu sa fille et son compagnon dans un accident.
Elle avait bien rencontré un homme là-bas qui l'avait aidé à se reconstruire mais visiblement, c'est de l'histoire passée car nous la retrouvons en France à la tête de sa librairie parisienne avec son meilleur ami Félix qui essaye de la caser à tout prix ce qui ne sera pas chose aisée.
Au niveau graphique, l’illustration, colorée et expressive, renforce le sentiment de légèreté et d'un peu d'optimisme, rendant la lecture agréable et engageante malgré les épreuves à traverser car il y en aura encore un petit peu...
J'ai beaucoup aimé malgré le fait qu'on peut quand même s'interroger sur les choix de Diane qui après avoir rencontré l'homme de sa vie va retomber dans les bras de son passé amoureux. Bref, il faut savoir que l'amour ne se commande pas.
Cependant, certains pourraient souhaiter une exploration plus approfondie de ces problèmes, mais l'auteur choisit délibérément de garder un ton léger, ce qui fait toute la magie de la BD. Elle parvient à transmettre des messages positifs sans tomber dans le pathos, ce qui est un véritable tour de force.
En conclusion, c'est une lecture réconfortante qui rappelle que, malgré les aléas de la vie, il est essentiel d'avancer et de faire les bons choix et surtout de ne pas se laisser abattre. Une œuvre à partager avec ceux qui traversent des moments difficiles, mais aussi avec tous ceux qui ont besoin d'un petit encouragement au quotidien. Un vrai coup de cœur en ce qui me concerne !
"Vipère au poing" est une adaptation de l'œuvre littéraire éponyme d'Hervé Bazin, est une bande dessinée qui plonge le lecteur dans l'univers complexe et souvent troublant d'une enfance marquée par la tyrannie maternelle. Cette œuvre, riche en émotions et en réflexions, réussit à retranscrire avec justesse la tension et la révolte qui caractérisent le récit original.
Je me souviens avoir vu le film quand j'étais très jeune avec une actrice que j'aimais bien à savoir Alice Sapritch pour les anciens qui connaissent. Cela m'avait marqué de savoir que des enfants peuvent avoir de mauvaises mères ce qui n'est pas le cas de tout le monde en règle générale...
L'illustration, à la fois puissante et évocatrice, capture l'intensité des sentiments des personnages. Les traits expressifs et la palette de couleurs choisie renforcent l'atmosphère sombre et pesante de l'histoire. Chaque case devient un miroir des conflits intérieurs, des douleurs et des espoirs d'un jeune garçon face aux exigences d'une mère écrasante.
Le point fort de cette œuvre, c'est sa capacité à aborder des thèmes profonds tels que la famille, la rébellion et la quête d'identité. La voix narrative, à la fois désabusée et lucide, permet de ressentir toute la profondeur de la souffrance et du désespoir, mais aussi la résilience de l'esprit humain. L'adaptation réussit à conserver l'essence du texte original tout en offrant une nouvelle perspective grâce au format graphique.
Certes, certains lecteurs pourraient trouver que la BD ne parvient pas à capturer entièrement la richesse des détails présents dans le roman. Néanmoins, ce choix d'adaptation visuelle permet de toucher un public plus large et d'attirer ceux qui pourraient être intimidés par un récit littéraire plus dense ce qui est manifestement mon cas.
En conclusion, on peut retenir que c'est une œuvre poignante qui mérite d'être lue, qu'il s'agisse d'une première découverte ou d'une relecture pour les fans du roman. C’est une adaptation qui interpelle et qui invite à la réflexion sur les relations familiales et les cicatrices que celles-ci peuvent laisser. Une BD incontournable qui allie art et émotion avec brio.
Voici pour moi une séance de rattrapage par rapport à une BD dont j'ai loupé le coche de sa publication en 2019. Cela m'arrive parfois car on ne peut pas tout lire.
Hot Space nous plonge dans un univers futuriste riche en couleurs et en actions. L'histoire suit une héroïne assez excentrique qui ne se laisse pas faire et qui navigue dans des paysages interstellaires à la fois fascinants et déroutants. On peut dire que c'est une œuvre qui réserve la part belle aux femmes pour une fois avec en prime, les hommes qui se font buter.
L'illustration est l'un des points forts de cette œuvre, avec des visuels vibrants qui capturent parfaitement l'essence de cet espace parfois inquiétant. Le dessinateur a réussi à créer une atmosphère immersive qui transporte le lecteur dans un monde aride et surtout dépaysant. On sent également l'influence Moebius...
Le scénario, tout en étant divertissant, aborde des thèmes profonds tels que l'identité, l'appartenance et les luttes internes sur fond de crise diplomatique. Les personnages sont bien développés, chacun apportant une perspective unique qui enrichit le récit. Les interactions offrent un savant équilibre entre humour et violence.
Cependant, certains passages peuvent sembler un peu trop denses, ce qui pourrait dérouter le lecteur. Malgré cela, Hot Space réussit à captiver par son audace narrative et son esthétique saisissante.
En somme, c'est une œuvre qui mérite d'être découverte, tant pour son visuel que pour ses réflexions sur la condition humaine dans le cadre d'une planète sauvage.
Le pitch de ce manhwa est assez intéressant pour nous indiquer qu'une entité s'est réincarnée en de multiples espèces pour acquérir un grand pouvoir. Il se réincarne cette fois-ci en homme mais avec pour objectif de détruire la race humaine qui menace la Terre. Il fallait s'y attendre à un moment donné...
Voilà, on verse dans le récit typiquement avec une consonance écologique ce qui peut qu'être positif dans la mesure où cela appelle à la vigilance de chaque être humain qui peuple la planète dont il faut prendre soin.
Mais bon, je sais très bien que la planète nous survivra même si nous détruisons tout par l'arme atomique car des millions d'années après, il n'y aura plus de traces du passage de l'homme. En réalité, c'est l'espèce humaine qui est menacée et non la planète.
Cette entité va découvrir le sentiment maternel ce qui peut le faire réfléchir sur ce que signifie l'amour et la protection. Cependant, cela ne l'empêchera pas de haït de toutes ses forces notre espèce au point de vouloir l'éradiquer. Peut-on lui donner tort ? C'est sans compter sur toutes les autres bonnes âmes qui souhaitent vivre paisiblement et en respect avec la Nature. Il suffit juste de faire la distinction. En sera-t-il capable ?
J'ai bien aimé le graphisme ainsi que la colorisation tout au long de ce manhwa. Il y a également de l'expressivité dans le visage des différents protagonistes. Il est dommage que cela soit manichéen par moment au point de désigner les êtres dont on souhaite se débarrasser d'être de vulgaires communistes. On sent une imprégnation très sud-coréenne menant une aversion sans limite pour son voisin du nord sans que cela ne soit
Au final, une œuvre à découvrir de façon assez jubilatoire si on souhaite également détruire notre espèce, en tout cas ceux qui ne le méritent pas.
Ce quatrième tome poursuit l'intrigue captivante des meurtres de jeunes filles lâchement assassinées dans l'Empire aztèque, 50 ans avant l'arrivée des conquistadors espagnols. Ce cadre historique est non seulement intrigant, mais il nous plonge également dans une période riche en mystères et en tensions et qui est assez peu connu du grand public.
Dans ce tome, nous voyons Œil-Lance et Serpent, deux personnages aux trajectoires opposées, unir leurs forces malgré leurs différences et les rancœurs accumulées au fil des années. Cette collaboration inattendue ajoute une dimension émotionnelle à l'histoire, enrichissant le récit de conflits internes et de rédemptions potentielles.
Le dessin de Hub atteint ici son apogée. Chaque page est un véritable festin visuel, débordant de détails qui mettent en valeur la splendeur et la complexité de cette civilisation aztèque. Les scènes sont à la fois dynamiques et riches en atmosphère, permettant au lecteur de s'immerger complètement dans cet univers.
À noter qu'il s'agit sans doute de l'avant-dernier album de la série qui parvient à nous donner un élément de réponse assez important dans la résolution de cette enquête assez palpitante. En effet, les révélations, les tensions et les moments de réflexion se combinent pour offrir une conclusion satisfaisante et mémorable.
En conclusion, "Le Serpent et la Lance" tome 4 est une lecture incontournable pour les amateurs à la fois de polar mais d'histoire pré-colombienne. Je recommande vivement cette série à ceux qui recherchent une aventure riche en émotions et en découvertes.
Hub l'auteur m'avait déjà convaincu par "Okko" et pour la petite historie, j'avais eu l'occasion de le rencontrer jadis dans un festival à Strasbourg. Quel chemin parcouru depuis !
Ce quatrième et dernier tome du Château Des Animaux continue d'explorer l'univers riche en intrigues et en personnages anthropomorphiques d'une ferme gouvernée par un dictateur. Inutile de rappeler que c'est librement inspiré par la ferme des animaux de George Orwell, une oeuvre majeure de la littérature.
L'auteur Xavier Dorison maîtrise parfaitement l'art de mêler suspense et émotion, transportant le lecteur dans un environnement où loyauté, trahison et quête de pouvoir se côtoient. On se rend compte que le processus électorale peut être totalement biaisé pour conserver ce fameux pouvoir avec des promesses qui ne seront pas tenues. C'est le propre de pas mal de politiciens à travers le monde...
Les illustrations sont particulièrement expressives, mettant en valeur la tension dramatique de l'intrigue et donnant vie à chaque scène avec dynamisme. La mise en page habile, avec des plans variés, contribue à maintenir un rythme soutenu, tout en permettant au lecteur de prendre le temps d'apprécier chaque scène. C'est un excellent travail graphique par un dessinateur prometteur pour l'avenir.
L'intrigue, dense et captivante, invite à une réflexion sur le pouvoir et sur la nature humaine au niveau des foules qui peuvent suivre aveuglément un tribun. La question centrale autour du sang du roi et de ses implications ouvre des pistes de réflexion intéressantes sur la légitimité et la corruption au sein même du pouvoir.
Ce tome constitue une fin de série véritablement à la hauteur des attentes, riche en émotions et en réflexions. C'est une conclusion qui laisse une trace durable dans l’esprit du lecteur. Je suis content de l'avoir acheté.
La Tempête est une BD qui nous plonge dans un récit riche en émotions et en tensions. Les auteurs, Le Galli et Héloret, réussissent à créer une atmosphère assez intense, s’inspirant habilement des thèmes classiques tout en y ajoutant une touche qui fait un peu vieillotte pour coller aux dialogues bretons d'autrefois.
L’illustration est un véritable point fort de cette œuvre, avec des dessins qui rendent hommage à la puissance de la nature et à la complexité des relations humaines. Les planches sont magnifiquement composées, illustrant à la fois la beauté et la violence des éléments, renforçant le sentiment d’urgence qui traverse toute l’histoire.
Le scénario explore des thèmes de lutte, de survie et de résilience face à l’adversité. Les personnages sont profondément humains, avec des motivations et des faiblesses qui les rendent crédibles mais pas forcément attachants. On ressent leur douleur, leur espoir et leur détermination tout au long du récit.
Cependant, certains lecteurs pourraient trouver que le rythme fluctue par moments, avec des passages qui mériteraient d'être davantage développés. Cela dit, La Tempête parvient à captiver grâce à son expérience visuelle et narrative immersive .
A noter qu'on pense avoir vécu la tempête du siècle alors que celle-ci s'est déroulée en septembre 1930 prenant au piège des centaines de bateaux de pêcheurs dont beaucoup ne reviendront pas vivant au port.
Bref, cette lecture offre une réflexion sur notre rapport à la nature quand elle se déchaîne.
Je n'avais pas lu le précédent opus de ce duo d'auteur Xavier et Matz intitulé « Le serpent et le coyote » et qui était dans le même genre à savoir un western moderne sous l'angle polar se passant dans les années 70. Idem en l’occurrence avec ce récit nous plongeant au cœur du désert du Nouveau-Mexique.
Chuck qui sorti de prison souhaite aller récupérer son magot qu'il a caché dans une bourgade fantôme au milieu de grandes étendues sauvages de l'Ouest américain. On peut dire que l'histoire sera assez prenante avec sa tension palpable et ses rebondissements.
Le trait réaliste de Xavier parvient à sublimer ce récit avec ses cases contemplatives notamment dans les décors de ce road-trip à travers plusieurs états américain comme le Montana, le Wyoming, le Colorado et surtout le Nouveau-Mexique. Il y a certes un dynamisme du trait assez présent dans les scènes d'action. En résumé , on peut dire que l'ambiance mi-western, mi-polar est parfaitement rendue.
Bref, c'est assez cinématographique dans son ensemble comme à chaque fois avec les productions de ce duo d'enfer. C'est un polar à lire bien évidemment le temps de passer un bon divertissement de lecture procurant un peu de plaisir.
Il est toujours intéressant de voir comment travaille nos forces de l'ordre pour maintenir le calme dans nos cités HLM qui pullulent dans notre pays comme pour souligner la misère des gens. Or, là où il y a des difficultés économiques, il y a toujours de la violence inhérente. C'est mathématique !
Nous allons avoir un reportage en immersion sur le travail plutôt difficile des policiers dans ces endroits où règnent parfois le non-droit. Certes, il y a beaucoup d'idées préconçues sur les banlieues que cette BD plutôt neutre et sans a priori essaye de décortiquer avec méthode.
Avec ce titre, on est dans la France d'en-bas, celle qui vit dans les cités et qui est au quotidien avec une partie de la population menaçante et violente au nom de certaines valeurs.
En effet, on n'est pas dans les beaux discours de principe rempli d'humanisme et de générosité mais dans la réalité et elle n'est pas très reluisante. Il faut le vivre pour y croire ! Une vielle dame est particulièrement généreuse avec un SDF et il peut venir l'étrangler pour de l'argent. Perso, j'ai plus envie que mon pays subisse cela. Il faut trouver des solutions satisfaisantes.
Le témoignage du policier, bac+5 en droit, qui se considère comme le dernier rempart de la société pousse à la réflexion. Son regard sur la nature humaine a profondément changé au contact du réel. Bref, on ne peut pas se mettre à leur place. Ce reportage nous permet juste d'entrevoir ce qu'ils subissent au quotidien au milieu de toute cette misère humaine.
J'ai bien aimé le résultat et surtout cette approche afin de rendre une vue assez réaliste de la situation. Il y a surtout pas mal d'authenticité malgré tout et c'est important de le dire également pour bien comprendre tous les enjeux en matière de sécurité publique.
Cette BD, basée sur un doc diffusé sur la chaîne culturelle Arte, nous plonge dans l’univers mystérieux des fameuses triades chinoises. À travers des témoignages d’ex-membres et de figures encore actives, il dévoile comment ces réseaux mêlent activités légales et illégales. L'auteur Antoine Viktine les a interrogés pendant des mois pour nous livrer une partie de leur secret.
Il est vrai que je n'aime généralement pas trop les histoires de mafias mais il faut parfois mettre le nez dedans pour comprendre les mécanismes qui sévissent à travers le monde.
On observera en l'occurrence une narration claire et bien structurée ce qui facilite la lecture. Par ailleurs, les illustrations simples mais précises, avec des couleurs douces, apportent une touche visuelle apaisante face à la gravité du sujet.
On découvre comment ces groupes s’adaptent aux époques, profitant aussi bien de la pandémie que de leur influence dans divers secteurs, de la politique au cinéma. La prison y joue un rôle clé dans le recrutement et la reconnaissance.
En bref, c’est une BD captivante qui permet de mieux comprendre la complexité et la résilience des triades chinoises aujourd’hui.
Bien que je ne sois pas du tout un littéraire, j'avais entendu parler de ce titre phénomène au travers des amis. Evidemment, comme je ne lis jamais de livre (sic), il a fallu que j'attende la version BD pour y avoir accès.
Je sais que ce type d'ouvrage feel-good sur la recherche du bonheur irrite pas mal de monde dans leurs valeurs car grosso-modo on ne veut pas qu'on leur fasse la morale. Cependant, moi de mon côté, je suis plutôt réceptif à entendre des propos qui ne nous veulent pas du mal. Il faut aller au-delà de l'égo et des certitudes sans tomber dans les clichés du genre.
Evidemment, il faudra faire attention de ne pas tomber sous la manipulation d'un quelconque gourou. Il n'existe aucun remède miracle naturel à certaines maladies incurables. Quand un professionnel de la santé prescrit un médicament, il vaut mieux l'écouter. Maintenant, je n'ai rien contre les huiles essentielles en complément...
J'ai aimé suivre cette râleuse parisienne surbookée par son travail dans son périple au Népal suite à la demande de son amie malade d'un cancer. On va alors assister à un voyage initiatique vers la route du bonheur. Le guide spirituel va lui donner des pistes de réflexions entre méditation et bouddhisme.
J'ai surtout retenu ceci : abolir nos peurs pour contrer l’ego. C'est ma foi vrai. Combien de fois, on peut être déçu par des individus que l'on rencontre dans sa vie et où on donne tout pour être finalement délaissé et abandonné que cela soit en amour, famille, amitié ou même travail. Après on devient méfiant et la peur nous empêche de nous ouvrir vers d'autres personnes plus sympathiques. Il s'agit tout simplement d'affronter nos peurs pour nous ouvrir vers de nouvelles opportunités.
Un dernier mot sur le graphisme pour dire qu'il est assez avenant pour ce type d'ouvrage. J'ai trouvé les contours assez informatisé avec une profusion de couleur. Cependant, le rendu demeure quand même assez agréable et c'est bon pour la fluidité de la lecture surtout quand la narration devient bavarde.
Bref, c'est une BD introspective qui ne peut que vous faire du bien en vous montrant la voie du bonheur.
Miles Davis, trompettiste, compositeur et chef d'orchestre américain, est l'une des figures les plus influentes du jazz. Sa quête du son est emblématique de son approche artistique, qui a évolué tout au long de sa carrière, reflétant des changements de style, d'expérimentation et d'innovation.
Miles Davis a non seulement redéfini le jazz, mais il a aussi influencé de nombreux genres musicaux. Son approche avant-gardiste et son désir constant d'innovation continuent d'inspirer des générations de musiciens et d'artistes à travers le monde.
Davis était constamment en recherche de nouveaux sons. Il utilisait des techniques de jeu non conventionnelles, jouant avec des sourdines, expérimentant avec des effets électroniques, et collaborant avec divers artistes pour élargir son horizon musical.
Pour lui, le son n'était pas seulement une question de technique, mais aussi d'émotion. Il cherchait à transmettre des sentiments profonds à travers sa musique, faisant de chaque performance une expérience unique.
Sa quête du son reflète son parcours personnel, ses luttes et ses triomphes. Davis a souvent utilisé la musique comme un moyen d’exprimer ses préoccupations sociales et ses réflexions intérieures.
A noter qu'en postface, il y aura un avant-propos assez intéressant du dernier de ses fils de cet artiste de renom à savoir Erin Davis qui rend un véritable hommage à son paternel.
En somme, la quête du son de Miles Davis est un témoignage de sa passion pour la musique et de son engagement à pousser les limites de l'art, faisant de lui un icône intemporelle du jazz et au-delà.
Après plus de onze années de publication, le manga Arte de Kei Ohkubo tire finalement sa révérence avec ce tome 21. Ce fut une aventure passionnante qui a su captiver de nombreux lecteurs tout au long de son parcours.
Cependant, certains lecteurs ont exprimé des regrets quant au fait que le final ne se concentre pas assez sur le personnage d'Arte, qui est pourtant notre héroïne. Il est vrai que l'auteur avait déjà exploré de nombreux aspects de son évolution, ce qui peut laisser un sentiment d'insatisfaction pour ceux qui espéraient une conclusion plus centrée sur elle.
Cela dit, l'avant-dernier tome a été l'un des meilleurs de la série, offrant des moments forts et des développements captivants. En fin de compte, ce dernier tome parvient à conclure l'histoire en beauté, ce qui est un exploit en soi, surtout dans le cas de longues séries de manga qui peinent souvent à offrir une fin satisfaisante.
Pour résumer, ce dernier volume d'Arte est une lecture qui mérite d'être savourée, tant pour son parcours artistique que pour les émotions qu'il suscite. Je recommande cette série à tous les amateurs de récits inspirants sur la passion, l'art et la détermination. C'est un bel hommage à une héroïne qui a accompagné les lecteurs à travers tant d'épreuves et de réussites.
Cela faisait un certain temps que je n'avais plus lu une œuvre d'Aude Picault que j'avais découvert à ses débuts. C'est toujours un plaisir pour moi de me relier à nouveau avec ses nouvelles créations. J'ai pu d'ailleurs observé au fil des années de notables améliorations.
En ce qui me concerne, la quarantaine a sans doute constitué mes plus belles années mais elles ont filées à la vitesse de la lumière. L'autrice Aude Picault va raconter les siennes dans son quotidien au titre de cette BD autobiographique. C'est toujours un témoignage assez intéressant.
Elle fait suite à une précédente œuvre s'intitulant « Moi je » que je n'avais pas pu découvrir et qui racontait déjà ses tribulations quotidiennes d'une jeune femme croquant la vie à pleine dent. Elle se décrivait comme râleuse et dragueuse, qui aime boire un coup, séduire les garçons et s'amuser. Tout ce que j'aimais auparavant !
Maintenant, c'est toujours instructif de savoir ce qui se passe 20 ans après. On va passer de la futilité à quelque chose de plus profond puisqu'elle va être confrontée à la fameuse crise existentielle des 40 ans à l'approche de la ménopause. Il y a toujours à travers cette œuvre autobiographique cette même transmission des sentiments qui me parlent.
On observera une nette amélioration de son trait qui reste toujours aussi efficace dans sa simplicité mais également dans son expressivité. La nouveauté provient sans doute de l'ajout de la colorisation et cela lui va plutôt bien.
Cela me fait quand même de la peine pour l'autrice qui semble s’accommoder d'une vie familiale qui ne lui ressemble pas entre toutes les tâches ménagères qui lui sont dévolus pendant que son mari semble prendre du bon temps en étant totalement détaché.
En effet, j'ai senti comme une névrose liée au poids des années et surtout un désenchantement par rapport aux évolutions de notre monde actuelle partagée par la peur de la guerre et du changement climatique. L'autrice fait par exemple remarquer à son conjoint qu'il utilise trop d'eau pour faire la vaisselle sans se rendre compte du gâchis.
Triste vie que de fouiller les corbeilles pour reprocher à ses collègues de bureau de jeter des mouchoirs en papier qui ne sont pas recyclables. Mais qui fait donc ça autour de vous ?! Oui, c'est bien le diktat de ce nouveau monde tourné vers l'écologie des gestes de vie au quotidien.
Au final, tout cela est bien désespérant ! C'est aux antipodes des débuts plutôt réjouissants et cela marque incontestablement.
En résumé, cela reste léger dans le traitement mais c'est captivant comme à chaque fois pour dénoncer les travers de la société actuelle et surtout de la vie de couple assez déséquilibrée entre les hommes et les femmes. Du bon travail de la part de l'autrice qui parvient à passer son message !
Les oubliées est un récit de science-fiction destiné à la jeunesse. Cependant cela peut paraître assez horrifique au départ avec une créature extraterrestre qui tue au hasard des êtres humains qu'elle rencontre sur son chemin.
William et Lou qu'il a sauvé va venir à la rescousse pour agir. On n'aura pas forcément le temps de faire connaissance car tout va se passer très, voir trop vite dans ce récit complet. Ce manque de développement sera assez préjudiciable à cette BD.
Le thème sera celui de la vengeance qu'il convient parfois de ne pas accomplir pour pouvoir faire son deuil plus facilement. Certes, c'est très louable comme idée mais on n'y croit pas un instant car justement la dimension psychologique nous a été enlevé dès le départ pour laisser place au cinéma d'action. Du coup, la construction de l'ensemble est assez mal agencée. Bref, on n'y croit pas un seul instant !
Un mot sur le dessin pour dire que cela fait assez film d'animation avec de belles couleurs. Je regrette juste une précision du trait parfois absente sur certaines planches. Cela fait trop informatisé pour me séduire vraiment.
Il y a par exemple de petites imperfections comme le passage au début d'une case à l'autre où l'on voit qu'il y a un mystérieux pendentif qui apparaît sur le T-shirt de William alors qu'il n'y était pas vraiment. Bref, le souci du détail n'est pas très présent.
De même sur le fond, on ne peut croire que des villageois soucieux de faire pousser des tomates en Novembre protègent un monstre sanguinaire qui dévore les gens. C'est assez manichéen sur la forme. Au final, tout ceci n'est guère convaincant.
Le happy-end de circonstance aura achevé totalement cette œuvre qui partait pourtant sur de bonnes idées. A oublier comme l'indique le titre !
Si vous deviez mourir demain, quel serait votre dernier repas ? C'est un peu la trame de ce manga mettant en scène un détective gourmet qui arrive à reconstituer d'après les odeurs le dernier repas d'un défunt tué par son épouse par exemple. Bref, cela peut toujours servir !
Goro Akechi aime la bonne cuisine et se retrouve souvent à résoudre des affaires mystérieuses. Nous aurons un véritable duel à distance entre un beau détective un peu dandy et sa rivale une sorte de femme fatale en mode tueuse.
J'ai bien aimé ce manga car il mélange une certaine violence et brutalité avec une véritable finesse liée à la cuisine japonaise ou même française. C'est une ambiance assez étrange que la mangaka a réussi à créer et cette originalité m'a touchée en plein cœur.
L'un des grands atouts de cette œuvre est son approche originale, mêlant enquête criminelle et passion pour la cuisine. Les auteurs réussissent à créer des intrigues captivantes qui mettent en lumière des plats exquis, tout en maintenant un rythme soutenu. Chaque chapitre nous fait découvrir des recettes intrigantes et des saveurs uniques, rendant la lecture à la fois divertissante et informative.
Les illustrations sont brillantes, avec des détails soignés qui donnent vie aux plats et aux personnages. Les expressions des protagonistes sont particulièrement bien rendues, ajoutant une touche d'humour et de dynamisme à l'ensemble. Je trouve simplement dommage une édition sur un format qui m'a semblé plus petit et compact que d'habitude ce qui ne met pas en valeur l'aspect graphique.
Cependant, certains lecteurs pourraient trouver que le côté enquête prend parfois le pas sur l'aspect culinaire. Malgré cela, le charme du récit réside dans cette fusion des genres, offrant une atmosphère légère et agréable.
Le héros porte ce qu'on appelle une cravate texane qui lui donne un genre assez démodé et vintage. Pour autant, cela a attiré mon attention au point de faire des recherches sur ce type de cravate que je ne connaissais pas du tout et surtout, cela m'a donné envie d'en commander une sur internet. Je ne devrais sans doute pas vous en parler mais parfois, nos lectures, même d'un simple manga, peuvent avoir une influence sur nous en matière de mode vestimentaire.
Pour conclure, le tome 1 de Gourmet Détective est une lecture réjouissante qui saura séduire les amateurs de mystères et de bonne cuisine. Une belle promesse pour la suite de l'aventure !
L'intrigue se déroule en Arizona, un État que j'ai eu la chance de visiter une fois dans ma vie. J'ai été particulièrement impressionné par la beauté des paysages et par l'histoire riche des lieux, où les dernières tribus indiennes ont lutté courageusement pour leur survie face à l'expansion coloniale.
Nous faisons la connaissance de Frederic Remington, un jeune illustrateur alors inconnu, mais animé par le rêve de se faire un nom. En rejoignant Fort Grant, non loin de la frontière mexicaine, il aspire à capturer l'essence de cet « Ouest sauvage » et à voir ses illustrations publiées dans la prestigieuse revue Harper's Weekly. Ce parcours initiatique révèle non seulement ses défis artistiques, mais aussi ses interactions avec les habitants et les événements marquants de l'époque.
Cependant, le thème de cette BD est la rencontre assez improbable avec le chef de guerre des apaches à savoir le fameux Géronimo dans sa période où il est traqué à la fois par l'armée américaine et l'armée mexicaine car sa tête est mise à prix. Ce dernier comprend très vite le poids des images comme un pouvoir qu'il pourrait utiliser. C'est assez marquant.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est le graphisme de la bande dessinée. La palette de couleurs utilisée sur chaque planche est tout simplement exceptionnelle. Chaque vignette est soigneusement conçue, offrant un rendu visuel saisissant qui transporte le lecteur au cœur de l'action. Le style artistique contribue à l'immersion dans l'univers de Remington, mettant en valeur à la fois la beauté des paysages et la tension des scènes.
En conclusion, "Remington 1885" est une œuvre qui allie une histoire captivante à un graphisme remarquable. C'est un véritable hommage à un artiste et à une époque fascinante, et je recommande vivement cette BD à tous les amateurs d'histoires de l'Ouest.
La mort de Sénèque, survenue dans le précédent tome, nous avait profondément marqués. La tentative de coup d'État contre l'empereur Néron a échoué, et les rivaux ont été éliminés, laissant place à un climat de tension et de méfiance au sein de l'Empire romain.
Néron reste un personnage central, fascinant par son charisme et sa paranoïa grandissante, ce qui renforce l'intensité de l'intrigue et la dynamique qui l'entoure. Dans ce contexte tumultueux, Murena, héros de cette fresque historique, se retrouve en très mauvaise posture, confronté à des manigances et des trahisons qui mettent à l'épreuve sa loyauté et son intégrité.
En ce qui concerne le graphisme, que dire ? Les dessins continuent d'être magnifiques, avec une gestion exceptionnelle des jeux d'ombre et de lumière qui intensifie l'atmosphère des différentes scènes. Chaque planche est une œuvre d'art à part entière, permettant au lecteur de s'immerger complètement dans cette période tumultueuse de l'histoire romaine.
Il y a une préface assez intéressante de l'auteur Jean Dufaux qui revient sur l'histoire de cette série qui a démarré au siècle dernier avec le regretté Philippe Delaby. Deux dessinateurs se sont succédais à savoir Théo Caneschi (tome 10-11 et 12) puis désormais Jérémy pour le dernier cycle qui s'annonce. Il faut savoir que les deux premiers tomes n'ont pas tout de suite trouvé le public car le genre péplum était véritablement délaissé. Il a fallu le succès du film «Gladiator» pour fidéliser les lecteurs.
Murena demeure plus que jamais une série culte, un véritable monument de la bande dessinée historique. C'est une œuvre incontournable que tout amateur de BD se doit de lire au moins une fois dans sa vie. En somme, ce dernier tome est un ajout essentiel à une saga déjà exceptionnelle, et je recommande vivement cette série à quiconque s'intéresse à l'histoire romaine et à des récits riches en intrigues.
La sortie d'un tome de Largo Winch est toujours un événement très attendu. Les banquiers et dirigeants d'entreprise guettent cette parution avec impatience, rêvant de se voir en justiciers au grand cœur, capables de défier les exigences du monde moderne. Cela contribue à donner une image plus positive des "requins" de la finance, même si l'on pourrait s'interroger sur la crédibilité de cette représentation.
Du côté du scénario, l'intrigue reste bien construite, alliant dynamisme et pertinence tout en explorant des thèmes d'actualité qui résonnent avec notre époque. Bien que certains puissent reprocher au récit de flirter avec les clichés des blockbusters hollywoodiens, il est important de rappeler que Largo Winch a déjà été adapté au cinéma, avec trois films mettant en vedette Tomer Sisley, le dernier étant sorti en 2024.
Je suis toujours aussi impressionné par la qualité graphique et colorimétrique des planches. Le dessin de Philippe Francq est d'un niveau exceptionnel, chaque vignette est soigneusement travaillée et capture parfaitement l'essence des personnages et des décors. La précision et le souci du détail font que le dessin ne souffre d'aucun défaut, offrant une expérience visuelle à la hauteur des attentes des fans.
Sinon, je trouve que ce type de titre, à savoir « si les dieux t'abandonnent », irait très bien à une série comme « Thorgal » mais c'est quand même moins adapté à une série dont le thème reste l'économie et la finance. Avec ce tome, on va s'intéresser aux drones qui même à des visées humanitaires peuvent être détounés de leurs fonctions. Le cadre sera celui de l'Inde nouvelle puissance économique.
En somme, ce dernier tome de Largo Winch continue d'allier des thèmes nouveaux en utilisant toutefois les mêmes ressorts. On peut recommander cette lecture à tous ceux qui aiment les intrigues bien ficelées, mêlant aventure, enjeux financiers et un brin de glamour.
Après la sortie du n°4 de Thorgal Saga, nous enchaînons immédiatement avec un nouveau tome de la série mère. Plus que jamais, cette saga emblématique bat son plein, captivant les nouveaux lecteurs avec de nouvelles aventures pour relancer la saga.
Chaque case est une véritable œuvre d'art, sublimée par les jeux d'ombres et de lumières, les expressions des personnages et des décors minutieusement travaillés. La qualité graphique est tout simplement exceptionnelle, témoignant du talent indéniable des artistes qui ont su maintenir une esthétique impressionnante au fil des ans.
Il n'est jamais évident de renouveler un scénario après tant d'albums, et il est vrai que je fais partie de ceux qui ont souvent plaidé pour l'arrêt des séries trop longues, qui s'étendent parfois pour des raisons essentiellement commerciales. Cependant, étant un fan absolu de Thorgal depuis ses débuts, j'achète chaque nouvel album par habitude et par nostalgie, espérant toujours le meilleur à chaque nouvelle parution.
Sur ce coup-ci, j'ai été un peu déçu par la tournure de l'histoire avec une multitude de personnages à suivre dont certains vont changer au niveau du comportement avec même un transfert de corps ! Cela va trop loin dans la surenchère pour créer de la sensation.
Oui, il faudrait que cela s'arrête pour conclure sur une note positive car la dénaturation n'est pas très loin. Je serai intéresse pour voir les réactions des fans de la série et avoir également leur avis...
Il s'agit d'une BD sur la rencontre entre un enfant prénommé Kix ainsi que sa jeune sœur et un lévrier irlandais qu'il baptise Sam et qu'il adopte alors qu'il n'en n'est pas le propriétaire légal. Cependant, les enfants ont peur du jour où le véritable maître de Sam le réclamera.
Oui, le chien joue véritablement un rôle crucial tout au long du récit. Ce compagnon fidèle n'est pas seulement un animal de compagnie, mais un véritable soutien émotionnel pour les enfants.
L'animal leur offre en effet une source inconditionnelle d'amour et de réconfort ce qui lui permet d'affronter les peurs et les doutes. Leurs relations met en lumière l'importance de l'attachement et de la loyauté dans les moments difficiles.
L'auteur Nicolas Pitz reprend, comme à son habitude, ce qui n'est pas un reproche, un roman existant qu'il adapte sur le support de la bande dessinée. Cette fois-ci, c'est une œuvre jeunesse.
En conclusion, c'est un album plutôt bon enfant avec un côté assez feel good et qui rappelle à quel point le chien est le meilleur ami de l'homme. Evidemment, tout se terminera très bien à la fin. Il faut quand même rassurer les enfants.
J'apprécie beaucoup cette collection sur les « Reines de sang », qui met en lumière le parcours de femmes exceptionnelles ayant marqué l'histoire. Il est crucial de rappeler que l'histoire ne devrait pas être uniquement écrite par les hommes, tandis que ces figures féminines, qui constituent la moitié de l'humanité depuis la nuit des temps, ont souvent été oubliées.
Il est vrai que l'on pourrait craindre qu'en accédant à des fonctions suprêmes, ces femmes tombent dans les mêmes travers que leurs homologues masculins, faisant ainsi la guerre et infligeant la misère, les destructions et les maladies à leurs peuples. Cependant, ce récit vise à explorer les vies de ces reines méconnues qui ont également prospéré sur d'autres continents et dans des contextes variés.
Dans ce premier tome, nous découvrons Rani Lakshmi Bai, une reine hindoue veuve d'un Rajah, qui gouverne un petit royaume d'Inde centrale à l'époque de la colonisation anglaise. Sa détermination et son courage font d'elle une figure historique fascinante.
L'ascension de cette reine guerrière est dépeinte avec soin, et nous assistons à la manière dont elle et son peuple se confrontent aux colons anglais. Ce récit captivant ne fait que commencer, promettant des défis épiques et des luttes pour la liberté.
Le cadre de l'Inde, avec ses paysages riches et variés, est non seulement dépaysant, mais il procure également un plaisir immense lors de la lecture. Le graphisme réaliste de Carlos Gomez, qui avait déjà illustré l'un des premiers titres de cette prestigieuse collection, "Aliénor", est particulièrement soigné. Chaque planche témoigne d'une attention aux détails, rendant l'expérience de lecture immersive et visuellement agréable.
En somme, "Rani Lakshmi Bai" est une lecture recommandée à tous les amateurs d'histoires de reines ambitieuses, dans un cadre exotique et rempli de défis. C'est un hommage à une époque et à une femme qui méritent d'être célébrée et connue.
Ce titre renvoie à l'Amérique ségrégationniste qui a également appliquer un apartheid dans sa société en réservant certaines activités qu'aux blancs. On va suivre la jeune Althéa Gibson dans le Harlem des années 40 qui souhaite prouver qu’elle peut devenir une grande championne de tennis.
Cela sera plutôt difficile car les grands tournois américains n'acceptent que les blancs. A force de persévérance et de talent, elle finira par trouver sa voie et s'imposer. Je ne connaissais pas l'histoire de la première championne de tennis noire, bien avant les sœurs Williams, et c'est toujours un rattrapage pour moi.
J'ai bien aimé le graphisme qui fait dans une certaine simplicité du trait pour rendre la lecture agréable. L'efficacité sera de mise. On remarquera également une belle colorisation également réalisé par le dessinateur Sylvain Derange.
Maintenant, je dois bien avouer que notre héroïne Althea Gibson n'est absolument pas particulièrement attachante en mettant des coups de poing aux individus dans une réaction totalement disproportionnée à ce qu'elle considère comme une agression. Que dire également de son manque de fair-play sur le court de tennis ?
On voit bien que c'est une fille qui a été élevée à la dure et qui tente de résoudre les problèmes par la violence. Cela ne force guère à mon admiration et ce n'est pas une question de couleur de peau !
Elle a même refusé de se battre pour la cause de la ségrégation au motif que le sport ne devait pas entré dans le champ de la politique ce qui est tout à fait louable et dans l'esprit des jeux olympiques. Cependant, elle a été utilisée indéniablement comme symbole pour les droits civiques. On ne pourra pas dire qu'elle se soit véritablement impliquée.
A noter également qu'elle va se convertir au golf (un sport considéré comme de riches), faire un album en poussant dans la chanson et même sortir une biographie quand sa carrière de tenniswoman va prendre fin. Elle va connaître la pauvreté avant d'être sauvée par une amie qui fera un appel aux dons. Bref, je préfère ne pas commenter car si on creuse vraiment, on peut trouver autre chose...
Il faudrait juste retenir le meilleur à savoir qu'elle a réussi à s'imposer sur le terrain des blancs à un moment donné de l'histoire où cela n'était pas permis pour les noirs. En cela, elle restera toujours une icône et une inspiration pour les autres. Il fallait juste la sortir de l'ombre !
Une BD à découvrir malgré tout et je ne baisse pas la note pour autant malgré mes dernières remarques qui n'engagent que moi.
Je connais des filles qui n'aiment que les mauvais garçons. Après, il ne faudra pas venir se plaindre auprès de moi car je n'assumerais pas leur connerie ! Il faut savoir ce qu'on veut dans la vie !
Cette BD nous raconte la vie un peu désorganisé de deux jeunes hommes gitans qui pratiquent l'art du flamenco et du chant dans le sud de l'Espagne. Au début, je n'ai pas été très convaincu mais à mesure de ma lecture, j'ai senti une certaine maturité dans la description du caractère de ces deux personnages assez charismatiques dans leur genre. Evidemment, cela peut séduire le lecteur en quête de profondeur.
Le format est assez petit et épais comme un petit roman de gare ce qui peut troubler un peu. Au niveau du graphisme, c'est tout fait correct pour nous imprégner de l'atmosphère de cet Espagne qui vibre au son de son art dans toute sa splendeur.
Au final, ce ne sont pas de si mauvais garçons que cela. Il faut juste les connaître un peu afin de se familiariser !
Cette BD fait partie de ceux que j'emprunte assez rarement car beaucoup trop expérimental à mon goût.
En effet, un curieux format en carré et surtout une absence de dialogue pour laisser la place au dessin illustratif en noir et blanc dans une parfaite sobriété de mise en page.
Il s'agit d'un récit de science-fiction dans la mesure où un astronome se pose sur une étrange planète qui ne fait pas forcément du bien à ceux qui posent leur pied sur ce sol. En effet, la planète aime se délecter de la détresse...
Evidement, il faudra interpréter ce que l'on voit et cela ne sera pas vraiment facile en l'absence de narration devant ces incongruités qui se dessinent.
A noter que les Humanoïdes Associés ont fait cette œuvre dans le cadre de Métal Hurlant, le magazine manifestant une rébellion artistique crée en 1974 par Moebius, Druillet et Dionnet pour nous présenter un panorama de l'imaginaire aussi éclectique qu'inventif qui nous emmène vers d'étranges horizons.
Je n'ai pas été séduit plus que cela même si la fin révèle quelque chose d'assez spécial sur le thème de l'éternel recommencement. Je peux comprendre néanmoins que les vrais fans puissent succomber sous le charme des planches sublimes avec ces paysages hallucinants et hallucinés...
Qui ne connaît pas Irène de Byzance ? En premier lieu, moi ! La BD historique permet toujours de réparer quelques lacunes.
Pour rappel, on se situe dans la fameuse collection qui nous fait découvrir les reines de sang qui ont marqué l'Histoire des pays du monde. On va se plonger dans l'Empire byzantin qui est pour rappel la continuité de l'Empire romain d'Orient qui va durer jusqu'à la chute de Constantinople en 1453 par les troupes ottomanes qui envahissent la ville pour l'occuper depuis.
Il est vrai que cette prise de la ville intervient alors que la situation de Constantinople s’est considérablement dégradée lors des siècles précédents. Il faut également savoir que la chute de Constantinople constitue une vraie rupture marquant la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance.
On va suivre l'une des dernières dirigeante de cette empire dans la tourmente alors que des querelles religieuses divisent encore ce peuple. Elle va régner seule à un moment donné alors qu'elle a été assez mal menée durant son enfance et adolescence.
Elle va s'efforcer d'unifier son empire et entreprendre des réformes salutaires avec certaines alliances diplomatiques protectrices. Il est intéressant de suivre son parcours de femme dans un monde dominé par les hommes. D'ailleurs, son meilleur ami sera un eunuque chargé de la servir notamment en massage. C'est mieux que rien.
Le thème principal est l'interdiction des icônes par les différents souverains qui vont se succéder et qui entraînera la division de cet empire. Irène de Byzance n'aura de cesse que de revenir sur cette interdiction entraînant les pires exactions. Cela ne sera pas dans la pratique une chose aisée.
Il faut savoir que l'orthodoxie est la religion officielle de l'empire byzantin. Le chef de l'église est le patriarche soit le membre le plus important de l’église orthodoxe. Il est nommé par l'empereur. Nous verrons dans cette BD les liens importants entre ces deux pouvoirs.
Bref, c'est une reine qui nous est inconnue et qu'il faut découvrir pour ce qu'elle a apporté. Elle a en effet sécurisé l'influence byzantine dans la péninsule des Balkans où elle parvient à repousser les Bulgares et les Slaves, et à assurer le contrôle de l'Empire sur toute la bande littorale en Thrace et en Macédoine.
Bon, la BD s'arrête sur une première partie où elle assure la régence de son fils Constantin. On sait que le pouvoir corrompt et elle aura une suite de carrière un peu moins reluisante qu'il nous tarde de découvrir .
Notre jeune héros sommeille et va rêver de vies antérieures qui lui parlent. C'est assez ésotérique tout en utilisant le folklore japonais avec les fantômes et démons qui hantent certains lieux.
On fera d'ailleurs la connaissance d'un baku, créature fantastique inspiré du tapir, et qui se nourrit des songes comme un mangeur de rêves. Le lieu sera une petite île du sud de l'archipel japonais à savoir Yashirojima. Les mystères de ce lieu sont assez nombreux au point d'avoir donné naissance à la nation japonaise à ce qu'il paraît...
Il est un peu dommage qu'on perde un peu le fil de ce récit en passant d'un personnage à l'autre ou d'une époque à l'autre. Le rêve peut se transformer assez vite en cauchemar sur fond de littérature et de culture japonaise.
Il y a des idées assez intéressantes mais j'ai eu l'impression qu'il fallait coller absolument à tout le folklore nippon dans une sorte de melting-pot entre les symboles et les mythes.
Même la fin de ce manga m'a peu convaincu. Cependant, cela se laisse tout de même lire assez agréablement grâce à un graphisme assez avenant. C'est le premier manga de l'auteur et il faut lui laisser le temps d'imposer son style assez particulier.
Le contexte est celui d'une ville imaginaire intitulée « Trouillensac » ce qui est le nom parfait pour raconter le récit d'un thriller horrifique pour les ados en mal de sensations forte. En effet, la terreur peut s'installer vraiment partout, même dans un camping.
J'ai bien aimé la scène introductive qui semble donner le ton à des petites histoires assez horrifiques ayant pour cadre cette petite bourgade perdue dans la nature. La suite est tout aussi engageante avec une héroïne ado assez stéréotypée qui va se sacrifier pour sauver le groupe de garçons.
On observera un graphisme assez coloré qui donne du peps et du dynamisme à l'ensemble mais en lui procurant également un côté assez enfantin. La sobriété ne sera pas vraiment de mise.
Je n'aime pas trop quand une BD se présente comme un one shot car il n'y a pas d'intitulé de tome 1 mais que finalement il y aura bien une suite car cela s'arrête sur un cliffhanger. Le mot « fin » se termine d'ailleurs par un point d'interrogation mais on nous présente déjà en dos de couverture un tome 2 à paraître. Le procédé ne me paraît pas très honnête pour le lectorat qui devra investir par la suite dans une série plus ou moins longue.
On notera également la présence d'un trouillomètre qui mesure le niveau de trouille de l'album. Moi, j'ai pas eu une seule fois peur et pourtant, je suis terrifié quand je regarde un « Conjuring ». Non, il m'en faut un peu plus...
Bref, c'est une lecture typiquement « Halloween » qui plaira sans doute à un public plus jeune de gamers. Même si je ne suis pas le public visé, je trouve que c'est plutôt pas mal.
C'est la première collaboration entre Eric Liberge qui a un excellent crayonné et Philippe Pelaez, un des scénaristes actuellement les plus prolifiques du marché de la BD actuelle (Hiver à l'opéra, Automne en baie de Somme, Dans l'ombre, Ecluse...).
Il est vrai que je n'ai jamais trop aimé les productions d'Eric Liberge en tant qu'auteur complet alors que j'aimais véritablement son dessin qui est très souvent assez magistral. S'adjoindre un bon scénariste est à la base une très bonne idée. Bref, j'ai lu cette BD avec un peu de curiosité.
Il est question du célèbre dramaturge anglais William Shakespeare qui est confronté à des délires entre le mythe et la réalité après la mort de son ami et amant à savoir Christopher Marlowe qui est depuis longtemps soupçonné par certains d'avoir contribué à certaines œuvres de Shakespeare en lui inspirant tout son génie.
La BD reprend en effet cette piste pour en tirer une mystérieuse histoire aux confins de l'espionnage de haut rang pour le compte de la couronne d'Angleterre. Cependant, il est vrai que le récit balance dans les divagations de Shakespeare qui doute être lui à cause de ces hallucinations. Etre ou ne pas être, telle est la question !
Cela crée un incontestable malaise à la limite de la folie mais également de la confusion pour le lecteur qui devra habilement suivre ce scénario subtil. C'est seulement au prix de cette exigence que l'on pourra pleinement apprécier.
Un album bien étrange mais qui m'a séduit malgré ses défauts. Je recommande à ceux qui cherchent la différence.
Nous allons faire connaissance d'une héroïne Claire qui aime bien les mots en sa qualité d'enseignante et de traductrice. Cependant, un accident va sérieusement altérer sa mémoire et il s'agira de retrouver ses capacités par une thérapie.
Cependant, le milieu marin peut aider à vaincre des handicaps. C'est tout le thème de cette BD qui va prendre son temps pour nous exposer les différentes étapes de tout un programme. Il est vrai que le sujet n'est pas des plus faciles !
C'est une lecture assez intéressante où l'on voit les progrès de notre héroïne qui retrouve progressivement ses facultés grâce à Beatriz, une biologiste et plongeuse ne résistant pas à l'appel de la mer et surtout des profondeurs.
Le lieu de l'action est la Galicie en Espagne bien que Claire soit française. En fait, elle est venue aider volontairement pour nettoyer les plages souillés par le pétrole d'un cargo qui a coulé. Il est question d'écologie avec la destruction des fonds marins menacés par les activités de l'homme. Du coup, la région est en proie au désarroi à cause de la baisse du tourisme.
C'est dans ce contexte assez particulier que va évoluer notre héroïne qui va être épaulé par la famille de Beatriz. Il est question de remise en cause de fixer d'autres objectifs plus atteignables en raison du handicap. Il y aura pas mal de parabole assez intéressante sur le milieu marin et ses animaux qui ont beaucoup à nous apprendre.
Les dessins et les couleurs de Sandrine Revel mettent en valeur ce milieu aquatique où le lecteur est entraîné. Cela a rendu la lecture particulièrement agréable.
Bref, c'est une œuvre d'une rare sensibilité qui est à découvrir. Pour les vrais amateurs de roman graphique !
Je précise d'emblée qu'il s'agit d'une lecture un peu coquine réservé à un public averti. Comme dit, je ne ferme aucune porte en matière de lecture de BD car ce support aborde tous les genres et thèmes.
Les auteurs italiens sont passés un peu maître dans l'art de dessiner de beaux corps. Il y a une touche de Milo Manara mais en moins bien quand même. On remarquera une certaine douceur du trait qui donne un côté assez candide à cette œuvre pourtant érotique.
La lecture est assez agréable, émoustillante mais qui sort du lot des productions du genre. C'est composé par 8 petites historiettes qui concerne un public plutôt de jeunes adultes découvrant les joies du sexe.
Certes, c'est assez croustillant mais on ne tombe jamais dans la vulgarité. Par ailleurs, c'est même parfois assez rigolo dans une ambiance légère avec des chutes parfois surprenantes. Oui, parfois, on découvre la réalité du partenaire de ces jeux érotiques qui peut être d'un sexe opposé à celui qu'on croit. Bref, que des surprises !
Au final, une BD érotique qui peut s'adresser aussi bien aux hommes qu'aux femmes ce qui est plutôt rare en la matière.
A la recherche d'une aventure, Alberto, un jeune homme espagnol inexpérimenté âgé de 19 ans, s'engage dans la Division bleue, s'imaginant participer à la victoire rapide de l'Allemagne sur l'Union soviétique. Cependant, il va se heurter au plus terrible des hivers qui a marquer un tournant incontestable dans la Seconde Guerre Mondiale.
C'est fou comme les jeunes recrues s'engagent par idéologie ne se rendant pas compte de ce qu'est la guerre réellement. Evidemment, sur le front, il n'est plus possible de faire marche arrière et on se rend compte de l'énormité de sa bêtise à travers le choix de s'engager. Evidemment, le pouvoir politique en place abreuvent le peuple de mensonges éhontés pour mieux faire passer la pilule.
Il faut savoir que c'est la première œuvre d'un auteur espagnol à savoir Paco Asenio. Il ne s'en tire pas trop mal. Pour autant, j'ai trouvé le rythme assez long car ponctué par beaucoup de narration parfois inutiles. Il aurait fallu dynamiser un peu le récit pour le rendre totalement intéressant. Et dire que ce n'est que la première partie.
Evidemment, les férus d'histoire de la Seconde Guerre Mondiale ne pourront pas échapper à ce titre qui demeure original dans la mesure où le récit de cette division espagnole prêté par Franco à Hitler n'a jamais fait l'objet d'un éclairage jusqu'ici.
Voici l’œuvre de la célèbre romancière britannique de polar Agatha Christie dont le titre a été censuré pour coller au politiquement correct de notre époque. Cette retouche n'a pas été particulièrement apprécié dans certains milieux. Je n'entrerais pas dans ce débat glissant en me permettant juste cette réflexion : il faudrait juste essayer de contextualiser les œuvres plutôt que de les corriger.
Les œuvres de cette autrice sont régulièrement publiés sur le format de la bande dessinée avec plus ou moins de succès. Cette fois-ci, c'est le manga qui s'y colle ce qui entraîne d'ailleurs souvent un piètre résultat. Cependant, cela ne sera pas vrai pour ce coup-ci car la mangaka maîtrise réellement le sujet en ne succombant pas au travers du genre. C'est assez rare pour le souligner !
A noter que ce manga va quand même se décliner en trois tomes afin de raconter toute l'histoire que l'on connaît plus ou moins tous. Il est question de dix personnages qui se retrouvent sur une île isolée et qui vont être éliminés chacun à leur tour pour avoir commis des crimes passés dont ils ne peuvent être jugés devant la loi.
J'ai finalement bien aimé dans l'ensemble cette interprétation en manga assez prenante du roman d'Agatha. C'est quand même assez bien réalisé d'autant que le graphisme est assez avenant avec son trait fin et puissant. Il faut également savoir que ce livre est tout de même le plus vendu des romans d'Agatha Christie avec plus de 100 millions d'exemplaire.
Bref, c'est une adaptation à découvrir surtout pour les plus jeunes lecteurs qui veulent se familiariser à l’œuvre de cette fantastique romancière qui a excellée dans le polar.
Avec un titre pareil, on pense tout de suite à des combattants. Il s'agit en fait d'une intrigue policière afin d'élucider un mystérieux meurtre et qui va conduire à un régiment de spahis marocains lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Il faut savoir que ce bataillon a fortement œuvré pour la libération de la France et de l'Europe. Les auteurs se sont bien documentés avant d’écrire ce récit qui se base sur un environnement réel.
Au niveau du dessin, c'est également très correct avec un véritable souci du détail. J'ai de toute façon toujours aimé ce style réaliste qui donne une impression de netteté et surtout d'authenticité au récit.
Un bon point pour des personnages plus vrai que nature ainsi qu'une histoire à suspense qu'on aura plaisir à suivre une fois embarqué. Certes, cela reste assez classique dans le déroulé avec comme toile de fond la guerre et l'amitié dans les épreuves.
Le gros bémol est que j'ai trouvé cette BD un peu bavarde quant à la narration qui peut parfois nous assommer littéralement. Certes, il y a parfois des temps de respiration mais cela rend cette lecture assez saccadée ce qui ne constitue pas le bon rythme. J'ai eu l'impression que l'adaptation sur ce support a été difficile et cela se ressent quand même.
Au final, les plus courageux et les férus d'histoire de guerre trouveront leur compte sans rancune.
La sortie d'un nouveau tome d'Astérix est toujours un événement presque national, tant cette œuvre emblématique fait partie intégrante de l'ADN de la bande dessinée française.
Depuis la mort de son créateur, René Goscinny, la série a tenté de poursuivre son héritage avec plus ou moins de succès. Le dernier repreneur en date n'est autre que Fabcaro, un auteur d'humour que j'affectionne particulièrement.
Dans ce tome 41, Astérix et son fidèle compagnon Obélix s'apprêtent enfin à débarquer en Lusitanie, à l'Ouest de l’Hispanie. Cette terre, qui correspond aujourd'hui au Portugal, est toujours sous la domination romaine, un contexte qui offre de nombreuses possibilités d'aventure et de comédie.
Le récit s'inscrit dans la lignée des précédents, mêlant humour, satire et une bonne dose de nostalgie. Fabcaro réussit à insuffler une fraîcheur au récit tout en respectant l'esprit des personnages et des intrigues qui ont fait le succès de la série.
Les illustrations demeurent fidèles au style classique, tout en intégrant des éléments modernes qui séduiront aussi bien les nouveaux lecteurs que les fans de longue date. Chaque case est une invitation à l'aventure, et les dialogues sont savoureux, remplis de jeux de mots et de références culturelles qui font sourire.
En somme, ce dernier tome d’Astérix est une lecture réjouissante qui rappelle pourquoi cette série a conquis le cœur de tant de lecteurs à travers les générations.
Je le recommande chaudement à tous ceux qui souhaitent retrouver la magie de Astérix tout en découvrant de nouvelles facettes de cet univers intemporel. Un incontournable à ajouter à votre collection !
Travis est un routier de l'espace qui, malgré lui, se retrouve embarqué dans une affaire louche. On pourrait le comparer à un Bruce Willis du 21ème siècle, mêlant action, humour et une bonne dose de suspense dans un univers cyberpunk.
Dans cet avant-dernier épisode avant le clap final, Travis et son compagnon Vlad poursuivent leur enquête sur Water Inc., une multinationale aux ambitions assez troubles. Leur quête les amène à s'allier avec Ashley pour interroger Dommy, une intelligence artificielle à la fois méfiante et coopérative.
En effet, celle-ci leur révèle que Buluc, un ancien narcotrafiquant, détient des informations cruciales sur cette mystérieuse entreprise. Cependant, Buluc est traqué, et certains semblent prêts à tout pour l'empêcher de parler, ajoutant une tension palpable à l'intrigue.
J'avoue avoir une préférence pour le style de Quet, qui reste solide, bien rythmé, et dont les décors futuristes sont d'une précision absolument remarquable. Chaque illustration contribue à l'immersion dans cet univers futuriste, créant une atmosphère à la fois captivante et intrigante. C'est un des points forts de cette série.
Par ailleurs, le scénario est véritablement haletant et les scènes d’action sont diablement efficaces. Ce tome constitue une vraie bande dessinée d’anticipation de très bonne facture, qui saura séduire à la fois les fans de la série et les amateurs de récits de science-fiction.
Je recommande cette lecture à tous ceux en quête d'aventure et de mystère dans un cadre mêlant intelligence artificielle et monde ultralibéral corrompu.
C'est le genre de titre qu'il vaut mieux acheter directement car la disponibilité en prêt peut se faire attendre. Même en boutique, le titre s'est tellement arraché que c'était en rupture de stock. Oui, ce titre est un véritable succès porté par le sujet de la photo érotique tout en inversant les rôles. Ce sont les femmes qui vont prendre du plaisir !
En effet, dans ce beau roman graphique, ce sont les femmes qui prennent le contrôle et s'approprient leur plaisir, offrant une perspective rafraîchissante et audacieuse sur un thème souvent stéréotypé. Cette inversion des rôles est non seulement audacieuse, mais elle invite également à une réflexion sur la manière dont la sexualité est représentée dans notre société.
Le récit réussit à mêler charme et sensualité, tout en captivant le lecteur par une narration engageante ainsi que des illustrations évocatrices. Loin de se limiter à une simple exploration du désir, "Les yeux d'Alex" met en avant la complexité des relations humaines et de la découverte de soi dans une quête d'exploration de ses fantasmes. Seul vit vraiment, celui qui vit son destin comme un mystère comme c'est évoqué dans cette œuvre réellement magnifique !
On va suivre notre héroïne Alex qui part photographier l'intime chez les hommes afin de donner un autre sens à sa vie un peu morne entre discrétion et talent qui ne demande qu'à être exploité. L'auteure Claure Fauvel réussit à signer une œuvre assez militante car assumée. C'est tout ce que j'aime !
Oui, en effet, cette BD se révèle être un incontournable pour ceux qui cherchent à explorer des thématiques nouvelles et stimulantes sur la puissance évocatrice des images. Un succès bien mérité, qui mérite d'être savouré sans attendre ! J'ai adoré ! 5 étoiles !
"La Traversée" présente une idée intéressante, mais hélas, elle n'est pas exploitée à sa juste valeur. Nous suivons un homme qui prend sous son aile une fillette dans un monde apocalyptique, s'efforçant d'échapper à la folie ambiante des derniers survivants. Ce concept prometteur aurait pu mener à une exploration émotive et profonde des relations humaines en temps de crise, mais le récit peine à s'accomplir.
Le scénario s'arrête abruptement en plein milieu, laissant le lecteur perplexe et se demandant s'il s'agit d'une œuvre inachevée. Ce manque de conclusion et de développement narratif crée une frustration, car la traversée, censée être riche en émotions et en tensions, semble dépourvue de souffle. On finit par se sentir un peu perdu dans cette quête sans fin.
En ce qui concerne le dessin, bien que la sobriété puisse avoir son charme, ici, elle se traduit par une trop grande simplicité. Les paysages post-apocalyptiques auraient pu être l'occasion d'une riche illustration, mais ils restent sous-exploités, laissant un décor vide qui ne parvient pas à capturer l'ampleur de la catastrophe.
De plus, le récit se déroule de manière linéaire et ne fournit que peu d’informations sur la catastrophe qui a bouleversé le monde. Cette absence de contexte, couplée à un manque de dialogues, rend la lecture rapide mais décevante. On est en quête d'une profondeur qui, finalement, ne se manifeste pas.
Bref, cette BD ne parvient pas à laisser une empreinte significative. Pour ceux qui s'intéressent à des récits post-apocalyptiques, je recommande vivement de se tourner vers « La Route » de Manu Larcenet, qui demeure une référence inégalée dans le genre. Loin de l’insatisfaction que suscite cette lecture, Larcenet nous offre une œuvre riche, nuancée et profondément émotive.
Il ne s'agit pas de fabriquer des fakes news mais réellement de l'actualité. Ce qui me dérange, c'est que l'information devrait juste être un fait constaté et non fabriqué par une chaîne de télévision ou un journal par exemple. Bref, il faudrait rester totalement neutre même si une analyse peut venir en complément.
Le danger visible est bien de manipuler les futures électeurs qui décident du sort d'une nation. Cela peut entraîner des opinions publiques dans une guerre non souhaitée au départ par exemple. Bref, il faut être vigilent en tant que citoyen sur ces manipulations exercées par des puissants.
Ceci dit, on va suivre un reporter Guillaume, un jeune homme qui sort tout juste une grande école de journalisme, et qui va exercer au sein de la rédaction d'une chaîne d'information en continu comme il en existe plein actuellement sur le câble. Son modèle est le célèbre pionnier Albert Londres avec sa maxime : « notre rôle n'est pas d'être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie ».
Il part véritablement sur des idéaux de ce métier mais il va être confronté à la réalité du terrain. Plus tard, il fera face à un cirque médiatique suite à un événement inattendu qui va provoquer véritablement le désenchantement.
Son témoignage est éloquent pour nous dépeindre ce milieu très particulier qui peut faire la pluie et le beau temps en constituant un véritable cinquième pouvoir dans un pays. En même temps, on comprends pourquoi certains dictateurs tel que Poutine verrouille les médias indépendants et favorise les journalistes proches du pouvoir en place qui glorifie ses actions.
On se rend également compte que ce sont les études de journalismes sont assez difficiles car très sélectives pour juste avoir la chance de trouver le cas échéant un petit boulot qui commencera à 2h30 du matin pour faire des assemblage de deskeurs sur un PC qui sera alors diffusé dans la foulée.
Cependant, Guillaume va s'accrocher malgré les préjugés de ses anciens camarades de classe (ces chaînes d'info en continu avec ses éditorialistes réactionnaires, ces débats interminables sur des sujets peu intéressants etc...).
La compétition continue peu après dans l'entrée de cette vie professionnelle selon le secteur (presse écrite, web, agence de presse, radio, TV...). Les journées de travail sont longues et épuisantes. Il faut savoir travailler vite en produisant pas nécessairement de la qualité.
Bref, c'est un véritable métier avec un certain savoir-faire qu'il ne possède d'ailleurs pas forcément comme on le verra au cours de multiples scènes. Il perdra même un peu son âme et ses meilleurs copains à force de basculer dans les outils du pouvoir dominant surtout pendant la crise des gilets jaunes qui sera évoquée en dernière partie.
On pourrait presque penser que certaines figures sont véridiques comme ce journaliste reporter et globe-trotters, ayant un certain succès, à savoir Nicolas Calis. Cependant, après vérification, je me suis aperçu que c'était un personnage totalement inventé qui est peut-être inspiré par quelqu'un de réel.
Au final, c'est un témoignage que je juge intéressant dans la mesure où cela pourrait presque s'appliquer à beaucoup de corps de métier entre ce qu'on nous apprend et la pratique réel qui produit assez rapidement un désenchantement. C'est déjà tellement difficile d'y arriver dans les études et pour quel résultat au final !
L'exploitation des œuvres de Jinjo Ito, le maître de l'horreur japonaise, continue avec ce titre composé de 11 récits qui se veulent tout aussi terrifiants.
Jugez-en par vous-même car au programme, nous aurons droit à un tunnel maudit, un monstre marin sorti des abysses, une sinistre fonderie où des sculptures prennent vie et surtout ce terrifiant cimetière.
Le dessin de Ito fait toujours dans un style plutôt réaliste. Le trait est plutôt dynamique avec le souci du détail. Il y a toujours également ces fameux regards expressifs qui peuvent jeter le trouble. Bref, cela reste constant ce qui est un gage de qualité. On notera surtout une édition de très bonne qualité
Dès le début, on est plongé dans une atmosphère inquiétante quel que soit les différents récits. C'est presque sa marque de fabrique. Cependant, il convient de remarquer qu'on part d'une situation assez banale et habituelle avant de plonger assez brutalement dans le surnaturel et l'horreur.
Ce titre est encore une compilation de ce qu'il a par ailleurs exploité dans ces titres. J'ai l'impression d'avoir lu des brouillons d’œuvres qui par la suite ont été plus abouties. J'ai reconnu pas mal de référence à ces divers titres (Gyo, la ville sans rue, le tunnel, la femme limace...). C'est vrai que j'ai eu cette impression d'avoir fait un peu le tour.
Pour ceux qui veulent découvrir cet auteur, cela pourrait être un bon panorama de ce qu'il a pu produire par la suite. Pour les connaisseurs, il n'y aura rien de vraiment nouveau à se mettre sous la dent. Il est vrai, qu'après avoir lu l'ensemble de son œuvre, je suis un peu blasé car c'est toujours les mêmes ficelles qu'il reproduit. Bref, on pourrait dire avec un certain humour noir qu'il ne m'emportera pas dans sa tombe.
Quand je vois qu'une BD est signé par l'Homme étoilé, je pars l'acheter direct sans la lire préalablement en l'empruntant en bibliothèque. Pourquoi ? Car je sais que c'est une valeur sûre et que je ne serai pas déçu tant l'auteur a montré toute sa générosité et son humanisme dans ses précédentes réalisations. C'est pour l'instant du sans faute !
Il s'est éloigné un peu de son cadre professionnel hospitalier pour nous offrir des one-shot qui tiennent la route comme dernièrement « Je suis au-delà de la mort » paru en 2023. Nous avons encore droit à un récit émouvant et surtout rempli de plein d’humanité.
On pourrait penser que le dessin paraît trop enfantin mais ce n'est qu'illusion. Il est surtout chargé émotionnellement par des personnages assez charismatiques qui vont nous entraîner dans leur vie et notamment celle de Clémentine qui attend un enfant alors que son compagnon Simon semble s'éloigner.
C'est toujours la même rengaine à savoir que dans un couple, il y en a toujours un qui assure au niveau professionnel pour permettre un bon cadre de vie à la famille mais cela se paie par le temps qu'il ne dispose pas à sa guise.
J'ai adoré cette colorisation de toute beauté qui apporte du dynamisme au récit ainsi qu'une petite touche de douceur.
Evidemment, le final va révéler une triste réalité que je n'avais pas vu vraiment venir même si cela paraissait assez évident. J'avais vu un film intitulé « Last Christmas » avec la fameuse actrice de « Game of thrones » qui jouait Daenerys. C'est la même chute !
Oui, c'est le genre de BD qu'il faut à avoir dans sa bibliothèque sans hésiter pour nous rappeler qu'il faut toujours avancer malgré tous les malheurs qui peuvent s'abattre sur nous.
Jusqu'à présent, nous avions droit à des ouvrages nous faisant culpabiliser sur le sort funeste de la planète en indiquant que nous devons faire des efforts. A chaque fois, je ressortais un peu dépité de ces lectures certes intéressantes mais très à charge contre les gestes de chacun.
Or, je ne suis pas Donald Trump qui conteste le changement climatique et qui clame qu'il faut encore plus forer, ni Jeff Bezos qui navigue avec son yacht jusque dans Venise pour pouvoir se marier en grande pompe. Ce sont principalement les politiques et les puissants de ce monde qui peuvent changer les choses.
Maintenant, je suis satisfait d'avoir une BD qui semble désigner une classe tout particulièrement car il faut bien admettre que c'est bien eux qui ravagent la planète pour leurs loisirs ou leurs commerces lucratifs.
En effet, les chiffres sont plutôt éloquents : ceux qui appartiennent au groupe des 1% les plus riches émettent en moyenne 101 tonnes par personne, et ceux qui constituent la moitié la plus pauvre émettent 1,4 tonnes par personne.
Cependant, cette œuvre prend soin de ne pas aborder directement le sujet et d'amener les choses progressivement. Visiblement, le capitalisme serait à l'origine de tous les maux de la planète même si on considère qu'il a amené un certain progrès dans les conditions d'existence au niveau mondial.
Visiblement, l'auteur avait écrit un bouquin il y a près de 17 ans et il s'agit là d'une adaptation sur le support de la BD qui nous indique que les choses ne se sont pas améliorés.
On arrive au constat qu'il faut changer le monde. Oui mais comment revenir sur notre mode de vie ? Doit-on abandonner nos libertés individuelles et ne plus manger de viande ? Ou bien taxer les super-riches afin de rétablir un certain équilibre de richesse sur la planète ?
Le constat est sans appel : pour que les gens acceptent de changer, il faut qu'ils voient que les riches diminuent fortement le pourcentage d'émission de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. L'objectif dans un monde idéal serait de 2 tonnes par personne par an quand la population en France arrive à une moyenne de 9 tonnes et les hyper-riches à plus de 200 tonnes par an. Oui, il y aurait du boulot !
Le programme pour un avenir pour les générations futures serait le suivant : Taxer les super-riches et les faire exploser s'ils s'enfuient. Fin des pesticides pour une meilleure santé ! Davantage d'éducation, de culture et de fêtes. Abolition des frontières. Interdiction de la publicité. Moins de viande et fini les fermes usines. Fin des multinationales. Oubliés les fossiles et moins d'avions ! Moins de bien pour une planète en meilleur état !
J'ai été étonné par la solution finale qui est préconisée par l'auteur et qui doit passer par un autre modèle de société totalement irréalisable dans l'absolu à moins d'une guerre ou d'une épidémie mondiale. Tout cela n'est guère réjouissant. L'heure des choix se posera un beau jour...
Les BD de Guy Deslide sont assez attendues par le lectorat depuis qu'il a séduit avec ces voyages autour du monde ou bien sa jeunesse où il se dévoile. C'est incontestablement une valeur sûre de la bande dessinée depuis tant d'années déjà. Je l'avais rencontré un jour à ses débuts lors d'un festival de BD dans ma ville. Il avait été très sympathique au contraire d'autres auteurs que l'on louent pourtant.
Visiblement, il change de registre pour se pencher sur la biographie d'un des premiers pionniers de la photographier durant l'époque de la conquête de l'Ouest.
Cependant, j'ai lu dernièrement une BD qui traite exactement du même sujet à savoir un mécénat entre un riche industriel et ce photographe pour une histoire de cheval au galop où il fallait prouver que les sabots quittent tous le sol. Il s'agissait du « maître de California Hill » sorti en février 2025. J'ai eu la nette impression d'une grande redite mais avec un propos plus détaillé en l’occurrence.
Certes, on ne va pas s'ennuyer avec ce personnage qui semble avoir cumulé plusieurs vies assez différentes comme un touche à tout avant de connaître le succès tant espéré et malgré ce qu'il a commis dans sa vie privée. On va surtout se concentrer sur la technologie qu'il a fait indéniablement progresser, ouvrant la voie à d'autres inventeurs. Cela mènera en effet au bout du compte à la création du cinéma comme on le verra.
On pourra observer que vers la fin de l'ouvrage, il y aura une vision un peu plus globale regroupant un peu l'ensemble des inventeurs du cinéma de cette époque bénie, tout en revenant épisodiquement à notre personnage principal, comme si l'auteur avait fait le tour mais qu'il voulait un peu rallonger la sauce.
Le dessin est toujours aussi efficace pour rendre la lecture assez fluide. C'est un style épuré mais assez frais qui apporte toujours une sympathique touche de fraîcheur. Il y a sans doute l'humour en moins dans cette œuvre.
Nul doute que les fans de l'auteur apprécieront. J'en fais partie.
La Première Dame occupe un rôle d'importance aux États-Unis mais progressivement cette fonction a eu des évolutions notables sur notre pays, la France. On peut dire que la Première Dame joue un rôle assez représentatif de notre pays à l'étranger, qu'elle porte de belles robes de création de couturiers célèbres ou qu'elle gifle son mari à bord d'un avion. Tout est scruté car elle renvoie une certaine image de la France et de son élégance.
Certaines, dans le passé, comme par exemple Valérie Trierweiler ou Cécilia Sarkozy n'ont pas forcément envoyé une très bonne image. On se souvient du livre revanche de Valérie face à la cruelle déception qu'elle a vécu avec le président François Hollande faisant des escapades nocturnes avec son cyclomoteur et son casque.
Oui, on peut dire beaucoup de choses sur les Première Dame et cette BD est le condensé de toutes les expériences que notre pays a pu vivre ces dernières années même si cela se veut être une création libre. Les influences sont quand même assez marquantes ce qui ne sera pas forcément pour nous déplaire.
Dans ce récit, on va dire que la première Dame va détenir vraiment le pouvoir et c'est une approche assez intéressante pour ceux qui aiment un peu la vie politique. Certes, c'est sous l'angle de la comédie romantique assez légère. Cela reste assez frais et surtout très sympathique à la lecture.
La rapacité médiatique ainsi que les coups les plus tordus du Ministère de l'Intérieur seront abondamment exploités pour nous offrir une image presque réaliste du monde politique.
J'ai bien aimé également le fait de montrer que la peur est une arme politique. Ceux qui font cela pensent alors incarner une autorité garante de l'ordre républicain, seul rempart possible contre les maux du monde que cela soit en matière de sécurité ou d'immigration.
On voit par exemple qu'une attaque isolée à l'arme blanche sans aucune victime est présentée à la une des médias comme une odieuse attaque terroriste ayant pu faire des morts à l'approche du marché de Noël mais qu'heureusement, elle a été déjouée avec la plus grande fermeté. C'est tellement risible que cela en devient presque pathétique...
Graphiquement cela fait dans la simplicité du trait mais cela rend la lecture plutôt agréable. Oui, on peut dire que cette élégance du graphisme opère sur moi. C'est net et précis et surtout tout en rondeur.
Moi, j'ai bien aimé cette Première Dame qui donne un coup de fouet à cette vie trop formatée de l’Élysée. Didier Tronchet a encore tapé fort avec ce titre.
On sait que dans un futur proche, l'Europe sera en proie à de multiples catastrophes. Poutine nous menace mais cependant, il n'y a pas que lui pour détruire notre civilisation bâtie sur la paix et la prospérité.
Nous pensions que nous en avions fini avec les réfugiés mais c'est plus que d'actualité dans ce contexte apocalyptique décrit par cette BD.
Il se trouve que l'Islande est encore épargnée mais pour combien de temps ? Il faut aimer le froid et les paysages glaciales. Mais bon, quand il n'y a pas trop de choix, on va y aller. Il est vrai qu'Hawaï ou Tahiti, cela serait mieux !
J'ai trouvé cette BD un peu étrange et parfois assez longue dans le déroulé des évènements où l'on suit un groupe de migrants dont un expert qui pourrait faire basculer les choses en Islande. Les enjeux ne sont pas encore totalement marqués mais cela pose les bases d'un récit qui peut s'avérer intéressant.
C'est intéressant de voir un thriller ayant pour cadre une ville que j'ai eu l'occasion de visiter pour la première fois et qui est assez marquée par l'Histoire. Il s'agit de Berlin dont on évoque souvent la Seconde Guerre Mondiale ou encore le rideau de fer pendant la guerre froide.
Pour une fois, on a aura droit à un récit tout à fait contemporain ce qui donne un éclairage assez original. Il est question d'immigration clandestine et de réseau mafieux organisant tout ce marchandage assez inhumain.
Le récit commence sur les chapeaux de roues autour d'une jeune fille d'origine vietnamienne Tâm qui va aider une jeune femme sans-papier Hoa Binh qui échappe à ses bourreaux. Par la suite, cela sera une course-poursuite sans relâche. Oui, on peut dire que c'est plutôt survitaminé avec des dialogues de jeunes qui font mouche.
En effet, on a l'impression que le public visé est celui des adolescents et des jeunes adultes par les attitudes ainsi que par une certaine manière d'aborder ce récit dans sa mise en scène, du moins au début. C'est plutôt réussi au final car on ne s'ennuie pas avec autant d'action.
On a quand même le temps de s'attacher à tous ces personnages assez bien pensé. On se rend compte que c'est l'entraide qui peut permettre d'avancer et de lutter contre les exactions. Les thématiques sont abordés avec finesse au milieu de toutes ces péripéties d'aventures adolescentes. Oui, le récit va gagner progressivement en profondeur.
A noter un dessin en noir et blanc qui va mettre en valeur l'expressivité des personnages sans oublier un décor urbain parfois oppressant. Il y a un véritable travail d'ombre et de lumière avec des arrière-plans plutôt réussis. Que dire également d'une mise en page dynamique !
Au final, un bon thriller urbain par l'auteur allemand Mikael Ross de « Ludwig et Beethoven » qui m'avait déjà bien plu. Du bon boulot donc à recommander !
J'avais déjà lu l'année dernière une biographie sur Missak Manouchian au moment même où je visitais le Panthéon pour découvrir que son tombeau y figurait. Il s'agissait de Missak, Mélinée et le groupe Manouchian dont l'auteur était Jean-David Morvan.
Je ne connaissais pas du tout la vie de ce pourtant célèbre résistant qui s'est battu pour notre liberté contre l'oppresseur nazi qui occupait notre pays avec la complicité de Vichy. Il avait échappé au génocide arménien pour finalement tombé sous les SS.
Cette seconde BD sur ce personnage m'a semblé un peu moins austère et sans doute plus animé. C'est également moins formel et didactique et certainement un peu plus concentré sur l'action.
Au moins, ce n'est pas une redite mais un éclairage un peu différent et qui complète le tableau. La différence de thème provient de ce qui ont trahit ce groupe de résistant qui ont été envoyé à une mort certaine. On apprendra que ce sont les communistes russes qui ont, encore une fois, sacrifiés leurs pions humains afin d'avancer sur l’échiquier politique.
A titre personnel, je crois qu'il ne faut pas oublier ceux qui sont battus au péril de leur vie pour que notre pays puisse retrouver la liberté. On a vite oublié ces sacrifices passés de ces hommes qui ont donné leur vie pour que l'on puisse vivre librement en paix. Il ne faudrait pas non plus donner le pouvoir à des politiques avides qui nous entraînerait vers la guerre et la destruction au nom de leurs idéaux quel qu’il soit.
Il est toujours difficile d'être une jeune veuve. Ce n'est certes pas un choix mais un fardeau. Bon, parfois, il y a des exceptions surtout quand il s'agit d'une jeune veuve de 19 ans qui fuit après avoir tué son mari et qui se cache dans les Rocheuses canadiennes car poursuivies par ses deux beaux-frères en quête de vengeance.
Il faut savoir qu'il s'agit de l'adaptation d'un roman paru en 2007 de Gil Adamson. C'est toujours un exercice périlleux à cause des comparaisons mais je ne pars de rien puisque je ne connaissais pas l'histoire originelle. A noter également 3 années de travail pour l'auteur Glen Chapron de la BD afin d’accoucher de cette œuvre entre les doutes et les remises en question.
On observera un dessin en noir et blanc au trait plutôt épais qui met assez bien en valeur la nature canadienne que cela soit la montagne ou la forêt. Cela donne une bonne impression générale surtout dans le dynamisme. C'est brut mais cela reflète une certaine puissance.
On se prendra assez vite en sympathie pour le personnage de Marie car on sait qu'elle a vécu des choses difficiles avec son mari au point de le tuer. Pour le reste, c'est une question de survie dans une nature sauvage encore préservée. Le récit va nous raconter son parcours au gré de ses errances et de ses rencontres jusqu'au fameux William qui la recueille.
C'est rare de voir un western typiquement féministe mais cela fait parfois du bien surtout dans un monde machiste. Il est toujours bon de voir comment une femme peut se relever d'une grave difficulté de vie. C'est un récit qu'il m'a été agréable de suivre malgré un nombre élevé de pages.
Je n'aime généralement pas les fins ouvertes mais celle-ci passe encore grâce à une mise en scène assez efficace qui nous fait deviner que cela va bien se passer. A découvrir que cette veuve qui va devenir enfin joyeuse !
Les Tuniques Bleues est une série que je suis depuis mon enfance, et j'ai collectionné l'ensemble des albums presque chaque année lors de leur parution. C'est souvent par habitude et par nostalgie que je continue cette tradition, mais je dois admettre que les derniers albums n'ont pas toujours été à la hauteur des jours heureux de cette série. Il est vrai qu'il aurait peut-être fallu envisager un arrêt à un certain moment.
Ce tome en particulier suscite plus de curiosité, car il met en scène un complot visant le président Lincoln, dont la vie est mise en danger par des tueurs. Nous savons malheureusement qu'il sera assassiné à la fin de la guerre de Sécession par un fanatique sudiste incapable d'accepter la défaite. Cette toile de fond historique, aussi dramatique soit-elle, apporte une résonance particulière au récit.
Dans cette aventure, nos deux héros, Blutch et Chesterfield, parviennent à déjouer le complot, apportant une note d'espoir et d'humour à une période sombre. Malgré les horreurs de la guerre, la série conserve son ton humoristique, et cela reste une source de joie et de bonne humeur.
Quant au dessin, Willy Lambil reste fidèle à son poste. Il a choisi de revenir malgré son grand âge pour poursuivre l'aventure de sa vie, ce qui est tout à son honneur. Son style graphique, toujours aussi expressif, contribue à rendre les scènes à la fois vivantes et engageantes.
En conclusion, Les Tuniques Bleues tome 69 est une lecture agréable qui ravive des souvenirs d'enfance et qui, malgré ses hauts et ses bas, continue d'offrir des moments de plaisir. Je recommande ce tome aux fans de longue date et à ceux qui souhaitent découvrir cette série emblématique de la bande dessinée franco-belge.
J'ai lu dernièrement une biographie portant sur Robert Badinter qui fut le célèbre Ministre de la Justice ayant aboli la peine de mort sous le premier mandat du président Mitterrand. Il s'agissait de « Robert Badinter : Au nom de la Justice » que je vous conseille vivement de découvrir.
J'ai voulu sans doute en savoir un peu plus sur ce sujet qui me tient un peu à cœur étant également un abolitionniste convaincu dans un monde de plus en plus cruel qui n'hésite pas à appliquer le plus de fermeté possible au point de se déshumaniser totalement.
A noter que cette BD est un peu différente de la précédente biographie qui se concentrait véritablement sur le personnage de Robert Badinter. Là, je vois qu'un récit de fait se déroule devant nous à commencer par cette affaire qui l'avait profondément marqué en 1972 avec l'assassinat publique d'un innocent alors que c'était son compagnon de cellule qui avait commis les deux meurtres.
Oui, l'accent est mis sur les affaires judiciaires et non sur l'homme en question. Pour compléter, il s'agira de lire la BD mentionnée ci-dessus. C'est toujours intéressant d'explorer d'autres angles de vue sur un même sujet.
Il sera en effet évoqué assez longuement l'affaire Claude Buffet et Roger Bontemps qui ont été jugé devant le Tribunal correctionnel de Troyes. Cela a abouti à la condamnation des deux prévenus alors que manifestement, un seul avait porté le coup fatal aux deux victimes (un gardien de prison et l'infirmière du centre pénitencier).
On arrive en effet à une solution où l'on donne la mort à une personne qui n'a pas tué mais qui a participé par un concours de circonstances assez malheureux à être dans le coup par effet d'entraînement. Il avait pourtant averti son compagnon de ne pas arriver à ces extrêmes de violence.
L'avocat Robert Badinter fut marqué toute sa vie par ce procès qu'il perdra car cela aboutira à l’exécution par guillotine. Il ne peut se résoudre à accepter cette Justice qui tue. Il faut également préciser que le Président de la République à l'époque, à savoir Georges Pompidou, avait cédé à la pression populaire pour ne pas accorder son droit de grâce.
Quelques années plus tard, Robert Badinter se retrouve devant le même tribunal de Troyes, tristement célèbre, pour défendre un assassin d'enfant. Et curieusement, il obtiendra la réclusion criminelle à perpétuité pour son client Patrick Henry, qui était lui tout à fait coupable, après une plaidoirie contre la peine de mort. En réalité, il s'est servi de cette triste affaire pour se battre en réalité contre l’exécution capitale encore pratiquée dans notre pays alors que les autres états européens l'avaient abolie.
Je suis toujours consterné par la position inflexible de la « populace » qui réclame du sang pour des actes infâmes qui ont été commis sans remettre en question leur part d'humanité dans un tel jugement hâtif porté par les sentiments de haine.
Je me pose parfois la question si mon cœur est sans doute trop pur et pas en phase avec les réalités de la vie qui peut être cruelle. A noter qu'il ne s'agit pas d'être du côté des assassins mais d'appliquer une sentence juste sans tomber dans le règlement de comptes.
Cette lecture peut éveiller des consciences mais surtout expliquer le contexte qui va mener à l'abolition de la peine de mort en 1981 quand Robert Badinter accédera au poste de Ministre de la Justice avec un Président de la République assez courageux pour aller jusqu'au bout de ses actes en accord avec sa pensée.
Un dernier mot qui vient du grand auteur Victor Hugo lui-même : « Être abolitionniste, c'est refuser la barbarie ! ». Pour lui, la peine de mort était en effet le signe spécial et éternel de la barbarie. Je le pense également.
Je ne pensais pas qu'il y aurait une suite au premier volume, qui m'avait déjà fortement marqué en explorant la vie de l'un des réalisateurs les plus prestigieux au monde, créateur du célèbre Star Wars. La première partie m'avait littéralement enchanté, plaçant la barre très haut. Qu'allait-il advenir dans cette seconde partie ? Était-elle à la hauteur ? Je suis heureux de dire que la réponse est résolument positive.
Nous poursuivons l'aventure avec un toujours jeune George Lucas, qui, après un succès retentissant avec son premier film, a réussi à coiffer au passage tous ceux qui ne l'avaient pas pris au sérieux à l'époque où les space-opéras devenaient ringards. Déterminé à s'affranchir des studios, il s'engage dans la réalisation de son second film en prenant d'énormes risques financiers.
Ce tome révèle à quel point cette production a été semée d'embûches, entre drames, accidents et coups du sort improbables. Il est fascinant de découvrir les défis auxquels Lucas a dû faire face, et qui ont finalement contribué à forger son œuvre. Aujourd'hui encore, « L'Empire contre-attaque » est considéré comme le chef-d'œuvre absolu de la saga, et ce tome met en lumière tout le travail acharné qui a mené à cette reconnaissance.
J'ai appris pas mal de choses encore alors que je suis pourtant un fan absolu de la saga. Je ne savais pas par exemple pour l'accident de voiture de Mark Hamill à peine 4 mois avant la sortie du premier film qui avait défiguré son visage. C'est vrai que j'avais pourtant remarqué que son visage avait beaucoup changé entre les deux films. La scène d'ouverture de cette BD est d'ailleurs d'anthologie et va donner véritablement le ton.
Par ailleurs, le récit aborde également la création du premier « Indiana Jones », une autre pierre angulaire du cinéma d'aventure. Ce retour sur la grande époque du cinéma est un véritable régal pour les amateurs de films cultes, rappelant une ère où les récits d'aventure étaient à la fois audacieux et innovants.
Je confirme que ce second tome est une réellement lecture captivante qui enrichit notre compréhension de cet iconique réalisateur et de son impact sur l'industrie cinématographique. Je recommande chaudement ce tome à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du cinéma et à la magie qui se cache derrière ces œuvres inoubliables. On se rendra compte que c'est beaucoup de souffrance pour obtenir le succès escompté.
Je classe cette BD parmi mes 10 meilleurs œuvres de l'année et c'est amplement mérité.
Ce troisième opus de la collection initié par Tiburce Oger, bien que porté par un thème classique du western, m’a moins convaincu que ses prédécesseurs. Si le casting de dessinateurs est toujours séduisant, la qualité des récits varie fortement, ce qui donne une impression d’inégalité. Le fil rouge, bien que présent, apparaît trop artificiel, ce qui nuit à la cohésion des histoires.
Les récits en eux-mêmes peinent à captiver pleinement. Certains manquent de profondeur et de développement, ce qui les laisse un peu en demi-teinte. L’histoire sur le lynchage de l’éléphant m’a particulièrement interpellé, rappelant ces procès d’animaux du Moyen Âge. A noter que David Ratte a fait une BD sur ce récit en particulier que j'ai avisé dernièrement (« A la poursuite de Jack Gilet »). Bref, parfois cela se rejoint avec des lectures précédentes.
Malgré ces quelques moments forts, l’ensemble reste décevant par rapport à mes attentes, surtout après l’enthousiasme suscité par les tomes précédents, "Indians" et "Go West Young Man". Les histoires sont globalement plaisantes, mais certaines se démarquent davantage, tandis que le graphisme, bien que correct dans l'ensemble, ne parvient pas à atteindre les sommets des précédents volumes.
Ce nouvel album reste un divertissement agréable, mais je ressens un manque de force et de profondeur par rapport aux 2 précédents. Il est vrai que le quatrième épisode, qui s’inspire des hommes de loi n'a pas non plus ravivé mon enthousiasme.
Au final, un album qui, bien que divertissant, laisse un goût d'inachevé.
Les récits introspectifs de Jean-Louis Tripp lui réussissent à merveille, et ce nouvel opus, "Un père", ne fait pas exception. Après avoir été émus jusqu'aux larmes par "Le petit frère", nous plongeons à nouveau dans l'univers de l'auteur avec une sensibilité renouvelée.
Dans cette bande dessinée, il nous invite à revisiter son enfance à travers le portrait d'un père instituteur avec qui il entretenait une belle relation, avant que la séparation ne vienne assombrir leur lien. L'auteur réussit à peindre un tableau réaliste, révélant tant les moments de joie que ceux de douleur, et offrant ainsi un hommage poignant à la complexité des relations familiales.
Parmi les passages particulièrement marquants, celui du cadeau de Noël retient l'attention. L'auteur évoque la déception d'un enfant qui, après s'être vanté d'attendre le vélo de course parfait, se retrouve avec un modèle bien plus modeste. Cette situation, source de honte devant ses camarades, illustre à quel point les attentes peuvent être démesurées, surtout dans des familles peu fortunées. Ce genre de vécu résonne avec beaucoup de lecteurs, rappelant que les luttes financières font souvent partie intégrante de l'enfance.
Sur le plan graphique, le style semi-réaliste de Tripp est remarquable. Chaque case est soigneusement élaborée, fourmillant de détails qui enrichissent le récit tout en renforçant l'immersion. Le dessin sert parfaitement l'histoire, ce qui est souvent le cas lorsque l’auteur s’illustre aussi en tant qu’illustrateur. Cette harmonie entre texte et image permet de saisir toute la profondeur des émotions décrites.
En somme, "Un père" est un très bel album que je recommande chaleureusement. Il nous offre un voyage émotionnel riche où l'on explore toute la palette des sentiments humains, des joies simples aux blessures profondes. Une œuvre à découvrir pour tous ceux qui apprécient les récits authentiques et touchants sur la famille. La prochaine sera sans doute consacrée à la mère...